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L’investissement durable

Depuis quelques années, nous assistons à une augmentation du nombre de personnes qui souhaitent investir en bourse. La raison principale de cet engouement est la faiblesse des taux qui a limité l’intérêt des comptes d’épargne et a largement profité au marché des actions. 

Si certains investisseurs sont focalisés sur la recherche d’un rendement élevé (jusqu’à acheter des actifs exotiques comme les cryptomonnaies), d’autres souhaitent également donner un sens à leurs faits afin de contribuer à construire un monde meilleur

À leurs yeux, les critères de réussite ne se limitent pas uniquement aux performances financières et boursières d’une entreprise, mais reprennent aussi leur impact sur le monde qui les entoure. 

Le secteur de la finance a rapidement compris qu’il fallait créer des standards d’investissement durables afin de s’aligner sur les attentes des clients et les 17 objectifs du développement durable proposés par les Nations Unies*

Trois lettres, trois objectifs.

De ce débat sont nés les critères ESG, ou Environnemental, Sociétal et Gouvernemental qui deviendront les bases de tout investissement socialement responsable. Il existe également d’autres listes dont l’éventail est plus large (ex : exclusion des activités liées au nucléaire). 

  • Environnemental : Ce critère mesure l’impact de l’entreprise sur son environnement, notamment les efforts pour réduire l’empreinte écologique, la diminution de gaz à effets de serre, la consommation d’eau ou la maîtrise des déchets.
  • Social : Ce critère mesure l’impact de l’entreprise sur les différentes parties prenantes avec qui elle travaille. Le regard est également tourné en interne avec l’analyse des valeurs défendues ou la diversité au sein de la société. 
  • Gouvernance : Ce critère mesure la façon dont l’entreprise est dirigée, la qualité de son management, la stratégie adoptée, la transparence de ses activités et son indépendance vis-à-vis des lobbys. 

Chaque critère est évalué séparément et a un poids identique pour l’attribution du label ESG. Cela implique qu’il est nécessaire d’obtenir de bons scores dans chaque catégorie et non pas uniquement dans une ou deux. 

La recherche du respect des critères ESG a permis l’élaboration d’une liste d’activités controversées et l’exclusion des entreprises qui ont un lien direct avec celles-ci. On y retrouve les jeux d’argent, la pornographie, la vente ou l’achat de tabac ou d’armes, l’extraction d’énergies fossiles ou l’exploitation de mineurs pour le travail. 

Création d’un fonds et obtention du label

Les gestionnaires de fonds d’investissement sont parmi les plus actifs dans la création de portefeuilles dits « durables ». 

Pour cela, ils sélectionnent des titres sur base de critères financiers et extrafinanciers.

Dans le premier cas, on y retrouve la valeur boursière de l’entreprise, ses résultats annuels, les prévisions de croissance ou la stratégie. Les critères extrafinanciers sont souvent inspirés de l’ESG. 

Pour rester cohérentes vis-à-vis des investisseurs, les gestionnaires veillent à appliquer ces mêmes critères au sein de leur structure. Ils n’hésitent pas à demander aux sociétés dans lesquelles ils investissent de faire pareil. 

Avant de pouvoir proposer le fonds « durable » au grand public, celui-ci devra être soumis à un organisme indépendant qui validera, ou non, l’application du label. Dans l’affirmative, un compte rendu sera publié chaque année pour informer les actionnaires du respect constant de ces critères. 

Plus de transparence grâce au SFDR

Depuis le 10 mars 2021, le Sustainable Finance Disclosure Régulation invite les institutions financières à accroître la transparence sur leurs manières d’intégrer la durabilité dans leurs conseils ou décisions d’investissement. L’objectif est avant tout de protéger les investisseurs et leur donner un aperçu des conséquences que peut avoir le (non) respect de ces critères sur leurs investissements.

Cette mesure concerne plusieurs acteurs de la finance, comme les banques, les compagnies et intermédiaires en assurance ainsi que les gestionnaires d’actifs financiers

Les produits, quant à eux, visent les fonds d’investissement (OPCVM), les assurances-placements et les fonds de pension

Le SFDR permet également de classifier les produits en trois catégories :

  • Les produits étiquetés Article 9 remplissent pleinement des objectifs durables.
  • Ceux repris sous l’Article 8 favorisent les critères ESG, mais sous une application plus large 
  • L’Article 6 reprend tous les autres produits qui n’ont pas d’objectif durable ou ne les appliquent pas suffisamment. 

Conclusion 

Si nous sommes encore loin d’avoir une finance « propre et durable », nous tendons vers cet objectif pas à pas. Bien que les marchés financiers aient une image d’un monde déconnecté du réel, nous pouvons constater que les considérations croissantes des citoyens, comme le changement climatique ou l’égalité des genres, se répercutent sur leur manière d’investir. Les institutions voient leur rôle passer du « simple » gestionnaire d’actif au porte-parole d’enjeux planétaires… ce qui ne pourra que plaire à la jeune génération.  

*Les 17 objectifs des Nations Unies :

1.      Pas de pauvreté 

2.      Faim « zéro » 

3.      Bonne santé et bien-être 

4.      Éducation de qualité

5.      Égalité entre les sexes

6.      Eau propre et assainissement

7.      Énergie propre à un coût abordable

8.      Travail décent et croissance économique

9.      Industrie, innovation et infrastructure

10.    Inégalités réduites

11.    Villes et communautés durables

12.    Consommation et production responsables 

13.    Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques

14.    Vie aquatique

15.    Vie terrestre

16.    Paix, Justice et institutions efficaces

17.    Partenariats pour la réalisation de ces objectifs

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Les différentes peurs à éviter à tout prix !

L’investissement repose sur deux éléments-clés : l’argent et la psychologie. 

Pour le premier, c’est assez simple. Soit vous avez assez d’argent et vous pouvez investir, soit vous n’en avez pas et vous devez épargner pour commencer. Et même s’il est possible d’emprunter pour acheter et revendre par la suite, cela implique obligatoirement d’être en possession de liquidités.

Pour la psychologie, c’est plus délicat. Pour vous éviter d’être submergé émotionnellement par les marchés financiers, certains experts recommandent de garder une attitude « froide ». De prendre tout événement positif ou négatif comme une information supplémentaire à traiter. Toute bonne ou mauvaise opération comme un résultat à encoder. 

