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Elbridge Colby, le nouveau visage de la politique étrangère américaine

Sa nomination comme futur sous-secrétaire à la Défense, chargé de la politique a avivé les sourdes tensions qui opposent au sein du parti conservateur, attachée à la prééminence américaine dans les affaires mondiales, et le nouveau courant Maga, plus isolationniste et hostile aux engagements extérieurs (l’idéologie de « America First, qui provient des années 1930, popularisé par l’aviateur Charles Lindbergh).

Diplômé des universités Harvard et Yale, il est aussi le petit-fils de William Colby, l’une des légendes du renseignement américain, ancien des commandos Jedburgh et de l’OSS pendant la Seconde Guerre mondiale, et directeur de la CIA entre 1973 et 1976. Il est soutenu par le fils aîné du président, Donald Trump Jr et par l’ancien présentateur de Fox News Tucker Carlson, deux ardents isolationnistes influents au sein de la nouvelle Administration.

Colby a débuté sa carrière au ministère de la Défense, puis a occupé divers postes au sein du département d’État et de la communauté du renseignement. Il a notamment travaillé auprès de l’Autorité provisoire de la coalition en Irak en 2003. Après avoir obtenu son diplôme de la faculté de droit de Yale en 2009, il a travaillé sur les affaires stratégiques mondiales avant d’être nommé sous-secrétaire adjoint à la Défense en 2017.

WASHINGTON, DC – MARCH 4: Elbridge Colby, nominee to be Under Secretary of Defense for Policy, is seen ahead of his confirmation hearing at the Senate Committee on Armed Services in Washington, DC on March 4, 2025. (Photo by Nathan Posner/Anadolu via Getty Images)

Sous l’administration Trump, Colby a joué un rôle clé dans l’élaboration de la stratégie de défense nationale de 2018. Ce document a recentré l’attention du ministère de la Défense sur les défis posés en premier lieu par la Chine, puis par la Russie, et a souligné l’importance de privilégier clairement ces priorités plutôt que des intérêts moins importants.

Par ailleurs, il a cofondé en 2019 l’Initiative Marathon, un organisme de recherche non partisan axé sur la concurrence entre grandes puissances.

Celui-ci entend redéfinir la stratégie américaine en recommandant une posture de retenue dans ses engagements militaires à travers le monde. De fait, tout comme Trump, il a été très critique sur l’interventionnisme américain en Irak après les attentats du 11 septembre 2001. Les Etats-Unis n’ont rien gagné de ces conflits au Moyen-Orient dans les années 2000. Ils ont plutôt dépensé des centaines de milliards de dollars, et perdus des milliers d’hommes.

Ainsi, Colby avait vu ses idées entrer en adéquation avec celles de Donald Trump. Après son élection, le nouveau président avait fait entrer Colby au Pentagone en 2017 comme sous-secrétaire adjoint chargé de la stratégie et du développement des forces armées. Colby avait alors participé à la rédaction de la nouvelle stratégie de défense nationale, qui identifiait la Chine comme le principal adversaire des États-Unis, la grande intuition stratégique de Trump.

Alors, Colby représente un nouveau courant qui entend redéfinir la stratégie américaine en recommandant une posture de retenue dans ses engagements militaires à travers le monde notamment en Europe et au Moyen-Orient afin de se reconcentrer sur la Chine.

Les Etats-Unis sont conscients que face à la Chine, les Etats-Unis doivent être au maximum de leur puissance et donc cela passe par un contrôle quasi voire total sur ses frontières (Mexique, Canada), l’accès aux ressources (Ukraine, Groenland), le contrôle des routes stratégiques proche (canal de Panama et les routes du Nord). En effet, à cause de la fonte des glaces, les mers autour du pôle Nord facilitent la navigation des flottes militaires et commerciales russes et chinoises.

Concernant le canal de Panama, il s’agit du contrôle de la voie de passage centrale entre l’océan Pacifique et l’océan Atlantique ; faire du Canada le 51e État des États-Unis pour accéder plus facilement au « passage du nord-ouest », c’est-à-dire aux mers qui bordent l’océan Arctique au nord du continent.

Colby se présente comme un « réaliste », et se situe entre les néo-isolationnistes Maga, hostiles à tout engagement extérieur des États-Unis, et les interventionnistes, « faucons » reaganiens avec ce qui reste des néoconservateurs. Sa réflexion continue de s’articuler sur la centralité de la menace représentée par la Chine. « Plutôt qu’un isolationniste, Colby défend les choix difficiles qui s’imposent compte tenu des ressources limitées de la défense américaine », explique une analyste spécialisée dans les questions de défense à Washington.

Pour Colby, la question centrale de nombreux débats de politique étrangère à droite est de déterminer le rôle viable et approprié des États-Unis dans le monde. Il observe un large éventail d’opinions au sein du Parti républicain, avec deux extrêmes. D’un côté, il y a ce que Colby appelle les « primacistes ». Menés par des figures emblématiques comme John Bolton et Robert Kagan, ce camp estime qu’il est non seulement souhaitable que les États-Unis soient la puissance hégémonique mondiale, mais aussi viable.

Cette vision est très populaire au sein de l’establishment républicain traditionnel, mais pas auprès des électeurs. Le primacisme s’identifie le plus étroitement à un libéralisme belliciste. Il repose généralement sur l’idée que les États-Unis ne peuvent être en sécurité que si le reste du monde est libéral. Au minimum, même sans cette dimension idéologique, il prône la domination partout.

À l’autre extrême se trouve le camp des « véritables isolationnistes », qui estiment que les États-Unis devraient se retirer du monde et se contenter de leurs propres affaires.

Il reconnaît qu’il y a des vérités des deux côtés : d’un côté, les États-Unis ne peuvent pas simplement se retirer du monde, car cela inciterait une Chine ambitieuse à dominer l’Asie à bras ouverts, la région la plus importante du monde. D’autre part, les États-Unis se sont impliqués dans de nombreuses guerres au cours des deux dernières décennies et ont fait preuve d’une ambition démesurée dans leurs objectifs, ce qui a épuisé le peuple américain.

Cet entre-deux, il appelle le « réalisme conservateur ». Le cœur du conservatisme consiste à tirer le meilleur parti du monde tel qu’il est : c’est pourquoi la prudence est une vertu conservatrice fondamentale. Le réalisme, quant à lui, consiste à percevoir le monde tel qu’il est avec justesse. Ainsi, au sens strict, un véritable conservateur doit être un bon réaliste.

Ainsi, il déclare : « si vous êtes un réaliste conservateur, vous comprenez que certaines menaces sont plus importantes que d’autres, que la puissance a des limites et qu’une politique étrangère appropriée devrait concentrer les maigres ressources de notre nation sur la protection de ce qui est le plus important pour les Américains. En même temps, vous reconnaissez que se replier sur notre hémisphère ou notre territoire national n’est pas non plus une solution pour la paix et la prospérité. Au contraire, si vous êtes un réaliste conservateur, vous reconnaissez que l’isolement ne suffira pas à protéger nos intérêts. »

Un tel réalisme est particulièrement crucial aujourd’hui, car les conséquences d’une erreur sont bien plus graves qu’il y a une génération. Dans les années 1990, les Etats-Unis étaient de loin la première puissance mondiale à tout niveau, ​​les conséquences du primacisme comme l’appelle Colby, de mauvaises décisions étaient très faibles. Ce n’est évidemment plus le cas aujourd’hui. Leurs rivaux sont bien plus forts qu’il y a 30 ans, tandis que leur situation économique, militaire et stratégique est bien plus contraignante.

De fait, à l’étranger, les Etats-Unis ne dominent plus. La Chine est devenue une véritable puissance industrielle, surpassant les américains. En 2004, elle représentait moins de 9 % de la production manufacturière mondiale. En 2011, elle a dépassé l’Union européenne (UE) pour devenir le leader mondial de l’industrie manufacturière. Son avance s’est depuis creusée. En 2023, la valeur ajoutée manufacturière de la Chine a atteint 4 660 milliards de dollars , soit 29 % du total mondial, et plus que les quatre plus grandes économies manufacturières suivantes réunies (les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et l’Inde).

À l’échelle nationale, ils ont déjà atteint des niveaux historiques d’endettement et de déficit budgétaire. Il existe donc d’importantes contraintes quant aux dépenses supplémentaires qu’ils peuvent consacrer à leur armée sans réduire les prestations sociales ni augmenter fortement les impôts, deux options qui ne semblent pas intéresser les Américains ni figurer sérieusement à l’ordre du jour politique.

Parallèlement, le peuple américain est, à juste titre, las de la guerre après les interventions militaires hyper ambitieuses et les campagnes de reconstruction nationale prônées par les primatistes eux-mêmes.

Ainsi, si une administration conservatrice tentait de poursuivre une stratégie de primatisme aujourd’hui, elle pourrait très bien aboutir au pire résultat possible. Les objectifs grandioses et la rhétorique agressive du primatisme exacerberaient encore davantage leurs rivalités déjà très dangereuses, sans pour autant développer les capacités militaires et financières ni le soutien politique nécessaires pour affronter efficacement ces menaces. En d’autres termes, beaucoup d’aboiements pour peu de morsures.

Colby considère que son rôle consiste à jouer un rôle de modérateur entre ces deux pôles et à élaborer une stratégie dont l’objectif est plausible : l’« équilibre des pouvoirs ». Cette approche, soutient-il, empêcherait les États-Unis d’être contraints par une autre force hégémonique tout en évitant les pièges d’implications inutiles, notamment dans le contexte de l’essor rapide de la Chine.

Poursuivre cet objectif doit reposer sur deux piliers. Premièrement, une puissance militaire manifeste et la détermination de l’utiliser, afin de montrer à Pékin qu’il ne parviendra pas à utiliser sa puissance militaire de plus en plus redoutable pour dominer l’Asie. Il s’agit de recentrer et de ménager la faible puissance militaire et industrielle américaine pour montrer à Pékin qu’il ne tirera aucun profit d’une attaque, que les États-Unis et, surtout, leurs alliés et partenaires dans la région, dont le sort est encore plus menacé par les ambitions chinoises, peuvent et pourront contrer ses actions agressives à leur encontre.

Satisfaire à cette exigence nécessitera un changement radical de leur stratégie mondiale, non seulement par rapport à l’approche floue et voilée de l’administration actuelle, mais aussi par rapport au primatisme mondial qui nie toute nécessité de concentrer nos maigres ressources et notre volonté politique.

Un deuxième pilier est également crucial. Ils doivent faire comprendre à Pékin que leur stratégie ne nécessite ni son asphyxie ni son humiliation, qu’ils ne cherchent pas à occuper la Chine ni à changer son régime. Ils recherchent un équilibre des forces, un équilibre dans lequel la Chine ne soit pas humiliée, mais dans lequel elle doit respecter et ne peut compromettre leurs intérêts, notamment leur intérêt fondamental à réindustrialiser et à renforcer notre économie.

