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Comment fonctionnent les Hedge Funds ?

Dans l’univers de la finance, certains acteurs suscitent fascination, incompréhension… ou inquiétude. C’est le cas des hedge funds, ces fonds d’investissement alternatifs souvent réservés à une élite, et dont le rôle est parfois mal perçu. Mais que sont-ils vraiment ? Comment fonctionnent-ils ? Et pourquoi font-ils partie intégrante des marchés financiers modernes ?

Qu’est-ce qu’un hedge fund ?

Le terme « hedge fund » signifie littéralement « fonds de couverture ». À l’origine, ces fonds visaient à se couvrir contre les risques de marché, en combinant des positions acheteuses et vendeuses. Aujourd’hui, le concept a largement évolué.

Un hedge fund est un fonds d’investissement privé, souvent domicilié dans des juridictions favorables (îles Caïmans, Luxembourg, Irlande…), qui vise une performance absolue. Contrairement aux fonds traditionnels (comme les OPCVM ou les ETF), le hedge fund ne cherche pas à battre un indice, mais à générer du rendement en toute circonstance, que les marchés montent ou baissent.

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Comment fonctionne un hedge fund ?

Les hedge funds se distinguent par leur grande liberté stratégique. Voici leurs principales caractéristiques :

1. Stratégies variées et souvent complexes

Un hedge fund peut combiner plusieurs approches, comme :

  • Long/Short Equity : acheter des actions sous-évaluées (long) et vendre à découvert des actions surévaluées (short).
  • Arbitrage : profiter d’écarts de prix entre deux actifs liés (par exemple entre une action et son option).
  • Macro Global : parier sur les grandes tendances économiques (taux d’intérêt, devises, matières premières…).
  • Distressed assets : investir dans des entreprises en difficulté, à fort potentiel de retournement.

2. Utilisation de l’effet de levier

Les hedge funds utilisent l’endettement pour amplifier leurs positions. Cela peut booster les gains… mais aussi accentuer les pertes.

3. Liberté d’investissement

Contrairement aux fonds classiques, ils ne sont pas limités à certaines classes d’actifs. Un hedge fund peut investir dans :

  • Actions
  • Obligations
  • Produits dérivés
  • Matières premières
  • Devises
  • Actifs non cotés (private equity)

Comment se rémunèrent les hedge funds ?

Le modèle classique est connu sous le nom de “2/20” :

  • 2 % de frais de gestion annuels, même si le fonds est en perte
  • 20 % des gains réalisés (commission de performance)

Ce modèle peut sembler agressif, mais il reflète la promesse de rendements supérieurs à la moyenne – ce qui, dans la réalité, est loin d’être garanti.

Quels sont les risques associés ?

Les hedge funds sont puissants, mais pas invincibles. Plusieurs événements ont marqué l’histoire financière :

  • L’effondrement de LTCM (1998) : un fonds soutenu par deux Prix Nobel qui a failli faire exploser le système financier mondial.
  • La chute d’Archegos Capital (2021) : plus de 10 milliards de dollars de pertes pour les banques impliquées.

Ces cas illustrent le risque systémique que certains hedge funds peuvent représenter, notamment lorsqu’ils prennent des paris massifs avec effet de levier.

Peut-on investir dans un hedge fund ?

En Europe, les hedge funds sont réservés à des investisseurs qualifiés ou institutionnels. L’accès pour les particuliers est très limité, souvent à partir de 500 000 € ou plus.

Cependant, certains fonds alternatifs régulés ou ETF “liés” à des stratégies de hedge funds permettent de s’en inspirer, sans en assumer toute la complexité.

Conclusion : des acteurs à connaître, mais à manier avec prudence

Les hedge funds sont des acteurs majeurs de la finance mondiale. Leur agilité stratégique leur permet de naviguer dans toutes les conditions de marché, mais leur opacité et leur niveau de risque en font des instruments réservés à des investisseurs aguerris.

Comprendre leur fonctionnement, c’est aussi mieux comprendre les dynamiques des marchés : qui vend ? qui achète ? qui parie sur une crise ou une reprise ? Autant de questions que les hedge funds aident, parfois, à éclairer.

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Banque & Finance Bourse Nos analyses

ETF : Comment fonctionne ce produit d’investissement devenu incontournable ?

Depuis quelques années, les ETF (Exchange Traded Funds) séduisent un nombre croissant d’investisseurs particuliers et institutionnels. Mais comment fonctionne réellement ce produit ? Qui les crée ? Que contient un ETF ? Et surtout, pourquoi sont-ils devenus si populaires ? On vous explique tout.

