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Une première en Belgique : la start-up Accountable va garantir toutes les déclarations fiscales faites depuis son application

Avec plus de 20.000 déclarations d’impôts réalisées au travers de son application rien qu’en 2022, l’entreprise belge Accountable est devenue la première source de déclarations d’impôts pour les indépendants en Belgique… Et est en passe de le devenir aussi en Allemagne !

Cette position unique sur le marché lui permet aujourd’hui de marquer le coup avec une nouvelle annonce : elle garantira dès cette année l’ensemble des déclarations fiscales réalisées à partir de l’application. Une première en Belgique.

Fondée en 2018 par Alexis Eggermont & Nicolas Quarré, la start-up Accountable fait partie des entreprises de fintech qui ont la cote. Si elle a très vite trouvé son public en Belgique, d’où ses fondateurs sont originaires, elle s’est également lancée, en 2020, à la conquête d’un pays voisin — et non des moindres : l’Allemagne.

La mission d’Accountable est simple : donner aux indépendants le pouvoir sur leurs finances, en commençant par la plus grande source d’anxiété et de risque : les impôts. Aujourd’hui, grâce à l’application, plusieurs dizaines de milliers d’indépendants soumettent leurs impôts en moins de 5 minutes, envoient leurs factures sans risque d’erreur et se débarrassent complètement de leur paperasse. Accountable calcule tous leurs impôts en temps réel et leur permet de savoir combien ils gagnent, sans aucun effort.

Une petite révolution pour les indépendants

Aujourd’hui, aucun autre logiciel ou expert-comptable ne couvre les amendes encourues par les indépendants en cas d’irrégularités. Grâce à son expertise, Accountable s’apprête donc à réaliser ce qu’aucun autre acteur n’a pu réaliser auparavant, en se portant garant de l’ensemble des déclarations fiscales réalisées à partir de son application.

Une promesse rendue possible grâce à la confiance ultime qu’ont les fondateurs d’Accountable en leur application. Cette garantie couvre toute erreur ou omission dans une déclaration fiscale qui entraînerait une amende imposée par l’Administration fiscale belge, jusqu’à 5.000€ par déclaration et à l’exclusion des amendes pour fraude et non-soumission.

Comment fait Accountable pour tenir cette promesse ?

Réponse en 4 points !

  • Un design minimisant le risque d’erreur : l’application a été conçue de telle sorte que les utilisateurs ne puissent pas faire d’erreurs lors de la saisie des factures et des reçus (90 % sont automatisés au travers de la reconnaissance de caractères, les 10 % restants sont un véritable jeu d’enfant).
  • Des vérifications automatiques : avant chaque déclaration, l’application vérifie automatiquement le statut de chaque document et s’assure qu’il soit correct, revu et qu’il n’ait pas été soumis dans une déclaration précédente. Accountable vérifie les erreurs potentielles parmi l’ensemble des frais professionnels et informe chaque utilisateur si l’une de ces vérifications a échoué.
  • Une gestion rigoureuse des justificatifs : pour chaque entrée et dépense, en fonction de la catégorie et du type, l’application vérifie quelle justification est nécessaire et ne laisse pas l’utilisateur déduire une dépense ou déclarer une recette si cette dernière n’est pas justifiée par les documents appropriés.
  • Le lien avec la banque : en permettant à ses utilisateurs de connecter jusqu’à 5 comptes bancaires dans l’application et en rapprochant automatiquement les dépenses et les recettes, Accountable aide ses utilisateurs à maintenir une comptabilité propre, réduisant ainsi considérablement le risque d’erreurs et d’irrégularités.

« Derrière Accountable, il y a une équipe unie par une seule vision : construire un monde où devenir son propre patron tout en vivant de sa passion devient possible pour tout un chacun. Nous sommes aujourd’hui les seuls dans toute l’Europe à pouvoir garantir l’ensemble des déclarations fiscales de nos utilisateurs. Nous avons tellement confiance en notre solution que nous payerons volontiers toute amende qui pourrait survenir.« 

Nicolas Quarré
Co-fondateur d’Accountable
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Nos analyses

2023 : Quelle réaction des investisseurs ?

Alors que les quatre dernières décennies ont été caractérisées par une période d’inflation faible, le nouveau régime verra une inflation plus élevée avec des taux plus élevés.

Les banques centrales tenteront par tous les moyens de lutter contre l’inflation et d’éviter une crise comme celle des années 1970. Le cycle de resserrement doit encore se poursuivre, mais à un rythme plus lent qu’en 2022.

Les marchés financiers ont peut-être intégré l’essentiel des hausses à venir, mais le niveau du taux de la Fed et le resserrement quantitatif seront déterminants pour les marchés. Par conséquent, cela place les marchés dans une situation volatile.

Plusieurs économistes estiment que le taux de croissance mondiale devrait se situer autour de 2% en 2023. Plusieurs pays, tant sur les marchés développés que sur les marchés émergents, connaîtront une stagnation, tandis que d’autres pourraient, au mieux, être confrontés à un ralentissement.

Le quatrième trimestre 2022 est déjà le témoin d’une tendance au ralentissement de la croissance en raison du resserrement budgétaire et monétaire, de la poursuite de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, des nouvelles restrictions douanières et de l’effondrement de l’immobilier en Chine.

USA

Aux États-Unis, la Réserve fédérale devrait interrompre le relèvement des taux d’ici le T2 2023 et signaler une tendance à l’assouplissement au S2 2023 avec une baisse des taux au dernier trimestre pour éviter un ralentissement à plus long terme.

Euro

Pour la zone euro, la récession est annoncée. Les pays européens chercheront à acquérir une indépendance énergétique stratégique grâce à de nouveaux liens commerciaux afin de transformer l’économie de nouveaux chocs économiques. Si le ralentissement est un scénario de base pour les marchés développés, la rapidité de la reprise économique après le ralentissement sera l’un des principaux moteurs des marchés.

Chine

Le récent événement politique en Chine a été déterminant tant sur le plan politique qu’économique. La Chine cherchera à renouer avec la croissance économique en recherchant l’autosuffisance énergétique, alimentaire et technologique.

Un problème d’inflation moindre en Chine permet au pays de relâcher sa politique monétaire, ce qui contribuera à la reprise de l’effondrement du marché immobilier. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à un retournement de situation du jour au lendemain.

Inde

La forte dynamique économique de l’Inde continuera sa progression, mais à un rythme plus lent, en raison d’une marge de manœuvre budgétaire limitée et d’une croissance mondiale plus lente. Les fortes réserves de change, les recettes fiscales, la bonne gestion de l’écart budgétaire, la croissance relativement forte du PIB et le rendement réel plus élevé de l’Inde devraient permettre de maintenir la situation macroéconomique jusqu’en 2023.

Des changements dans les décisions d’investissement dans un contexte d’incertitudes

Si les récentes données sur l’inflation globale et l’inflation sous-jacente aux États-Unis et dans d’autres parties du monde ont donné de l’espoir, nous sommes loin des niveaux de confort des banques centrales.