« Faire fonctionner cette politique face à la Chine ne sera pas chose aisée. Cela nécessitera une redéfinition fondamentale des priorités, non seulement de nos forces militaires, mais aussi de notre capital politique et diplomatique, en plaçant véritablement ce défi de sécurité étrangère majeur – au même titre que la défense du territoire national – au premier plan de notre politique de sécurité. » a déclaré Colby.

Les réalistes conservateurs aspirent à une Amérique forte, vigoureuse et, si nécessaire, affirmée. Mais, contrairement aux primatistes, ils apprécient également les alliés puissants et vigoureux. Le conservatisme repose sur la reconnaissance par l’État de ses propres limites et, par conséquent, des sphères légitimes de pouvoir et de responsabilité des autres entités : sur le plan intérieur, le principe de subsidiarité ; sur le plan international, un esprit de partenariat authentique avec d’autres États indépendants et vigoureux.

Effectivement, Colby insiste sur la nécessité pour les États-Unis d’accepter comme « réalité fondamentale » le fait qu’ils ne sont plus en mesure de « tout faire à la fois ». De là découle « le choix difficile » de « réconcilier leurs aspirations internationales et leurs engagements avec leurs capacités et leur volonté à les remplir ». Il recommande d’abandonner les notions périmées de la prédominance de l’après-guerre froide, et notamment « le sentiment hautement exagéré de ce que les États-Unis pourraient et devraient accomplir sur la scène internationale ».

De plus, il pense qu’une stratégie fondée sur le progressisme ou l’internationalisme de gauche libérale n’est pas adaptée à notre époque. Une extension excessive sans force. Des objectifs démesurément ambitieux. Une conception floue du « caractère sacré » des alliances, sans force ni prudence réelle pour la soutenir, sacrifiant les intérêts des Américains à la bonne presse.

Cette politique place les Etats-Unis dans une profonde rivalité multidirectionnelle, engagés presque partout, mais sans la mobilisation de la puissance nationale ni la clarté d’objectif permettant d’aligner des moyens sérieux sur des fins raisonnables. En un mot, une politique étrangère aux objectifs ambitieux, davantage portée par de grands discours que par une force et une détermination réelle.

Cette politique étrangère a laissé les américains au bord du gouffre, risquant de sombrer dans de multiples guerres, sans être préparés à aucune d’entre elles. Ainsi, il prône un changement fondamental dans la politique étrangère américaine.

Colby rejoint ainsi les critiques de l’aide militaire à l’Ukraine dans une guerre considérée comme une distraction stratégique et un gaspillage de ressources déjà insuffisantes, qui affaiblissent les États-Unis dans un potentiel conflit avec la Chine à propos de Taïwan.

De façon moins orthodoxe, Colby avait aussi considéré que le Moyen-Orient n’était pas une priorité stratégique pour les États-Unis, et que s’ils devaient continuer à apporter un soutien matériel et politique à Israël, les Israéliens devaient comprendre que les Américains ne pouvaient pas se permettre d’être mêlés à une autre guerre au Moyen-Orient, et donc de s’opposer par la force au programme nucléaire iranien.

La plupart des arguments contre le recours à la force militaire pour stopper le programme nucléaire iranien mettent l’accent sur les coûts pour les américains mais en réalité, une campagne de bombardements n’est pas réellement nécessaire. Il y a plutôt de bonnes raisons de croire que Washington, Tel-Aviv et leurs alliés peuvent dissuader l’Iran de transgresser leurs intérêts vitaux, même si Téhéran se dote de l’arme nucléaire.

L’endiguement ou la dissuasion nécessitent, entre autres :

  • Un régime dont le comportement peut être substantiellement influencé par des menaces crédibles et qui valorise certaines choses qui peuvent être exposées au risque de dommages ou de destruction ;
  • Que les exigences de la partie dissuasive soient tolérables pour le pays ciblé, compte tenu de l’ampleur de la menace émise ;
  • Et que cette menace est soutenue par une réelle capacité et une réelle volonté.

Du point de vue américain, l’endiguement par les États-Unis et Israël d’un Iran nucléaire répondrait à ces critères. Premièrement, le régime iranien peut être dangereux mais l’expérience et le bon sens montrent qu’il est suffisamment rationnel pour comprendre le calcul des coûts et des avantages.

Des rapports suggèrent que la Chine et la Russie, les experts iraniens et les services de renseignement américains considèrent tous le régime iranien comme fondamentalement sensible aux calculs coûts-avantages. Ainsi, si Téhéran est vraisemblablement menacé de dommages en cas d’action agressive, il y a de fortes raisons de penser que le régime iranien s’éloignera de telles actions.

Deuxièmement, Téhéran est vulnérable ; autrement dit, les Iraniens possèdent de nombreux biens précieux que les États-Unis et Israël peuvent mettre en péril.

Troisièmement, les États-Unis, Israël et leurs associés ont clairement les capacités de mettre leurs menaces à exécution ; de fait, l’équilibre militaire, notamment aux niveaux de guerre les plus élevés, penche radicalement en faveur de l’Occident. Les capacités inégalées des forces aériennes , maritimes , d’opérations spéciales et nucléaires américaines (ces dernières étant naturellement réservées aux circonstances les plus graves) signifient que les États-Unis peuvent infliger des dommages dévastateurs à l’Iran, la seule véritable limite à ces dommages étant fixée par Washington lui-même.

Les capacités américaines permettent également à Washington une grande sélectivité dans l’imposition de ces dommages, ce qui signifie que les menaces de représailles occidentales ne se limiteraient pas à l’inaction ou à l’annihilation. De plus, la défense antimissile américaine signifie que l’Iran ne pourra jamais être sûr de pouvoir lancer avec succès des armes nucléaires avec des missiles balistiques.

Même sur Taïwan, la position de Colby avait été ambiguë. Il avait ainsi expliqué que si la défense de l’île « est très importante pour refuser à la Chine l’hégémonie régionale sur l’Asie », celle-ci n’est « pas essentielle », appelant les Taïwanais à plus faire pour leur propre défense afin de dissuader une attaque chinoise.

« Ce qui a changé est la détérioration dramatique de l’équilibre militaire », entre nous et la Chine, a affirmé Colby, qui a souligné que les États-Unis « manquent de préparation » pour affronter la Chine dans sa propre sphère d’influence. Le candidat a expliqué que son objectif est d’inciter Taïwan à renforcer ses capacités de défense « afin d’éviter de précipiter un conflit inutile avec Pékin » et de gagner du temps pour que les États-Unis puissent reconstruire leur base industrielle de défense.

Colby a reconnu que « la perte de Taïwan, sa chute, serait un désastre pour les intérêts américains ». Cependant, il a souligné que l’équilibre militaire des États-Unis face à la Chine dans la région s’était tellement détérioré qu’un conflit risquerait de décimer les forces américaines.

Qui plus est, il applique la même logique au Japon, en insistant à plusieurs reprises pour que le Japon augmente rapidement et considérablement ses dépenses de défense à environ 3 % du produit intérieur brut. Cela pourrait inclure des exigences pour que le Japon finance davantage l’accueil des troupes américaines ou vise des objectifs de dépenses de défense encore plus élevés.

« Le problème que je constate au Japon, c’est que, malgré la menace intense de la Chine et de la Corée du Nord à très court terme, le pays avance plutôt lentement en matière de défense », a- t- il déclaré au quotidien économique Nikkei en septembre 2024. « Les efforts du Japon sont insuffisants. Je suis donc convaincu que le Japon devrait consacrer au moins 3 % (et non 2 % de son PIB) à sa défense. »

Ces dernières années, le Japon a mis en œuvre des changements radicaux dans sa politique de défense, notamment en augmentant ses budgets, tout en assouplissant les contraintes imposées depuis des décennies par l’après-guerre qui l’ont longtemps empêché de jouer un rôle plus important dans la sécurité de l’Asie de l’Est.

En termes de budgets de défense, le pays est actuellement dans la deuxième année d’un plan de dépenses quinquennal sans précédent d’environ 43 000 milliards de yens (environ 315 milliards de dollars lors de son annonce en 2022), Tokyo visant à investir 2 % de son PIB dans la défense d’ici 2027, tandis que la Chine régularise les mouvements de son armée près de Taïwan et que la Corée du Nord poursuit ses menaces nucléaires.

Colby affirme cependant qu’il faut faire davantage, et vite, car l’équilibre militaire en Asie est menacé par la Chine.

Les critiques de la poussée des 3 %, comme Tobias Harris, fondateur du cabinet de conseil en risques politiques Japan Foresight, ont fait valoir qu’il existe un certain nombre de raisons de croire qu’il s’agit d’ un objectif « impensable à court terme ». Parmi celles-ci figurent les difficultés de financement de la mesure, les capacités administratives du ministère de la Défense et des Forces d’autodéfense, et l’opinion publique.

Pour Colby, l’idée est d’abandonner la dispersion des forces face à des adversaires plus faibles, comme les groupes terroristes ou les États voyous, pour concentrer les ressources sur l’affrontement avec une grande puissance rivale comme la Chine ou la Russie.

Faisant sienne, en quelque sorte, la stratégie d’offshore balancing conçue par le réaliste offensif John Mearsheimer, il estime que, pour faire pièce aux ambitions chinoises, qui ne se jouent décisivement ni en Ukraine ni au Proche-Orient, les États-Unis doivent être en mesure de coordonner leur action avec les puissances géographiquement proches de la Chine et peu enclines à accepter son ascension, en l’occurrence l’Inde, le Japon, l’Australie et même le Vietnam.

Par conséquent, tandis que, dans l’espace Indo-Pacifique, l’Amérique se chargerait de dissuader la Chine d’imposer son hégémonie économique, les États européens se trouveraient mécaniquement conduits à prendre davantage de responsabilités au sein de l’Alliance atlantique.

L’adoption de l’amendement Mansfield avait proposé le retrait des troupes américaines si l’Europe n’intensifiait pas ses efforts de défense. Colby critique l’état actuel des dépenses de défense en Europe, en particulier dans les pays alliés comme l’Allemagne, qui, selon lui, sont devenus trop dépendants du soutien militaire américain et se comportent davantage comme des dépendances que comme des partenaires.

Il souligne que la responsabilité incombe en grande partie aux États-Unis pour avoir encouragé cette dépendance excessive après l’effondrement de l’Union soviétique et insiste sur la nécessité d’une politique à Washington qui incite réellement les alliés européens et asiatiques à contribuer davantage à leur défense.

En encourageant les nations européennes à jouer leur rôle, les États-Unis peuvent se concentrer sur le défi plus urgent posé par la Chine sans laisser d’autres régions vulnérables.

