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Bitcoin plus résilient que la Bourse américaine : comment s’adapter ? 

Les « tariffs » répétés et contradictoires des dernières semaines n’ont épargné aucun marché et n’ont laissé aucun investisseur indifférent. La politique commerciale des États-Unis a entraîné un pic d’incertitudes provoquant une correction marquée des actions. Et contre toute attente, bien que les cryptomonnaies aient aussi accusé une baisse, Bitcoin en particulier a su démontrer une certaine résilience. Quels enseignements devons-nous en tirer en tant qu’investisseur ? 

  1. Le marché des cryptomonnaies est sensible aux facteurs macroéconomiques  

Rappelons que depuis l’institutionnalisation du bitcoin, le BTC est corrélé aux événements macroéconomiques. Les décisions des États et des institutions financières ont désormais des répercussions directes sur le marché des cryptomonnaies.  

De même, les événements géopolitiques récents ont eu un impact sur les marchés, suivis par la politique tarifaire de Donald Trump d’abord offensive, puis subitement plus conciliante.  

En effet, il aura suffi que les droits de douane – censés être appliqués à plus de 180 pays – soient mis en pause pour 90 jours par Donald Trump lui-même (excepté pour la Chine), pour que bitcoin rebondisse au-delà des 82 000 dollars et se stabilise, après avoir brièvement baissé en dessous de 75 000 dollars deux jours auparavant.  

  1. Bitcoin plus résilient que la Bourse américaine 

Bien qu’il s’agisse d’actifs risqués, naturellement volatils en période d’incertitude, les cryptomonnaies, et en premier lieu Bitcoin, ont été plus résilientes que les actions américaines.  

Dès la première semaine d’avril, les indices boursiers ont enregistré des pertes significatives : 
•  Plus de 6 00 milliards évaporés en 48 heures 
• – 11 % sur le NASDAQ 
• – 17 % pour le S&P500 depuis son sommet de février 
•  Et enfin, le VIX « l’indice de la peur » a atteint 52 points, un niveau inédit depuis 2020 

Notons que pour la première fois, la volatilité du S&P500 a égalé la volatilité du bitcoin :  

En outre, les obligations américaines également, pourtant considérées comme l’un des actifs les plus sûrs du monde, ont fluctué. Les obligations à 10 ans sont passées de 4 % à 4,5 % en 7 jours, une première depuis les années 2000.  

Bitcoin, lui, est resté au-dessus du seuil des 75 000 dollars et a regagné 6,2 % suite au revirement de situation du 9 avril. Nous avions d’ores et déjà observé une réaction similaire lors de la pandémie de Covid : une correction vive, avant de rebondir presque immédiatement.  

  1. La demande pour Bitcoin reste soutenue, portée par les institutionnels 

Ajoutons que malgré les turbulences de ce début d’année, la demande pour Bitcoin reste stable du côté des investisseurs traditionnels qui poursuivent leur stratégie d’accumulation, preuve d’une confiance sur le long terme : 

  • Startegy₿ (anciennement MicroStrategy) a acquis 911 bitcoins, portant son total à plus de 506 000 BTC, soit un demi-million.  Et l’entreprise prévoit un nouvel achat de 1 milliard de dollars.  
  • Metaplaneta renforcé ses positions avec 150 BTC, atteignant désormais 3 350.   
  • Le Salvador, premier pays à s’être constitué une réserve nationale de bitcoin, a poursuivi sa stratégie d’accumulation et atteint un total de 6 127 BTC.    
  • Tether, la société émettrice de l’USDT a acheté 8 888 BTC, devenant le sixième plus gros détenteur.  

Retenons donc que le silence des médias lorsque Bitcoin baisse – ou au contraire la surmédiatisation marquée par des titres alarmistes – peut à tort nous faire oublier la tendance globale favorable à l’adoption du bitcoin et des cryptomonnaies. Un phénomène symptomatique qui permet systématiquement aux investisseurs réguliers de renforcer leur position, profitant de points d’entrée intéressants.    

Une croissance soutenue du côté des stablecoins 

Parallèlement, la capitalisation des stablecoins continue de progresser, atteignant un record à 233,58 milliards de dollars. Un autre témoin de l’institutionnalisation, de plus en plus d’acteurs institutionnels faisant leur entrée sur les marchés via ces cryptomonnaies stables.  

  1. Bitcoin, potentiel rempart contre l’inflation ? 

Alors que les droits de douane et la guerre commerciale alimentent des pressions inflationnistes potentiellement plus importantes que prévu, le bitcoin qui est par nature un actif rare (limité à 21 millions d’unité, d’où son surnom d’ « or numérique ») pourrait légitimement être perçu comme une réserve de valeur.  

  1. Quels indicateurs surveiller et quelle vision adopter sur le long-terme ?  

Au sein du marché des cryptomonnaies, bitcoin demeure incontestablement le crypto actif le plus largement adopté par les acteurs de la finance traditionnelle, ce qui renforce sa légitimité et souligne son potentiel à long terme.  

Ainsi, bien que la volatilité à court terme nourrisse la peur, cela ne doit pas occulter une tendance de fond qui, nous l’avons vu, est haussière et favorable à une adoption grandissante sur le long terme.  

Ces prochaines semaines, il sera intéressant d’observer les prises de position des acteurs majeurs. En particulier, la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (la FED), et sa décision concernant une éventuelle baisse des taux qui inciterait les investisseurs à privilégier les actifs plus risqués.  

Dans tous les cas, ces dernières semaines tumultueuses ont souligné l’importance de diversifier ses positions et d’accorder une place à de nouveaux actifs résilients afin de sécuriser son patrimoine.  

En rédaction avec Meria 

Meria est une plateforme d’investissement en cryptomonnaies française leader depuis sa création en 2017 par Owen Simonin. Meria vous permet d’acheter, échanger et d’investir vos cryptomonnaies afin de générer des rendements passifs et réguliers. Meria est une société française, enregistrée PSAN auprès de l’AMF (E2021-016).

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Banque & Finance En vedette Nos analyses

Comment fonctionne une banque ?

Les banques sont des acteurs centraux de l’économie. Elles permettent de faire circuler l’argent, de financer des projets, de protéger les épargnes, mais leur fonctionnement reste parfois flou pour le grand public.

Découvrons ensemble comment fonctionne une banque, à quoi elle sert et comment elle gagne de l’argent.

1. Le rôle principal de la banque : l’intermédiaire financier

Une banque joue un rôle d’intermédiaire entre ceux qui ont de l’argent (les déposants) et ceux qui ont besoin d’argent (les emprunteurs). Elle collecte l’épargne de ses clients et la prête à d’autres sous forme de crédits. Ce mécanisme fait circuler l’argent et soutient l’activité économique.

Exemple : Une banque reçoit les dépôts de clients (livrets, comptes courants…) et utilise cet argent pour accorder un prêt immobilier à un couple souhaitant acheter un logement.

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2. Les activités principales d’une banque

  • Collecte de dépôts : comptes courants, comptes d’épargne, comptes titres.
  • Octroi de crédits : crédits immobiliers, à la consommation, aux entreprises.
  • Services de paiement : cartes bancaires, virements, prélèvements.
  • Gestion d’actifs : conseil et produits d’investissement (assurance-vie, bourse).
  • Change et produits dérivés : pour les entreprises ou les clients avertis.

3. Comment une banque gagne-t-elle de l’argent ?

  • La marge d’intérêt : elle prête à un taux plus élevé que celui auquel elle emprunte ou rémunère les dépôts. Cette différence constitue son revenu principal.
  • Les frais bancaires : frais de tenue de compte, commissions sur paiements, frais d’incidents…
  • La vente de produits financiers : placements, assurances, conseils personnalisés.

Exemple : Un client place 10 000 € sur un livret à 1 %. La banque prête cette somme à un entrepreneur à 4 %. La différence (3 %) représente une partie de sa marge.

4. Banque de détail vs banque d’investissement

  • Banque de détail : s’adresse aux particuliers et PME (crédits, épargne, paiement).
  • Banque d’investissement : intervient sur les marchés financiers, conseille les grandes entreprises (fusions-acquisitions, levée de fonds).

Certaines banques font les deux (ex : BNP Paribas, HSBC).

5. La réglementation bancaire

Les banques sont très encadrées par les autorités nationales (Banque de France, ACPR) et européennes (BCE). Elles doivent respecter des ratios de solvabilité, de liquidité, et prévenir les risques financiers (fraudes, blanchiment, cybermenaces).

Exemple : Après la crise de 2008, les exigences de fonds propres des banques ont été renforcées pour éviter un effondrement du système.

Une banque est bien plus qu’un simple endroit pour stocker son argent. Elle joue un rôle central dans l’économie en facilitant les flux financiers, en accompagnant les projets, en proposant des services utiles au quotidien. Comprendre son fonctionnement permet de mieux utiliser ses services… et de mieux gérer son propre argent.

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Le money management : l’arme secrète des traders gagnants

On pourrait croire que pour réussir en trading, il suffit d’avoir une stratégie miracle, une analyse technique d’une précision chirurgicale ou des capacités surnaturelles à prévoir l’avenir du marché. Or pour les traders qui gagnent réellement de l’argent en bourse, la clé du succès réside ailleurs: le money management.

Le money management n’est pas qu’un simple outil de gestion de capital. C’est une philosophie de survie. Parce qu’en réalité, il ne suffit pas de gagner pour devenir gagnant en bourse, il faut garder suffisamment de capital pour gagner.

Qu’est-ce que le money management?

C’est l’ensemble des règles et des principes qui permettent d’optimiser le risque et de protéger le capital. Il répond à des questions simples : Combien suis-je prêt à perdre par trade ? Quelle taille de position dois-je prendre en fonction de mon capital ? Comment dois-je ajuster mon risque en fonction de mon progrès dans la mesure?

Au final, gagner en bourse ne consiste pas à avoir raison, mais à gérer correctement vos pertes lorsque vous avez tort et à maximiser vos gains lorsque vous avez raison.. C’est le rôle du money management.