Qu’est-ce qu’un ETF ?

Un ETF, ou fonds indiciel coté, est un panier de titres (actions, obligations, matières premières…) conçu pour répliquer fidèlement un indice boursier comme le CAC 40, le S&P 500 ou le MSCI World.

Contrairement à un fonds traditionnel, l’ETF est côté en bourse, ce qui signifie qu’il peut être acheté et vendu en temps réel, comme une action.

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Comment se construit un ETF ?

1. Choix de l’indice

Tout commence par un gestionnaire d’actifs (BlackRock, Amundi, Lyxor, Vanguard…). Il sélectionne un indice de référence à reproduire : cela peut être un indice global (MSCI World), régional (S&P 500) ou sectoriel (Nasdaq Clean Energy).

2. Méthode de réplication

Il existe deux méthodes principales :

  • Réplication physique : le gestionnaire achète les actifs composant réellement l’indice.
  • Réplication synthétique : il passe un contrat (appelé swap) avec une banque qui s’engage à lui fournir la performance de l’indice.

3. Partenariat avec un teneur de marché

Un market maker (souvent une grande banque) garantit la liquidité de l’ETF. Il s’engage à acheter ou vendre des parts pour que l’écart entre le prix de l’ETF et la valeur de l’indice reste minimal.

4. Mise en marché

L’ETF est ensuite côté sur une ou plusieurs places boursières (Euronext, Xetra, NYSE…). Il devient accessible à tous les investisseurs, du petit épargnant au fonds de pension.

Comment fonctionne un ETF au quotidien ?

  • Quand vous achetez une part d’ETF, vous achetez indirectement un échantillon de tous les actifs de l’indice.
  • La valeur de l’ETF évolue en fonction de celle de l’indice sous-jacent.
  • Certains ETF distribuent les dividendes perçus (version distributive), d’autres les réinvestissent automatiquement (version capitalisante).

Un ETF peut ainsi suivre de très près la performance d’un indice, tout en étant accessible, liquide et transparent.

Pourquoi investir dans des ETF ?

Les ETF cumulent plusieurs avantages :

  • Frais très bas (souvent 5 à 10 fois inférieurs à ceux d’un fonds actif)
  • Diversification immédiate : en un seul achat, vous investissez dans des dizaines, voire des milliers d’actifs.
  • Transparence : la composition du fonds est publique.
  • Simplicité et accessibilité : achetables via un simple compte-titres ou une assurance-vie.

Pour qui sont les ETF ?

  • Investisseurs débutants : c’est une porte d’entrée idéale pour investir sans expertise technique poussée.
  • Investisseurs expérimentés : ils permettent une gestion précise, flexible et diversifiée du portefeuille.
  • Professionnels : les institutions financières les utilisent aussi pour optimiser ou couvrir leurs portefeuilles.

Exemple concret : Amundi MSCI World

  • Indice répliqué : MSCI World (1 500+ actions mondiales)
  • Méthode : réplication physique partielle
  • Frais de gestion : 0,18 %/an
  • Dividendes : version capitalisante
  • Avantage : permet de s’exposer aux grandes entreprises mondiales avec un seul produit

Conclusion

Les ETF sont devenus des incontournables de l’investissement moderne. Simples, diversifiés, peu coûteux, ils permettent d’accéder aux marchés financiers avec efficacité et transparence. Que vous soyez débutant ou aguerri, intégrer des ETF dans votre stratégie d’épargne peut vous aider à bâtir un portefeuille solide… en toute simplicité.

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Géopolitique Monde Nos analyses

L’Iran, complètement isolé sur la scène géopolitique face à Israël

Malgré que la Chine soit le principal acheteur du pétrole iranien, près de 1,1 à 1,2 million de barils par jour, représentant environ 90 % des exportations iraniennes, achetés à prix cassé, celle-ci est restée complètement silencieuse face aux frappes israéliennes ciblées contre les infrastructures stratégiques de la République islamique.

Ce silence n’est ni un oubli, ni une passivité inattendue : il s’agit en réalité d’un choix stratégique, révélateur des limites du modèle de puissance que Pékin entend incarner dans l’ordre mondial. Si la Chine affiche en façade une volonté de rééquilibrer le système international, son action concrète montre qu’elle n’est pas prête à sacrifier ses autres relations régionales pour défendre Téhéran. L’Iran n’est pour Pékin qu’un partenaire transactionnel, et non un allié stratégique.