En outre, de son point de vue, l’« ordre international fondé sur le droit » est une construction artificielle récente. Celui-ci rejette l’hubris et le manque de faisabilité de la stratégie post-guerre froide, et il souhaite porter la discussion sur un retour à la stratégie républicaine de la guerre froide, qui a toujours eu le souci d’aligner les objectifs et les moyens. Il ne veut plus que les Etats-Unis soient le gendarme du monde. Il a déclaré : « Mais nous serons plus sélectifs et nous verrons si les gens sont sérieux. La voie à suivre, c’est celle où chacun fait sa part pour la défense collective. »

Concernant la Chine, il a été également très clair : « Nous devrions concentrer notre force militaire et notre capacité industrielle de défense sur notre rival essentiel, la Chine. Nous aurions alors à la fois un bouclier et une ouverture pour un modus vivendi avec les Chinois. Je rejette les vues de ceux qui appellent à un changement de régime ou qualifient le gouvernement chinois de maléfique. Je pense que nous devons parler doucement, mais avec un grand bâton. Nos forces ont un niveau de préparation au combat historiquement bas. Quelque 40 % de nos sous-marins d’attaque sont au chantier ou attendant des réparations. Tous les programmes navals sont retardés. C’est la pire politique. »

Par conséquent Colby soutient pleinement le redéploiement des ressources américaines vers la région indo-pacifique afin de dissuader la Chine d’attaquer Taïwan. « Ce serait essentiellement ma priorité absolue, voire l’une de mes principales priorités, si elle était confirmée, d’essayer de nous préparer le plus rapidement possible, puis à moyen et long terme également », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il aimerait voir les États-Unis atteindre un point où leur base industrielle de défense soit suffisamment solide pour « mobiliser des ressources sur plusieurs théâtres d’opérations au niveau dont nous avons besoin ». Dans l’intervalle, il a appelé Taïwan à augmenter également significativement ses dépenses de défense, les faisant passer de 2,5 % à 10 % du PIB.

Les ressources militaires américaines, en particulier les ressources navales, sont actuellement trop dispersées ; dans un contexte d’une base industrielle de défense inadéquate qui produit des navires de guerre beaucoup trop lentement et à un coût élevé, cette surcharge augmente les retards de maintenance et l’épuisement des équipages.

En même temps, l’Armée populaire de libération intensifie sa production de missiles et de navires de guerre hautement capables, démontrant la probabilité que l’armée américaine perde une guerre sur Taïwan.

En outre, compte tenu du déclin de l’industrie manufacturière américaine au cours des quatre dernières décennies, sous-estimer la Chine serait une erreur, a soutenu Colby. La capacité de son économie « est stupéfiante et dépasse de loin nos capacités. Il est préférable de se préparer à éviter une défaite catastrophique face à notre principal rival sur le théâtre d’opérations le plus important plutôt que de miser sur la loterie », a-t-il déclaré.

En définitive, la politique étrangère proposée par Colby reflète une vision réaliste, qui privilégie la stabilité à long terme par la force et un engagement pragmatique, tout en évitant les extrêmes idéologiques de l’isolationnisme ou de l’hégémonie mondiale.

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Investir au Japon comme Warren Buffett : une stratégie simple avec les ETF

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Disclaimer : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements en ETF et autres produits financiers comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.

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Mathieu Pimort (Linker) : Réinventer la communication des dirigeants à l’ère du digital

Dans un monde où la communication digitale est un levier puissant, maîtriser son image et sa présence en ligne est devenu essentiel pour les dirigeants et les entreprises. Avec Linker, Mathieu Pimort a su capter cette opportunité et bâtir une agence spécialisée dans l’accompagnement des leaders et des marques sur LinkedIn et dans la presse.

Dans cette interview, il partage son parcours entrepreneurial, les défis du secteur et sa vision pour l’avenir. Entre stratégie de contenu, gestion de la croissance et adaptation aux évolutions du marché, découvrez les coulisses d’une agence en pleine expansion et les conseils d’un jeune entrepreneur qui a su transformer une intuition en succès.

Mathieu, peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours avant de fonder Linker ?

Je suis Mathieu Pimort, 25 ans le 24 mars prochain, CEO de Linker une agence spécialisée dans l’accompagnement des dirigeants et des marques sur LinkedIn et dans la presse avec une équipe de 15 consultants. Nous faisons partie du Groupe Coudac, un Groupe d’agences indépendantes du digital de +60 collaborateurs.

Avant Linker, j’étais étudiant à l’EDHEC et stagiaire dans un centre d’affaires à Monaco, avec 850€ par mois et deux heures de train par jour. J’ai beaucoup appris là-bas et vite compris que l’état d’esprit comptait plus que le titre sur une carte de visite. Quand j’ai commencé à écrire sur LinkedIn, les dirigeants étaient peu présents. J’ai vu une opportunité et lancé Linker pour les aider à structurer leur communication et maximiser leur visibilité. L’entrepreneuriat n’est jamais un chemin tracé d’avance. Ce sont l’adaptabilité, la curiosité et la débrouillardise qui font la différence.

    Tu es arrivé très jeune à la tête d’une entreprise. Comment as-tu financé ton projet au départ ?

    J’ai opté pour le bootstrapping (un processus de démarrage et de croissance d’une entreprise par lequel l’entrepreneur gère et finance lui-même son entreprise). Le modèle d’une agence permet de générer rapidement de la marge, ce qui offre la possibilité de réinvestir pour recruter et développer l’activité. Avec un bon volume de chiffre d’affaires dès le départ, on peut démarrer sans apport initial et structurer progressivement son équipe.

        Quel a été le déclencheur qui t’a poussé à créer Linker et quel problème cherchais-tu à résoudre ?

        Il y a quatre ans, très peu de dirigeants prenaient la parole sur LinkedIn. Le premier post que j’ai rédigé pour un dirigeant a généré 200 000 impressions, ce qui m’a fait réaliser l’impact énorme du contenu organique. À l’époque, il existait une véritable asymétrie de marché : les rares dirigeants qui osaient s’exprimer captaient toute l’attention et en tiraient un bénéfice considérable.

        J’ai vu une opportunité d’accompagner ces profils à structurer leur communication pour développer leur visibilité et leur notoriété sur LinkedIn.

          Peux-tu nous expliquer en quelques mots le concept de Linker et ce qui le différencie sur le marché ?

          Linker est une agence spécialisée dans l’accompagnement des dirigeants et des marques sur LinkedIn et dans la presse. Notre force réside dans cette double expertise, qui nous permet d’optimiser leur visibilité à la fois sur le réseau social B2B n°1 et dans les médias spécialisés.

          Ce qui nous distingue, c’est aussi notre connexion aux nouveaux formats d’expression : médias 2.0, podcasts, créateurs de contenu et influence. On innove en intégrant ces leviers à une approche RP plus classique, sur un marché déjà mature.

            Peux-tu nous expliquer en quelques mots le business model de Linker ?

            Linker fonctionne sur un modèle d’agence classique avec deux types de facturation : un accompagnement récurrent avec un fee mensuel ou des interventions ponctuelles sur des projets one-shot. Notre objectif est d’offrir un suivi sur mesure et une forte valeur ajoutée à nos clients, qu’il s’agisse de dirigeants ou de marques. Pour garantir une qualité de service optimale, chaque consultant gère un portefeuille d’environ cinq clients.

            Cette approche nous permet d’assurer une réactivité et un engagement fort, favorisant ainsi la rétention et la satisfaction de nos clients sur le long terme.

              La rentabilité est un sujet clé en finance. À partir de quel moment Linker est-il devenu rentable ?

              Dès le premier jour ! Une agence doit être rentable immédiatement, sinon elle ne peut pas fonctionner. Le modèle repose sur une génération de chiffre d’affaires rapide, sans besoin d’investissements lourds au départ. Dès nos premières missions, nous avons pu dégager des marges suffisantes pour assurer notre développement et recruter.

                Quel est votre marché principal aujourd’hui et quelles sont les opportunités d’expansion ?

                Notre cœur de marché se situe dans le B2B et le Corporate. Nous accompagnons de nombreuses entreprises B2B dans l’accélération de leur acquisition client via LinkedIn et la presse. Côté Corporate, nous nous positionnons comme une alternative aux acteurs historiques en aidant les directions Corporate des grands groupes à optimiser leur communication sur les réseaux sociaux et dans les médias.

                Depuis quatre ans, nous avons accompagné plus de 150 CEOs et C-Levels dans l’élaboration de leur stratégie de communication. Nos clients ont cumulé plus de 100 millions de vues sur leur contenu sur les réseaux sociaux, renforçant ainsi leur visibilité et leur positionnement sectoriel. L’opportunité d’expansion réside dans le renforcement de notre présence auprès de ces grands comptes et dans l’exploration de nouveaux formats d’influence et de visibilité. 

                  Dans un contexte économique où l’accès au financement devient plus complexe, comment adaptez-vous votre stratégie pour assurer une croissance durable ?

                  La stabilité financière d’une agence repose sur un bon équilibre entre chiffre d’affaires et effectif. Tant que l’équipe est bien structurée, la rentabilité est assurée. Notre priorité est donc de maintenir un flux constant d’acquisition et de rétention client tout en ajustant nos recrutements en conséquence.

                  Le principal risque financier pour une agence vient d’une croissance mal anticipée, avec un effet ciseaux entre les recrutements et l’entrée de nouveaux clients. Nous veillons donc à calibrer précisément notre développement pour éviter toute surchauffe ou sous-effectif.

                      Quelles sont les prochaines étapes pour Linker ? Quels objectifs financiers et stratégiques vous fixez-vous pour les prochaines années ?

                      Notre priorité est de développer nos pôles LinkedIn et relations presse auprès de notre clientèle corporate. L’enjeu est d’obtenir des contrats long terme avec des clients sur lesquels nous pouvons réellement investir. Nous cherchons à renforcer notre position auprès des grands comptes en structurant des collaborations durables et stratégiques.

                      Par ailleurs, notre département RP connaît une forte croissance et nous comptons accélérer encore davantage sur ce levier pour maximiser l’impact médiatique de nos clients.

                        La tech et la finance évoluent rapidement. Comment intègres-tu ces tendances dans ton business pour rester compétitif ?

                        L’adaptabilité est essentielle. Les évolutions du marché, l’émergence de nouvelles technologies et les bouleversements macroéconomiques créent en permanence de nouveaux défis. Certaines entreprises s’adaptent et prospèrent, d’autres disparaissent.

                        Pour rester compétitif, il faut innover, anticiper les tendances et réagir rapidement aux changements. L’agilité dans la prise de décision et l’exécution est la clé pour garder une longueur d’avance. “Réfléchir suffisamment, mais agir rapidement.”

                        As-tu déjà envisagé une diversification des services ou un développement à l’international ?

                        Oui, nous avons déjà élargi notre offre. À l’origine, nous étions exclusivement positionnés sur l’accompagnement LinkedIn, mais nous avons depuis développé une expertise en relations presse et en stratégie de communication de personal branding plus globale. Concernant l’international, ce n’est pas encore une priorité. Nous sommes encore en phase de consolidation et de croissance sur notre marché principal. Ce sera un sujet à envisager une fois un certain palier atteint. 

                            Quel est ton plus grand apprentissage en matière de gestion depuis le lancement de Linker ?

                            Être extrêmement précis sur les attentes en matière de recrutement, tant sur l’adéquation culturelle que sur les objectifs à atteindre. Dans une agence, la rentabilité est généralement assurée, mais sans un système d’acquisition et de rétention solide, on risque de perdre du temps ou de stagner. La clé est d’avoir une vision claire de la croissance et de structurer l’équipe en conséquence pour avancer efficacement.