Les hausses de taux agressives déjà entreprises et celles à venir ont entraîné une augmentation rapide du coût des prêts hypothécaires, du coût du capital et de la prime de risque des actions.

La récession des bénéfices, le pivot de la Fed et une inflation toujours élevée vont allonger la liste des incertitudes.

  • i. La réévaluation des rendements obligataires en 2022 n’a pas seulement rétabli les rendements potentiellement plus élevés, mais elle a également abouti à des niveaux de rendement qui semblent attrayants face à une inflation élevée, et à de meilleurs rendements corrigés du risque.
  • ii. Les obligations du Trésor américain à court terme offrent un portage attrayant en raison de la force du dollar. Le dollar a peut-être atteint un sommet, mais toute correction significative semble lointaine, car les autres marchés développés n’offrent pas un meilleur portage et le ralentissement mondial ne constitue pas une meilleure alternative au dollar. Nous préférons les obligations en USD et restons sous-pondérés sur les obligations des autres marchés développés en raison du manque de portage et des perspectives économiques relativement faibles.
  • iii. Les actions ont connu une longue période de prospérité au cours de la décennie grâce au soutien des banques centrales par le biais de taux ultra-bas.

Toutefois, compte tenu des hausses de taux synchronisées et sans précédent des banques centrales mondiales, la prime de risque exigée par les investisseurs devrait décoller, surtout dans un environnement où la trajectoire des bénéfices sera orientée vers le sud. Les actions pourraient offrir un meilleur point d’entrée au cours de l’année. Les actions américaines, chinoises et indiennes sont à privilégier.

Source: The Economist & Banque Mondiale

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Immobilier

IMMOBILIER: Adoption d’une nouvelle méthode de calcul de l’indexation des loyers en Belgique

L’indexation des loyers sera désormais basée sur le certificat de performance énergétique du logement, couramment appelé le PEB qui consiste à évaluer de manière globale et selon une méthode de calcul définie, la performance énergétique d’un bâtiment.

En effet, le gouvernement bruxellois a approuvé un projet d’ordonnance ciblant une adaptation du code bruxellois du logement modifiant l’indexation des loyers.

De la même façon, l’ordonnance établit un système temporaire pour l’indexation des loyers se basant sur la performance énergétique du logement. Pour la pratique, voici les nouvelles modifications :

  1. Si le certificat PEB se trouve dans la catégorie A, B, C ou D, le propriétaire indexera aux conditions déjà existence et prévues par l’article 1728bis du code civil.
  2. Si le certificat PEB est dans la catégorie E, le propriétaire pourra indexer conformément aux dispositions mais seulement à hauteur de 50%.
  3. Par contre, si le certificat PEB se trouve dans la catégorie F ou G, le propriétaire ne pourra pas indexer son loyer.

Par contre, pour que cette nouvelle ordonnance soit applicable, deux conditions s’imposent :

  • Le bailleur doit fournir le certificat PEB lors de la mise en location du bien.
  • Le bailleur doit avoir enregistré le bail conformément à l’article 227 du code civil, à savoir dans les deux mois après signatures du contrat de bail.

Cette ordonnance est d’application depuis le 14 octobre 2022 et pour une période temporaire de douze mois. La Flandre et la Wallonie s’entendent eux aussi à appliquer les mêmes mesures sauf que pour la Wallonie celui-ci n’as pas encore été publié au moniteur.

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Nos analyses

Qu’est-ce que SWIFT, le messager des banques qui menace d’exclure la Russie de son réseau ?

Vous avez tous déjà entendu parler de SWIFT surtout après que l’Occident ait menacé la Russie de l’en écarter. Il s’agit du système de paiement le plus utilisé et connu au monde car la plupart des transferts financiers internationaux et de titres font usage de ce mécanisme.

Avant SWIFT, les entreprises et les banques communiquaient avec des messages en morse envoyés par télégraphe. Puis SWIFT a créé un mécanisme de communication plus sûr et plus rapide entre les institutions financières.

Fondée en 1973 à Bruxelles, SWIFT comptait 239 banques dans 15 pays et s’est étendue à 518 institutions dans 22 pays en 1977. En fait, il s’agit d’une coopérative appartenant à ses 11 000 institutions financières membres.

Pour définir le système, nous pouvons dire que SWIFT est un vaste réseau de messagerie utilisé par les banques et d’autres institutions financières pour envoyer et recevoir des informations, en particulier des instructions de transfert d’argent, de manière rapide, précise et sûre grâce à un système de codes standardisé.

Les transferts SWIFT ne sont pas instantanés et pour être crédités au destinataire, les fonds doivent subir des contrôles anti-fraude et anti-blanchiment, ce qui prend du temps et augmente les intermédiaires.

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Oui ! La Blockchain ! Mais nous couvrirons les avantages et les inconvénients entre les deux dans un autre article.

Le réseau international de paiement SWIFT est en effet l’un des plus grands systèmes de messagerie financière au monde. Il est supervisé par les banques centrales du G-10 (Allemagne, Belgique, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse et Suède), ainsi que par la Banque centrale européenne, la Banque nationale de Belgique étant son principal superviseur.

Par ailleurs, notez qu’il existe le SPFS qui est l’alternative russe de SWIFT été développé par la Banque centrale de Russie depuis 2014, suite à la menace des États-Unis de déconnecter la Russie du système SWIFT. En général, les banques, les négociants en valeurs mobilières, les chambres de compensation, les bourses et les maisons de commerce sont les principaux utilisateurs du réseau SWIFT.

Son fonctionnement

SWIFT attribue à chaque organisation financière un code unique qui comporte soit huit caractères, soit 11 caractères. Ce code est appelé de manière interchangeable code d’identification bancaire (BIC), code SWIFT, ID SWIFT ou code ISO 9362.

Les enregistrements des codes SWIFT sont gérés par la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT), dont le siège se trouve à La Hulpe, en Belgique. Les codes SWIFT sont formatés comme suit :
AAAA BB CC DDD

  • 4 premiers caractères – code de la banque (uniquement des lettres)
  • 2 caractères suivants – code pays ISO 3166-1 alpha-2 (uniquement des lettres)
  • 2 caractères suivants – code de localisation, le participant passif aura « 1 » dans le deuxième caractère (lettres et chiffres)
  • 3 derniers caractères – code de la succursale, facultatif – « XXX » pour le bureau principal (lettres et chiffres).

Pour comprendre comment le code est attribué, prenons l’exemple de la banque belge Belfius. Elle possède le code Swift à 8 caractères GKCCBEBB. Les 4 premiers caractères GKCC sont le code attribué à la banque Belfius SA/NV. BE appartient à la Belgique et BB représente la localisation, le deuxième chiffre ‘B’ signifie code actif.