Or, est-il réellement possible de ne rien ressentir ? Bien sûr que non. Chaque individu transporte avec lui un bagage sentimental dont il ne peut se défaire. L’investisseur impulsif qui achète tout ce qui lui passe sous les yeux ou le trader défensif qui repousse toujours au lendemain sont deux individus qui succombent à leurs émotions. 

Si certaines d’entre elles sont perçues comme des qualités (voir les qualités d’un trader), d’autres, plus particulièrement la peur, peuvent amener l’investisseur à prendre de mauvaises décisions. 

FOMO (Fear of Missing Out)

Le FOMO, ou la peur de rater quelque chose, représente la crainte de voir les autres prendre du plaisir en votre absence. Cette peur pousse l’individu à se montrer quasi omniprésent. 

Les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou Twitter maîtrisent parfaitement ce concept et en jouent. C’est la raison pour laquelle de nombreux utilisateurs passent des heures à « scroller » leur écran, à la recherche de la dernière publication. 

Impact sur le trading ? Le FOMO entraîne le trader à acheter toutes les actions qui ont attiré son attention. Bien que peu convaincu par certaines d’entre elles, il se dit qu’il sera présent en cas de remontée. Les dangers à long terme sont de constituer un portefeuille de titres pris au hasard, la difficulté à anticiper les variations de cours et une baisse de rendement liée à de nombreux achats/ventes. 

Le FOBO (Fear of a Better Option)

Une variante du FOMO est le FOBO, ou la peur d’une meilleure solution. Dans ce cas, l’individu fait face à de nombreuses alternatives qui le rendent indécis et l’empêchent de choisir. Il se questionne sans cesse sur les conséquences d’un mauvais choix. La pression est d’autant plus importante lorsque ceux-ci l’engagent sur une longue période. 

Cette peur crée la paralysie. À force de réfléchir, les opportunités défilent et sont gâchées. 

Impact sur le trading ? Le FOBO peut rapidement toucher les nouveaux investisseurs qui souhaitent construire leur portefeuille. Face aux dizaines de milliers de titres, le novice pourrait passer des centaines d’heures à analyser sans prendre une décision. Il doit développer son propre filtre de sélection afin d’atteindre une poignée de candidats intéressants.  

Loss Aversion 

L’aversion à la perte est une peur bien plus contraignante, car elle empêche toute initiative de la part de l’individu. Ce concept fut développé par les chercheurs Tversky et Kahneman (que nous vous avons déjà présenté) qui démontrèrent la différence d’impact entre une perte et un gain sur l’esprit humain. 

Selon cette étude, une personne préférerait éviter la perte plutôt qu’obtenir un gain d’une même somme (le niveau de satisfaction perdu serait plus élevé que le niveau de satisfaction gagné). C’est ce raisonnement qui empêche de nombreux hommes et de femmes à passer à l’action, les laissant sur la ligne de départ de l’aventure entrepreneuriale. C’est aussi lui qui nourrit notre cerveau de scénarios d’échecs. 

Impact sur le trading ? L’aversion à la perte peut entraîner deux conséquences. La première est la prolifération d’épargnants, trop frileux de risquer une partie de leur salaire, se contentant du maigre taux que leur propose le compte d’épargne. La seconde est la rétention d’actifs nocifs dans un portefeuille tout simplement pour tenter de récupérer la mise de départ.

Cette peur touche particulièrement de nombreux novices, qui n’osent pas se lancer avant d’avoir totalement calculé leur potentielle moins-value. Trop focalisés sur les pertes, ils en oublient les gains. 

Opportunity cost 

Le coût d’opportunité représente les bénéfices qui auraient pu être enregistrés si l’on avait pris une autre décision que celle que nous avons prise. Autrement dit, il détermine ce que l’on a « sacrifié » en renonçant à ce choix. 

Dans notre quotidien, nous sommes souvent confrontés à mesurer ce coût sans nous en rendre compte. Acheter un chargeur de téléphone à 1,99 € peut nous paraître plus intéressant à court terme, mais le remplacer tous les 6 mois coûtera plus cher qu’un chargeur à 14,99 €. Dans un autre registre, l’émission « à prendre ou à laisser » illustre à merveille ce concept. Les candidats ne sachant pas ce qui se cache dans leur boîte doivent constamment évaluer le poids de leur décision. 

Impact sur le trading ? De nombreux courtiers s’appuient sur les coûts d’opportunités pour motiver leurs clients à investir. Ainsi, le rendement actualisé des 10 dernières années vous indique ce que vous avez renoncé en refusant d’investir (bien que les résultats du passé ne soient pas représentatifs de l’avenir).

Conclusion 

Je terminerai cet article sur une citation de l’entrepreneur américain, Robert Kiyosaki, qui disait ceci : « la plus grande cause des difficultés financières de l’Homme est la peur de perdre de l’argent ». Nous ne pouvons qu’adhérer à ses propos. La peur est un ennemi qui nous ronge de l’intérieur, plus elle est grande, plus elle nécessitera de ressources pour la vaincre.

Les plus célèbres financiers de notre époque sont ceux qui ont pu transformer ce handicap en une force. Ils sont de ceux qui croient en l’expression « qui ne tente rien n’a rien ».

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Dénicher les meilleurs fonds d’investissement en une page

Si vous souhaitez investir, mais que vous n’avez pas beaucoup de temps à consacrer à la recherche de titres prometteurs, à la lecture de bilans ou à l’analyse des variations des cours de bourse, alors peut-être devriez-vous songer à confier cette tâche à quelqu’un d’autre. 

La création d’un portefeuille, un suivi régulier et la recherche d’un rendement intéressant seront les principaux objectifs des gestionnaires d’actifs. 

Cependant, bien que les fonds d’investissement aient l’avantage de pouvoir contenir une multitude d’actifs, comment les différencier ? Comment comparer leurs performances ou leur stratégie ? Comment savoir si votre choix a porté ses fruits ? Certains sites, dont le célèbre Morningstar, proposent de répertorier et noter une large gamme de fonds.

Analyse d’un fonds d’investissement

La méthode de notation de Morningstar est basée sur les convictions de ses analystes. Bien entendu, chaque société peut apporter un regard différent sur un même fonds.  

Important : Le fonds Comgest Growth Europe EUR I Dis est présenté uniquement à titre d’exemple. Ce choix ne reflète en rien l’opinion de Parlons Finance et ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente de notre part. Il revient à vous de faire votre propre analyse et vos choix. 