                              Quels conseils donnerais-tu aux entrepreneurs qui cherchent à structurer leur entreprise dès le départ ?

                              Si vous êtes dans un modèle économique classique, l’objectif doit être d’atteindre la rentabilité le plus rapidement possible pour assurer une base solide. Si vous lancez une startup, acceptez le risque de tout perdre, et pensez grand dès le départ. Dans les deux cas, avoir une vision claire et une exécution rigoureuse est essentiel pour structurer et faire grandir son entreprise efficacement.

                                Enfin, pour terminer, as-tu une anecdote marquante ou une leçon que tu aimerais partager avec notre audience de passionnés de finance et d’investissement ? Ou une phrase qui te motive ?

                                Une citation qui me suit depuis longtemps et qui résonne particulièrement dans mon métier est : “La forme, c’est le fond qui remonte à la surface” de Victor Hugo. Elle illustre parfaitement l’importance de la clarté et de la cohérence dans la communication, notamment pour les dirigeants. La manière dont un message est formulé, structuré et diffusé détermine son impact. Dans le monde de l’investissement et de la finance, où la perception joue un rôle clé, il est essentiel de soigner aussi bien le fond que la forme.

                                Que ce soit pour bâtir une marque, convaincre des partenaires ou fédérer une équipe, tout repose sur une communication efficace et incarnée. Une idée, aussi brillante soit-elle, n’aura pas d’impact si elle n’est pas bien exprimée et comprise.

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                                    Banque & Finance Bourse En vedette Nos analyses

                                    La meilleure façon d’investir dans l’or sans avoir à le stocker chez soi

                                    L’or a toujours été perçu comme une valeur refuge, particulièrement en période d’incertitude économique et de forte inflation. Traditionnellement, les investisseurs acquéraient de l’or sous forme physique (lingots, pièces) pour se protéger contre la volatilité des marchés financiers.

                                    Toutefois, avec le développement des instruments financiers modernes, il est désormais possible d’investir dans l’or de manière plus simple et plus accessible grâce aux ETF (Exchange Traded Funds) qui répliquent le cours de l’or.

                                    Avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous êtes intéressé par l’investissement et que vous souhaitez investir dans vos premiers ETF GOLD avec une plateforme fiable et reconnue, inscrivez-vous sur Trade Republic dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous !

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                                    Pourquoi investir dans l’or ?

                                    L’or est un actif qui présente plusieurs avantages :

                                    • Une protection contre l’inflation : L’or a historiquement conservé sa valeur face à la dévaluation des monnaies fiduciaires.
                                    • Une diversification de portefeuille : Il permet de réduire la volatilité globale d’un portefeuille en offrant une faible corrélation avec d’autres actifs comme les actions et les obligations.
                                    • Un refuge en période de crise : Lors des crises économiques et géopolitiques, l’or tend à voir son prix augmenter en raison de la forte demande des investisseurs en quête de sécurité.

                                    Un record historique pour l’or

                                    Pour la première fois de l’histoire, le cours de l’or XAUUSD.FXVWD a franchi ce vendredi le cap très symbolique des 3.000 dollars l’once. Déjà porté ces deux dernières années par les achats massifs des banques centrales et les tensions géopolitiques liées aux conflits en Ukraine ou au Moyen-Orient, il s’est vu, à nouveau, catapulté à une vitesse record depuis trois mois suite au retour au pouvoir de Donald Trump et de l’inquiétude grandissante des investisseurs face à sa volonté de chambouler l’ordre du commerce mondial.

                                    Depuis son élection en novembre dernier, suivie de son entrée en fonction à la Maison-Blanche dans le courant du mois de janvier, l’attrait pour le métal jaune en tant que valeur refuge n’a en effet cessé de se renforcer, gagnant plus de 12% sur la période. Malgré un bref passage à vide entre la fin février et le début de ce mois de mars, son ascension s’est fortement accélérée cette semaine, dans la foulée des nouvelles menaces de tarifs douaniers lancées tous azimuts à l’égard des produits importés vers les États-Unis.

                                    Les ETF adossés à l’or : Comment ça fonctionne ?

                                    Les ETF or sont des fonds négociés en bourse qui suivent le prix de l’or en détenant soit de l’or physique, soit des produits dérivés liés à l’or. Ces ETF offrent aux investisseurs une exposition directe aux fluctuations du prix du métal précieux sans avoir à gérer son stockage ni sa sécurité.

                                    Avantages des ETF Or

                                    • Accessibilité : Il est possible d’investir dans l’or avec de faibles montants, contrairement à l’achat de lingots.
                                    • Liquidité : Ces ETF se négocient en bourse comme des actions, permettant aux investisseurs d’acheter et de vendre rapidement.
                                    • Frais réduits : Contrairement à l’achat d’or physique, les ETF or évitent les coûts liés au stockage et à l’assurance.

                                    Les principaux ETF répliquant l’Or

                                    Voici quelques ETF populaires permettant d’investir dans l’or :

                                    1. SPDR Gold Shares (GLD) : L’un des plus grands ETF adossés à l’or physique, très liquide et largement suivi par les investisseurs.
                                    2. iShares Gold Trust (IAU) : Propose une exposition similaire à GLD, mais avec des frais de gestion légèrement inférieurs.
                                    3. WisdomTree Physical Gold (PHAU) : ETF adossé à de l’or physique stocké en coffres sécurisés.
                                    4. Xetra-Gold (4GLD) : ETF basé en Allemagne permettant un accès direct à l’or physique sous certaines conditions.

                                    Comment choisir un ETF Or ?

                                    Avant d’investir dans un ETF or, il est important d’analyser plusieurs critères :

                                    • Les frais de gestion : Ils varient entre 0,10 % et 0,50 % par an en fonction de l’ETF choisi.
                                    • La liquidité : Plus un ETF est liquide, plus il est facile d’acheter et de vendre sans écarts de prix trop importants.
                                    • La méthode de réplication : Certains ETF détiennent de l’or physique tandis que d’autres utilisent des contrats dérivés, ce qui peut avoir un impact sur la performance.
                                    • Le lieu de stockage : L’or physique détenu par l’ETF est souvent stocké dans des coffres situés dans des pays spécifiques, ce qui peut être un critère à considérer.

                                    L’investissement en or via les ETF est une alternative efficace pour les investisseurs cherchant une exposition au métal précieux sans les inconvénients du stockage physique. Faciles à acheter et à vendre, ces ETF permettent de bénéficier de la dynamique du marché de l’or tout en optimisant les coûts. Toutefois, comme pour tout investissement, il est essentiel de bien choisir son ETF en fonction de ses objectifs et de son horizon d’investissement.

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                                    Banque & Finance En vedette Nos analyses

                                    Comment les indicateurs économiques influencent-ils les mouvements de marché ?

                                    Le trading sur les marchés financiers ne se limite pas à l’analyse de graphiques et à l’étude de tendances passées. Il repose également sur la compréhension de la macroéconomie, c’est-à-dire des dynamiques globales qui influencent les économies nationales et internationales.

                                    Les traders doivent ainsi surveiller de près certains indicateurs économiques majeurs pour anticiper les mouvements de marché et ajuster leurs stratégies en conséquence.

                                    Avant de commencer, cet article est sponsorisé par IG, un acteur incontournable du domaine qui a traversé le temps en développant une plateforme solide, sécurisée et efficace ! Si vous êtes intéressé(e) par le trading ou que vous souhaitez en savoir plus, inscrivez-vous sur IG dès aujourd’hui via ce – LIEN -.

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                                    1. Les indicateurs de croissance économique

                                    Les indicateurs tels que le Produit Intérieur Brut (PIB) sont essentiels pour évaluer la santé d’une économie. Une croissance économique robuste est généralement synonyme de hausse des marchés actions, tandis qu’une récession peut provoquer des ventes massives et une fuite vers des actifs refuges comme l’or ou les obligations d’État.

                                    • PIB trimestriel : Une croissance supérieure aux attentes stimule souvent les indices boursiers. Ce chiffre, publié par les instituts statistiques nationaux, reflète la valeur totale des biens et services produits dans un pays sur une période donnée. Les investisseurs surveillent attentivement cette donnée pour évaluer la dynamique économique et ajuster leurs positions en conséquence.
                                    • Production industrielle : Reflète l’activité dans les secteurs manufacturier et industriel, indicateur avancé de la performance économique. Une hausse de la production industrielle est souvent corrélée avec une augmentation de la demande et une confiance accrue des entreprises dans l’avenir. Inversement, une baisse peut signaler un ralentissement et inciter les investisseurs à adopter des stratégies défensives.
                                    • Indice PMI manufacturier : Cet indicateur permet de mesurer l’activité dans le secteur manufacturier. Un PMI supérieur à 50 indique une expansion, tandis qu’un chiffre inférieur signale une contraction. Les traders suivent cette donnée de près, car elle fournit des indications précoces sur l’état de l’économie et influence directement les décisions de politique monétaire.
                                    • Consommation des ménages : La consommation représente une part significative du PIB dans de nombreuses économies. Une augmentation des dépenses des ménages indique une confiance économique et stimule généralement les marchés actions, en particulier les secteurs liés à la grande consommation.

                                    2. Les indicateurs d’emploi

                                    Le marché de l’emploi constitue un baromètre crucial de l’état économique. Un taux de chômage en baisse est souvent interprété comme un signe de dynamisme, ce qui soutient la consommation et la croissance. Les traders suivent notamment :

                                    • Rapport sur l’emploi non agricole (NFP) aux États-Unis : Ce rapport mensuel influence fortement le dollar et les indices américains.
                                    • Taux de participation : Une hausse indique un optimisme accru quant aux perspectives d’emploi.

                                    3. Les indicateurs d’inflation

                                    L’inflation mesure l’évolution des prix des biens et services dans une économie. Une inflation modérée signale une croissance saine, mais une hausse excessive inquiète les marchés, car elle peut inciter les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt.

                                    • Indice des prix à la consommation (IPC) : Impacte directement les devises et les obligations.
                                    • Indice des prix à la production (IPP) : Donne des indications précoces sur les pressions inflationnistes.

                                    4. Les décisions de politique monétaire

                                    Les banques centrales jouent un rôle déterminant dans les mouvements de marché par le biais de leurs décisions sur les taux d’intérêt et leurs politiques d’assouplissement quantitatif.

                                    • Taux directeurs : Une hausse de taux renforce généralement une devise, tandis qu’une baisse tend à la déprécier.
                                    • Communiqués et discours des banques centrales : Les marchés scrutent chaque mot des dirigeants pour anticiper les orientations futures.

                                    5. Les indicateurs de confiance

                                    La confiance des consommateurs et des entreprises influence directement les dépenses, les investissements et donc les performances économiques.

                                    • Indice de confiance des consommateurs : Une hausse de la confiance présage souvent d’une croissance de la consommation.
                                    • Indice PMI (Purchasing Managers’ Index) : Un indicateur avancé de l’activité dans les secteurs manufacturier et des services.