Le code SWIFT est différent de l’IBAN qui est un numéro de compte bancaire international utilisé pour identifier un compte individuel dans la transaction individuelle. L’IBAN est utilisé dans de nombreux pays du monde entier. Il comporte jusqu’à 34 caractères et comprend des chiffres et des lettres. Les codes IBAN et SWIFT sont tous deux importants dans le cadre des transferts d’argent internationaux.

Fondamentalement, le code SWIFT identifie simplement la banque et l’IBAN, beaucoup plus long, identifie un compte bancaire spécifique. De nos jours, toute transaction a un coût, et le coût d’un transfert SWIFT varie en fonction de la banque ou de la société de transfert d’argent utilisée. Il y a généralement deux types de frais à connaître : les frais et les taux de change.

Vous comprenez désormais qu’exclure la Russie de réseau Swift reviendrait à déclarer une guerre économique de très grande envergure puisque près de 300 institutions russes font partie sur le réseau composé de plus de 11.000 organisations bancaire à travers le monde.

J’espère que cet article vous aidera à mieux comprendre SWIFT et restez connecté pour lire le prochain !

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Banque & Finance Nos analyses

La folle histoire de Bernard Tapie dans l’affaire Adidas

Il était une fois, un homme hors du commun. Un homme que l’on disait avoir mille vies. Un homme que l’on pouvait comparer à Hercules, tant il savait relever les défis les plus inimaginables. Un homme comme le monde nous en présente rarement. Et pourtant, cet homme que rien ne semblait pouvoir arrêter avait une faiblesse. Tel Icare s’approchant dangereusement du soleil, notre héros ne vit pas sa fin arriver. Cet homme, qui pensait réaliser « l’affaire de sa vie », bataillera le restant de ses jours pour sauver son honneur. 

Cet homme, Mesdames et Messieurs, c’est Bernard Tapie.

  1. Ascension de Bernard Tapie 

Dans les années 1990, Bernard Tapie est une superstar. Le natif de Paris s’est forgé ce statut grâce à des expériences réussies dans de multiples domaines. 

Il fut avant tout patron d’entreprises, qu’il racheta à un prix dérisoire (parfois pour 1 franc symbolique) avant de les revendre par la suite beaucoup plus cher, encaissant au passage de juteux bénéfices. Sa méthode — qui fera sa légende — consiste à baisser drastiquement les coûts, par le licenciement et la cession d’actifs, afin de devenir rapidement rentable. 

Après un passage à la télévision en tant qu’animateur, Bernard Tapie se lança dans un monde qu’il apprécia particulièrement, celui du sport. Il fut dirigeant d’une équipe de cyclisme, avec laquelle il remporta le tour de France, détenteur d’un voilier de course, et enfin président du club de football de l’Olympique de Marseille. C’est avec ce dernier qu’il entra dans le cœur de nombreux français, l’OM devenant en 1993 la première et seule équipe française à lever le trophée de la Ligue des Champions. Autant dire que l’homme d’affaires avait le vent en poupe. 

Au même moment, il se lança dans deux nouvelles aventures. La première fut la politique, la seconde le rachat d’Adidas. Deux mondes qui ne pouvaient cohabiter et qui finiront par causer sa perte. 

  1. L’affaire de sa vie 

En juillet 1990, le groupe de Bernard Tapie devient propriétaire d’Adidas pour un montant de 245 millions d’euros (1,6 milliard de francs). L’entreprise allemande faisait face à de grandes difficultés financières et une concurrence féroce avec Nike. 

N’ayant pas de fonds propres suffisants pour racheter seul la société, le patron français demanda l’intervention du Crédit lyonnais, banque avec laquelle il travaille depuis des années. Celle-ci créa alors un syndicated loan afin d’assembler les capitaux nécessaires à Bernard Tapie. 

Un syndicated Loan est un mécanisme dans lequel plusieurs banques participent à un même prêt, on parle dans ce cas de syndicat. Généralement, une banque est choisie pour organiser et diriger l’ensemble du processus, elle deviendra alors la chef de file du syndicat. 

Les avantages d’une telle opération sont nombreux comme la possibilité pour chaque banque participante d’obtenir des conditions favorables sur le long terme et, en même temps, de diminuer le risque encouru par le prêt. De son côté, l’emprunteur gagne un temps précieux en ne traitant qu’avec une seule contrepartie. 

Dans le cas d’Adidas, le syndicat fut mené par une filiale du Crédit lyonnais, la Société de Banque Occidentale (SdBO). 

Bernard Tapie appliqua ses méthodes pour relancer l’équipementier sportif, ce qu’il parvint à faire en l’espace de deux ans. Cependant, sa conquête du pouvoir, rendue possible par le président de l’époque François Mitterand, les premières affaires judiciaires et les difficultés à rembourser son emprunt lui imposèrent de prendre une décision : ce sera les affaires ou la politique. Le choix est fait, Adidas sera à vendre. 

  1. Du rêve au cauchemar

Pour cela, Bernard Tapie chargea encore la SdBO de trouver preneur. Il estime pouvoir revendre Adidas pour 315 millions d’euros. De son côté, la banque réalisa un audit financier et comprit que le montant demandé par le président était faible, trop faible. Elle élabora alors un plan qui consistait à racheter l’entreprise au prix souhaité et la revendre au prix plein. 

En 1993, la société allemande fut cédée à un groupe d’investisseurs, dont le milliardaire Robert Louis-Dreyfus. Bernard Tapie est ravi. Ce qu’il ignorait en revanche, c’est que l’homme d’affaires suisse disposait d’une option d’achat, créée par le Crédit lyonnais, sur la totalité d’Adidas. Celle-ci sera exercée, un an plus tard, pour la somme de 709 millions d’euros, la banque encaissant un bénéfice de 390 millions. 

Un doute habita le parisien. Comment Robert Louis-Dreyfus a-t-il pu faire l’acquisition seul de l’entièreté d’Adidas ? Il apprit alors que c’est le Crédit lyonnais qui prêta ces sommes à Louis-Dreyfus. En 1995, s’estimant lésé, et comptant bien récupérer sa part du butin, Bernard Tapie porta l’affaire en justice en y évoquant deux manquements de la banque comme l’omission volontaire de ses réelles intentions et l’interdiction d’être à la fois la partie vendeuse et l’acquéreuse.  

La suite n’est qu’une succession de batailles judiciaires et montagnes russes émotionnelles. 

De 1996 à 2007, l’affaire fut renvoyée vers les différents tribunaux possibles, avant de prendre un réel tournant en 2008. Cette année, le tribunal arbitral condamne l’ancien Crédit lyonnais — devenu entre-temps le Consortium de Réalisation (CDR) — à un paiement de 403 millions d’euros, dont 45 à titre de préjudice moral. Bernard Tapie jubila, mais pas l’opinion publique qui s’offusqua de tels montants. La pression politique entraîna la révision de la décision, puis l’annulation en 2015. Ironie du sort, l’indemnisation que le CDR versera à l’ancien patron d’Adidas sera symboliquement… de 1 €. 