  1. L’en-tête
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La lecture d’une fiche récapitulative (Fund facts en anglais) commence par le nom du fonds. Celui-ci donne déjà quelques indices à l’acheteur sur la stratégie d’investissement proposée. Dans notre exemple, l’accent sera porté sur les actions de croissance (Growth) européennes (Europe) dont les intérêts annuels seront distribués (Dis).

Morningstar attribue deux notes : 

  • La première donne une vue globale (Négative — Neutre — Bronze — Silver — Gold) et repose sur une analyse qualitative et prospective des fonds.
  • La seconde propose une cotation étoilée (1 à 5) qui représente la performance d’un fonds par rapport à ses semblables, en tenant compte du risque et des coûts. Seuls 10 % des fonds obtiennent la note maximale. 

Afin de comparer ce qui est comparable, il est nécessaire de regrouper les différents fonds en fonction de leur indice de référence, de leur benchmark et de la catégorie d’actifs. 

L’indice de référence comporte plusieurs actions représentatives d’un marché et donne une vue d’ensemble de sa performance journalière (ex : le CAC40 est composé de 40 entreprises qui représentent globalement le marché français). 

Le Benchmark, quant à lui, sert d’élément comparateur au fonds d’investissement. Celui-ci est souvent un indice, un secteur, voire un autre fonds. 

Enfin, la catégorie permet de cibler les actifs choisis dans le fonds (ex : Europe ou US, actions ou obligations, grandes ou petites capitalisations, croissance ou valeur) 

Un exemple pour illustrer nos propos : le fonds AQUA compare les poissons se trouvant dans les eaux européennes (indice de référence), en mer Méditerranée (benchmark) et pesant plus de 2 kg (la catégorie). 

2. Objectif et performances

Chaque gestionnaire propose un objectif d’investissement unique pour ses fonds. Celui-ci doit permettre aux analystes de comprendre la manière et les moyens mis en place pour obtenir des résultats satisfaisants. Un objectif « vague » (ex : entreprises européennes de croissance) donne au gestionnaire une meilleure flexibilité pour répondre aux attentes. À l’inverse, certains objectifs sont tellement précis (ex : dégager une croissance supérieure à celle des GAFA sur une période de 3 ans) qu’ils ne laissent que peu de marge de manœuvre. 

Sur la partie droite de l’image, vous trouverez les différentes performances annuelles ou trimestrielles. Celles-ci comparent le fonds avec son indice et sa catégorie. Attention aux fonds qui n’ont jamais pu « battre » leur indice depuis un long moment. 

De l’autre côté, plusieurs indicateurs mathématiques et statistiques vous donneront la mesure du risque pris : 

  • L’Alpha : détermine si le fonds surperforme ou sous-performe son indice de référence. Si > 1, alors le fonds fait mieux que son indice. 
  • Le Beta : détermine si la valeur du fonds varie plus/moins que son indice de référence (volatilité). Si > 1, le fonds amplifie davantage les fluctuations que son indice. 
  • R carré : détermine le niveau de corrélation entre le rendement du fonds et celui de son indice (de 0 à 100). À 100 %, les fluctuations du fonds seront parfaitement corrélées à l’indice. 
  • Ratio d’information : une autre mesure de la surperformance (sousperformance) du fonds par rapport à son indice. 
  • Tracking error : détermine le niveau de liberté que prend le gestionnaire par rapport à son indice. Plus il est élevé, plus il s’éloigne de son indice. 
  • Ratio de Sharpe : détermine si la rentabilité du fonds justifie un niveau de risque plus élevé que son indice. Si ce ratio se situe entre 0 et 1, alors la rentabilité ne couvre pas le niveau de risque pris. Au-delà de 1, le rendement rémunère suffisamment l’excès de risque.
  • Volatilité : liée au bêta, elle donne une idée de l’ampleur des variations d’un fonds. Plus elle est élevée, plus les hausses et les baisses du titre seront importantes. 
  • Risque 3,5, 10 ans : lié au Beta et à la volatilité, il donne une idée du style agressif ou défensif du fonds. 

3. Secteurs et régions

Un fonds peut contenir plusieurs types d’actifs de nature différente (actions, obligations, produits dérivés, liquidités, matières premières) au sein d’un seul « pool ». Ainsi, notre fonds fictif Parlons Finance Equities comporterait majoritairement des actions. Parlons Finance global bonds sera orienté obligations et Parlons Finance global Mix intégrerait toutes sortes d’actifs. 

Les liquidités donnent aux courtiers la possibilité de réagir aux mouvements du marché. Un niveau de liquidités bas est un signal d’alarme. Les capitaux étant pleinement investis, le manager n’aura pas d’autres choix que de vendre en cas de retournement des marchés. 

Les actions sont différenciées sur de nombreux points : 

  • Leur taille : allant de micro à géante, elle se réfère généralement au nombre d’employés et à la capitalisation totale 
  • Le style : indique le type d’évolution de l’entreprise. Croissance (axé sur une augmentation rapide du cours), value (axé sur une progression cyclique avec possibilité de sous-évaluation du marché) ou mixte 
  • Leur zone géographique : une grande diversification implique une sélection de titres de nationalités différentes

Le comportement boursier de certains titres a permis une classification selon les secteurs :

  • Cycliques : ces titres sont fortement influencés par le contexte macro-économique, comme la politique monétaire, les taux d’intérêt ou les relations diplomatiques. On y retrouve les matériaux de base, les produits de consommation non essentiels (consumer discretionary), les services financiers et l’immobilier. 
  • Sensibles : moins impactés par les événements d’ordres mondiaux, ces titres suivent les cycles économiques dans leur ensemble. On y retrouve les services de télécoms, d’énergie, les industries et la technologie.
  • Défensifs : Ces titres ont une progression qui leur est propre. Ils ne sont pas corrélés aux autres secteurs, car leur utilisation est constante. Nous retrouvons les produits de première nécessité (consumer staples), les soins de santé et les services publics. 

Les obligations, quant à elles, se distinguent par leur type (bons d’état ou obligations d’entreprises), leur rating (AAA jusque D), leur duration ou leur catégorie (High Yield, investment grade, spéculatif)

Généralement, les dix positions les plus importantes du fonds sont référencées. Ceux-ci peuvent changer lors d’une rotation sectorielle opérée par le marché. 

4. Le management

Toutes les informations à savoir sur la société de gestion et son manager sont indiquées en bas de chaque fiche. 