                                    Comprendre les interactions entre la macroéconomie et les marchés financiers permet d’anticiper les tendances et d’adapter ses stratégies de trading de manière plus informée. Les indicateurs économiques ne sont pas de simples chiffres : ils racontent l’histoire de la dynamique économique globale et guident les investisseurs dans un environnement financier en perpétuelle évolution.

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                                    Banque & Finance Bourse

                                    Données économiques de la semaine

                                    Après une semaine marquée par une forte correction sur les marchés, une série de publications économiques majeures pourraient influencer la direction des indices.

                                    Dès mardi 11 mars, les JOLTS Job Openings seront scrutés de près aux États-Unis, offrant un aperçu de la demande sur le marché du travail. Les attentes sont légèrement supérieures au mois précédent, ce qui pourrait alimenter les spéculations sur la solidité de l’emploi et l’orientation de la politique monétaire de la Fed.

                                    Le rendez-vous clé de la semaine sera mercredi 12 mars, avec la publication du Core CPI et du CPI (inflation) aux États-Unis. Une inflation plus faible que prévu pourrait raviver les attentes de baisses de taux, tandis qu’un chiffre plus élevé pourrait renforcer le discours restrictif de la Fed.

                                    En parallèle, la décision de la Banque du Canada (BoC) sur ses taux d’intérêt sera particulièrement attendue, avec un consensus anticipant une réduction à 2,75 %, contre 3,00 % précédemment.

                                    Jeudi 13 mars, les demandes d’allocations chômage aux États-Unis ainsi que l’indice des prix à la production (PPI) seront au centre de l’attention. Ces chiffres permettront d’affiner les prévisions sur l’évolution de l’inflation et l’état du marché du travail américain.

                                    Enfin, vendredi 14 mars, l’attention se portera sur les chiffres de la croissance au Royaume-Uni (GDP MoM de janvier) et l’évolution de l’inflation en Allemagne (CPI MoM de février), des indicateurs importants pour évaluer la santé économique de la zone euro.

                                    Fusions-acquisitions

                                    Plusieurs opérations d’envergure arrivent à échéance cette semaine-là. Notamment, la société technologique QXO Inc. a prolongé jusqu’au 10 mars 2025 son offre publique d’achat en numéraire sur Beacon Roofing Supply au prix de 124,25 $ par action. QXO indique avoir déjà obtenu les autorisations antitrust nécessaires aux États-Unis et au Canada et se dit prête à finaliser l’acquisition une fois l’offre expirée.

                                    De même, le géant industriel Emerson Electric a lancé une offre pour racheter la part du capital qu’il ne détient pas encore dans le logiciel AspenTech, à 265 $ par action, offre recommandée unanimement par le conseil spécial d’AspenTech. Cette offre expire également le 10 mars et doit recueillir la majorité des actions minoritaires pour aboutir. Si elle réussit, Emerson consolidera le contrôle total d’AspenTech, sinon, l’entreprise restera cotée avec Emerson comme actionnaire majoritaire

                                    Marchés de l’énergie et matières premières

                                    Aucun sommet de l’OPEP n’est programmé cette semaine-là, mais le marché pétrolier sera attentif à la publication du rapport mensuel de l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) aux alentours du 13 mars, ainsi qu’au rapport mensuel de l’OPEP. Ces rapports pourraient ajuster les prévisions de demande ou d’offre de pétrole pour 2025, influençant les cours du brut.

                                    Par ailleurs, aux États-Unis, on entrevoit la fin de la saison hivernale : les stocks de gaz naturel publiés le 13 mars seront examinés pour anticiper la situation d’approvisionnement hors période de chauffe.

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                                    Banque & Finance

                                    Les femmes qui ont marqué l’histoire de la finance et de l’investissement

                                    Un monde longtemps dominé par les hommes

                                    La finance et l’investissement ont longtemps été des secteurs largement masculins, mais certaines femmes ont su briser les barrières et s’imposer comme des figures incontournables.

                                    De Muriel Siebert, la première femme à siéger à la Bourse de New York, à Cathie Wood, célèbre pour sa vision audacieuse sur les technologies disruptives, ces pionnières ont façonné le monde financier et inspiré des générations d’investisseuses.

                                    Avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous êtes intéressé par l’investissement et que vous souhaitez investir dans vos premiers actifs avec une plateforme fiable et reconnue, inscrivez-vous sur Trade Republic dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous.

                                    Pour l’occasion de la fête de la femme, Trade Republic a lancé une campagne pour parrainer « une amie » et recevoir un bonus alors inscrivez-vous et faites profiter votre entourage féminin !

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                                    Dans cet article, nous mettons en lumière cinq femmes qui ont marqué l’histoire de la finance.

                                    Muriel Siebert : la première femme de Wall Street

                                    Première femme membre du NYSE (1967)

                                    Muriel Siebert est une véritable pionnière. En 1967, elle devient la première femme à obtenir un siège à la Bourse de New York (NYSE), un exploit à une époque où le monde de la finance était exclusivement masculin. Elle a dû faire face à d’énormes obstacles, notamment trouver un sponsor masculin pour appuyer sa candidature.

                                    En plus de son rôle au NYSE, elle a milité pour l’égalité des sexes dans la finance et a dirigé sa propre société de courtage, Muriel Siebert & Co., ouvrant la voie aux femmes dans le secteur.


                                    Abigail Johnson : à la tête de l’un des plus grands fonds d’investissement

                                    PDG de Fidelity Investments

                                    Abigail Johnson incarne le leadership féminin dans la finance moderne. Héritière de Fidelity Investments, elle a su transformer la société et la moderniser en mettant un accent particulier sur les technologies financières et la gestion d’actifs numériques.

                                    Elle dirige l’un des plus grands gestionnaires d’actifs au monde, avec plus de 4 500 milliards de dollars sous gestion. Son influence dépasse largement les frontières des États-Unis, et elle est régulièrement classée parmi les femmes les plus puissantes du monde.


                                    Cathie Wood : l’investisseuse visionnaire

                                    Fondatrice et PDG d’ARK Invest

                                    Cathie Wood est une figure emblématique de l’investissement dans les technologies de rupture. Fondatrice d’ARK Invest, elle s’est spécialisée dans les innovations de pointe comme l’intelligence artificielle, la blockchain, la biotechnologie et les véhicules électriques.

                                    Elle est connue pour ses prises de position audacieuses, notamment sur Tesla, Bitcoin et les biotechs. Malgré la volatilité de son fonds, elle a révolutionné l’approche des investissements thématiques et disruptifs.


                                    Lubna Olayan : une femme influente dans la finance du Moyen-Orient

                                    Ex-PDG d’Olayan Financing Company

                                    Lubna Olayan est une figure majeure du monde des affaires au Moyen-Orient. Elle a dirigé Olayan Financing Company, une multinationale diversifiée basée en Arabie saoudite, et a été la première femme à rejoindre le conseil d’administration d’une banque saoudienne.

                                    Elle est un symbole du leadership féminin dans un secteur financier encore marqué par des inégalités dans certaines régions du monde.


                                    Geraldine Weiss : la “Dame des Dividendes”

                                    Experte en investissement et première femme analyste financière influente

                                    Dans les années 1960, la finance était encore un bastion masculin. Geraldine Weiss a trouvé une stratégie unique pour s’imposer : elle publiait sous un nom neutre, cachant son identité féminine.

                                    Elle est reconnue pour avoir popularisé l’investissement axé sur les dividendes, une approche prudente et efficace qui reste encore aujourd’hui une stratégie privilégiée par de nombreux investisseurs.

                                    Les femmes dans la finance aujourd’hui : un avenir prometteur

                                    Si ces pionnières ont ouvert la voie, de nombreuses femmes continuent aujourd’hui à transformer la finance et l’investissement. On observe une montée en puissance des fonds d’investissement dirigés par des femmes, ainsi qu’un intérêt croissant pour l’investissement au féminin, avec des initiatives visant à encourager les femmes à prendre le contrôle de leurs finances.

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                                    La Russie, une future puissance minière

                                    La Russie est avant tout connue pour ses vastes réserves de pétrole et de gaz, ainsi que son rôle central dans la production mondiale d’hydrocarbures. Cependant, elle possède également un immense potentiel géologique qui en fait l’un des plus grands pays miniers au monde.

                                    Largement privatisé, le secteur minier russe fait face à de nombreux défis, notamment l’obsolescence de ses infrastructures, le manque d’investissements et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, des difficultés exacerbées par les conséquences de la guerre en Ukraine.

                                    Hormis la filière de l’uranium, placée sous le contrôle exclusif de Rosatom, l’agence publique russe de l’énergie atomique, le pays compte près de 17 000 entreprises actives dans l’économie extractive, soulignant ainsi le poids de ce secteur dans l’économie nationale. Parmi elles, environ 3 000 sont spécialisées dans l’extraction de minerais métalliques, tandis que 800 se consacrent à l’exploitation du charbon.

                                    Sur l’ensemble des entreprises du secteur minier et des carrières, 16 300 sont détenues par des acteurs russes, environ 200 appartiennent à des entreprises étrangères ou à des partenariats entre investisseurs locaux et internationaux, et une centaine sont directement contrôlées par des autorités publiques, qu’elles soient régionales ou municipales.

                                    En parallèle, la Russie compte également 39 800 entreprises impliquées dans la transformation des métaux.

                                    L’organisation institutionnelle de ce secteur repose sur le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement (Minprirody), appuyé par deux agences fédérales : Rosnedra, chargée de la gestion des ressources souterraines, et Rosprirodnadzor, en charge de la supervision environnementale. Ce cadre réglementaire permet d’encadrer et de contrôler les activités extractives à l’échelle nationale, illustrant ainsi l’importance stratégique des matières premières pour l’économie russe.

                                    Depuis plusieurs années, la Russie confirme son rôle de puissance minière majeure. Son territoire immense recèle des réserves de minerais considérables, tandis que la demande mondiale en matériaux, portée par le développement technologique et la transition écologique, ne cesse de croître depuis le début du XXIe siècle.

                                    Effectivement, on devrait s’attendre à une croissance exponentielle de la demande des métaux à l’avenir qui vont être nécessaire pour les infrastructures d’énergie, de communication, de transport, etc. L’adoption massive des « technologies vertes », telles que les véhicules électriques et les énergies renouvelables (éolien, solaire), aboutit à une augmentation supplémentaire de la demande globale de métaux.

                                    Parmi les nombreux minerais, le territoire russe comprend d’importants gisements de diamant, d’or, de platine, de palladium, de charbon, ainsi que de vastes réserves de minerai de fer, de manganèse, de chrome, de nickel, de titane, de cuivre, d’étain, de plomb ou encore de tungstène. Tout cela représenterait une valeur totale équivalente à 75 000 milliards de dollars américain, faisant potentiellement de la Russie le pays le plus riche au monde.

                                    La Russie est aussi le deuxième producteur d’aluminium, même si la Chine détient un quasi-monopole sur ce métal. En Sibérie, les ressources en cuivre offrent d’excellentes perspectives avec des dizaines de millions de tonnes anticipées.