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Les piliers du money mangement :

  • Le risque par trade : Il est recommandé de ne jamais risquer plus de 1 à 2 % de son capital sur une seule position. Cela permet d’encaisser plusieurs pertes consécutives sans mettre en péril l’ensemble du compte.
  • Le stop-loss : Outil incontournable du money management, le stop permet de fixer une perte maximale à ne pas dépasser. Il doit être placé stratégiquement selon la volatilité du marché, et non arbitrairement.
  • Le ratio gain/risque (R/R) : Avant chaque trade, le trader doit évaluer si le gain potentiel justifie le risque encouru. Un ratio minimum de 2:1 est souvent considéré comme un bon standard.
  • La taille de position : Elle doit être calculée en fonction du capital disponible et du stop-loss. Une formule simple : Taille de position = (Capital x % de risque) / Distance au stop
  • La diversification : Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier permet de limiter l’impact d’une mauvaise position sur l’ensemble du portefeuille.

Pourquoi le money management est-il si déterminant ?

Parce que même avec une stratégie aléatoire, un bon money management peut rendre un trader profitable. D’autre part, même avec une stratégie merveilleuse, un mauvais money management détruira votre compte. En d’autres termes, le money management joue le rôle d’une ceinture de sécurité psychologique pour le Trader. Cela permet de réduire le stress, de maintenir la discipline et de maintenir une vision à long terme même après une série de pertes.

Cas concret

Un trader avec un compte de 10000 € qui veut exposer 1 % de son capital sur chaque trade perdra seulement 100 € si l’eed trop et avec un ratio gain/risque de 2 contre 1, il a besoin d’avoir raison seulement une fois sur trois pour être gagnant. C’est une question mathématique et non émotionnelle Conclusion: Gestion avant la prédiction

L’utilisation de la gestion du risque transforme le trading de paris familiers en un probable jeu de probabilités. Elle vous encadre à négocier les marchés avec rationalité, humilité et cohérence. En un monde où la seule certitude est l’aversion, la gestion d’argent est votre meilleure politice… et votre assurance.

Conclusion : la gestion avant la prédiction

Ce qui transforme le trading d’un jeu de devinettes en un jeu avec les probabilités d’être maîtrisé, c’est le money management. C’est le moyen de tirer des revenus, un autre substrat du commerce, et passe par le marché logique comme de l’eau par une éponge. Tandis que le marché est rotatif, le money management demeure constant. Dans un monde d’inconnues, c’est le meilleur avenir possible pour se remettre de ce qui survient.

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En vedette Monde Nos analyses

La première rencontre entre l’Iran et les Etats-Unis depuis 2015

Lundi 8 avril, alors que le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou était à la Maison Blanche pour essayer de réduire ou d’éliminer les droits de douane de 17 % imposés à Israël, Donald Trump en a profité pour faire une annonce « surprise ».

En effet, celui-ci a déclaré que les diplomates américains et iraniens se rencontreront à Oman ce samedi 12 avril pour avancer sur la question nucléaire iranienne.

Selon des fonctionnaires au fait de la planification des négociations, la délégation iranienne pour les pourparlers indirects de samedi avec les États-Unis à Oman devrait être dirigée par le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, tandis que la délégation américaine sera dirigée par l’envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. Les discussions se dérouleront dans des salles séparées, en présence d’un médiateur qui transmettra des notes entre les délégations.

Il a également rajouté : “Espérons que ces discussions auront du succès. Si elles n’aboutissent pas, je pense que l’Iran sera en grand danger. C’est dans le meilleur intérêt de l’Iran. Tout le monde peut s’accorder sur le fait qu’un accord serait préférable à l’évidence”, a déclaré Donald Trump. “Il n’a pas précisé ce qu’il entendait par évidence”souligne le Washington Post. Toutefois, on peut supposer qu’avec la préparation militaire en cours, Trump affirme de nouveau sa position de force en faisant passer le message que soit la diplomatie fonctionne, sinon la force militaire sera potentiellement utilisée.

En effet, selon le site spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient Al-Monitor, “l’armée américaine a déployé (ces dernières semaines) plusieurs bombardiers B-2” sur la base Diego Garcia, dans l’océan Indien, située à 5 300 kilomètres de l’Iran. Avec une portée pouvant atteindre 11 000 kilomètres, ces avions sont “conçus pour transporter la ‘mère de toutes les bombes’, pesant 900 kilos et […] capable de détruire les installations nucléaires souterraines iraniennes”, précise le site.

De son côté, l’Iran cherche aussi à montrer ses muscles. Deux hauts responsables ont ainsi effectué le 4 avril une visite dans la zone de défense aérienne du sud-est du pays, dans la ville portuaire de Bandar Abbas, la plus proche de la base américaine de Diego Garcia, pour “une évaluation opérationnelle de la préparation au combat”. Un haut général des Gardiens de la révolution, Alireza Sabahifard, a affirmé à cette occasion que l’Iran se préparait à une “réponse décisive et écrasante” en cas d’“agression” américaine, rapporte Al-Monitor.

Malgré le récent renforcement militaire, une attaque militaire américaine contre l’Iran ne semble pas imminente et sert plutôt d’outil par lequel Trump peut pousser l’Iran à la table des négociations et parvenir rapidement à l’accord qu’il recherche.

Étant donné la vaste étendue des bases de défense aérienne de l’Iran, davantage d’équipements, d’avions et de main-d’œuvre semblent nécessaires si les États-Unis décident finalement de lancer une frappe qui pourrait paralyser les installations nucléaires du pays et immobiliser ses centres militaires pour contrecarrer une réponse de représailles immédiate.

La question de savoir si les États-Unis vont intensifier leurs déploiements pour une guerre à grande échelle, au-delà de simples gestes de flexion, dépend encore largement de la manière dont l’Iran choisira de répondre aux menaces de Trump.

Par ailleurs, un haut responsable iranien a déclaré dimanche 6 avril à Reuters que l’Iran avait averti ses voisins qu’ils pourraient devenir des cibles s’ils autorisaient les États-Unis à utiliser leur territoire ou leur espace aérien pour attaquer ses installations nucléaires.

Selon le rapport, l’avertissement a été adressé aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, à la Turquie, au Koweït et à l’Irak, précisant que tout soutien à une frappe américaine, y compris l’utilisation de l’espace aérien ou du territoire (par exemple, le Qatar abrite la plus grande base américaine de la région), serait considéré comme un acte hostile.

Un tel acte « entraînerait de graves conséquences pour eux », a averti le responsable, ajoutant que le guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait placé les forces du pays « en état d’alerte maximale », selon le rapport.

“Si Trump veut placer l’Iran devant le dilemme ‘capitulation ou guerre’, […] les intérêts occidentaux dans les champs énergétiques, les voies de transport internationales et les bases militaires situées dans les pays du golfe Persique risquent de ne plus être en sécurité”, a ainsi mis en garde le quotidien Javan, proche des Gardiens de la révolution.

Les États-Unis comptent au moins 40 000 soldats au Moyen-Orient. La majorité d’entre eux sont déployés dans les États pétroliers du Golfe, où ils sont basés sur une série de bases aériennes et navales stratégiques.

La base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, abrite la 378e escadre expéditionnaire aérienne américaine, qui exploite des chasseurs F-16 et F-35. Les États-Unis exploitent des drones MQ-9 Reaper et des chasseurs à réaction depuis la base aérienne d’Al Dhafra, aux Émirats arabes unis. La base aérienne d’Ali al-Salem, au Koweït, abrite la 386e escadre expéditionnaire aérienne.

La base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, abrite le quartier général régional du Commandement central américain. Le royaume insulaire de Bahreïn abrite environ 9 000 soldats américains appartenant au quartier général du commandement central des forces navales américaines et à la cinquième flotte américaine.

En réponse, l’Arabie Saoudite et d’autres États du Golfe ont interdit aux avions de guerre américains d’utiliser leurs aérodromes ou leur ciel pour attaquer l’Iran après que le président américain Donald Trump a menacé ce week-end de bombarder le pays.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar et le Koweït ont tous déclaré aux États-Unis qu’ils ne permettraient pas que leurs espaces aériens ou leurs territoires soient utilisés comme rampe de lancement contre l’Iran, y compris pour des opérations de ravitaillement et de sauvetage, a déclaré un haut responsable américain à Middle East Eye.

Cependant, si les États-Unis utilisent Diego Garcia pour attaquer l’Iran, ils pourraient éviter complètement l’espace aérien des États du Golfe, ou à tout le moins, donner aux monarques du Golfe une possibilité plausible de nier leur implication dans les frappes. Cela réduit les possibilités pour l’Iran de dissuader les frappes américaines ou israéliennes en menaçant le Golfe.

En outre, Trump a déclaré que les États-Unis s’engageraient dans des négociations « directes », alors que dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé que des discussions auraient lieu samedi à Oman, mais a précisé qu’elles seraient indirectes, ce qui signifie que des intermédiaires collaboreraient avec les deux parties.

En effet, sur ordre de son guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, l’Iran a récemment écarté toute négociation directe avec les États-Unis sous Trump, qui non seulement s’est retiré de l’accord nucléaire de 2015, mais a aussi ordonné l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani durant son premier mandat.

Néanmoins, certains initiés politiques à Téhéran suggèrent en privé que la porte pourrait être ouverte à des pourparlers directs, en fonction de l’évolution des choses à Mascate. La composition des délégations souligne également que la République islamique a chargé le ministère des Affaires étrangères de mener les négociations avec les États-Unis.

Alors, Trump brûle-t-il les étapes en révélant prématurément une diplomatie discrète encore embryonnaire ? Ou bien brouille-t-il volontairement la frontière entre messages indirects et véritables négociations pour revendiquer une dynamique et créer une pression ?