L’une des raisons fondamentales de cette prudence réside dans les intérêts profonds et multisectoriels que la Chine entretient avec d’autres grandes puissances régionales, des partenaires bien plus stables, solvables et influents que l’Iran. À commencer par l’Arabie saoudite. Pékin et Riyad entretiennent une relation énergétique prioritaire : l’Arabie saoudite est, depuis plusieurs années, le premier fournisseur de pétrole brut de la Chine, avec plus de 1,7 million de barils par jour.

Ce lien s’est renforcé par des investissements chinois dans des infrastructures de raffinage et des accords de long terme entre Aramco et des entreprises chinoises comme Sinopec. Mais la relation sino-saoudienne va bien au-delà de l’énergie. Des entreprises comme Huawei sont au cœur du projet futuriste NEOM, mégapole à 500 milliards de dollars voulue par Mohammed ben Salmane, notamment sur les volets 5G, IA, mobilité autonome et smart grids.

En outre, des éléments de coopération militaire ont émergé discrètement, notamment la construction supposée d’une usine de production de missiles balistiques avec soutien technologique chinois. Pékin ne sacrifiera pas cette relation stratégique sur l’autel d’un soutien symbolique à l’Iran.

Les Émirats arabes unis représentent une autre pièce maîtresse du jeu régional chinois. Situés à un carrefour logistique, ils sont devenus une plateforme essentielle pour les Nouvelles Routes de la Soie (BRI), via les ports de Jebel Ali ou Khalifa. Les entreprises chinoises y ont investi massivement, à travers COSCO Shipping, China Harbour Engineering ou ZPMC, tout en multipliant les accords dans les transports, l’énergie et le numérique.

Les Émirats sont également devenus un acheteur actif de drones chinois (Wing Loong), tout en confiant à Huawei l’infrastructure 5G malgré les objections américaines. Cette coopération, très complète et discrète, s’étend même au spatial, avec la participation d’Abu Dhabi au programme de station spatiale Tiangong. Là encore, l’Iran ne peut offrir ni la stabilité institutionnelle, ni la visibilité stratégique nécessaire pour rivaliser avec les EAU dans le cœur chinois.

La Turquie constitue un autre partenaire important de la Chine, notamment dans la vision eurasienne d’intégration continentale. Ankara joue un rôle central dans le corridor médian (Middle Corridor) des Routes de la Soie, qui relie la Chine à l’Europe via l’Asie centrale, le Caucase et le Bosphore.

Des investissements chinois sont visibles dans les infrastructures ferroviaires (ligne Ankara-Istanbul), les autoroutes, les ports et les projets énergétiques renouvelables. Des discussions militaires ont également eu lieu par le passé sur des systèmes de missiles (avec CPMIEC) et se poursuivent dans les domaines de la co-conception de drones ou de radars.

Malgré les tensions liées à la question ouïghoure (le Xinjiang étant culturellement turcophone), la Chine a réussi à maintenir un dialogue pragmatique avec Ankara, préférant contenir les sujets irritants pour préserver une coopération stratégique. S’aligner ouvertement avec l’Iran, ennemi déclaré de la Turquie dans plusieurs théâtres régionaux, compromettrait cette dynamique diplomatique que Pékin cherche à préserver.

Même avec Israël, la Chine entretient une relation économique d’une grande densité, bien qu’empreinte de prudence géopolitique. Depuis deux décennies, Pékin investit dans les infrastructures de transport israéliennes, à l’image du terminal portuaire de Haïfa exploité par Shanghai International Port Group, ou encore des projets de tramway à Tel-Aviv.   La Chine veut un lien physique avec l’Occident. A cet égard, les ports israéliens sont un bon outil de stratégie géopolitique.

Mais l’élément central de la coopération sino-israélienne réside dans la technologie de pointe, notamment dans les semi-conducteurs, les capteurs, l’intelligence artificielle, les logiciels embarqués et la cybersécurité.

Israël est une “Silicon Valley du Moyen-Orient”, un écosystème que la Chine veut exploiter à des fins de montée en gamme industrielle. Même si certaines ventes sensibles ont été restreintes sous la pression américaine, Pékin tient à conserver cet accès technologique, tout en ménageant Washington. Soutenir l’Iran de manière trop explicite reviendrait à s’aliéner à la fois Israël et les États-Unis, un calcul que Pékin refuse.