La gestion d’un portefeuille demande un savoir-faire de qualité et une équipe de traders regroupés sous la tutelle d’un talentueux gérant. Un manager dont le fonds a surperformé le marché reçoit le respect de ses pairs et un juteux bonus. 

Parmi les derniers points d’attention, il y a les frais d’entrée et de gestion, la nature du fonds (UCITS* = OPCVM**), sa politique de distribution des intérêts, son code ISIN***, son éligibilité pour un PEA**** et le capital minimum requis pour investir. 

  1. Conclusion 

Choisir le « bon » fonds d’investissement n’est pas si simple, tant les différences sont nombreuses et les compétences humaines importantes. Cependant, apprendre à analyser une fiche d’information vous aidera à trouver votre propre style de gestion. Avec plus de 120 000 fonds dans le monde, il en existe bien un qui saura concilier vos attentes et un rendement satisfaisant. 

*UCITS = Undertaking for Collective Investments in Transferable Securities 

**OPCVM = Organisme de placement collectif en valeurs mobilières

***ISIN = International Securities Identification Numbers

****PEA = Plan d’Epargne en Actions 

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Invest #4 : Qu’est-ce que le Short Squeeze ?

Depuis janvier, une bataille féroce est engagée sur les marchés financiers entre certains gestionnaires de fonds et des investisseurs particuliers. La raison du conflit ? La vente à découvert ou « short selling » menée sur des entreprises en difficulté. 

Pour comprendre ce que veut dire « shorter », vous devez accepter l’idée qu’il est possible de gagner de l’argent sur la baisse du prix d’une action. Ces opérations sont réalisables grâce aux produits dérivés dont sont friands certains Hedge funds.  

En effet, la liquidation forcée (Short Squeeze) des positions courtes peut devenir un cauchemar pour les vendeurs à découvert à moins qu’ils ne réagissent très rapidement … 

Concrètement, le shorteur prendra le pari que l’entreprise X verra la valeur de son action en bourse chuter (ses anticipations peuvent être justifiées, ou non). Son principal souci est qu’il ne possède pas d’action X. Il va donc les emprunter auprès d’un actionnaire de l’entreprise, et lui promet de les lui rendre à une date future.

Dès réception, le Shorter vendra immédiatement ces titres au prix du marché et attendra sagement qu’elles perdent de la valeur, avant de les racheter et ainsi rembourser sa dette. Les deux acteurs sont alors satisfaits, le Shorter a réalisé un gain et l’actionnaire détient toujours des titres de l’entreprise. 

Le short squeeze intervient lorsque le prix de l’action va dans le sens opposé au scénario imaginé. Une telle situation, qui peut être provoquée par d’autres investisseurs, représente un danger pour le shorteur qui doit rapidement couper ses positions afin d’éviter de lourdes pertes. Car attention, si la plus-value a une limite (l’action ne peut pas aller au-dessous de zéro), la moins-value, elle, n’en a pas ! 

Exemple de Volkswagen et Tesla :

Un exemple connu par la plupart des financiers s’est déroulé durant le mois d’octobre 2008, lorsque le cours de l’action VW avait quintuplé en seulement deux jours, passant de 210 € à 1 000 €. Porsche avait annoncé avoir gagné 74 % du contrôle des part de votes de Volkswagen, ce qui a entraîné une forte hausse du cours de son action, les vendeurs à découvert étant alors forcés de payer 1 005 € par action pour clôturer leurs positions.

Plus récemment, le cours de l’action Tesla a également fait l’objet d’un short squeeze début 2020. Plus tôt, les actions du constructeur électrique américain étaient les actions les plus vendues à découvert sur le Nasdaq, mais plusieurs nouvelles positives, notamment des résultats du quatrième trimestre supérieurs aux attentes, a entraîné une hausse des cours de l’action atteignant plus de 850$.

Inutile de préciser que les pertes des vendeurs à découvert ont l’inconvénient de pouvoir devenir exponentielles durant la liquidation forcée des positions courtes, et les gains pour ceux ayant une position longue peuvent permettre de ne plus jamais travailler à vie …

Par KAZKONDU Timur et NAQI Hamza

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Qui est Jérôme Kerviel, le Trader connu pour avoir fait trembler la Société Générale ?

Dans notre série sur les personnes ayant fait l’actualité financière, nous revenons aujourd’hui sur l’un des traders les plus connus en France et qui a failli entraîner la chute d’un monument français, la Société Générale.

Cet homme n’est autre que Jérôme Kerviel …

👉 Qui est-il ?

Jérôme Kerviel est né le 11 janvier 1977 à Pont-l’Abbé (en Bretagne). Passionné par les chiffres, il entame des études d’économie et termine par un Master en management des opérations de marchés à l’Université Lyon II.

En 2000, il rejoint la division « Banque d’investissement » de la Société Générale, en tant que chargé de Middle Office. Son rôle est simple, il s’agit de vérifier que les transactions encodées par le Front Office (les traders) sont valides et les informations cohérentes. Une tâche répétitive que Kerviel cherchera à automatiser en créant des logiciels sur Excel.

Sa volonté d’exceller et d’agir rapidement permet à Jérôme de se différencier de ses pairs et d’être nommé assistant-trader en 2002. Bien que la nature de ses activités ne change pas (il continue à « matcher » les informations pour le compte des traders). Kerviel a désormais accès aux salles de marché.

👉 Apprenti trader

Début 2005, Jerôme Kerviel devient à son tour trader. Il négocie des produits dérivés, plus précisément des Turbo Warrant.

Rappel : Un warrant est un produit dérivé qui donne à son détenteur le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre une quantité définie d’un actif financier à un prix et une période déterminés dans le contrat. (voir article sur les produits dérivés pour plus de détails).

Le courtier français doit cependant tenir compte d’une potentielle perte sur chaque pari. Pour cela, il souscrit une assurance qui couvrira les moins-values. On dit dans ce cas qu’il se « hedge ». Ainsi, toute prévision de hausse est couverte par un contrat d’assurance à la baisse, et vice-versa.

Cette activité pouvant rapidement dégénérer, la Société Générale fixe des règles pour chaque desk, voire pour chaque trader. Parmi celles-ci, on y retrouve la limite maximale à investir ainsi qu’une obligation de déboucler ses positions en fin de la journée.