Il est notable qu’en 2012 et 2013, des pourparlers directs et secrets entre les États-Unis et l’Iran à Oman avaient discrètement préparé le terrain pour l’accord nucléaire en 2015. Ces rencontres ont abouti parce qu’elles étaient discrètes, sérieuses et fondées sur des objectifs clairs : l’Iran voulait une levée des sanctions. Les États-Unis voulaient empêcher l’Iran d’obtenir la bombe nucléaire.

Cette même dynamique pourrait être à l’œuvre aujourd’hui, mais dans un environnement politique encore plus hostile qu’en 2015. Dans les deux pays, les partisans de la ligne dure ont passé des décennies à alimenter la méfiance. Beaucoup craignent la diplomatie non pas parce qu’elle échoue, mais parce qu’elle pourrait réussir.

Pour la direction iranienne, et en particulier son Guide suprême, être perçu comme faisant des compromis avec Trump pourrait être un cauchemar politique, à moins que cela ne soit fait « dans les règles ». Il ne peut pas se permettre de paraître faible aux yeux de sa base, surtout après que Trump a déchiré le précédent accord et tué Soleimani.

De plus, le changement de ton de Trump pourrait s’expliquer par la préparation d’une visite de haute importance en Arabie saoudite, où il espère relancer des accords régionaux. Pour cela, il aurait besoin d’un calme à Gaza, d’un cessez-le-feu au Yémen, et d’une réduction des tensions avec l’Iran.

Le vrai test, c’est ce que Trump exige réellement. S’il s’agit du modèle maximaliste de la « Libye » que les néoconservateurs autour de lui préconisent, soit un démantèlement total du programme nucléaire iranien, alors les discussions seront probablement vouées à l’échec, et la probabilité d’un conflit militaire sera très élevée.

Le conseiller à la sécurité nationale de l’administration Mike Waltz a parlé de « démanteler » le programme nucléaire iranien. C’est aussi ce que Netanyahou évoque quand il exige le « modèle libyen », ce qui signifie que l’Iran devrait démanteler et expédier hors du pays l’intégralité de son infrastructure nucléaire.

Or, une grande partie des équipements d’enrichissement nucléaire libyens n’avaient jamais été déballés avant leur remise aux États-Unis en 2003 ; l’infrastructure nucléaire iranienne fonctionne depuis des décennies et est répartie sur tout le territoire, en grande partie sous terre.

Cela signifierait la fermeture du site d’enrichissement nucléaire de Natanz, attaqué par les États-Unis et Israël avec la cyber-arme Stuxnet il y a quinze ans, et saboté épisodiquement depuis par Israël. Cela impliquerait la destruction du site d’enrichissement de Fordow, situé au cœur d’une montagne sur une base militaire. Et cela impliquerait le démantèlement de plusieurs autres installations réparties dans tout le pays, sous l’œil vigilant des négociateurs internationaux.

Mais cela donnerait lieu à une négociation très brève : c’est une impasse pour l’Iran (le modèle libyen est peu attrayant quand on pense au sort final de Kadhafi). Il est quasiment certain que l’Iran résistera au démantèlement de l’ensemble de son infrastructure nucléaire, qui lui a donné la capacité de produire le combustible nécessaire à une bombe en quelques semaines, voire une arme complète en quelques mois.

De nombreux Iraniens ont commencé à évoquer ouvertement la nécessité pour le pays de se doter d’une arme, après s’être révélé relativement vulnérable lors d’une série d’échanges de missiles avec Israël l’année dernière.

Mais l’approche belliciste de Trump envers l’Iran a déclenché un débat furieux dans le monde MAGA sur la direction de la politique étrangère de la nouvelle administration et sur la question de savoir si de nouveaux engagements militaires au Moyen-Orient en valent la peine.

Trump a doté son administration de faucons iraniens de premier plan, comme le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et le secrétaire d’État Marco Rubio, mais aussi de personnalités qui souhaitent que les États-Unis se retirent de toute intervention militaire au Moyen-Orient. Leurs affrontements sont devenus très virulents et très médiatisés ces dernières semaines , ce qui pourrait affecter l’approche américaine envers Israël et sa campagne de pression sur l’Iran.

Cependant, si l’objectif de Trump est de vérifier que le programme nucléaire iranien reste pacifique, comme certains rapports le suggèrent, alors un accord est encore possible, et cela correspond à ce que les responsables iraniens ont dit être prêts à envisager. Steve Witkoff, l’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, de son côté, a évoqué un programme de « vérification » pour s’assurer que l’Iran ne construit pas de bombe, et c’est aussi le cas de nombreuses figures influentes du monde MAGA.

D’ailleurs, Witkoff a ces dernières semaines fait la une des journaux en affichant une préférence apparemment simple pour s’engager avec l’Iran. La semaine dernière, il s’est retrouvé dans l’eau chaude après avoir écrit « Great » en réponse à un tweet d’Araghchi soulignant que l’Iran a respecté son engagement dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015 de ne jamais développer d’armes atomiques, même si Trump s’est unilatéralement retiré de l’accord en 2018.

Au milieu des tirs nourris des voix opposées à la diplomatie avec l’Iran, Witkoff a supprimé son tweet peu de temps après.

Witkoff a également fait des vagues à Téhéran le 21 mars, lorsqu’il a suggéré dans une interview avec le journaliste et animateur conservateur Tucker Carlson que les États-Unis seraient ouverts à une supervision plus stricte du programme nucléaire iranien plutôt qu’à son démantèlement complet. Les experts disent que ce dernier est un échec pour la République islamique, en particulier compte tenu de l’expérience d’autres pays qui ont accepté de renoncer à leurs capacités nucléaires, y compris la Libye.

Qui plus est, toujours durant l’interview, Witkoff a suggéré que Trump veut d’abord et avant tout s’assurer que les activités nucléaires de l’Iran ne seront pas militarisées.

« S’ils devaient avoir une bombe qui créerait la Corée du Nord dans le CCG [Conseil de coopération du Golfe], nous ne pouvons pas avoir cela… Nous ne pouvons jamais permettre à quelqu’un d’avoir une arme nucléaire et d’avoir une influence démesurée. »

Tout en proposant que le dialogue devrait « commencer » sur le programme nucléaire iranien, Witkoff a également été explicite sur d’autres priorités américaines. « La prochaine chose que nous devons faire avec l’Iran, c’est qu’ils sont les bienfaiteurs de ces armées par procuration. »

Alors que l’Iran a signalé qu’il ne négocierait pas sur les questions non nucléaires, les remarques de Witkoff suggèrent qu’il y a une certaine flexibilité sur ces questions, d’autant plus que la perception de la menace américaine semble se concentrer sur le programme nucléaire iranien.

Toutefois, de manière improvisée, Trump a aussi déclaré hier à la Maison Blanche qu’un nouvel accord avec l’Iran pourrait « peut-être beaucoup plus dur » que l’accord nucléaire de 2015 qu’il avait auparavant rejeté.

En même temps, il reste flou jusqu’où l’administration est prête à aller en matière de concessions. Les Iraniens, cette fois, exigeront des bénéfices tangibles et des garanties solides, et non pas seulement un soulagement temporaire des sanctions comme dans le JCPOA.

Que Trump est-il prêt à offrir ? Peut-il faire approuver un accord par le Sénat ? S’agira-t-il uniquement d’un accord nucléaire ? Une critique fréquente du JCPOA était qu’il ne traitait pas du programme de missiles balistiques de l’Iran ni de ses milices par procuration.

« Trump souhaite éviter deux choses », a déclaré Aaron David Miller, expert de la politique américaine au Moyen-Orient à la Fondation Carnegie pour la paix internationale. « Premièrement : que l’Iran franchisse le seuil nucléaire sous sa direction. Deuxièmement, une opération militaire majeure des États-Unis ou d’Israël qui plongerait la région dans le chaos. »

L’Iran est toujours sur le point de se doter d’une arme nucléaire. L’Agence internationale de l’ énergie atomique (AIEA) a rapporté en février que l’Iran avait produit près de 275 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, soit près du seuil de 90 % requis pour la fabrication d’armes nucléaires. Une évaluation des services de renseignement américains, rendue publique le mois dernier par le Bureau du directeur du renseignement national, indiquait que « Khamenei n’avait pas réautorisé le programme d’armement nucléaire », mais ajoutait que « la pression s’était probablement accrue sur lui pour qu’il le fasse ».

Enfin, les acteurs extérieurs, y compris les acteurs régionaux comme Oman, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Qatar, se sont montrés ouverts à la médiation de négociations indirectes, tandis que les partisans internationaux du programme nucléaire iranien, tels que la Chine et la Russie, soutiennent également une solution nucléaire négociée.

Cependant, si la Chine et la Russie se coordonnent avec l’Iran sur des questions telles que l’évitement du retour des sanctions et l’interdiction du retrait de l’Iran du Traité de non-prolifération, car de telles actions menaceraient leurs intérêts et créeraient de l’instabilité dans la région, elles ne veulent pas nécessairement que la question soit résolue et n’ont pas pris de mesures sérieuses jusqu’à présent.

Un Iran isolé deviendrait dépendant de la Chine et éliminerait la concurrence énergétique de la Russie, ce qui rendrait le maintien du statu quo avantageux pour les deux parties. Par conséquent, ils ne visent pas à résoudre la crise, mais préfèrent qu’elle ne s’aggrave pas.

Bien que les États-Unis puissent consulter Israël sur son accord avec l’Iran, il est peu probable qu’Israël puisse y opposer son veto, car Trump se concentre sur la négociation d’un accord qui s’aligne sur les intérêts américains.

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Opinion: Faut-il avoir peur des tarifs de Donald Trump ?

Depuis l’annonce par « l’oncle Donald » de l’instauration de tarifs douaniers à l’importation, ce mercredi après la clôture des marchés, l’indice américain S&P 500 a perdu jusqu’à 10,6% en 2 jours.