  1. Conclusion

C’est l’histoire d’un homme qui réussit l’exploit d’être le seul parisien adulé dans la cannebière, mais dont la folie des grandeurs l’a conduit à sa perte. Bernard Tapie passa le restant de sa vie à combattre tout ce qu’il avait conquis. Dans le football, contre les accusations de matchs truqués. Dans la politique, contre le Front National. Dans les affaires, contre le CDR. Dans la vie, contre son cancer. L’homme s’est éteint le 3 octobre 2021 et nous laissera le souvenir impérissable que la réussite à la française existe bel et bien.

« J’ai connu tous les milieux : les affaires, le spectacle, le sport, mais je n’ai jamais vu un monde aussi dégueulasse que la politique. »

Bernard Tapie (2013)

Article rédigé par Timur Kazkondu.

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Interview – Florian Christiaens, Président du Solvay Finance Club

  1. Bonjour Florian, merci de répondre à nos questions et faire profiter la communauté Parlons Finance de tes conseils. Tout d’abord, peux-tu te présenter et quelles sont tes affinités avec le monde de la finance ? 

Bonjour, je m’appelle Florian Christiaens, j’ai 23 ans et je suis en première année de Master en Business economics à la Solvay Brussels School. Durant mes études, j’ai cherché à m’investir dans des activités extra-académiques et le Solvay Finance Club s’est présenté à moi. Au sein de ce groupe, j’ai pu assister à différents workshops et ai appris énormément. Lorsque la présidence s’est libérée, une amie et moi avons posé notre candidature et avons été élus. Cette année, j’ai eu l’opportunité de prolonger l’aventure avec mon petit frère. 

Assurer la présidence de ce club implique un travail et une remise en question permanente de ses connaissances en finance, c’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans l’investissement. J’ai également eu l’occasion de participer au Rallye boursier organisé par L’Echo en tant que guest. Néanmoins, j’aurai eu beaucoup de chance pour le néophyte que je suis !

  1. Quelles ont été les raisons qui t’ont poussé à investir ? 

Je suis fasciné par toutes les interactions qui existent entre l’actualité et les marchés financiers, c’est pourquoi la macroéconomie est ce que je préfère. Prévoir la réaction des marchés m’attire davantage que l’analyse de ratios financiers. Je m’intéresse également beaucoup à la finance comportementale et à ses implications.

  1. Que dirais-tu à des jeunes qui souhaiteraient se lancer dans la finance ? 

L’idée que l’on peut se faire de l’étudiant en finance, très calé en mathématique, doit être effacée. Certes, comprendre les mécanismes et les formules qui font les bases de la finance moderne dans le but d’interpréter les interactions qui l’animent est important, mais il existe tellement d’autres manières de s’informer ! La macroéconomie ou la finance comportementale, par exemple, sont des branches de l’économie qui proposent un point de vue intéressant sur le fonctionnement des marchés boursiers. Selon moi, l’apprentissage à l’université doit être complétée par des recherches personnelles. 

Enfin, je dirais que les jeunes devraient s’intéresser à l’investissement. Il représente pour eux une excellente façon de faire des profits à long terme. Toutefois, j’insiste sur le fait que ce n’est pas un domaine réservé à tous et qu’un minimum de connaissance est nécessaire. 

  1. Comment as-tu vécu l’année 2020 ? Cela pouvait-il être prévu par tes connaissances en macroéconomie ? 

Même si j’aime chercher à prédire ce qui se passera sur les marchés financiers, je dois reconnaître qu’il n’existe pas toujours de corrélation. La Covid19 a changé bien des choses et les valeurs de croissance, comme les GAFA, ont vu leur cours flamber durant les confinements successifs. En 2020, un portefeuille diversifié était quand même composé en grande partie d’actions de croissance, ce qui a conduit à des résultats exceptionnels. Les actions « value », quant à elles, ont été délaissées pendant les 2/3 de l’année avant de reprendre une dynamique haussière.  

Personnellement, j’ai pu profiter de bonnes opportunités, et cela, du rebond qui a démarré au second semestre jusqu’en janvier 2021. J’ai une affinité particulière pour les entreprises américaines, celles dont j’utilise leurs produits au quotidien. Elles ont un prestige que les actions européennes ont moins, bien qu’il existe quelques fleurons sur le Vieux Continent. Rajoutez à cela une volatilité supérieure, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on veut faire gonfler son portefeuille.   

  1. Pourquoi parler « d’affinité » ?

J’utilise ce terme pour illustrer le niveau de connaissance dont je souhaite obtenir lorsque je choisis mes titres. Sans aller jusqu’à parler d’une adhésion avec tout ce que fait l’entreprise, j’aime néanmoins comprendre ce qu’elle fait, analyser son business model et ses projections de croissance. Je ne me force jamais à acheter quelque chose qui ne m’inspire pas. 

  1. Que reste-t-il encore comme opportunités pour une personne qui souhaiterait commencer à investir ? 

Tout d’abord j’aimerais commencer par dire que je reste un étudiant (rires). Selon moi, il reste toujours des opportunités sur le court terme, dans des secteurs spécifiques. Ce phénomène peut être expliqué par la politique monétaire très accommodante de la Fed et son soutien massif depuis le début de la crise. Cependant, je trouve le marché américain très cher et je ne le vois pas tenir une telle performance à moyen terme. Bien entendu, le meilleur investissement, et le plus rentable, reste sur le long terme. 

  1. La remontée des taux d’intérêt est au cœur des tensions, qu’en penses-tu ? 

Aujourd’hui, l’inflation joue un double rôle, celui d’inciter les épargnants à faire travailler leur argent et celui de trouble-fête (peur d’une surchauffe de l’économie, NDLR.). Cela affecte également les entreprises de croissance qui, comme leur nom l’indique, attirent les investisseurs par l’actualisation des revenus futurs importants. Avec une inflation galopante, ces projections sont compromises.  

Il faut savoir que l’injection de grandes quantités de liquidités est à l’origine une décision purement quantitative, un instrument de réponse de la finance « classique ». De nos jours, les actions des banques centrales influencent directement le comportement des marchés et doivent tenir compte de cette variable. De plus en plus de néophytes suivent les conférences et pour le particulier anxieux, le moindre mot dans un discours peut être interprété comme un signal d’achat ou de vente. Cet engouement soudain doit être pris en considération. 

Pour ce qui est des tensions autour des taux d’intérêt, cela fait l’actualité depuis plus d’un an. Si l’inflation continue de grimper, il faudra la maîtriser. Dans un premier temps, je pense que cela passera par la diminution du programme d’assouplissement monétaire. 

  1. Quel est ton regard par rapport aux cryptomonnaies et l’engouement qu’il suscite auprès des jeunes ?

Je vais aller à contre-courant de ce qui est tendance actuellement, mais je ne suis pas fan des cryptomonnaies. J’aime la volatilité, tant que cela reste compréhensible, ce qui manque cruellement à ces actifs. La macroéconomie repose sur des fondamentaux, on peut créer des liens. Dans le cas des cryptos, tout peut changer sur base d’un simple tweet. 