                                    Le pays dispose d’importantes réserves minières, se classant parmi les leaders mondiaux pour plusieurs ressources stratégiques. Elle détient notamment la troisième réserve mondiale de nickel (7,5 millions de tonnes), ainsi que les quatrièmes réserves d’uranium (662 000 tonnes) et de cuivre (62 millions de tonnes).

                                    En plus de cela, la Russie disposerait de 16 % des réserves mondiales de béryllium, 11 % du chrome, 22 % du cuivre, 38 % du manganèse, 79 % du mercure, 15 % du nickel, 16 % du niobium, 10 % du platine, 7 % du tantale, 49 % du vanadium, 24 % du zinc, ainsi que de réserves importantes en métaux rares comme le rhodium.

                                    Bien que le marché du cuivre soit largement dominé par le Chili et le Pérou, qui représentent à eux seuls 40 % de la production mondiale, ce métal reste essentiel à nos sociétés modernes. Grâce à ses propriétés uniques, il est un élément central des infrastructures, du câblage, des transports et des équipements électriques et électroniques, tant industriels que grand public. La demande mondiale de cuivre devrait d’ailleurs croître de 275 à 350 % d’ici 2050, renforçant ainsi le caractère stratégique des gisements russes pour les décennies à venir.

                                    Dans les minerais stratégiques, la Russie est leader ou dispose de gisements de classe mondiale dans les platinoïdes, le titane, les métaux de base, les terres rares, le cobalt, l’uranium, le cuivre si stratégique pour son voisin chinois, etc.

                                    De plus, elle a la chance de voir ses territoires terrestres et maritimes stratégiques s’agrandir au fur et à mesure que les voies navigables du nord offrent de nouvelles perspectives pour acheminer du fret maritime entre Arkhangelsk, Mourmansk, la Sibérie et l’Asie, entre l’Asie et l’Europe mais aussi pour atteindre, avitailler et assurer une continuité territoriale entre le nord-ouest du pays et les zones riches en matières premières stratégiques au nord et au nord-est.

                                    Depuis une dizaine d’années, la Russie mène une politique minière ambitieuse, cherchant à diversifier ses sources de revenus et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Aujourd’hui, les exportations d’hydrocarbures constituent encore environ 60 % du budget fédéral russe, réparties comme suit : pétrole brut (26,4 %), produits pétroliers raffinés (16,5 %), gaz naturel (10,5 %) et métaux ferreux (5,3 %).

                                    Les effets de cette dépendance ont été mis en évidence par la guerre en Ukraine, qui a entraîné la fin des exportations de gaz naturel russe vers l’Union européenne (UE) et l’arrêt des importations de pétrole par voie maritime de la part des pays européens. Face à ces sanctions, la Russie a dû réorienter ses exportations énergétiques vers d’autres marchés, notamment la Turquie, l’Inde, l’Arabie saoudite et la Chine.

                                    Avant le début du conflit, la Russie fournissait à l’Europe environ 25 % de son pétrole, 50 % de son charbon et près de 40 % de son gaz, illustrant le poids crucial qu’elle occupait dans l’approvisionnement énergétique du continent.

                                    Ainsi, de l’exploitation des gisements de diamants et la maîtrise de leur chaîne de valeur dans les hautes technologies à la relance de la filière houillère, la Russie entend poursuivre le développement et la modernisation d’un secteur industriel désormais stratégique et relativement épargné par les sanctions internationales.

                                    Cette orientation présente deux avantages majeurs, particulièrement dans le contexte actuel d’isolement partiel et de restrictions économiques. D’une part, les exportations minières offrent une plus grande flexibilité que celles des hydrocarbures, notamment grâce à la modularité des voies d’acheminement. D’autre part, l’expertise russe dans ce domaine constitue un levier d’influence géopolitique croissant, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, où les économies sont en pleine expansion.

                                    Les métaux cités sont utiles pour une multitude de secteurs. Les trois secteurs les plus importants restent l’automobile, l’aéronautique et le secteur des semi-conducteurs. L’automobile est celui qui en souffrira sûrement le plus car il nécessite beaucoup de métaux différents.

                                    Ainsi, l’aluminium, le cuivre, le platine et le palladium sont tous utiles à la fabrication d’automobiles à propulsion thermique, notamment pour les pots catalytiques. Pour les véhicules électriques, le cobalt et le nickel sont indispensables aux batteries.

                                    Déjà entravé par la pénurie de puces électroniques depuis septembre 2021, le secteur automobile allemand a déjà suspendu des lignes de production en raison d’un problème d’approvisionnements de ses sous-traitants en Ukraine et la situation pourrait s’aggraver.

                                    L’aéronautique dépend également des métaux russes, et en particulier des éponges de titane. Les principaux groupes aéronautiques ont pour principal fournisseur la société russe VSMPO-Avisma (environ 30 % du marché mondial du titane), seul Boeing a pour le moment décidé de mettre fin à ses réapprovisionnements.

                                    Cette société fournit environ 50 % des importations de l’aéronautique mondial et légèrement moins pour les acteurs français. Dans ce secteur, les industriels ont par précaution constitué des stocks qui leur permettent de gérer une problématique de pénurie à court terme.

                                    Pour ce qui est des semi-conducteurs, leur production demande deux ressources principales, le palladium et le gaz néon, ce dernier étant produit à 50 % en Ukraine. Les deux entreprises principales, Ingas et Cryoin, ont déjà fermé leurs sites. On peut donc s’attendre à de grandes difficultés pour ce secteur.

                                    Cependant, le secteur fait face à des défis structurels considérables, aggravés par les sanctions internationales. Le premier obstacle majeur est la dépendance technologique. Sans alternative viable, le tarissement des approvisionnements en technologies étrangères pourrait entraîner une paralysie des projets extractifs et un déclin progressif de l’industrie minière russe dans un environnement de plus en plus compétitif.

                                    Un exemple frappant de cette dépendance est l’utilisation intensive de logiciels spécialisés pour la conception et la fabrication assistées par ordinateur, essentiels aux groupes miniers russes.

                                    Depuis deux décennies, la Russie a investi près de 3 200 milliards de roubles (environ 50,3 milliards d’euros) pour moderniser son industrie de l’acier et restaurer des capacités de production perdues dans les années 1990. Toutefois, ces investissements ont principalement bénéficié à des fournisseurs étrangers, comme l’allemand Siemens, qui a depuis quitté le pays, mettant en péril la compétitivité de l’industrie minière russe sur le marché international.

                                    Un autre défi de taille concerne l’obsolescence des infrastructures. Le secteur repose en grande partie sur des équipements hérités de l’époque soviétique, souvent vieillissants et très polluants. La logistique, en particulier, demeure un point critique, avec des réseaux de transport fragiles qui compliquent l’acheminement des matières premières et entravent le bon fonctionnement de l’industrie extractive.

                                    Le réseau ferroviaire russe souffre de plusieurs fragilités structurelles : une absence de vision stratégique cohérente, un manque de concurrence dans le secteur, des investissements peu fiables et une capacité insuffisante pour gérer les flux croissants. De plus, le déficit en ponts, infrastructures essentielles à la continuité et à la viabilité des chaînes de transport, contribue à l’état de sous-capacité du réseau, limitant ainsi durablement les possibilités d’augmentation des flux.

                                    Par ailleurs, les infrastructures portuaires russes demeurent sous-développées, ce qui entrave considérablement l’augmentation du transport maritime de minerais et de métaux, un enjeu crucial pour l’exportation des ressources naturelles du pays.

                                    Malgré ces faiblesses, l’État russe n’a toujours pas mis en place une politique d’investissements d’envergure pour moderniser ces infrastructures. Cette inertie s’explique en partie par la diversité des acteurs du secteur minier et la variété des ressources exploitées, rendant difficile l’élaboration d’une stratégie d’investissement cohérente à l’échelle nationale.

                                    De plus, les dysfonctionnements persistants entre le pouvoir fédéral et les institutions régionales et locales ralentissent la mise en œuvre des projets infrastructurels, compromettant ainsi le développement du secteur minier à long terme.

                                    Le problème de l’infrastructure de transports affecte particulièrement les projets miniers en Arctique et en Extrême-Orient. L’absence de la puissance publique amène les industriels à directement investir sur ces infrastructures comme Norilsk Nickel qui consacre 6,5 milliards de roubles à la modernisation de la ligne ferroviaire qui relie le district industriel de Norilsk au port de Doudinka.

                                    De fait, l’infrastructure ferroviaire, qui a peu évolué au cours des trois dernières décennies, doit être modernisée et étendue pour accompagner l’augmentation programmée des flux de métaux et de minerais produits. La Sibérie illustre ce défi : en 2020, 144 Mt de marchandises ont ainsi circulé sur la partie sibérienne du réseau ferroviaire. La modernisation en cours du réseau dans la région doit permettre de porter ce volume à 180 Mt pour 2025.

                                    Or, la tâche s’annonce titanesque en raison de plusieurs facteurs : des coûts très élevés relatifs à la construction d’une ligne ; des coûts fixes liés à l’entretien du réseau ; une pénurie de main-d’œuvre ; et l’absence de mécanismes de financement permettant un développement pérenne.

                                    Pour combler son retard technologique face à ses concurrents internationaux, la Russie doit engager une transformation en profondeur de ses opérations minières. Cela passe par la robotisation, l’intégration de l’internet des objets (IoT) pour optimiser les coûts et améliorer la productivité, ainsi que par la digitalisation des systèmes de production.

                                    L’adoption de ces nouvelles technologies implique également une montée en compétences des travailleurs du secteur, nécessitant la mise en place de formations initiales et continues adaptées aux nouveaux procédés. Or, depuis le début du XXIᵉ siècle, le secteur minier russe peine à faire de l’innovation un levier central de sa modernisation, compromettant ainsi la pérennité des transferts technologiques.

                                    Toutefois, dans un environnement de plus en plus compétitif, les entreprises privées russes, avec l’appui des autorités publiques, tentent de rattraper ce retard en adoptant des techniques d’exploration géologique plus avancées et en accélérant l’intégration de nouvelles technologies dans les procédés d’extraction et de traitement des minerais.

                                    Par ailleurs, la Russie cherche à résoudre des problématiques structurelles liées au développement économique des régions minières, qui peinent à maintenir leur compétitivité. Ces dernières décennies, des coûts de production élevés et un appareil industriel moins performant ont pesé sur la rentabilité du secteur. En définitive, ces défis ne pourront être relevés sans une politique publique volontariste et ambitieuse, visant à moderniser l’ensemble de la filière.

                                    Par conséquent, pour donner une vision cohérente au projet de transformation industrielle du pays, le gouvernement russe promeut l’Initiative technologique nationale (Nacional’naâ Tehnologičeskaâ Iniciativa) qui ambitionne de renforcer l’innovation et créer les conditions d’une présence du pays sur les marchés de haute technologie à l’horizon 2035. Toutefois, ce programme fédéral ne vise pas explicitement le secteur minier.