En termes de capitalisation boursière, cela représente une baisse de l’ordre de 4.500 milliards $… Tout le monde en parle,
sur toutes les chaines de télévision et de radio (même Nostalgie dont ce n’est pas la vocation première). C’est dire si la panique semble générale…

En deux mots, le président américain met en place des taxes sur les produits qui sont importés depuis la plupart de ses partenaires commerciaux avec laquelle il y a un déséquilibre commercial (plus d’achat américains que d’exportations). Son objectif est de « rendre l’Amérique à nouveau grande » (MAGA).

Mais, il y a d’autres moyens de rendre son pays plus grand, plus digne, plus respectable, plus admirable, que de se fermer dans une politique protectionniste ! En effet, la dernière fois que des mesures d’une telle ampleur ont été prises, ce fut en juin 1930, lorsqu’un de ses prédécesseurs, Herbert Hoover, fit appliquer la dénommée « Smoot-Hawley Tariff Act » frappant plus de 20.000 produits importés.

De nombreux pays réagirent par la réciproque, comme vient de le faire la Chine aujourd’hui, en appliquant des taxes symétriques. Le commerce mondial s’effondra, aggravant encore la crise économique des Etats-Unis.

La leçon fut relativement vite apprise car les tarifs douaniers furent retirés progressivement 2 ans après avoir été mis en place… La décision qu’a pris cette semaine Donald Trump l’a donc été, soit en ignorant l’histoire, soit en la connaissant et en espérant des conséquences différentes…

Les calculs qu’il a présentés pour expliquer les taux appliqués par pays sont du niveau d’un enfant de primaire, avec même des erreurs géographiques (voir article du Guardian). Quoi qu’il en soit, les conséquences seront vraisemblablement une incitation à consommer davantage « américain » et à produire aux USA, mais aussi une hausse de l’inflation et, en conséquence, une hausse des taux d’intérêt, ainsi que d’autres facteurs contreproductifs qui risqueraient de plonger l’économie américaine en récession, avec in fine un impact social et électoral…

En conclusion, Donald Trump se tire une balle dans le pied ! Mais, il n’a peut-être pas eu l’équipe suffisamment instruite pour l’en avertir ? Ou alors l’a-t-il eue, mais n’a-t-il pas voulu l’écouter ? Toujours est-il que d’autres dirigeants d’entreprises, dont certains bien plus riches que lui, et même la Fed ont dû réagir fermement ces derniers jours et son téléphone a dû carillonner !

La pression qu’il doit subir, ces dernières heures a dû être telle qu’il s’est même senti obligé de se justifier publiquement : il maintient son avis et il affirme même que la bourse va « booster »… Mais combien de temps pourra-t-il tenir? Combien de temps vat-il résister à la pression ? Combien de temps lui faudra-t-il pour retourner sa veste ?

Quoi qu’il en soit, avec une pointe du VIX (indice de la peur) à 45, un RSI qui a atteint un niveau de survente plus égalé depuis 2022, un niveau de panique médiatique assourdissant et une baisse de l’indice S&P 500 de 17% depuis son sommet de février, le moment est intéressant pour (ré)investir un peu, tout en observant une très large diversification. Pour information ou rappel, il n’y a pas de corrélation statistiquement significative entre l’économie réelle et la bourse. Quand la marée est basse en bourse, il faut en profiter, quel que soit l’état présent ou à venir de la conjoncture économique !

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Comprendre la volatilité des marchés… à travers l’exemple des droits de douane de Trump

La bourse monte, puis redescend, parfois brutalement. Les marchés semblent parfois euphoriques, parfois paniqués. Ce phénomène, qu’on appelle la volatilité, peut être déroutant pour les investisseurs, surtout les débutants.

Mais qu’est-ce que la volatilité exactement ? Pourquoi les marchés réagissent-ils parfois de manière excessive à des décisions politiques comme l’imposition de droits de douane ? Et comment s’en protéger ou en tirer parti lorsqu’on investit ?

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Qu’est-ce que la volatilité en finance ?

La volatilité désigne l’amplitude des variations du prix d’un actif financier (action, obligation, indice, etc.) sur une période donnée. Plus un actif varie fortement, plus il est dit « volatile ».

  • Une action qui monte ou descend de 0,2 % par jour est peu volatile.
  • Une action qui prend ou perd 3 % en une journée est très volatile.

Plus la volatilité est élevée, plus l’incertitude est grande.

Elle peut être causée par :

  • des résultats d’entreprises inattendus,
  • des décisions des banques centrales,
  • des événements géopolitiques,
  • ou encore… des décisions commerciales, comme l’imposition de droits de douane.

L’impact des décisions politiques : le cas Trump

Pendant sa présidence, Donald Trump a mis en place une politique commerciale agressive. Son objectif ? Réduire le déficit commercial des États-Unis et relocaliser la production sur le sol américain.

Pour y parvenir, il a imposé des droits de douane sur des centaines de milliards de dollars de produits étrangers, en particulier chinois, mais aussi européens ou canadiens.

Conséquences sur les marchés :

  1. Hausse des incertitudes économiques : Les entreprises ne savaient pas si elles allaient pouvoir importer leurs matières premières au même prix.
  2. Réaction en chaîne des pays visés : La Chine a répliqué avec ses propres taxes, alimentant la crainte d’une guerre commerciale.
  3. Chocs boursiers : Chaque tweet ou annonce de Trump pouvait provoquer une forte réaction des marchés – à la hausse ou à la baisse.

Résultat : une forte volatilité sur les marchés financiers.

Les investisseurs détestent l’incertitude, et à chaque annonce, ils ajustaient rapidement leurs portefeuilles. Les indices comme le S&P 500 ou le Dow Jones ont connu des périodes de fortes fluctuations.

Pourquoi c’est important pour un investisseur particulier ?

Quand on débute en bourse, il est crucial de comprendre que la volatilité :

  • n’est pas toujours mauvaise : elle peut offrir des opportunités d’achat à bon prix.
  • n’est pas une perte tant qu’on ne vend pas ses actifs.
  • fait partie du jeu : les marchés ne montent jamais en ligne droite.

Mais la volatilité peut aussi effrayer :

  • Certains vendent dans la panique.
  • D’autres pensent que « le marché est trop risqué ».

D’où l’importance d’avoir une vision long terme et une stratégie claire.

Comment se protéger face à la volatilité ?

  1. Diversifier ses investissements : Ne pas tout miser sur une seule entreprise ou un seul pays.
  2. Investir régulièrement : Par exemple via des versements mensuels, pour lisser les variations.
  3. Garder son sang-froid : L’émotion est l’ennemie de l’investisseur rationnel.
  4. Comprendre le contexte macroéconomique : Suivre l’actualité politique et économique aide à anticiper certains mouvements.

En résumé, la volatilité est une composante naturelle des marchés financiers. Elle reflète l’incertitude des investisseurs face à des événements économiques, géopolitiques ou politiques. L’exemple des droits de douane imposés par Donald Trump montre à quel point une décision politique peut déstabiliser les marchés et entraîner des réactions en chaîne.

Pour les investisseurs, il est essentiel de comprendre que la volatilité ne signifie pas forcément danger ou perte, mais qu’elle peut aussi représenter des opportunités. À condition d’avoir une stratégie solide, de diversifier ses placements et de garder une vision long terme, on peut apprendre à vivre avec la volatilité… voire à en tirer parti.

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Trump a un pouvoir illimité ? La théorie de l’exécutif unitaire

Pendant le week-end du President’s Day, Donald Trump a déclaré : « Celui qui sauve son pays ne viole aucune loi. », inspiré directement de Napoléon Bonaparte.

Démantèlement d’agences indépendantes, licenciements de fonctionnaires, remise en cause du droit du sol, gel unilatéral de financements octroyés par le Congrès… Depuis son retour à la tête des Etats-Unis, le 20 janvier, Donald Trump semble repousser les limites du pouvoir présidentiel.

Cependant, derrière les premiers actes de sa deuxième administration, les analystes juridiques voient un objectif commun : tester une théorie juridique autrefois marginale qui affirme que le président a un pouvoir illimité pour contrôler les actions des quatre millions de personnes qui composent le pouvoir exécutif.

En effet, pour comprendre les agissements de Trump, il faut avoir en tête les bases du système politique américain. Celui-ci repose sur le principe des checks and balances (« freins et contrepoids »). Ainsi, chacune des trois branches du gouvernement dispose de moyens de contrôle sur les autres (checks)pour viser un certain équilibre (balance). « Par exemple, le président bloque le Congrès avec son pouvoir de veto. Le Congrès, lui, peut bloquer le président par son pouvoir d’impeachment [destitution] ou bien son pouvoir sur le budget. La Cour suprême, elle, peut bloquer les deux autres pouvoirs par sa capacité de déclarer une loi constitutionnelle ou non », résume François Vergniolle de Chantal, politiste et professeur en études américaines à l’université Paris Cité.

Ici, Donald Trump, défend une vision maximaliste du pouvoir exécutif, en reprenant à son compte la doctrine dite de l’« exécutif unitaire ». Cette dernière, largement décriée, postule que le président détient un contrôle absolu sur l’exécutif, y compris sur les agences indépendantes et les fonctionnaires qui y siègent.

C’est à cette aune qu’il faut analyser l’avalanche de décrets présidentiels pris depuis son retour dans le bureau Ovale. S’il s’agit bien de l’une de ses prérogatives, elle est censée obéir à une hiérarchie des normes très précise. Ces décrets ne peuvent contredire ni la Constitution, ni les lois fédérales, ni les jurisprudences, qui sont les sources principales du droit aux Etats-Unis, et sont organisées par ordre de priorité :

  • Au sommet, la Constitution détermine les principes fondamentaux, l’organisation du gouvernement et les droits des citoyens ;
  • Inférieures, les lois fédérales adoptées par le Congrès doivent être conformes à la Constitution ;
  • Les jurisprudences des tribunaux doivent ensuite respecter les principes de la Constitution ainsi que les lois fédérales ;
  • Au pied de cette hiérarchie, les sources réglementaires, telles que les décrets, doivent respecter les trois sources normatives qui lui sont supérieures, sous peine de suspension ou d’annulation.