👉 Un trader hors pair…

Un principe-clé du hedging est que chaque contrat d’assurance doit être associé à un produit dérivé. Or, il se peut que le produit dérivé soit clôturé (par l’activation du droit d’achat/vente), mais que le contrat d’assurance existe toujours. L’intérêt dans ce cas est de profiter de la compensation offerte par l’assurance sur un sous-jacent que nous ne détenons pas. C’est une forme de spéculation que l’on appelle « une prise de position ».

Jerôme Kerviel va très rapidement maîtriser les techniques associées à la spéculation et va prendre de plus en plus de risque, tant sur le montant mis en jeu que sur sa période de débouclage.

Ainsi, à l’été 2005, il pariera à la baisse sur les actions d’Allianz, ce qui portera ses fruits lors des attentats de Londres. En 2006, il empoche 28 millions d’euros de gains suite à une prise de position de 1 500 millions. En 2007, il récidive en réalisant un bénéfice exceptionnel de 1,5 milliard d’euros après avoir misé 30 milliards d’euros !

👉 … mais aussi hors-la-loi

Comment Kerviel a-t-il pu gagner autant d’argent sur ses positions ? Mais surtout, comment a-t-il pu miser autant sans être surveillé ? Avant de porter l’homme en gourou des marchés financiers, il a lieu de rappeler que la banque avait fixé des limites pour éviter les dérives de ses employés.

Pour ne pas attirer l’attention, le futur ex-trader, encodait de fausses transactions dans le système informatique, prenant le soin également de rédiger de faux mails. Les informations devant être vérifiées par le Middle Office, cela lui laissait le temps de déboucler ses positions.

👉 La Chute

En 2008, l’étau se resserre autour du courtier. Une enquête interne est menée suite à de nombreuses anomalies et la crise des subprimes pousse à la prudence sur le marché. Jérôme fut pris alors dans ce qu’il appelle lui-même « un engrenage » qui l’entraîna à miser plus pour gagner plus.

Sa dernière vision : parier sur une hausse du Dax en janvier 2008 pour un montant titanesque de 50 milliards d’euros (ce qui représente plus que la valeur des fonds propres de la banque !). Malheureusement pour lui, les marchés iront dans le sens contraire de ses prévisions et les 1,5 milliard d’euros gagnés l’année précédente seront rapidement perdus.

Kerviel sera au pied du mur et devra annoncer les sommes engagées à sa hiérarchie, qui pensait alors jusque-là le réprimander pour la dissimulation des 1,5 milliard gagnés…

Face à un tel danger, la Société Générale décide de déboucler en urgence les positions de son trader, et ce, au risque de mettre les marchés en alertes. Après des jours, la banque accuse une perte sèche de 5 milliards (6,5 milliards issus de la vente – 1,5 milliards de gains).

👉 La suite

Très vite, le coupable est désigné, c’est Jérôme Kerviel qui aurait agi seul et dans son propre intérêt. De son côté, le trader licencié reconnaît ses actes, mais refuse d’assumer seul. Selon lui, sa hiérarchie était au courant des pratiques et l’encourageait (il apporte des preuves de ses dires dans son livre l’engrenage [éditions Flammarion, 2010]).

L’affaire va très vite en justice et celle-ci condamne dans un premier temps Kerviel à rembourser 4,9 milliards d’euros ainsi qu’à une peine d’emprisonnement de 5 ans, dont 2 avec sursis. Au fil des procès, l’accusation change de visage et la Société Générale se voit supporter la majeure partie des pertes. Finalement, le natif de Bretagne devra à son ancien employeur la somme d’un million d’euros.

Aujourd’hui, Jérôme Kerviel s’est retiré des marchés financiers. Après avoir retrouvé un travail en tant que contrôleur de gestion, il s’est tourné vers l’écriture et les conférences. De son côté, la Société Générale a perdu de sa superbe. Avec un contexte économique défavorable au secteur, celle dont l’action valait encore 155 € en avril 2007 ne vaut plus aujourd’hui que 12 €… Une contre-performance que Jérôme aime rappeler sur Twitter.

Par Tim KAZKONDU

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Qui est Henry Paulson ? Le dernier rempart du monde économique durant la crise des subprimes !

Bien des hommes ont marqué l’Histoire de la Finance mondiale grâce à leurs idées, leurs victoires ou le poste qu’ils occupaient. C’est le cas d’Henry Paulson, un homme qui avait quasiment le destin du monde économique entre les mains.

Qui est Henry Paulson ?

Henry « Hank » Paulson est né le 28 mars 1946 à Palm Beach, en Floride. Ses premières études, en littérature, au collège Dartmouth étaient bien loin de la finance. Cependant, il prit rapidement le chemin des affaires en étudiant à la Harvard Business School.

S’il est un homme d’influence, c’est parce qu’il a côtoyé le pouvoir assez tôt dans sa carrière en étant nommé assistant du secrétaire adjoint à la défense du Pentagone (1970 – 1972) et conseillé privé du président Richard Nixon (1972 – 1974).

Son prochain arrêt fut la banque d’investissement Goldman Sachs en 1974 où il y gravit les échelons jusqu’à en devenir CEO en 1999.

2007 : La crise des Subprimes

En 2006, Paulson pense être au sommet de sa carrière, car il vient d’être nommé secrétaire au trésor américain, la plus haute fonction financière du pays, par George W. Bush. Il est loin d’imaginer l’ampleur de la tempête financière qui s’abattra sur l’économie américaine un an plus tard. Tempête qui sera causée par la vente de titres financiers toxiques adossés à des prêts hypothécaires, les fameux Subprimes.

Durant la crise financière de 2007, le monde vit une période de chocs. La banque d’investissement Lehman Brothers se déclare en faillite, les prochaines sur la liste sont Freddie Mac et Fannie Mae, s’il n’y a pas une intervention du gouvernement. Même la compagnie d’assurance AIG risque la banqueroute. Les autres banques, trop occupées à tenter de garder leurs clients, ne veulent plus accorder de crédits, c’est la panique.

Paulson sort l’artillerie lourde.

En réaction, Paulson prend deux décisions majeures:

  • La première consiste à laisser Lehman Brothers assumer ses responsabilités et faire faillite. Cette décision, très controversée, sera pour beaucoup le déclenchement de la crise. Pour le secrétaire au trésor américain, le message est clair : le contribuable américain ne paiera pas pour les erreurs de Wall Street et il faut donner l’exemple.
  • La deuxième porte sur un plan de relance titanesque. La chute des grandes banques américaines provoquerait un effondrement du système économique mondial, qu’il faut à tout prix éviter. Pour cela, l’État américain créera l’Emergency Economic Stabilization Act of 2008, qui débloquera 700 milliards de dollars dans le programme TARP (Trouble Asset Relief Program).