                                    Donc, l’ensemble de ces initiatives privées ou publiques ne conduit pas à une modernisation systémique du secteur. L’intégration entre l’université, l’industrie et les autorités publiques reste insuffisante. En outre, aux problèmes endémiques de l’économie russe (corruption, manque d’attractivité, manque de personnel, manque d’infrastructures et d’investissement, faible productivité) se sont ajoutées les sanctions depuis 2014, même si la politique publique de la « substitution aux importations » a permis de répondre, jusqu’à présent, aux besoins du secteur minier.

                                    Cependant, les vagues de sanctions imposées depuis février 2022 perturbent le fonctionnement du secteur et les projets en cours de développement. Les problèmes d’accès à certaines technologies mais aussi aux capitaux ralentissent l’essor de l’activité minière dans le pays.

                                    Avec tous ses défis structurels, cela explique pourquoi le président russe Vladimir Poutine, lorsqu’il répondait aux questions de Pavel Zaroubine, correspondant de la télévision publique VGTRK assurant le relais de la parole officielle a déclaré : « Nous disposons incontestablement, en ordre de grandeur – je tiens à le souligner –, de plus de ressources de ce type que l’Ukraine. La Russie est l’un des leaders incontestés en matière de réserves de métaux et de terres rares. »

                                    « Nous serions heureux de travailler avec tous les partenaires étrangers, y compris américains », a-t-il soutenu, évoquant des projets « à forte intensité de capital”, sous-entendu générateurs de profits. Avant d’ajouter : « D’ailleurs, il en va de même pour les nouveaux territoires [l’Ukraine occupée] : nous sommes prêts à y attirer les investisseurs étrangers. »

                                    En outre, le président a suggéré d’envisager des projets communs avec les États-Unis pour l’extraction de l’aluminium, par exemple dans le territoire de Krasnoïarsk, Moscou est prêt à fournir 2 millions de tonnes au marché américain. Le fait est que le marché de l’aluminium aux États-Unis est en déficit notable : le pays produit environ 750 000 tonnes, alors que la consommation annuelle est de plus de 4 millions de tonnes.

                                    Les États-Unis importent environ 70 à 80 % de l’aluminium, comblant le déficit principalement par des approvisionnements en provenance du Canada, des Émirats arabes unis, de la Chine et d’autres pays.

                                    Poutine a déclaré la nécessité d’augmenter plusieurs fois leur production. Le développement de cette industrie en Russie est la base de ressources la plus importante pour l’économie moderne, car les métaux rares sont demandés dans la microélectronique, l’énergie, dans la création d’infrastructures de l’économie numérique et dans de nombreux secteurs des sphères civiles et de défense, a déclaré Vladimir Poutine.

                                    En substance, nous parlons de presque tous les secteurs du nouvel ordre technologique, qui définit la dynamique du progrès mondial. D’ici 2030, la Russie souhaite mettre en place un cycle complet de traitement des terres rares ; cela est nécessaire au développement de l’économie du pays et de l’industrie de défense, ainsi qu’à une concurrence réussie sur les marchés mondiaux.

                                    Afin d’accroître le potentiel de l’industrie nationale dans le domaine des nouveaux matériaux, un projet national de leadership technologique a été lancé cette année. Cela s’appelle « Nouveaux matériaux et chimie ». En particulier, dans le cadre du projet national, il est nécessaire de mettre en place toute la ligne, le cycle complet de l’industrie des métaux stratégiques et des terres rares, pour assurer leur extraction et leur transformation jusqu’à la production de produits finis de haute technologie à haute valeur ajoutée.

                                    En effet, environ 40 % des réserves mondiales de terres rares et environ 60 % de leur production mondiale se trouvent en Chine. Selon Rosnedra, dans la Fédération de Russie, les réserves de terres rares en 2024 étaient estimées à 28,7 millions de tonnes dans 18 gisements explorés. Cela représente 20 % des réserves mondiales. Cependant, la part de la Russie dans la production sur le marché mondial ne dépasse pas 1% et la transformation de ces métaux dans le pays est pratiquement inexistante.

                                    Comme l’ont expliqué à plusieurs reprises les départements et les experts compétents, outre les importantes dépenses d’investissement déjà engagées aux premiers stades de la mise en œuvre de tels projets, la Fédération de Russie manque de technologies industrielles éprouvées pour le traitement des matières premières, et les gisements sont situés loin des infrastructures.

                                    Les entreprises s’inquiètent à la fois des perspectives incertaines concernant la demande pour ces métaux et, par conséquent, du risque de gel d’énormes investissements. Jusqu’à présent, l’intérêt pour cette industrie se limite presque exclusivement aux entreprises publiques.

                                    La plupart des grands projets liés aux terres rares sont aujourd’hui pratiquement gelés. Parmi eux se trouve le gisement de niobium et de terres rares de Tomtorskoye (propriété des dirigeants du groupe IST d’Alexander Nesis) en Yakoutie, qui dispose d’une estimation préliminaire des réserves de 11,4 millions de tonnes de minerai contenant 0,7 million de tonnes d’oxyde de niobium et 1,7 million de tonnes d’oxydes de terres rares.

                                    Le gisement d’Ak-Sugsky à Touva dispose de réserves de 78 000 tonnes de molybdène et de 83,3 tonnes de rhénium. L’actif appartenait à la structure Intergeo de Mikhail Prokhorov, mais en 2024, Rosnedra a décidé de révoquer la licence de la société en raison d’une violation du délai de construction de l’infrastructure.

                                    À la fin de l’année dernière, une structure de Rostec a remporté l’enchère pour le droit d’exploiter le gisement.

                                    “Jusqu’à présent, les tentatives de mettre en œuvre sur notre territoire un cycle complet de production de terres rares ont échoué”, observe le journal économique Monocle. Dans un article approfondi, le titre relaie l’inquiétude d’un responsable du comité chargé des ressources naturelles à la Douma, la chambre basse du Parlement russe : “Si l’attitude des autorités à l’égard de ce secteur n’évolue pas, il n’y aura que deux grandes puissances, les États-Unis et la Chine, et nous resterons à la marge.” 

                                    En effet, dispose aujourd’hui d’une chaîne technologique complète qui comprend l’extraction et le traitement du minerai, sa séparation en oxydes et en terres rares individuelles, la production de matériaux et d’alliages et la fabrication de produits finis. Par ailleurs, depuis 2012, la Chine a lancé un programme de grande envergure pour soutenir ce secteur de l’économie. L’accès aux terres rares est devenu un outil politique largement utilisé par la Chine, qui introduisait des licences d’exportation et subventionnait ses producteurs.

                                    Tous les acteurs du marché des terres rares, comme la Chine, ne peuvent pas se vanter de disposer d’une chaîne de production complète. L’Australie, par exemple, n’ayant que la première transformation, n’a aucun problème à envoyer ses produits à l’exportation. La Russie connaît la situation la plus difficile.

                                    L’URSS produisait 8 500 tonnes de terres rares par an. L’exploitation minière a été réalisée en RSFSR, au Kirghizistan et au Kazakhstan, et le traitement a également été effectué en Ukraine et en Estonie. Après 1991, la plupart de ces capacités ont été délocalisées à l’étranger, les chaînes de production ont été brisées et, ces dernières années, de nombreuses sanctions se sont ajoutées aux problèmes du secteur.

                                    C’est pour cela que Poutine a nommé Kirill Dmitriev comme envoyé spécial pour la coopération internationale en matière d’économie et d’investissement. Directeur du fonds souverain russe d’investissement, Dmitriev avait pris part aux consultations le 18 février à Riyad, en Arabie saoudite, où Russes et Américains avaient manifesté leur volonté de rétablir des relations économiques.

                                    Kirill Dmitriev, diplômé de Stanford et Harvard, directeur du Fonds d’investissement direct russe (RDIF) et proche de Vladimir Poutine. Il a été nommé avec l’assistant de Vladimir Poutine, Youri Ouchakov et le chef du Service de renseignement extérieur (SVR) Sergueï Narychkine, comme faisant partie de l’équipe des « poids lourds » des négociations.

                                    Selon Dmitriev, certaines entreprises américaines devraient revenir sur le marché russe au deuxième trimestre 2025.

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                                    Cryptomonnaies En vedette Nos analyses

                                    Le marché crypto en février 2025 : ce qu’il faut retenir 

                                    L’un des rares mois de février dans le rouge   

                                    Les investisseurs crypto ont débuté le mois de février avec beaucoup d’espoir, notamment vis-à-vis de la tant attendu “alt season”, ce moment où la plupart des altcoins, c’est-à-dire toutes les cryptomonnaies autres que bitcoin, prennent de la valeur, souvent après que le bitcoin ait atteint son dernier record (ATH).   

                                    De plus, ces espoirs étaient nourris par le souvenir des mois de février qui, depuis 2014, étaient (presque) toujours dans le vert, exception faite de 2020.   

                                     Néanmoins, comme on le rappelle souvent, les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Et de fait, ce mois de février 2025 a été marqué par une baisse de 20 % du BTC qui est passé de 102 000 dollars à 84 000 dollars.   

                                    Alors que s’est-il passé ? Et à quoi doit-on s’attendre dans les jours et les semaines à venir ? C’est ce que l’on vous explique dans cet article.   

                                    Les prémices d’une guerre commerciale   

                                    Depuis l’institutionnalisation du bitcoin en 2024, les événements macro-économiques et politiques ont un impact significatif sur le marché des cryptomonnaies. C’est ce que nous avons pu observer dès le début du mois de février lors des annonces de taxes douanières de Donald Trump (25 % pour le Canada et le Mexique, 20 % pour la Chine et 25 % envisagés pour certains produits européens). Bitcoin, l’ensemble du marché crypto mais aussi du marché action ont accusé le coup. Finalement, seul l’or a atteint un nouveau record à plus de 2 900 dollars l’once.   

                                    Quant au bitcoin, celui-ci est tantôt corrélé aux indices technologiques du marché américain (notamment au Nasdaq et au S&P500), tantôt à l’or et d’autres fois à aucune de ces valeurs.   

                                    Une chose est sûre, les variations du bitcoin dépendent du sentiment des investisseurs, et lorsque l’incertitude règne, ces derniers se détournent des actifs jugés risqués. Cela explique notamment les sorties sur les ETF Bitcoin qui ont dépassé le milliard de dollars le 25 février, ne faisant qu’amplifier la chute.  

                                    Les investisseurs institutionnels continuent d’accumuler du Bitcoin  

                                    Rappelons toutefois que depuis leur lancement en janvier 2024, les ETF Bitcoin Spot ont enregistré plus de 730 milliards de dollars de volume total. La différence entre les volumes entrants et sortants permet donc d’arriver à un solde net de 40 milliards de dollars.   

                                    En outre, les particuliers ne sont pas les seuls à investir via ces ETF. C’est également le cas des investisseurs institutionnels, et ce mois de février, des derniers ont continué d’accumuler du bitcoin dans leurs réserves, notamment :   

                                    • La banque américaine Goldman Sachs : + 120 % sur son exposition au bitcoin, soit un total de 2,05 milliards  
                                    • La banque britannique Barclays : 131 millions de dollars de bitcoin  
                                    • La multinationale Startegy₿ qui détient désormais près de 2,5 % de l’offre totale des BTC en circulation  
                                    • Mais aussi l’État du Salvador qui a ajouté 11 BTC à sa réserve nationale.   