On peut également noter le paradoxe entre l’idée de départ, une finance décentralisée, et la réalité que l’on observe aujourd’hui. Certains voulaient s’émanciper du pouvoir de Jérôme Powell (actuel président de la Réserve fédérale, NDLR) et tombent désormais sous les sautes d’humeur d’Elon Musk (rires). 

Pour finir, je dirai que l’investissement en cryptomonnaies doit se faire sur le long terme et doit être accompagné d’une conviction forte pour ce genre d’actif. Selon moi, il peut représenter 5 % du portefeuille global.

  1. Quelle est ta vision de « long terme » ?

Dans le cadre du trading, elle se situe au-delà d’un an. Cela dépend évidemment du business de l’entreprise ainsi que du type de produits financier.

  1. Un dernier conseil aux lecteurs de Parlons Finance ? 

Investissez dans des choses qui vous plaisent, gardez un œil sur les plans de Biden et surtout, suivez votre instinct (rires). 

Cette interview est la retranscription d’une discussion réalisée entre Florian Christiaens, Florenc Micaj et Timur Kazkondu. 

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Passer des ordres en bourse

As-tu quelques minutes pour comprendre comment optimiser ses ordres en bourse ?

Beaucoup de personnes font l’erreur de croire que la bourse est un marché unique centralisé à une seule adresse, Wall Street. Ils ont doublement tort.

Premièrement, parce que la bourse est avant tout un lieu où se rencontrent l’offre et la demande, plus particulièrement de produits financiers. De ce fait, il existe de multitudes de places boursières dès lors qu’on y retrouve une personne prête à vendre un produit et une autre prête à l’acheter.

Deuxièmement, bien que Wall Street soit un lieu emblématique de la finance mondiale, il ne représente pas la totalité des transactions enregistrées dans le monde. Certes, le New York Stock Exchange (NYSE) et le Nasdaq pèsent pour près de 41 milliards de dollars de capitalisation boursière sur les 89,5 recensés en 2020 (source : World Federation of Exchange).

Un investisseur qui souhaite diversifier son portefeuille va sélectionner des titres répartis sur différents continents et fuseaux horaires. Cela dit, il lui sera très difficile de participer à toutes les séances (il est 1h du matin lorsque la bourse de Tokyo ouvre). Mais alors, comment faire pour passer acheter ou vendre en votre absence ? Cela est possible grâce à l’automatisation des ordres et l’intermédiaire de courtiers.

Le rôle du courtier

Le rôle du courtier est de faciliter les transactions, trouver preneur, et ce, même si le marché est en hausse ou en baisse (c’est le fameux discours du mentor de Jordan Belfort dans « Le loup de Wall Street »). Il appliquera deux règles de priorité, le prix (l’ordre le plus proche de la valeur de l’actif) et le temps (s’il y a deux ordres de même valeur, c’est le premier arrivé qui sera traité).

Pour son activité, le market maker, qui est souvent une institution financière, prendra une commission sur chaque opération.

Le carnet d’ordres

Avant de poser un ordre, quel qu’il soit, vous devez vous assurer qu’une autre personne dans le monde souhaite se séparer ce même actif, c’est ce qu’on appelle la liquidité. Plus un titre est « liquide », plus il est facile à échanger. À l’inverse, si l’engouement est faible, et donc moins liquide, alors il aura du mal à changer de mains.

Le carnet d’ordres regroupe les ordres d’achat et de ventes des investisseurs

Les différents types d’ordre

Les ordres sont des instructions données par le trader au marché. Ils reprennent différents critères comme le type (achat ou vente), la quantité et le prix. Voici une petite liste non exhaustive des ordres en bourse :

  • À prix limité : Il s’agit d’un ordre d’achat (buy limit) ou de vente (sell limit), qui sera exécuté à un prix déterminé au préalable. Son objectif est de donner aux investisseurs la possibilité de choisir le montant (minimal ou maximal) appliqué. 
  • À tout prix : Dans ce cas, vous souhaitez acheter/vendre un actif à tout prix, peu importe la demande de la contrepartie. De ce fait, vous prenez le risque d’accepter des propositions plus coûteuses. 

    Exemple : Vous envisagez d’acheter 100 actions ParlonsFinance à tout prix. Un vendeur propose 25 actions à 51 €, un autre 35 à 52 € et un dernier 50 à 53 €. Vous aurez fait l’acquisition à des tarifs différents pour répondre à votre demande de 100 actions. 
  • Au prix du marché : Cet ordre permet d’acheter au « meilleur » prix proposé par le marché (la première offre, souvent très proche du prix réel de l’actif). Son inconvénient est qu’il ne s’active uniquement au meilleur prix, rien d’autre. Cela ne vous garantit pas une exécution complète de votre demande. 

    Exemple : je veux 100 actions PF au prix du marché. Le premier vendeur m’en propose 25 à 51 €. J’en aurai 25 sur 100 puisque les autres offres sont plus chères. 
  • Tout ou rien : comme son nom l’indique, cet ordre ne s’enclenche que si l’unique condition est remplie (prix et quantité). Cela vous permet de garder le contrôle sur le prix d’achat/vente. S’il n’y a pas de contrepartie, l’ordre reste en suspens jusqu’à sa prochaine tentative. 

Certains ordres, appelés « à déclenchement », ne peuvent être exécutés que s’ils remplissent des conditions précises :

  1. À l’achat
  • Le Buy stop est un ordre d’achat (long), qui sera exécuté si le prix fixé est atteint. Anticipant une remontée des cours, il doit être placé au-dessus du prix actuel.
  • Le Buy limit part du principe que le cours va remonter après avoir chuté quelque temps. Dans ce cas, vous devez placer votre ordre au-dessous du niveau actuel, afin de profiter de l’effet « rebond ».

2. À la vente

  • Le sell stop ou stoploss est un ordre de vente qui sera exécuté si le prix de l’actif baisse en dessous d’un seuil. Il vous permet de minimiser vos pertes lorsque le marché se déplace dans la direction opposée à votre trade.

Exemple : je mets un Stoploss à 80 % de la valeur de mon titre, afin de me garantir une moins-value maximale de 20 % en cas de baisse des marchés.

Cependant, une forte volatilité peut mettre en difficulté votre stoploss. Si le prix chute brutalement, il se pourrait que l’ordre soit exécuté à un tarif encore plus faible que celui déterminé initialement. Pour éviter cela, les traders peuvent faire appel au stop limit, qui constitue une deuxième soupape de sécurité située à une limite plus basse.

  • À l’opposé, le sell limit ou take profit vous sert à planifier une porte de sortie à un niveau précis et garantit l’encaissement de bénéfices. Utilisez ce type d’ordre si vous anticipez un renversement du marché.