Fannie Mae et Freddy Mac seront nationalisées et AIG sera sauvée contre 85 milliards de dollars. Bien que la première version du programme prévoyait des prêts pour éviter le risque de crédit ou de liquidité, c’est finalement une participation de l’État dans les principales banques américaines qui fut choisie. Ces décisions apaisèrent temporairement les marchés financiers, qui mettront tout de même des années à se remettre de la crise.

Beaucoup de personnes reprochèrent à Henry Paulson d’avoir des conflits d’intérêts. Son passage chez Goldman Sachs, alors principal concurrent de Lehman Brothers, créera des doutes auprès de l’opinion publique.

Une suite plus calme

Le natif de Floride quitta ses fonctions en 2009, remplacé par Timothy Geithner. Il fonda la Paulson Institute qui a pour but de promouvoir les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine, pays qu’il a beaucoup côtoyé lorsqu’il était plus jeune.

Nous pouvons parfois penser que le point culminant d’une carrière consisterait en un moment de triomphe, là où les succès font partie du passé, et où les défis rares. Dans certains cas, le moment le plus important de la carrière d’un homme coïncide avec le moment le plus important du monde.

À ce moment, tout le savoir, toute l’expérience acquise doit être mobilisée, car l’erreur n’est pas permise. Ces critères, Henry Paulson les avait. Après tout, seul un banquier d’exception pouvait nous sortir d’une situation aussi exceptionnelle.

Par Tim KAZKONDU

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L’information guide les marchés financiers mais qu’est-ce qu’un délit d’initié ?

En bourse, deux choses s’échangent principalement : l’argent et l’information. Cette dernière dicte les tendances des marchés financiers et explique pourquoi les traders ont les yeux rivés toute la journée sur les chaînes d’informations.

Cependant, toutes les informations n’ont pas la même valeur et l’utilisation de certaines d’entre elles peut coûter cher à son détenteur. C’est le cas lors d’un délit d’initié.

👉 Qu’est-ce qu’un délit d’initié ?

On parle de délit d’initié lorsqu’une personne a en sa possession une information sur une entreprise que d’autres n’ont pas et qui, par l’utilisation de celle-ci, lui confère un avantage sur les marchés financiers.

Le délit d’initié est considéré avant tout comme un abus de marché, car l’exploitation de l’information privilégiée bouleverse les règles du jeu. Les autres investisseurs n’ayant pas encore connaissance de la nouvelle avant sa publication, ils ne peuvent anticiper les cours de bourse.

👉 Quelles informations peuvent faire l’objet d’un délit d’initié ?

Soyons bien clairs, détenir un « scoop » n’est pas interdit. D’ailleurs, à l’ère du numérique, on peut trouver toutes sortes de données financières sur internet. Et même si les traders professionnels donnent l’impression d’avoir accès à des informations avant tout le monde, celles-ci sont toujours publiques et sont mises à disposition de tous (du moins pour ceux qui savent la chercher).

Mais comment savoir si l’information reçue peut être utilisée ou non ? C’est la complexité de la chose. L’analyse fondamentale est un exercice long et considérable qui impose de connaître la société dans les moindres détails avant de décider d’y investir. Il est évident que les comptes seront épluchés et le management surveillé. Néanmoins, cela reste des informations exploitables.

D’autres par contre n’hésiteront pas à se rapprocher de l’entreprise, quitte à se rendre sur place pour juger de sa capacité de production. Certains iront jusqu’à côtoyer des employés pour capter quelques bruits de couloir. Pourtant, plus vous serez proche du centre décisionnel d’une société, plus vous serez en possession d’informations sensibles, et moins vous aurez l’occasion de les exploiter.

En Belgique, c’est le rôle de l’Autorité des services et marchés financiers (la FSMA) de vérifier si une transaction financière a été réalisée sous un délit d’initié ou non. Lorsque cela est prouvé, l’auteur des faits peut encourir une peine d’emprisonnement allant de trois mois à un an ainsi qu’une amende de 50 € à 10 000 € (à cela s’ajoutent les amendes infligées par la FSMA qui peuvent atteindre les 2 millions d’euros).

👉 Qui sont les personnes concernées par un délit d’initié ?

En réalité, tout le monde peut commettre ce délit, même s’il existe deux catégories de personnes dites initiées. La première reprend les dirigeants d’entreprise, les comptables ou les avocats. La seconde englobe toutes les personnes qui côtoient les initiés primaires, comme un époux ou une épouse, un ami(e), un(e) journaliste, etc.

👉 Un exemple ?

Imaginons que votre meilleur ami soit le directeur d’une entreprise cotée en bourse et très appréciée des acheteurs. Lors d’une discussion privée avec lui, il vous fait part de ses inquiétudes concernant les derniers résultats financiers. D’après lui, l’entreprise a eu une année très difficile et ne pourra pas honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers. Les résultats, quant à eux, seront publiés dans une semaine. Dans ce cas, vendre les actions que vous possédez juste avant leur chute est considéré comme un délit d’initié. Vous ne pourrez pas exploiter cette information avant qu’elle ne soit rendue publique.

Un exemple concret dans notre pays est la vente d’actions par l’ex-CEO de Proximus Dominique Leroy (aujourd’hui chez Deutsche Bank) quelques mois avant son départ. Il lui est reproché d’avoir vendu ses stock-options alors même qu’elle était en discussion avec KPN pour devenir la nouvelle CEO.

À l’étranger, c’est l’ancien trader américain Mathew Martoma qui a réalisé l’un des délits d’initié les plus lucratifs de l’histoire avec 276 M$ de gain. Martoma avait revendu les actions d’entreprises pharmaceutiques qu’il détenait suite aux confidences reçues par deux médecins concernant des essais cliniques ratés.

Vous l’aurez compris, bien que les stratégies d’investissement soient basées principalement sur des mathématiques, des probabilités ou même de l’intelligence artificielle, les informations détenues par les courtiers peuvent faire toute la différence.

Pour réaliser un « pari gagnant », chaque investisseur est à la recherche d’une nouvelle qui le réconfortera dans ses choix. Le besoin d’être au bon endroit au bon moment, couplé à la force des réseaux sociaux, peut entraîner certains à tomber dans le piège des fake news qui n’ont pour but que de manipuler les marchés… et enrichir ceux qui les propagent.