Les décrets trumpiens, ont déjà entraîné plus de quatre-vingt-dix recours en justice, selon le site Just Security de l’université de New York. 

Alors, si les tribunaux, et plus particulièrement la majorité de la Cour suprême nommée par les républicains, confirment les arguments fondés sur la soi-disant « théorie de l’exécutif unitaire », cela donnerait à Trump un pouvoir sans précédent pour révoquer et remplacer n’importe quel employé fédéral et imposer leur volonté à chaque décision dans chaque agence.

Selon cette théorie, le président est le seul détenteur du pouvoir exécutif. Il dispose de l’administration et des agences fédérales. Il peut licencier et recruter qui il veut, utiliser ou non les crédits votés par le Congrès. Il interprète la façon dont la loi doit être appliquée par l’administration. Il peut aussi l’ignorer s’il la juge inconstitutionnelle, jusqu’à ce que la Cour suprême statue.

Ainsi, la prise de pouvoir du nouveau président pourrait être habillée d’un costume légaliste par la plus haute cour du pays, et certains universitaires et défenseurs salueront cette décision. Très bientôt, nous entendrons beaucoup parler de la « théorie de l’exécutif unitaire ».

La Théorie de l’exécutif unitaire, est une théorie constitutionnelle américaine qui propose une nouvelle lecture de la constitution des Etats-Unis, notamment de l’Article II traitant des dispositions du pouvoir exécutif.

Cette théorie trouve ses racines dans les affirmations agressives du pouvoir présidentiel au XXe siècle, en particulier sous l’administration Nixon mais elle est apparue comme un cadre juridique peu orthodoxe sous l’administration Reagan et a gagné en force avec les présidences suivantes.

Ce cadre a gagné en popularité pendant la présidence de George W. Bush fils, car il était essentiel à la tentative de son administration de légitimer des pouvoirs présidentiels sans précédent, notamment ceux concernant le recours à la force militaire, les enlèvements commandités par l’État, la détention et l’interrogatoire des prisonniers et la collecte de renseignements.

Encouragé par les idéologues du « Projet 2025 », venant du think thank conservateur américain, « Heritage Foundation » mais aussi par la bienveillance de la Cour suprême, Donald Trump a doublé la mise. Déjà, en 2018, pendant son premier mandat, il a interdit aux ressortissants de certains pays musulmans de venir aux Etats-Unis. Au lieu de dénoncer une violation de la Constitution, les juges suprêmes ont affirmé le pouvoir du président en matière d’immigration et de sécurité nationale.

Ensuite, en 2020, les magistrats ont aussi supprimé la protection du directeur du CFPB, un régulateur financier. La loi stipulait que ce responsable ne pouvait être licencié sans cause, mais la Cour a jugé que c’était une violation de la séparation des pouvoirs, le président disposant de tout le pouvoir exécutif.

Puis, en juillet 2024, les juges suprêmes ont consacré une « immunité absolue » du président pour les actions « relevant de son autorité constitutionnelle », alors que Donald Trump était poursuivi pour avoir tenté de renverser le résultat de l’élection de 2020.

Il n’existe pas d’interprétation unique de cette théorie. Au minimum, ses partisans estiment généralement que l’article II autorise le président à révoquer tous les membres du pouvoir exécutif. Cependant, certains, dont Trump et nombre de ses alliés, estiment que le président conserve tout le pouvoir exécutif et peut contrôler tous les fonctionnaires et agences.

Elle se base ainsi sur une interprétation présidentielle de la première et troisième clause de l’Article II, soit respectivement la Vesting Clause et la Take Care Clause. Cette lecture « textualiste » de la constitution prône l’idée d’un total contrôle de la branche exécutive par le pouvoir présidentiel, sans que le Congrès puisse interférer avec les décisions de ce dernier, ce qui diminue l’influence législative sur l’administration au profit de l’influence exécutive.

La théorie de l’exécutif unitaire se base donc sur les premières et deuxième clause de l’article II de la Constitution des Etats-Unis qu’elle analyse avec une lecture présidentielle. La Vesting Clause, soit la clause 1, énonce ceci : « The Executive power shall be vested in a President of the United States of America » (le pouvoir exécutif sera confié à un président des États-Unis d’Amérique).

Or, les défenseurs de la Théorie de l’exécutif unitaire considèrent la Vesting Clause comme unitariste dans le sens où elle stipule que le pouvoir exécutif n’est placé qu’entre les mains d’une personne unique, ici, le Président. De plus, à cela s’ajoute l’argument que, contrairement à l’Article I pour le pouvoir parlementaire, l’Article II présente le pouvoir présidentiel comme univoque et indifférencié.  

La clause 3 de l’Article II, la Take Care Clause, avance que le Président « shall take care that the laws be faithfully executed » (veillera à ce que les lois soient fidèlement exécutées). Les unitaristes comprennent en cela que le président, et le président uniquement, a le pouvoir de faire appliquer le droit.

En conséquence, « le président exerce un contrôle hiérarchique sur tous les fonctionnaires de l’exécutif, […] un plein pouvoir de révocation ainsi que le pouvoir souverain d’annuler ses décisions, et même de se substituer à lui si besoin ». Les pouvoirs de révocation et de nomination sont ici utilisés comme les fers de lance de la théorie ; laissant ainsi au président un plein pouvoir sur la branche exécutive.

La théorie de l’exécutif unitaire se place alors en opposition à la théorie pluraliste classique, qui défend l’importance d’un exécutif divisé entre l’exécutif présidentiel et l’exécutif administratif. À l’inverse, l’unitarisme se rapproche de la théorie de l’administration présidentielle, défendant également l’idée d’une hiérarchie au sein de la branche exécutive.

Jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, les nominations aux postes fédéraux étaient régies par le principe « to the victor belong the spoils » (« au vainqueur reviennent les dépouilles »), c’est-à-dire que chaque administration présidentielle était libre de renvoyer la plupart des hauts fonctionnaires nommés par l’administration précédente (du moins si elle appartenait à un parti politique différent) et d’en nommer des nouveaux. Cela a non seulement conduit à la corruption et au népotisme, mais a également sapé la capacité des fonctionnaires à développer une expertise cohérente.

Au fil du temps, le Législatif a adopté diverses règles applicables à de nombreuses agences dites « quasi-indépendantes » qui respectaient le pouvoir du président de nommer des responsables de son choix, mais avec certaines limites procédurales.

L’objectif principal de ces procédures était double : d’une part, donner à certains administrateurs un degré d’indépendance limitée, et d’autre part, garantir un niveau de transparence. Pour atteindre le premier objectif, certains administrateurs, une fois nommés, devaient exercer leur mandat pour une durée déterminée et ne pouvaient être révoqués qu’en cas d’incompétence ou pour d’autres critères quasi-objectifs. Pour assurer la transparence, certains administrateurs pouvaient être révoqués par le président, mais uniquement avec un préavis (par exemple 30 jours) accompagné d’une « déclaration de motifs » soumise au Législatif et rendue publique.

Pourtant, Donald Trump a indiqué qu’il ne respecterait ni les dispositions légales adoptées par le Congrès au cours des 150 dernières années, ni les traditions qui les accompagnent. Lui et ses partisans considèrent que les agences administratives constituent un « état profond » qui va à l’encontre des traditions démocratiques car elles sont imperméables aux changements exigés par l’électorat.

C’est pourquoi, il se repose donc sur la théorie de l’exécutif unitaire qui dispose, sans limitation ni exception, que « le pouvoir exécutif sera confié à un président des États-Unis d’Amérique », impliquant ainsi que toute tentative du Congrès de limiter ce « pouvoir » serait inconstitutionnelle.

Le président Trump prend cette théorie très au sérieux. Le 18 février, il a publié un décret intitulé « Assurer la responsabilité de toutes les agences », qui réduit drastiquement les pouvoirs de nombreuses agences fédérales en imposant que toutes leurs activités soient soumises à l’examen et au contrôle de la Maison-Blanche. Dès le premier jour de sa présidence, il a systématiquement limogé de nombreux responsables normalement protégés par l’une ou l’autre des garanties procédurales mises en place par le Législatif.

La théorie de l’exécutif unitaire signifie que le président peut révoquer, à sa guise, les dirigeants de la Commission fédérale du commerce (FTC), du Conseil national des relations du travail (National Labor Relations Board) et d’autres agences indépendantes. Dans sa forme la plus aboutie, la théorie de l’exécutif unitaire signifie que le président peut contrôler les choix politiques de ces agences.

Tout le monde s’accorde à dire que, lors de la Convention constitutionnelle, les fondateurs décidèrent d’avoir un seul président, plutôt qu’un exécutif pluriel. Presque tout le monde s’accorde également à dire que le tout premier Congrès, en créant les départements du Trésor, de la Guerre et des Affaires étrangères, prit une décision capitale, connue sous le nom de Décision de 1789 : leurs dirigeants seraient des employés du président à leur gré. La Décision de 1789 est souvent considérée comme une acceptation de la théorie d’un exécutif unitaire.

Le conflit actuel autour de l’autorité du président trouve son origine dans la période du New Deal. Dans une affaire de 1935, Humphrey’s Executor v. United States, la Cour a statué que le Congrès pouvait limiter le pouvoir du président de révoquer un directeur de la FTC, et donc créer des agences indépendantes.

Jusqu’à récemment, nombreux étaient ceux qui s’accordaient à dire que, sous l’égide de Humphrey, les agences indépendantes étaient parfaitement légales et que le président n’avait guère d’autorité sur elles. Alors, les avocats du ministère de la Justice ont estimé que l’Exécuteur testamentaire de Humphrey était une loi établie, mais qu’elle laissait au président une certaine marge de manœuvre.