    Le stoploss et takeprofit sont très appréciés sur le marché du Forex (devises), car ils permettent aux traders de préciser le taux auquel ils souhaitent fermer leurs positions.
Les différents ordres à déclenchements

Conclusion

Les meilleurs financiers vous le diront, maîtriser ses ordres est essentiel pour réussir sur le long terme. Que vous soyez un professionnel du trading ou que vous fassiez cela comme hobby, vous devez savoir quand entrer et quand sortir d’un trade. Nous avons abordé les principaux ordres, mais il en existe bien d’autres, comme les ordres séquences, alternatifs ou triples.

Enfin, dans un monde qui ne dort jamais, l’informatique apporte une aide cruciale qui fait toute la différence entre se coucher plus riche ou se réveiller plus pauvre (ou les deux le temps d’une nuit).

Article rédigé par Timur Kazkondu et Florenc Micaj (équipe Parlons Finance)

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Une vie, Bernard Madoff

As-tu quelques minutes pour connaître l’un des escrocs les plus célèbres de Wall Street, celui qui avait la technique la plus sophistiquée jamais élaborée à ce jour, l’américain Bernard Madoff ?

Il y a des noms qui entrent dans l’Histoire pour différentes raisons. Que ce soit pour la création d’un empire comme Napoléon, une invention qui changera le quotidien de nombreux citoyens comme Gutenberg, une entreprise qui révolutionnera le monde comme Bill Gates ou une découverte qui sauvera des millions d’êtres humains comme Pasteur. 

À leur opposé, certains noms sont restés dans la mémoire collective pour des raisons bien douloureuses. Leurs auteurs, parfois convaincus d’agir pour « le bien de tous », ont laissé des traces profondes sur leur entourage. 

Parmi eux se trouve un homme qui causera la faillite de nombreuses familles, le financier Bernard Madoff

La création du mythe

Bernard Lawrence Madoff est né le 29 avril 1938 dans le Queens aux États-Unis. Avant de croiser le chemin de la finance, il commença comme installateur de systèmes d’arrosage puis comme maître nageur sur Long Island. Voyant son frère Ralph travailler comme agent de change, Bernard se lança en tant que courtier de petites valeurs mobilières (penny stocks). Il fonda par la suite sa société, la Bernard L. Madoff Investment securities LLC. 

Ce que l’on oublie de Madoff c’est qu’il était également un visionnaire. Il a très rapidement compris que l’informatique serait incontournable dans les transactions financières et constituerait un atout majeur pour quiconque s’y intéresserait. De ce fait, il contribua à l’essor du NASDAQ, indice qui reprend les entreprises technologiques les plus importantes des États-Unis. C’est à cette période que le natif du Queens se construisit un réseau de personnes appartenant à la haute finance. La confiance qu’il suscita chez ses pairs lui permit d’accéder à un poste d’exception, président du NASDAQ en 1990

Adulé de toutes parts, reconnu comme un financier hors pair, donnant de nombreuses conférences sur ses techniques de management, Bernard Madoff était à l’apogée de sa carrière. Et pourtant, dans l’ombre une escroquerie d’une ampleur gigantesque tournait un plein régime. Un danger connu sous le nom de « pyramide de Ponzi ».

Qu’est-ce qu’une pyramide de Ponzi ?

(Extrait de notre article dédié)

« Le fraudeur, au sommet de la pyramide, sollicite un premier investisseur pour une affaire. Pour éveiller sa curiosité, il lui promet un rendement important en peu de temps (ex. doubler la mise). L’investisseur décide alors de verser 1000 $, en espérant recevoir 2000 $ dans un an. Le fraudeur, s’il veut respecter son engagement, doit trouver 1000 $ d’ici douze mois. Puisqu’il ne les réinjecte pas (ou très peu) en bourse, il incite d’autres personnes à rejoindre sa pyramide.

L’argent récolté par les derniers sert à rembourser les intérêts des premiers, et ainsi de suite. Dès lors, on se retrouve dans un système où la croissance est exponentielle, ce qui sera l’une des causes de son effondrement. 

Ce système ne s’arrête que lorsqu’un grand nombre de personnes souhaite, en même temps, sortir du fonds. Les premiers chanceux seront remboursés et les derniers constateront qu’il ne leur reste plus rien. Une autre raison peut être le manque de personne à recruter. Puisque de nouvelles arrivées sont nécessaires pour maintenir la pyramide en place, il arrive un moment où le nombre requis dépasse la totalité des habitants sur notre planète ».

Le fonds d’investissement de Madoff reposait sur ce même principe. Les clients recevaient des taux d’intérêt qu’aucun autre Hedge fund ne pouvait prétendre. Peu importe les performances de la bourse, la Madoff Investment securities affichait des résultats impressionnants

Pour tenir sur la durée, le financier devait sans cesse trouver de nouveaux capitaux. De confession juive, Madoff démarcha d’abord d’autres membres de sa communauté résidant à Palm Beach (lors de parties de golf ou de dîners mondains). Par la suite, ce sont des célébrités qui se sont manifestées suivies d’entreprises et d’institutions financières. La technique de Bernie fut de refuser systématiquement les propositions, jugées « trop faibles », ce qui créera chez les potentiels clients une frustration de ne pas faire partie de l’élite. 

Un maître nageur qui coula ses clients

Si cette pyramide a pu tenir autant de temps, c’est parce qu’elle était gérée aussi sérieusement qu’un « vrai » fonds de gestion. Durant des années, les clients recevaient de faux rapports reprenant l’ensemble des transactions effectuées par la société. Personne ne se questionnait sur une probable supercherie sauf quelques traders et journalistes qui mirent en garde le gendarme américain de la bourse, la SEC, en vain.  

En 2008, la crise financière des subprimes créa chez de nombreux clients le besoin de récupérer leurs capitaux, mais Madoff ne pouvait répondre à une telle demande. Pour cause, la plupart des sommes reçues servaient à payer les intérêts des placements, d’autres à rembourser les premiers demandeurs, le restant à l’usage personnel de Madoff. Au total, le préjudice s’élèverait à 65 milliards de dollars

Voyant l’étau se serrer dangereusement, Bernard avoua à ses fils l’arnaque. Il fut arrêté par le FBI et plaida coupable en 2009. La sentence fut donnée à titre d’exemple, 150 années d’emprisonnement. En prison, Madoff était à la fois protégé et menacé par ses codétenus. Certains journalistes rapportaient qu’il avait le monopole sur le chocolat suisse et devait porter un gilet pare-balle lors de ses promenades. 

Source : Kathy Willens/AP/SIPA

Conclusion 

Madoff est décédé le 14 avril 2021 dans sa prison en Caroline du Nord. Il restera dans l’histoire comme un homme dont le succès fut construit sur une série de mensonges et pour qui l’enrichissement personnel passe par l’appauvrissement de ses proches. Sa famille fut traquée pour les clients, à tel point que son fils Mark se suicida et que son épouse se résigna à vendre tous ses biens. Aujourd’hui, très peu de choses restent du fonds Madoff, beaucoup n’ont pu récupérer leur argent. La vie de cet homme nous rappelle qu’une bulle, aussi grosse soit-elle, finit toujours par exploser. 