Par Tim KAZKONDU

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Que sont les « obligations perpétuelles » ?

En finance, lorsqu’une entreprise ou un pays souhaite obtenir de nouveaux capitaux, elle peut passer par le marché de la dette, en émettant des obligations (voir l’article dédié sur Parlons Finance).

De nos jours, les taux d’intérêt sont très faibles, ce qui réduit considérablement le gain à réaliser sur les obligations (l’obligation d’État allemand à 10 ans offre un taux de –0,63 % !). Les investisseurs à la recherche d’un meilleur rendement n’ont pas d’autres choix que de se tourner vers des émetteurs plus risqués, des maturités plus longues ou le marché des actions.

Ainsi, en juin 2020, l’Autriche a émis une « century bond » à 100 ans avec un coupon de 0,88 %. Certains d’entre vous pourraient se demander s’il existe une durée encore plus longue que celle-ci. La réponse est oui, il est théoriquement possible de s’endetter pour « l’éternité » avec une obligation perpétuelle.

– Obligation « perpétuelle » ?

Une obligation perpétuelle, ou perpetual bond, est un instrument financier de dette qui n’a pas d’échéance. Autrement dit, le capital de départ n’est pas remboursé, seuls les intérêts sont payés.

Quel est l’intérêt pour l’émetteur ? Il s’agit ici d’une méthode d’endettement « douce » puisque l’entreprise ou le pays qui propose cette obligation ne devra pas rembourser le nominal.

L’intérêt pour l’acheteur est avant tout son souhait d’obtenir une rente régulière. Le taux élevé du coupon ajoute, quant à lui, un autre élément intéressant.

Beaucoup de ces obligations comportent un droit de rachat, appelé « call ». Cette option donne à l’émetteur le droit de racheter l’obligation à un prix et une période déterminée (et donc rembourser anticipativement le détenteur). Puisque le principal atout d’une obligation perpétuelle est la réception des coupons, cette option constitue un possible manque à gagner pour l’acheteur.

– Quels sont les autres points d’attention ?

Ce type de produit, bien qu’il fasse partie de la catégorie des obligations, présente des risques intrinsèques élevés. Voici quelques-uns :

• Risque de coupon : l’émetteur peut, en cas de difficultés financières, décider de diminuer le montant du coupon versé ou tout simplement le supprimer.
• Risque de crédit : l’émetteur peut faire faillite avant le remboursement de sa dette. Dans ce cas, les détenteurs d’obligations perpétuelles sont remboursés après les autres créanciers ou détenteurs d’obligations « classiques ».
• Risque de taux : la hausse des taux d’intérêt a un impact négatif sur le prix des obligations existantes. Plus la durée de l’obligation est longue, plus ce risque est important.
• L’inflation : une augmentation de l’inflation diminue la marge bénéficiaire des coupons versés.
• Autres risques : certaines entreprises émettent des obligations perpétuelles avec une date implicite de remboursement. Toutefois, cette date peut être modifiée ou repoussée maintes fois.

– Comment déterminer le prix d’une obligation perpétuelle ?

Pour cela, nous devons calculer la Valeur Actuelle d’un investissement, autrement dit, la valeur aujourd’hui de l’ensemble des coupons que l’acheteur recevra à l’avenir.

Formule : VA = C/r

C = coupons
r = taux d’intérêt

Ainsi, pour une obligation perpétuelle propose un taux d’intérêt de 1 %, vous devrez apporter un capital de départ de 100 000 € si vous souhaitez obtenir 1000 € de coupon.

—> 100 000 € = 1000 €/0,01

En 2001, l’entreprise biopharmaceutique belge UCB a émis pour 300 millions d’euros d’obligation perpétuelle, offrant un coupon annuel de 7,5 %. Cette opération avait pour but de financier les précédentes dettes. L’obligation a été remboursée en 2016.

Les perpetuals bonds font partie du paysage financier depuis bien longtemps. Nous en retrouvons des traces écrites datant du XXIIe siècle en France et en Espagne. Si pour beaucoup d’émetteurs ce produit est une manière de se financer à un plus faible coût, d’autres mesurent tout le sens du mot « perpétuel ». Ainsi, l’un des records de longévité appartient à la Hoogheemraadschap Lekdijk Bovendams qui verse toujours des coupons d’une obligation émise… en 1648 !

Par Tim KAZKONDU

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Economie Nos analyses

Analysons un peu l’évolution du PIB Mondial durant cette crise !

A la sortie du confinement, nous avons pu remarquer un léger rebond de l’activité économique mondiale puisqu’en effet l’ensemble de l’activité a pu reprendre tout en respectant certaines mesures de sécurité !

Cependant, cette reprise a été de courte durée car les mesures annoncées dernièrement, notamment la fermeture des commerces et le couvre-feu, laissent entendre un second confinement !

Ces mesures se mettent en place un peu partout dans le monde et il est certain qu’elles engendreront des conséquences dramatiques sur la croissance de l’économie mondiale. Nous pouvons ajouter à cela l’incertitude qui plane sur la durée du deuxième confinement et l’évolution de la pandémie.

Le PIB mondial a connu un choc important depuis le mois de mars et la crise s’est faite ressentir dans l’ensemble de l’activité économique. Le futur est donc difficile à prévoir.

Selon le rapport de IRES (Institut de recherches économiques et sociales), il est difficile d’obtenir des prévisions fiables de l’évolution du PIB mondial. En effet, la mise en place d’hypothèses pertinentes dans le calcul des prévisions du PIB est rendu complexe car la situation sanitaire n’est pas stable. Néanmoins, nous avons récoltés les prévisions réalisées par certaines institutions afin d’avoir une vue générale sur ce qui nous attend.

Au début du mois d’octobre, le FMI a annoncé une baisse de la croissance du PIB mondial (-4,4 %) moins marquée que celle de la zone euro (-8,3 %), similaire à celle des Etats-Unis (-4,3 %), mais très éloignée de la croissance positive en Chine (+1,9 %) pour 2020.

Dans un ancien rapport de la Banque Mondiale, il apparaît que si nous subissons une nouvelle vague de pandémie ou que les mesures de confinement reprennent, le PIB mondial pourrait alors se contracter de 8 % (au de lieu de 4,4 % prévu par le FMI).

Par contre, les prévisions sur la croissance du PIB mondial pour 2021 sont plutôt positives d’après la Commission européenne et l’OCDE. En effet, un rebond de l’économie mondiale est prévu en 2021.