S’il le souhaitait, il pourrait ordonner aux agences indépendantes de soumettre leurs réglementations au Bureau de l’information et des affaires réglementaires (OIRA), l’organisme de contrôle réglementaire du président, pour un examen approfondi. Par conséquent, le président ne pouvait pas dicter aux agences indépendantes les règles à édicter, mais il pouvait les obliger à soumettre leurs réglementations à un processus d’observation et d’analyse par le bureau de réglementation.

Le président Ronald Reagan a décidé de ne pas imposer cette exigence, en partie à cause de la gravité de la question juridique, et en partie à cause de la crainte d’une forte opposition du Congrès. Au cours des quatre dernières décennies, les présidents républicains et démocrates ont suivi l’exemple de Reagan. Ils ont assurément supervisé des discussions internes sur l’opportunité d’affirmer l’unicité de l’exécutif et d’exiger des agences indépendantes qu’elles soumettent leurs règles à l’OIRA.

En effet, la Maison-Blanche a estimé que le contrôle présidentiel ne serait pas judicieux. Certains juristes du gouvernement estimaient que cela soulèverait de sérieux doutes juridiques.

D’autres responsables de la Maison-Blanche estimaient que, d’une part, les agences indépendantes évitaient une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’une seule personne. D’autre part, elles réduisaient le risque d’abus de pouvoir.

Mais le président Trump a ordonné aux agences indépendantes de soumettre leurs règles à l’examen de l’OIRA, inversant ainsi la voie tracée par Reagan et les administrations présidentielles depuis lors.

Par exemple, l’ordre stipule que le directeur du Bureau de la gestion et du budget de la Maison Blanche, Russell T. Vought, peut retenir le financement de tout projet ou initiative qui entre en conflit avec les politiques et les priorités de Trump. Plus précisément, M. Vought aura le pouvoir « d’ajuster les répartitions de ces agences par activité, fonction, projet ou objet, si nécessaire et approprié, pour faire avancer les politiques et les priorités du président », a déclaré Peter L. Strauss , professeur émérite de droit à l’Université Columbia, notamment en leur interdisant de dépenser des fonds sur des questions que Trump n’aime pas.

Le pouvoir de M. Vought de restreindre la capacité des agences à dépenser les fonds alloués par le Congrès est, selon le décret, limité : il ne peut le faire que « tant que ces restrictions sont conformes à la loi ». Mais une autre section du décret stipule que les agences doivent accepter les points de vue de Trump et de la procureure générale Pam Bondi sur le sens de la loi.

Concernant les contre-pouvoirs, ils ne sont pas vraiment en position de contrer les actions de Trump. Effectivement, le Congrès pourrait contrôler et entraver l’action du président par le truchement de commissions d’enquête et de l’impeachment, la procédure de destitution prévue à l’article 2 de la Constitution« Mais à ce stade, comme les deux chambres ont des majorités républicaines, il est peu probable que les parlementaires engagent ces contrôles, nuance la constitutionnaliste Margaux Bouaziz. Quant à l’impeachment, il serait certainement très difficile d’obtenir les deux tiers du Congrès nécessaires. » Le cas échéant, « il faudrait encore que Trump accepte de partir », note la chercheuse.

Alors, c’est probablement la Cour suprême qui devra donc trancher pour établir les limites du pouvoir présidentiel. Mais la super-majorité conservatrice (six juges sur neuf) que Donald Trump a contribué à constituer par ses nominations lors de son premier mandat (2017-2021) semble adhérer à la vision expansive de l’exécutif.

Daniel Suhr, président du cabinet d’avocats conservateur d’intérêt public Center for American Rights, a déclaré que l’équipe Trump avait eu quatre ans depuis son premier mandat pour définir ses priorités et « établir un programme pour survivre s’il est contesté devant les tribunaux ».

« La Cour suprême des États-Unis a évolué dans ce sens », a déclaré Suhr, notamment en supprimant les restrictions imposées au président quant à sa capacité à licencier des fonctionnaires fédéraux. « Au cours des 10 à 15 dernières années, la Cour a certainement posé les bases de la reconnaissance de l’autorité présidentielle sur le pouvoir exécutif. »

Aucune décision n’incarne mieux cette tendance que la décision historique de la Cour suprême en juillet d’accorder aux présidents une immunité totale contre les poursuites pour des actes officiels, une affaire qui découle des efforts du ministère de la Justice pour poursuivre Trump pour avoir prétendument tenté de bloquer les résultats de l’élection de 2020.

Le juge en chef John G. Roberts Jr. a écrit au nom de la majorité que « contrairement à quiconque », le président « est une branche du gouvernement » et doit être libre de la crainte de poursuites pour mettre en œuvre son programme avec force. « La Constitution confère l’intégralité du pouvoir exécutif au président », a déclaré Roberts, l’un des cinq juges de la Cour suprême qui ont auparavant travaillé comme avocats pour des présidents.

« L’importance de l’affaire Trump [contre les États-Unis] comme arme du pouvoir exécutif plutôt que comme bouclier d’immunité présidentielle est apparue plus clairement avec les premiers décrets et actions du président Donald Trump, ainsi qu’avec les actions de ses principaux subordonnés », a expliqué Jack Goldsmith, ancien avocat du Bureau du conseiller juridique sous l’administration George W. Bush, « Les décisions générales de la Cour suprême sur l’étendue du pouvoir présidentiel exclusif vis-à-vis du Congrès sous-tendent nombre des actions les plus controversées de l’administration Trump. »

Les six juges conservateurs qui composaient la majorité dans l’affaire Trump c. États-Unis sont toutefois allés encore plus loin. La Cour a étendu la portée des pouvoirs « concluants et exécutoires » du président, découlant « de la Constitution elle-même », à la capacité de révoquer et d’orienter les actions du ministère de la Justice pour quelque raison que ce soit.

D’autres décisions de la Cour suprême inspirées par la théorie de l’exécutif unitaire incluent une décision 5-4 en 2020 connue sous le nom de loi Seila , dans laquelle la Cour a jugé la structure du Bureau de protection financière des consommateurs inconstitutionnelle parce qu’elle avait un seul chef qui ne pouvait être révoqué que par le président pour un motif valable.

Le Congrès avait exigé du pouvoir exécutif qu’il justifie le licenciement du directeur du Bureau afin de protéger l’agence de toute ingérence politique. Mais la Haute Cour a jugé que cette disposition violait la séparation des pouvoirs. Roberts a de nouveau adopté une vision musclée de la présidence dans son opinion majoritaire, écrivant que la Constitution confère le pouvoir exécutif,  « entièrement », au président.

Les experts juridiques ont déclaré que l’avis était particulièrement remarquable car il laissait ouverte la possibilité que la Cour suprême soit disposée à aller encore plus loin, en annulant une décision historique de 1935 connue sous le nom d’Exécuteur de Humphrey qui établissait la constitutionnalité des agences indépendantes supervisées par des conseils multimembres.

Ces agences comprennent certains des régulateurs les plus puissants du pays, tels que la Réserve fédérale, la Commission fédérale des communications, la Commission électorale fédérale et la Securities and Exchange Commission. Cependant, le décret ne s’applique qu’en partie à une agence particulièrement puissante, la Réserve fédérale, couvrant les questions liées à sa supervision et à sa régulation de Wall Street, mais exemptant ses décisions relatives à la politique monétaire, comme la hausse et la baisse des taux d’intérêt.

Le principal argument des conservateurs est le suivant : la bureaucratie fédérale est devenue si importante et indépendante, disent-ils, qu’elle entrave la volonté des présidents démocratiquement élus de mettre en œuvre leur programme. L’« État administratif » ou « État profond » est devenu, selon eux, une quatrième branche du gouvernement, irresponsable devant le peuple.

En quelques semaines seulement, nous avons assisté à une série de décrets et autres mesures visant à lutter contre ces prétendues menaces et à réduire la responsabilité du gouvernement.

Ces décrets ne sont pas des lois et n’autorisent pas le président à entraver ou à subordonner le rôle constitutionnel du Congrès ou du pouvoir judiciaire. Pourtant, par ces mesures exécutives, Trump a tenté de saisir des fonds fédéraux , de suspendre des fonctionnaires de carrière, de licencier des inspecteurs généraux et des membres de commissions de réglementation indépendantes dont le mandat ne peut être écourté sans motif valable, d’annuler unilatéralement des conventions collectives déjà finalisées, de supprimer ou d’affaiblir le ministère de l’Éducation, et de donner aux citoyens le pouvoir de prendre des décisions en matière de personnel et d’accéder à des systèmes et agences gouvernementaux essentiels, voire d’en prendre le contrôle .

Lorsque le procureur général adjoint par intérim a limogé les procureurs du ministère de la Justice impliqués dans les affaires pénales fédérales de Trump, il a déclaré qu’il en avait le pouvoir en vertu de l’article II.

Ces mesures, qui ont été ou devraient être contestées devant les tribunaux, ont alarmé les démocrates et enthousiasmé les conservateurs.

Les experts juridiques ont déclaré que l’administration Trump pourrait calculer que toute lutte concernant la révocation des membres du conseil d’administration du NLRB et de l’EEOC pourrait servir de cas test pour que la Cour suprême annule l’arrêt Humphrey’s Executor , qui a établi la légalité de ces agences indépendantes.

Les conservateurs affirment séparément que l’adhésion de la Cour suprême à la théorie de l’exécutif unitaire pourrait la rendre disposée à ratifier la volonté de Trump de supprimer les protections d’emploi de dizaines de milliers de fonctionnaires, de placer les cadres fédéraux de carrière sous un contrôle présidentiel plus important et de ratifier le licenciement d’environ 17 inspecteurs généraux .

Mitchel Sollenberger, professeur de sciences politiques à l’Université du Michigan à Dearborn, a déclaré que Trump semblait prêt à poursuivre la consolidation du pouvoir, encouragée par les présidents républicains et démocrates au cours des dernières décennies. Bill Clinton, par exemple, s’est appuyé sur un décret pour lancer une campagne de bombardements en Yougoslavie dans les années 1990. Barack Obama a émis des décrets pour lutter contre le changement climatique et la crise migratoire.