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INTERVIEW – Sascha Epp, Investment Manager, répond à nos questions

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre d’un Investment Manager de la banque luxembourgeoise Raiffeisen afin de lui poser quelques questions. 

De la construction d’un portefeuille d’investissement à sa vision sur le futur des cryptomonnaies, ce financier nous explique sa réflexion concernant plusieurs thématiques au travers de son expérience. 

  1. Bonjour, Sascha, pouvez-vous nous présenter votre profession d’Investment Manager et nous parler de votre expérience dans ce métier ?

Tout d’abord, il faut savoir que j’ai obtenu un double diplôme LSM-ICHEC en Financial Management et c’est via un stage au sein la banque Raiffeisen à Luxembourg que j’ai pu obtenir ma première expérience dans le monde de la banque et de la finance. 

Aujourd’hui, je travaille dans cette même banque en tant qu’Investment Manager. Je collabore avec 3 personnes et le rôle principal de notre Squad est de sélectionner et de suivre des produits d’investissement (fonds, ETFs, obligations ou encore des produits structurés) pour les conseillers/gestionnaires clients ainsi que de rester au courant de l’actualité financière et boursière. Nous sommes aussi en contact avec nos partenaires et les fonds d’investissement qui figurent sur nos listes de sélection. 

Nous ne nous occupons pas de portefeuilles individuels et n’avons pas de contacts directs avec les clients.

  1. Si vous deviez conseiller un investisseur débutant, quelles seraient les principales étapes/conseils à suivre lors de la création d’un portefeuille d’investissement ?

Un principe primordial lorsque nous nous lançons dans l’investissement est de s’informer et suivre l’actualité financière, car, en règle générale, la plupart d’entre nous ne possèdent pas spécialement de connaissances en matière économique et financière, ce que permettent aujourd’hui plusieurs médias dont Parlons Finance.

Le seul fait de lire un livre à ce sujet, par exemple sur les bases et concepts clés, nous fournit déjà de bonnes bases pour pouvoir construire son portefeuille.

Ensuite, il est important de se poser la question « quel est mon objectif et mon horizon d’investissement ? » Est-ce d’avoir un rendement pour combler l’inflation, est-ce pour faire le plus d’argent possible ou est-ce pour ma retraite ?

Évidemment, je conseillerais à n’importe quel jeune débutant d’avoir une philosophie d’investissement à long terme et d’avoir un portefeuille suffisamment diversifié puisqu’il permet de réduire majoritairement le risque spécifique aux entreprises que l’on appelle le risque « idiosyncrasique ». Je recommanderais aussi d’adapter son exposition en fonction de ses besoins et de l’horizon, qui peuvent varier au fil du temps.

Il est également important de faire des investissements dans un intervalle régulier tel que pour un plan d’épargne afin de profiter d’un effet de lissage des coûts et d’éviter d’investir au mauvais moment (éviter le « Market timing »).

  1. Comme vous l’avez mentionné, on dit souvent qu’il ne faut pas « mettre tous ses œufs dans le même panier » quand on parle d’un portefeuille d’investissement. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi est-ce une expression clé dans le monde de l’investissement ? 

Effectivement, c’est une des premières expressions qu’on entend dans le monde de l’investissement.

Il existe néanmoins quelques réflexions contraires concernant la diversification dans un portefeuille. Pourtant, il s’agit d’une logique mathématique liée aux corrélations, car moins les titres/actifs sont corrélés, plus c’est avantageux pour la diversification.

Il existe deux risques majeurs que sont le risque systématique (ou risque de marché) et le risque spécifique (ou idiosyncrasique).

Le risque systématique est principalement lié à un événement particulier qui entraîne une réaction en chaîne sur l’ensemble du système pouvant créer une crise générale. Le risque non systématique ou risque spécifique est propre à une entreprise.

Si dans son portefeuille on possède par exemple 15 titres différents, on réduit le risque lié aux entreprises (non — systématique) quasi complètement sans devoir renoncer à du rendement, c’est-à-dire, qu’on peut réduire le risque total d’un portefeuille tout en gardant le même rendement, car le risque non systématique n’est en principe pas rémunéré.

Pour rappel, il y existe différents types de diversifications :

  • Diversification liée aux assets class (actions, obligations, commodités, etc.) 
  • Diversification sectorielle (secteur technologique, énergétique, etc.)
  • Diversification géographique (EU, USA, etc.) 
  • Diversification liée à la taille d’entreprise (Small caps, mid caps, large caps)
  1. Les obligations sont souvent considérées comme des placements sans risque et comme étant une couche défensive dans un portefeuille. Pourriez-vous nous dire comment voyez-vous ces titres en tant qu’Investment Manager ?

Il faut savoir qu’il n’existe pas de placements sans risque, mais il est vrai qu’actuellement les obligations sont souvent utilisées par des clients qui ont un profil défensif et leur permettent justement de rendre leurs portefeuilles moins risqués tout en espérant réaliser un minimum de rendement (même s’il est généralement plus faible qu’une action). 

Toutefois, les obligations ont aussi des risques (risque de taux, risque de défaut,…) et donc il existe aussi des obligations plus risquées que d’autres (par exemple les obligations de marché émergents n’ont pas le même risque que les obligations d’Europe).

  1. Dans l’actualité, nous avons pu constater que des investisseurs se bousculaient pour acquérir les obligations de l’État belge et on parle même d’une offre de 50 milliards d’euros. Toutefois, ces titres sont à rendement négatif. Comment expliquer ce comportement ? 

Ici, il ne s’agit pas seulement d’avoir une couche défensive pour ces investisseurs, car, dans ce cas précis, les investisseurs représentent souvent de grosses entités tels que des fonds de pension, des banques ou des institutions financières.

Leurs restrictions les obligent souvent à acheter des obligations (par exemple, quota minimal d’obligations de bonne qualité ; on parle alors d’emprunts d’État où « Government bonds »). De plus, même si le taux est négatif, les obligations de l’État belge ont et auront souvent un taux plus intéressant que le taux de rémunération des dépôts ce qui explique la récente ruée vers les obligations de l’État belge.

  1. Restons dans l’actualité et parlons d’un autre sujet qui a fait beaucoup de bruit récemment : la cryptomonnaie. Pourquoi cet engouement et que pensez-vous du futur de la cryptomonnaie ?

Ici, je vais exposer mon avis personnel et non celui de la banque. 