  • Selon les perspectives économiques de l’OCDE de septembre 2020, l’activité économique mondiale se redressera en 2021 d’environ 5%.
  • Un rebond à +5,1% est envisagé pour le PIB de la zone euro. En ce qui concerne les États-Unis, l’OCDE s’attend à un rebond de +4,0%.
  • Pour la Chine, les prévisions de croissance pour 2021 vont au-delà des 8 %.

Selon Ayhan Kose, directeur de la division Perspectives de Développement à la Banque mondiale, l’épisode que nous traversons entraîne des révisions à la baisse des projections mondiales de croissance d’une ampleur sans précédent. Et si l’on se fie à ce qui s’est produit par le passé, on peut s’attendre à des risques de détérioration encore plus importants.

Bruno Colmant, CEO de Degroof Petercam, nous délivre un regard plus optimiste sur l’évolution de l’activité économique. Selon le CEO, la reprise économique ne sera pas immédiate mais progressive tout au long de l’année prochaine. Il ajoute que seule la demande pourra nous sortir de la crise. La consommation des ménages et des entreprises fera la différence pour relancer l’économie.

Cela rejoint le dernier rapport de la commission européenne, dans lequel il est mentionné que le mécanisme d’investissement doit être stimulé afin de limiter les dommages économiques et favoriser la reprise. Cependant, cet objectif ne sera pas facile à atteindre car nous constatons depuis le mois de mars une forte diminution de la consommation et de l’investissement.

En effet, le comportement des ménages et des entreprises a radicalement changé ces derniers mois. Nous avons pu observer une forte préférence pour l’épargne chez les ménages et une baisse de l’investissement chez les entreprises.

Selon vous, comment évoluera l’activité économique mondiale ?

Par Florenc MICAJ

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Banque & Finance Nos analyses

Tout savoir sur la présence et l’influence du secteur bancaire en Belgique !

Chaque année, Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, publie un rapport chiffré sur le paysage bancaire dans notre pays. C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce secteur qui fait sa mue depuis des années !

👉 Voici 5 chiffres-clés à retenir :

  • 85 : C’est le nombre d’établissements bancaires actifs en Belgique en décembre 2019.

Pour rappel, dans les années 80, la Belgique comptait 176 banques (dont 149 étaient belges). De nos jours, le rapport s’est inversé, car sur les 85 banques, 48 sont européennes (ex. BNP, ING, Deutsche Bank, etc.) et 31 sont belges (ex. KBC, Belfius, etc.). Les quatre plus importantes banques du pays, d’un point de vue du total du bilan, se composent de BNP Paribas, KBC, Belfius et ING.

Rappelons que 2019 est également l’année de nouveaux projets comme la création de la banque coopérative NewB ainsi que la fusion entre AXA Banque et Crelan.

  • 4692 : C’est le nombre d’agences bancaires présentes sur le sol belge.

Il y a encore de cela trente ans, les agences bancaires représentaient des lieux « essentiels » au développement d’une ville. Avec près de 12 750 points de vente partout en Belgique, il était presque inconcevable de ne pas trouver un proche de chez soi, la situation étant plutôt l’inverse avec plusieurs agences dans une même rue.

Mais cela, c’était avant deux évènements majeurs qui marqueront le monde bancaire dans les années 2000 :
La crise financière de 2008 et l’avènement des smartphones.

En effet, avec le développement d’applications mobiles, le client a accès à ses informations bancaires depuis n’importe quel endroit, et ce, à n’importe quel moment. Cette révolution numérique sera en partie responsable de la suppression de 40 % des agences bancaires dans notre pays.

  • 291 milliards : C’est le montant total, en euro, sur les comptes d’épargne belges.

À l’instar du nombre de comptes (38 millions en 2019), les montants présents sur ceux-ci aussi augmentent. C’est surtout le cas pour les comptes d’épargne, passant de 94 milliards en 2000 à 291 milliards en 2020. Bien entendu, la crise du Covid19 a forcé les citoyens à épargner ce qu’ils n’ont pu dépenser durant le confinement.

Le montant moyen sur les comptes à vue serait de 13 000 € et de 15 000 € sur les comptes de dépôt.

  • 8 943 milliards : C’est le montant total de monnaie en circulation dans la zone euro.

La monnaie que l’on retrouve dans l’économie peut être de deux types : il peut s’agir de monnaie centrale ou de monnaie scripturale.

La première est créée par la Banque Centrale Européenne à destination, hors mesures exceptionnelles, des banques commerciales. C’est la fameuse « planche à billets » de la BCE.

La seconde est de la monnaie comptable que créent les banques commerciales à destination des clients. La plupart des transactions se faisant électroniquement, il y a beaucoup plus de monnaie scripturale (7 724 milliards €) que de monnaie centrale (1 219 milliards €).

  • 565 milliards d’euros : Il s’agit du montant total des crédits accordés par les banques en 2019.

Les banques ont pour rôle d’aider au développement de l’économie par l’octroi de crédits. Ces derniers sont mis à disposition des acteurs économiques majeurs, comme les ménages, les entreprises et les entités publiques.

Sur les 565 milliards prêtés, 220 milliards l’ont été pour une durée inférieure à un an tandis que 190 milliards le sont pour des crédits hypothécaires.

La crise du Covid19 a poussé les banques à adopter de nouvelles mesures de soutien à la population, comme le report des paiements de crédit. À ce titre, ce sont plus de 12 milliards d’euros qui sont concernés pour les crédits hypothécaires, 157 millions pour les crédits à la consommation et 24 milliards pour les crédits d’entreprises.

Rappelons également que les banques ne peuvent prêter de l’argent de manière illimitée. La réglementation européenne Bâle III impose de respecter, entre autres, un ratio de liquidité et un besoin de fonds propres (10,5 % du montant des actifs).

Nul doute que le contexte économique actuel, marqué par des taux d’intérêt faibles, va accélérer la transformation digitale du secteur bancaire. Cela se traduira par une approche plus « qualitative » de la relation avec les clients et une fermeture progressive des points de vente.

De nombreuses agences reçoivent uniquement sur rendez-vous, sans pour autant bouleverser les habitudes des Belges. Reviendrons-nous à une situation Avant-Covid19 ? Une chose est sûre, c’est que les chiffres publiés par Febelfin en 2020 seront intéressants !

Par Tim KAZKONDU