Toutefois, pour conserver son rôle de garante de la Constitution, la Cour risque toutefois de retoquer les mesures trumpiennes les plus grossièrement anticonstitutionnelles, comme la remise en question du droit du sol. Néanmoins, dans le choix des cas qu’elle traite, qui est parfaitement discrétionnaire, elle risque de ne pas entrer en opposition trop frontale avec les orientations du président afin d’« éviter un désaveu », analyse Margaux Bouaziz, « ou de choisir des cas dont la résolution n’aura que peu de conséquences ».

En outre, l’administration fédérale a un moyen de pression important sur les Etats : leurs finances. En cas de désaccord, Donald Trump pourrait demander aux élus républicains du Congrès de couper les vivres aux Etats réfractaires, qui tirent une part significative de leur budget de l’Etat fédéral. Il pourrait aussi suspendre, en guise de représailles, certains programmes locaux pour lesquels une autorisation fédérale est nécessaire.

Par ailleurs, l’administration Trump a consulté l’ancien avocat du gouvernement qui a rédigé la justification juridique du waterboarding sur la manière dont le président pourrait tenter de gouverner par décret.

John Yoo a déclaré au Guardian qu’il avait discuté avec des responsables de la Maison Blanche de son point de vue selon lequel une récente décision de la Cour suprême sur l’immigration permettrait à Trump d’émettre des décrets sur l’application ou non des lois fédérales existantes.

« La Cour suprême a déclaré que le président Obama pouvait [choisir de ne pas] appliquer les lois sur l’immigration dans environ deux millions de cas. Et pourquoi l’administration Trump ne pourrait-elle pas faire de même avec l’immigration ? Créer son propre programme… mais elle pourrait le faire dans des domaines plus vastes, comme la santé, la fiscalité, la justice pénale, la politique urbaine. » 

Lors d’une interview accordée à Fox News dimanche , Trump a déclaré qu’il tenterait d’utiliser cette interprétation pour imposer des décrets sur la santé, l’immigration et « divers autres projets » au cours du mois prochain.

Les spécialistes de la Constitution et les militants des droits de l’homme ont également souligné le déploiement de forces paramilitaires fédérales contre les manifestants à Portland comme un signe que Trump est prêt à utiliser cette interprétation large des pouvoirs présidentiels comme un moyen de supprimer les droits constitutionnels fondamentaux.

Yoo est devenu célèbre pour un mémo juridique qu’il a rédigé en août 2002, alors qu’il était procureur général adjoint au bureau du conseiller juridique du ministère de la Justice. Il y est stipulé : « La nécessité ou la légitime défense peuvent justifier des méthodes d’interrogatoire susceptibles de violer » l’interdiction pénale de la torture.

Les notes rédigées par Yoo ont été utilisées pour justifier le waterboarding et d’autres formes de torture sur les suspects de terrorisme dans les « sites noirs » de la CIA à travers le monde.

Dans un article paru en juin dans la National Review, il a écrit qu’une décision de la Cour suprême qui a bloqué la tentative de Trump d’abroger le programme d’action différée pour les arrivées d’enfants de Barack Obama, connu sous le nom de Daca et établi par décret exécutif, signifiait que Trump pouvait faire la même chose pour atteindre ses objectifs politiques.

Daca a suspendu les expulsions de migrants sans papiers arrivés aux États-Unis alors qu’ils étaient enfants. À titre d’exemple de ce que Trump pourrait accomplir de la même manière, Yoo a suggéré que le président pourrait proclamer un droit national au port d’armes à feu ouvert, en contradiction avec de nombreuses lois des États.

« Même si Trump savait que son projet manquait de légitimité, il pourrait s’en tirer impunément pendant toute la durée de sa présidence », a-t-il déclaré. Lors d’un entretien téléphonique, il a ajouté : « Selon la Cour suprême, le président peut désormais choisir de ne pas appliquer la loi dans certains domaines, et son successeur ne pourra revenir sur sa décision que s’il se soumet à cette lourde procédure appelée Loi sur la procédure administrative, qui prend généralement un à deux ans. »

Il reste à savoir ce qui se produirait si l’administration Trump décidait de désobéir à une décision des juges, car la Cour n’est dotée que de peu de moyens de recours ou de coercition.

Une grande partie de ces affaires se jouera devant les tribunaux dans les mois à venir. Mais les experts estiment qu’en attendant, les dommages seront immédiats et pourraient se faire sentir pendant des années.

Il faudra des années pour reconstruire certaines de ces institutions. Trump et son équipe auront donc accompli une grande partie de leurs objectifs avant que les tribunaux ne puissent réagir pleinement et efficacement. Il aura créé de nouvelles réalités sur le terrain.

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Comment fonctionne un fonds d’investissement ?

Un fonds d’investissement est un outil de placement collectif. Il permet de mettre en commun l’argent de plusieurs investisseurs pour l’investir dans un portefeuille diversifié d’actifs : actions, obligations, immobilier, etc. Ce portefeuille est géré par des professionnels qui prennent les décisions d’investissement.

En investissant dans un fonds, vous achetez des parts de ce dernier. La valeur de ces parts évolue en fonction des performances des actifs détenus par le fonds.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous êtes intéressé par l’investissement et que vous souhaitez investir dans vos premiers actifs avec une plateforme fiable et reconnue, inscrivez-vous sur Trade Republic dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous.

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Les principaux acteurs d’un fonds

  • Investisseurs : Ce sont les particuliers, entreprises ou institutions qui placent leur argent.
  • Société de gestion : C’est l’entité chargée de gérer le fonds selon une stratégie définie.
  • Gérant de fonds : Il s’agit de l’expert en charge des arbitrages (achats/ventes).
  • Dépositaire : La banque qui détient les titres en sécurité et vérifie la conformité des opérations.

Que contient un fonds ?

Les fonds varient selon leur stratégie d’investissement. Voici quelques types courants :

  • Fonds actions qui investis majoritairement en actions d’entreprises.
  • Fonds obligataires qui sont composés d’obligations (dette d’entreprises ou d’État).
  • Fonds diversifiés qui représente un mélange d’actions, d’obligations ou de liquidités.
  • Fonds monétaires qui, eux, sont très prudents, sur des placements à court terme.
  • Fonds immobiliers (SCPI, OPCI) qui sont exposés à l’immobilier locatif.
  • ETF (fonds indiciels cotés) qui répliquent un indice boursier (CAC 40, S&P 500…).

La valeur liquidative (VL)

Chaque jour (ou semaine), la valeur liquidative d’un fonds est calculée. Il s’agit de la valeur d’une part du fonds :

VL = (Valeur totale du portefeuille – frais) / nombre de parts en circulation

La VL détermine combien vaut une part à un instant donné.

Quels sont les frais ?

Avant d’investir, il est important de connaître les frais :

  • Frais d’entrée qui sont prélevés lors de l’achat des parts (souvent négociables).
  • Frais de gestion qui eux sont prélevés chaque année pour rémunérer la société de gestion (0,5 % à 2 % en moyenne).
  • Frais de performance qui sont prélevés si le fonds dépasse certains objectifs de rendement.

Les avantages d’un fonds d’investissement

Investir dans un fonds présente plusieurs avantages non négligeables. Tout d’abord, il permet une diversification automatique, c’est-à-dire que votre argent est réparti sur un grand nombre d’actifs différents, réduisant ainsi le risque lié à la performance d’un seul titre.

Ensuite, les fonds sont souvent accessibles même pour les petits investisseurs, avec des montants de départ parfois très faibles (50 ou 100 euros suffisent pour certains fonds).

Enfin, vous bénéficiez d’une gestion professionnelle : des experts sélectionnent et ajustent les investissements en fonction des conditions de marché et de la stratégie du fonds, ce qui représente un véritable gain de temps et de tranquillité d’esprit pour l’investisseur.

Les limites à connaître

  • Frais parfois élevés, surtout comparés aux ETF.
  • Pas de garantie de performance car les marchés restent volatils.
  • Moins de contrôle car vous ne choisissez pas les titres individuels.

Les fonds d’investissement sont un excellent moyen de se lancer en bourse sans avoir à analyser chaque entreprise individuellement. En choisissant un fonds adapté à votre profil (prudent, équilibré, dynamique), vous pouvez profiter du potentiel des marchés financiers tout en bénéficiant d’une gestion professionnelle.

Avant d’investir, prenez toujours le temps de bien comprendre la stratégie du fonds, ses frais et son historique de performance. L’investissement boursier demande de la patience, mais bien outillé, vous avez toutes les chances de réussir.

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Analyse technique vs. analyse fondamentale : faut-il vraiment choisir son camp ?

Dans l’univers du trading, deux grandes approches coexistent depuis toujours : l’analyse technique et l’analyse fondamentale. Chacune a ses partisans, ses outils, ses logiques, et ses horizons temporels.

Mais doit-on obligatoirement tracer une frontière entre elles ? Ou peut-on, au contraire, profiter de leur complémentarité ?

Avant de commencer, cet article est sponsorisé par IG, un acteur incontournable du trading en ligne, reconnu pour sa plateforme solide, sécurisée et performante.


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L’analyse technique : le langage des graphiques

L’analyse technique repose sur l’observation des données de marché passées — essentiellement les prix et les volumes — pour anticiper les mouvements futurs. Elle part du principe que tout ce qui peut être connu est déjà intégré dans le prix : actualités, émotions, attentes…

Parmi les outils les plus utilisés :

  • Les chandeliers japonais : pour visualiser la psychologie des acheteurs et vendeurs.
  • Les supports et résistances : zones-clés où un retournement est possible.
  • Les indicateurs techniques : RSI, MACD, moyennes mobiles, bandes de Bollinger, etc.

Cette approche est particulièrement prisée par les traders de court terme, car elle permet de réagir rapidement à un marché en constante évolution. Elle demande une forte réactivité et une rigueur en matière de gestion du risque.