Pour comprendre la cryptomonnaie, il faut se poser la question « Pourquoi est-ce qu’on achète cette monnaie ? », car, finalement, elle n’a pas vraiment de valeur intrinsèque et il n’y a pas de méthode pour la valoriser précisément (même si des personnes parlent du coût de production comme valorisation, mais cela me semble plutôt bizarre), comme c’est le cas aussi pour les monnaies fiat. Je pense que la valeur de cette monnaie est seulement guidée par l’offre et la demande.

Concernant son futur, je pense que le fait de la considérer comme une devise traditionnelle serait compliqué puisqu’elle possède actuellement une volatilité élevée.

De surcroît, concernant la pensée qui explique qu’une ou plusieurs cryptomonnaies pourraient devenir une devise mondiale, je pense qu’il est déjà compliqué d’avoir une politique monétaire pour l’Union européenne, alors pour une cryptomonnaie que l’on considérerait comme devise mondiale, cela serait quasi impossible. 

J’ajouterai aussi qu’un investissement en Bitcoin ne correspond pas forcément à un investissement en blockchain. Dans certains cas, il est préférable d’acheter des entreprises qui développent ou utilisent la technologie que d’acheter le Bitcoin lui-même.

On peut aussi se demander si la cryptomonnaie peut être une valeur refuge, mais encore une fois, sa

volatilité ne lui permet pas d’être efficace dans ce rôle et en comparaison avec des valeurs refuges classiques comme l’or, les cryptomonnaies sont trop volatiles.

  1. Pour conclure cette interview, en prenant en compte le contexte macro-économique actuel, comment voyez-vous évoluer le monde de l’investissement en 2021 ? Quels seront les principaux secteurs « gagnants/perdants » cette année ?

Selon moi, la reprise économique n’est pas encore certaine et même si les marchés restent dépendants de la santé des entreprises et de l’économie, ils sont surtout influencés actuellement par tout ce qui se rapporte au vaccin, mais aussi aux politiques budgétaires et monétaires accommodantes comme le plan de relance à 1,9 trillion de dollars du président américain Biden qui a soutenu le marché́ US il y a quelques semaines. 

Ce qui est aussi intéressant dans ce contexte ce sont les marchés émergents, comme la Chine et sa gestion de la crise qui ont permis une normalisation de la pandémie plus rapide que chez nous, européennes, entraînant une stabilité́ et une croissance plus rapide qu’en Europe. Par ailleurs, les marchés émergents ont aussi un potentiel de croissance économique plus élevée comme les économies développées.

À mon sens, ce serait intéressant d’investir dans des produits durables, car les entreprises qui utilisent les facteurs ESG (Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) sont mieux préparées pour le futur pour lequel la durabilité est indispensable. En plus ces entreprises gèrent mieux tous les risques en général et surtout de durabilité. Finalement, la demande pour des produits et services durables est en pleine croissance. 

Enfin, bien qu’investir dans le secteur technologique reste toujours intéressant grâce aux gains de productivités possibles et aux tendances des consommateurs en ce sens (achats en ligne…), il faut toujours garder la valorisation à l’œil, car la demande pour ces titres est déjà à l’état actuel relativement élevé.

Des corrections sont donc toujours possibles dans ce secteur considéré comme « Growth », comme on a aussi pu le constater récemment avec le changement du style « Growth » plutôt vers un style « Value ».

(NDLR : Cette interview a été réalisée dans le respect des mesures sanitaires mises en place au moment de l’enregistrement. )

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Carl Icahn, légende de Wall Street.

As-tu 60 secondes pour connaître l’une des stars du trading, une véritable légende de la finance, l’américain Carl Icahn ? 

  • Qui est-il ? 

Carl Icahn est né le 16 février 1936 dans le Queens (New York) aux États-Unis. Plutôt porté sur les lettres que les chiffres, il obtint un diplôme de philosophie à Princeton. Il s’essayera ensuite à la médecine, qu’il abandonnera deux ans plus tard pour intégrer l’armée. 

Son amour pour les affaires le conduit à travailler à Wall Street, où il deviendra trader en 1961. Sept années plus tard, se sentant comme un poisson dans l’eau, il créa sa propre société de gestion, Icahn & Co, spécialisée dans l’arbitrage et la négociation d’options. Passionné par son travail, Icahn aime prendre les choses en mains, il accepte difficilement le statut d’actionnaire minoritaire et souhaite intégrer le centre décisionnel. Pour cela, il développera une méthode qui fera sa légende.

  • La méthode Icahn

Carl possède un tempérament explosif. De ce fait, ses méthodes d’investissement sont jugées très agressives par ses détracteurs. Son mode opératoire est le suivant : il repère des entreprises en grande difficulté au potentiel de croissance important. Il achète des parts, harcèle le management en place, exige un siège au conseil d’administration et milite pour une restructuration profonde. Son objectif ? Diminuer rapidement les coûts fixes de l’entreprise pour la rendre rentable. 

Au fil du temps, sa société entra au capital de grands noms tels que Texaco, Wester Union, Marvel, Herbalife, Yahoo, Apple et Ebay. 

Dans le monde de la finance, sa personnalité provoque des réactions mitigées. Les actionnaires des entreprises qu’il possède sont ravis, Icahn ayant la réputation de transformer le bronze en or. Mais le management le déteste, car son arrivée est très souvent synonyme de perturbations. Ses actions lui ont valu le surnom de « raider » (en français prédateur). 

Icahn n’a pas peur d’entrer en compétition avec d’autres stars de la finance. En 2013, il s’oppose à Bill Ackman dans le dossier Herbalife (article dédié sur PF). Selon lui, Ackman accusait, à tort, la société spécialisée dans la vente de produits nutritionnels d’être une pyramide de Ponzi. Pour la presse à l’époque, la principale raison pour laquelle Carl Icahn est entré dans le capital d’Herbalife serait tout simplement parce qu’il déteste Ackman et que rien ne lui aurait fait plus plaisir que de lui faire perdre de l’argent. 

  • De nos jours ? 

Carl Icahn est une véritable légende pour toute personne passionnée par le trading. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il ne laisse personne indifférent. À 85 ans, sa fortune estimée à 15,1 milliards de dollars [au 11 avril 2021] selon le magazine Forbes. 

L’homme d’affaires est toujours aux commandes de son holding financier et partage son savoir à travers le monde. En 2016, il endossa même le rôle de conseiller pour Donald Trump pour l’élaboration d’une loi visant à diminuer les taxes sur les sociétés.  

Philanthrope, il n’hésite pas à donner des millions de dollars pour améliorer les conditions de vies des enfants défavorisés ou malades dans le monde. Les principaux champs d’action de ses fondations sont la médecine et l’éducation. 

  • Conclusion 

Voici une preuve de plus que le rêve américain existe. Issu d’une famille modeste, Carl Icahn se hissa parmi l’élite de la finance aux côtés de Warren Buffet ou Georges Soros. Sa méthode, aussi dure soit-elle, a porté ses fruits. Elle a inspiré des millions d’investisseurs dans le monde. En France, celui qui incarne parfaitement la technique Icahn est un certain Vincent Bolloré… également milliardaire !