                                    En bref, lorsque l’investisseur particulier ne sait plus quoi faire, les acteurs institutionnels y voient l’opportunité de renforcer leurs positions. En tant que particulier, il est crucial de ne pas trop s’exposer aux multiples sources, au risque de se retrouver pris au piège d’un brouhaha qui empêche la prise de décisions éclairées, en accord avec un plan d’investissement initial.  

                                    Record de capitalisation de stablecoins   

                                    En février, les stablecoins (ces cryptomonnaies dont la valeur est adossée à celle d’une valeur stable comme une monnaie fiduciaire ou autre actif financier) ont atteint une capitalisation totale record supérieur à 234 milliards de dollars. Un indicateur que de nombreux investisseurs réservent de la liquidité à investir lorsqu’ils jugeront le marché plus favorable.   

                                    Reste donc à savoir quand le marché sera jugé plus favorable. À ce sujet, bien qu’il soit impossible de prédire l’avenir, plusieurs bonnes nouvelles se profilent dans l’ombre et laissent entrevoir potentielle éclaircies.   

                                    Plusieurs réserves nationales de bitcoin en attente  

                                    Depuis que Donald Trump a annoncé son intention de créer une réserve nationale de bitcoin pour les États-Unis, de nombreux États américains comme le Texas, l’Utah, l’Illinois et bien d’autres envisagent de faire de même, suivis par plusieurs pays comme la République Tchèque, Hong Kong, la Russie ou encore l’Allemagne, pour ne citer qu’eux.   

                                    Et bien qu’il ne s’agisse que d’annonces pour le moment, il va sans dire qu’à partir du moment où les USA auront créé leur réserve, beaucoup seront susceptibles de suivre. Quant aux pays qui ne le feront pas, ces derniers devront justifier leur décision.   

                                    Si plusieurs pays comme les États-Unis commenceront probablement par nationaliser les bitcoins collectés lors de saisies judiciaires (près de 200 000 BTC actuellement), ils devront également en acquérir, entraînant inévitablement une pression acheteuse notamment sur les ETF Bitcoin, et donc une éventuelle hausse du prix du bitcoin.   

                                    Des demandes d’ETF en attente pour plusieurs cryptomonnaies   

                                    Actuellement, seul le BTC et l’ETH ont leurs ETF. Des demandes sont en cours pour plusieurs autres tokens notamment LTC, SOL, XPR et DOGE. Celles-ci ont toutefois été déposées en 2024, on peut donc s’attendre à ce que la nouvelle soit déjà “pricée”, c’est-à-dire que le prix actuel des actifs les prenne déjà en compte et que leur approbation n’entraîne pas une hausse spectaculaire. Toujours est-il, ces différentes approbations seraient autant de signaux positifs pour le développement de l’écosystème crypto.   

                                     La SEC abandonne les poursuites contre plusieurs entreprises crypto  

                                    Ces dernières années, la Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier américain, était dirigée par Gary Gensler connu pour ses politiques anti-crypto, lesquelles se sont traduites par de nombreux procès à l’encontre des entreprises du secteur.   

                                    Nombre des poursuites ont toutefois été abandonnées au cours du mois de février, maintenant que la SEC est dirigée par Mark T. Uyeda plus favorable au secteur. Ainsi, les actions contre Gemini, Coinbase, Kraken, Uniswap, OpenSea et Yugalabs ont pris le mois dernier, ce qui devrait permettre à l’écosystème crypto d’aller de l’avant dans un climat plus favorable.   

                                    La fin du mois ponctuée de nouvelles incertitudes  

                                    La fin du mois de février a tout de même été marqué de nouvelles incertitudes et donc de nouvelles baisses.   

                                    Le hack de la plateforme d’échange Bybit  

                                    Le 21 février, la plateforme d’échange de cryptomonnaies ByBit s’est fait dérober 1,46 milliard de dollars d’Ether par le groupe nord-coréen Lazarus. Et bien que l’entreprise ait géré au mieux cette situation en remboursant l’intégralité des clients en quelques jours, les auteurs du hack vendent désormais les ETH volés, entraînant une pression vendeuse et donc la baisse du prix.   

                                    Couplé au fait que les performances de l’Ether ne répondant déjà pas aux attentes des investisseurs, le phénomène de FUD* ne fait que s’amplifier. (On parle de FUD pour « Fear, Uncertainty and Doubt » c’est-à-dire un sentiment de marché qui concentre de la peur, de l’incertitude et du doute, émotions qui se traduisent par des ventes importantes.)   

                                    L’incertitude macroéconomique se poursuit  

                                    Le contexte géopolitique largement abordé tout au long de ce cours mois de février sur Parlons Finance ne s’est pas amélioré, principalement dû aux tensions entre les États-Unis et le reste du monde.   

                                    Les investisseurs sont incertains, en atteste l’indice de la peur et de la cupidité (fear and greed index) qui a atteint son niveau le plus bas depuis 2 ans. La tendance est donc au repli.   

                                    Finalement : une correction pas si surprenante   

                                    En prenant du recul, on réalise également que cette correction du BTC en dessous de 80 000 dollars est saine, après une hausse de 120 % en seulement 5 mois. En effet, les investisseurs retirent des bénéfices, potentiellement afin de réinvestir le marché à l’avenir.   

                                    Pour les autres cryptos en revanche, la situation est plus préoccupante. La plupart ont atteint un cours que l’on n’avait pas observé depuis plusieurs mois. Pour ne pas citer ETH qui a perdu plus de 20 % les 30 derniers jours.   

                                    XRP, SOL et ADA ont connu un rebond suite à un tweet de Donald Trump au sujet de la potentielle réserve de cryptomonnaies le 2 mars. Bitcoin et Ethereum ont également été mentionnées, mais il semblerait que ce ne soit plus les seules sur la liste. Là encore, il ne s’agit que d’annonces, les réserves officielles ne sont pas encore mises en place.    

                                    Une chose est sûre, le marché des cryptomonnaies est à fleur de peau et les investisseurs ont tendance à surinterpréter les nouvelles et à surréagir. Ainsi, tandis que certains attendant un BTC à 150 000 dollars dans les prochains mois, d’autres annoncent un retracement à 70 000 dollars. Nous vous tiendrons informés. Malgré cette volatilité à court terme, finalement pas si surprenant sur le marché des cryptomonnaies nos convictions à long terme restent intactes.   


                                    Article co-rédigé avec Meria, la plateforme d’investissement en cryptomonnaies française leader depuis sa création en 2017 par Owen Simonin, Meria vous permet d’acheter, échanger mais également d’investir vos cryptomonnaies via le staking, afin de générer des rendements passifs et réguliers.  Meria est une société française, enregistrée PSAN auprès de l’AMF (E2021-016) 

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                                    L’institutionnalisation du bitcoin en 2024 : Et après ?

                                    Janvier 2024 : Arrivée et adoption massive des ETF   

                                    Pour bien comprendre le marché actuel des cryptomonnaies, revenons sur ce point de bascule : l’approbation des ETF Bitcoin aux États-Unis en janvier 2024, suivis des ETF Ethereum en juillet.   

                                     À partir de ce moment-là, l’institutionnalisation du bitcoin s’est accélérée et une nouvelle typologie d’investisseur s’est imposée sur le marché. En effet, désormais les investisseurs crypto ne sont plus uniquement des technophiles ou des particuliers. Aussi, au-delà des plus des grosses entreprises comme Tesla et MicroStrategy qui ont investi plusieurs millions de leur trésorerie en BTC depuis 2021, aujourd’hui, ce sont les acteurs historiques de la finance et du monde bancaire traditionnel qui entrent sur le marché.   

                                    Nous pouvons notamment citer la banque britannique Barclay qui a acquis 131 millions de dollars de bitcoin via l’ETF BlackRock, suivie par la Banque de Montréal et ses 150 millions de dollars, pour ne citer qu’elles.     

                                      Évolution de l’achat de bitcoin par les entreprises privées (bleu), les entreprises publiques (gris) les gouvernements (violet), et les fonds d’investissement (orange) de janvier 2021 à mars 2025  

                                    Tout au long de l’année 2024 : La campagne présidentielle de Donald Trump  

                                    Tout au long de sa campagne présidentielle, Donald Trump a brandi Bitcoin comme un élément phare de son programme, et a notamment répété qu’il l’intégrerait dans les réserves nationales américaines. Tout en insistant sur son intention de faciliter l’innovation dans le secteur des cryptomonnaies de manière générale.  

                                    Novembre 2024 : L’élection Donald Trump  

                                    Depuis son élection le 4 novembre 2024, Donald Trump a mis en place plusieurs mesures pour tenir ses promesses. Le président des États-Unis a notamment créé un groupe de travail dédié à ce sujet, dirigé par Bo Hines.   

                                    Il s’agira désormais de rester attentif au fil des mois, afin de voir si des mesures concrètes en ressortent. Enfin, ajoutons que la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme financier américain, est désormais dirigé par Mark T. Uyeda, favorable aux cryptomonnaies, contrairement à son prédécesseur Gary Gensler.   

                                    Décembre 2024 : Bitcoin atteint les 100 000 dollars   

                                    Les facteurs énoncés précédemment, couronnés par l’élection de Donald Trump participent à expliquer la hausse du prix du bitcoin, et le passage tant attendu des 100 000 dollars.  

                                    En un an à peine, le bitcoin est passé de 42 000 $ au 1er janvier 2024, à 73 000 deux mois après l’annonce des ETF, puis à plus de 90 000 $ à la suite de l’élection de Donald Trump. Avant de conclure l’année en beauté avec un prix le plus haut* à 106 000 $.   

                                    *ATH, acronyme de l’expression « All Time High » fait référence au « prix le plus haut » d’un actif, en français.   

                                    Février 2025 : Bitcoin chute en dessous de 80 000 dollars  

                                    Pourtant, nous verrons dans un prochain article que cette hausse s’en est suivi quelques mois plus tard, dès le début de l’année 2025, d’une nouvelle baisse. Alors que le marché et les investisseurs commençaient à s’habituer à un bitcoin à six chiffres, celui-ci redescend.  

                                    Et il n’est pas le seul. Car rappelons-le, si bitcoin est considéré comme le métronome du marché crypto, de nombreuses autres cryptomonnaies sont également en jeu, notamment les altcoins qui ne répondent pas toujours aux attentes des investisseurs.  

                                    Nous y consacrerons un nouvel article dans quelques jours, afin de suivre l’évolution de ces classes d’actifs et des réglementations du marché à l’international.  


                                    Article co-rédigé avec Meria, la plateforme d’investissement en cryptomonnaies française leader depuis sa création en 2017 par Owen Simonin, Meria vous permet d’acheter, échanger mais également d’investir vos cryptomonnaies via le staking, afin de générer des rendements passifs et réguliers.  Meria est une société française, enregistrée PSAN auprès de l’AMF (E2021-016)