L’analyse fondamentale : la valeur au cœur de l’investissement

L’analyse fondamentale, de son côté, s’intéresse aux facteurs économiques, financiers et géopolitiques susceptibles d’influencer la valeur intrinsèque d’un actif.

Elle s’appuie sur plusieurs éléments :

  • Les résultats financiers d’une entreprise (chiffre d’affaires, bénéfices, dette…)
  • Les perspectives de croissance sectorielle ou macroéconomique
  • Les politiques monétaires et fiscales, ainsi que les indicateurs économiques (inflation, emploi, taux d’intérêt…)

Cette approche est privilégiée par les investisseurs de long terme, en particulier dans les domaines des actions, des obligations ou des devises.

Deux approches, deux temporalités

Les critiques sont fréquentes d’un camp à l’autre :

  • Les partisans de l’analyse technique reprochent à l’analyse fondamentale sa lenteur à réagir face aux mouvements de marché.
  • Les fondamentalistes, eux, jugent l’analyse technique parfois déconnectée des réalités économiques.

Alors, faut-il choisir son camp ?

La réponse dépend surtout de votre profil de trader :

  • 🎯 Vous tradez à court terme ? L’analyse technique est probablement votre alliée.
  • 📈 Vous investissez à long terme ? L’analyse fondamentale devient incontournable.

Mais dans un monde où les marchés réagissent autant aux chiffres qu’aux émotions, une approche hybride peut offrir une réelle valeur ajoutée. Un trader ou investisseur averti saura tirer parti des deux outils : analyser les fondamentaux pour identifier une opportunité, puis valider ou ajuster son entrée grâce à l’analyse technique.

Exemple concret

Prenons l’exemple d’une entreprise technologique cotée :

  • En analyse fondamentale, on observe une croissance régulière du chiffre d’affaires, un bon niveau de rentabilité et une position solide sur son marché. → Signal positif.
  • En analyse technique, l’action vient de franchir une résistance importante avec un volume élevé. → Signal d’entrée.

C’est en combinant les deux approches que l’on peut maximiser ses chances de succès. Ainsi, opposer analyse technique et analyse fondamentale est souvent réducteur. Dans la pratique, leur complémentarité peut devenir un atout stratégique majeur.

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Interview avec Aymeric Lang, Directeur de la Gestion chez Erasmus Gestion

Les petites et moyennes capitalisations (small et mid caps) sont souvent ignorées par les grands acteurs financiers… à tort. Derrière leur volatilité perçue, ces entreprises recèlent un potentiel de croissance et de diversification unique, à condition de savoir les analyser.

Dans cette interview, Aymeric Lang, Directeur de la Gestion chez Erasmus Gestion, revient sur l’expertise historique de la société dans cet univers de marché sous-exploité. Il nous éclaire sur les raisons de la sous-valorisation actuelle des small caps, les opportunités à saisir en 2025, et les conseils clés pour les investisseurs souhaitant intégrer cette classe d’actifs dans leur stratégie patrimoniale.

1. Pouvez-vous présenter Erasmus Gestion et expliquer ce qui fait de vous un acteur incontournable sur la classe d’actifs des small caps en Europe ?

Créé par deux figures emblématiques de la finance, Jean-Pierre Gaillard, chroniqueur boursier, et Jean-François Gilles, gérant reconnu fort de plus de 40 ans d’expérience sur les marchés financiers.

Erasmus Gestion s’est construit sur un choix fort : se spécialiser sur l’investissement dans les petites et moyennes capitalisations (small et mid caps) en Europe, un segment de marché souvent délaissé par les grandes institutions financières mais qui offre des opportunités intéressantes. 

Pourquoi ? 

Cet univers étant moins suivi par les analystes externes car générant moins de commissions pour les banques et courtiers, il arrive fréquemment que la valeur boursière d’une Small Cap ne soit pas du tout cohérente par rapport à sa valeur réelle. C’est  ce qu’on appelle une inefficience de marché. Mais pour pouvoir pleinement en bénéficier, il faut savoir les identifier. 

Erasmus Gestion a fait le choix stratégique de développer sa propre recherche en interne pour exploiter ces inefficiences, avec une équipe dédiée à l’analyse des small et mid caps européennes.

Depuis notre création, nous avons toujours compté entre trois et six analystes spécialisés sur ce segment. Cette approche rigoureuse nous a permis de développer un processus de gestion fondé sur une analyse fondamentale approfondie. Nous avons plus de 200 modèles internes ce qui nous permet de repérer les inefficiences et de les exploiter pour délivrer une surperformance dans la durée par rapport à notre indice de référence.

Sur le long terme, notre performance s’établit autour de 10 % par an, surpassant notre indice de référence, avec une volatilité moindre. 

En parallèle de cette expertise Small & Mid Caps, en 2019, nous avons élargi nos services en proposant une offre de gestion sous mandat destinée aux Conseillers en Gestion de Patrimoine (CGP), leur permettant de bénéficier de notre expertise en allocation d’actifs. 

2. Les small et mid caps offrent-elles un bon compromis entre performance et risque ?

Les small et mid caps peuvent être comparées à des voitures de sport qui ont malgré tout une bonne tenue de route.

Leur moteur est plus imposant que celui des grandes capitalisations : historiquement, les petites et moyennes valeurs surperforment les grandes capitalisations d’environ 2 % par an.

Cet écart peut paraître faible, mais avec l’effet composé, il devient colossal sur plusieurs années. Pourquoi ? 

Ces sociétés sont souvent en phase de forte croissance, positionnées sur des marchés de niche, et plus réactives aux opportunités économiques.

Leur capacité à faire progresser leur bénéfice est supérieure à celle des grandes entreprises, ce qui explique, dans la durée, la surperformance boursière.

Mais leur tenue de route reste, contrairement à ce qu’on pourrait penser, excellente. La volatilité des small caps est en moyenne de 19 % contre 18 % pour les grandes capitalisations. Cet écart est marginal au regard de la prime de performance qu’elles offrent.

L’autre intérêt dans le cadre d’une allocation globale, c’est qu’elles constituent un excellent vecteur de diversification grâce à une corrélation limitée par rapport aux grandes valeurs, réduisant ainsi le risque global d’un portefeuille.

Toutefois, investir dans ce segment requiert une expertise pointue. Il est essentiel d’effectuer une recherche approfondie et d’avoir une stratégie d’investissement disciplinée. C’est pourquoi nous recommandons aux investisseurs particuliers de bien maîtriser l’analyse financière s’ils souhaitent s’aventurer seuls sur ce marché complexe. Dans le cas contraire, s’appuyer sur un fonds ouvert reste la meilleure option.  

3. Pourquoi les small caps sont-elles sous-évaluées aujourd’hui selon vous ?

Pour reprendre l’analogie automobile, les small caps manquent aujourd’hui de carburant. Depuis 2018, les flux d’investissement vers cette classe d’actifs se sont massivement retournés, entraînant une décollecte représentant environ 40 % des actifs totaux depuis 2017. Cette dynamique a conduit à une sous-performance moyenne de 8 % par an ces dernières années en Europe, ce qui ne peut pas durer.

Plusieurs facteurs ont pesé sur ce segment :

  • Hausse des taux d’intérêt : Les small caps sont perçues, à tort, comme plus endettées que les grandes entreprises. Bien que cette idée soit dépassée, elle continue d’affecter leur valorisation.
  • Incertitudes économiques : Depuis 2021, le ralentissement économique, les problèmes de chaîne d’approvisionnement et les doutes sur la croissance en Europe ont freiné l’intérêt des investisseurs.
  • Contexte politique : En France, en Italie et en Allemagne, les incertitudes politiques ont davantage pesé sur les small caps, qui sont plus exposées à l’économie domestique que les grandes valeurs.

Aujourd’hui, les small caps se négocient avec une décote moyenne de 30 % par rapport à leur valorisation historique. Alors qu’elles se traitaient historiquement avec une prime de 10% par rapport aux Large Caps, justifiée par une croissance supérieure, elles se paient aujourd’hui 20% moins cher ! 

PER moyen par région entre les small caps et les larges caps

C’est une aberration de marché et s’il y a bien une vérité qui demeure au cours des trois siècles d’histoire boursière, c’est que les aberrations de marché ne durent jamais bien longtemps !  

Autre façon de présenter l’opportunité qui s’offre à nous aujourd’hui : historiquement, quand le marché des Small Caps s’est traité à des multiples aussi faibles, dans les cinq années qui suivaient, leur performance moyenne était de 15 % par an.

D’autant que les planètes semblent s’aligner pour une accélération du cycle économique européen : les multiples annonces de plans de relance massifs devraient permettre aux petites valeurs de connaître une croissance significative des bénéfices.

4. Quels conseils donneriez-vous aux investisseurs particuliers souhaitant diversifier leur portefeuille ?

Deux conseils essentiels me viennent à l’esprit. 

D’abord, la diversification. C’est un levier hyper puissant pour réduire le risque d’une allocation, sans réduire le potentiel de performance. C’est le seul « repas gratuit » en finance, alors autant en profiter au maximum. Ce levier doit être activé de plusieurs façons différentes, avec une diversification par classe d’actifs, par géographie, par secteur mais aussi par taille de capitalisation.

Le deuxième conseil est de ne jamais oublier que nous sommes souvent notre pire ennemi en Bourse. L’investisseur particulier a tendance à vendre au pire moment et à acheter de manière irrationnelle. Il est donc primordial de faire preuve de discipline et d’objectivité.

Fort de ce constat, nous allons lancer d’ici quelques semaines un fonds fermé, investi dans les micro capitalisations européennes. Il va permettre à nos clients de s’exposer à la reprise européenne, durablement, tout en évitant les biais comportementaux. Grâce à cette structure, nous allons gérer activement la montée en puissance du portefeuille et ajuster la pondération en fonction des opportunités et des niveaux de valorisation du marché.

Ce fonds fermé sera lancé avant l’été et permettra aux investisseurs de bénéficier pleinement de l’opportunité historique qui s’offre à nous sur le marché des petites valeurs cotées.