Ainsi, la Chine marche sur des oeufs, cherchant à la fois à ménager ses relations avec Israël et les pays arabes. Alliée de ces derniers pendant la Guerre froide, soutien de la cause palestinienne et des mouvements de libération dans les années 1960 et 1970, la Chine a longtemps refusé d’établir des relations diplomatiques avec Israël.

Cet ostracisme a pris fin en 1992 et les échanges se sont depuis multipliés. Pour la Chine, Israël est un important fournisseur de technologies, lui offrant une alternative face à l’embargo américain sur les semi-conducteurs de pointe.

Plus de la moitié des exportations israéliennes vers la Chine sont des composants électroniques, notamment des puces, selon une étude de l’Institut d’études sur la sécurité nationale de l’Université de Tel Aviv.

À ce titre, les échanges bilatéraux sont passés de 51 millions de dollars en 1992, début des relations diplomatiques, à 14 milliards en 2018. L’enjeu est technologique, à travers leurs investissements dans des sociétés israéliennes, et plus particulièrement des start-up, l’implantation de centres R&D, la participation dans plusieurs gros chantiers d’infrastructures, et la coopération scientifique universitaire. 

Aujourd’hui, nombre de grandes entreprises chinoises (Lenovo, Fosun, Xiaomi, Baidu, Huawei, Haier, Alibaba) ont installé un centre de R & D en Israël. En 2018, le fondateur d’Alibaba, Jack Ma, y a fait deux visites. Cela a donné un nouveau signal au monde d’affaires chinois qui continue d’investir dans une myriade de start-up de la high-tech israélienne.

En 2019, Huawei s’est notamment lancé dans l’énergie solaire et Shenzhen Hifuture Information Technology a injecté 50 millions de dollars dans Xjet, société d’impression en 3D de métal et céramique. Les entreprises chinoises ont également pris des participations dans des sociétés israéliennes de premier plan : celle de la China National Chemical Corporation dans Makhteshim, spécialiste d’engrais, est l’une des premières (2011) et des plus importantes (3,8 milliards de dollars) et celle de Bright Food dans Tnouva, en 2015, l’une des plus symboliques.

Alors, la Chine est devenue un partenaire prioritaire voire stratégique pour Israël et les Etats-Unis ne pourront rien y changer. Certains ingénieurs israéliens qui travaillaient dans des centres de R & D d’entreprises américaines travaillent désormais pour leurs équivalents chinois.

Avant la crise du coronavirus, Edouard Cukierman, président de Cukierman & Co. Investment House, ne constatait « aucune baisse d’activité entre Israéliens et Chinois. Il n’y a que trois domaines réservés où le gouvernement peut bloquer un contrat : la défense, les télécoms, les services financiers, banque et assurance. Tout le reste relève de la liberté d’entreprendre.

Et puis, les hommes politiques israéliens ont souvent été favorables à la Chine. Dans les années 1930, David Ben Gourion et Moshe Sharett étaient déjà convaincus que la Chine s’éveillerait et que l’Occident ne serait pas éternellement le maître du monde. En 1949, le jeune Etat hébreu fut l’un des premiers pays à reconnaître la République populaire de Chine. Responsables israéliens et chinois aiment à souligner que leurs civilisations sont toutes deux plurimillénaires.

Dans ce contexte, la Chine adopte une stratégie d’équilibre froid : elle entretient des relations économiques solides avec presque tous les rivaux régionaux, tout en évitant de s’engager politiquement ou militairement. Ce choix renforce sa position comme puissance commerciale incontournable, mais affaiblit sa crédibilité comme acteur stratégique capable de soutenir ses partenaires dans les moments critiques.

En refusant de soutenir l’Iran, Pékin démontre qu’elle privilégie la stabilité de ses relations avec les autres puissances du Golfe et du Levant, plutôt que la fidélité à un régime isolé sous sanctions.

Ce retrait diplomatique et sécuritaire reflète les limites du modèle chinois de puissance, fondé sur la non-ingérence, l’interdépendance économique et la neutralité tactique. Contrairement aux États-Unis, qui disposent d’un réseau d’alliances militaires et de bases régionales leur permettant de projeter leur puissance, la Chine n’a ni les moyens, ni l’intention pour l’instant de jouer un tel rôle.

Sa seule base régionale est à Djibouti, et son armée n’a pas d’expérience en matière d’opérations extérieures dans des théâtres aussi instables que le Moyen-Orient. En somme, la Chine dénonce l’unilatéralisme américain tout en s’en accommodant, car elle ne souhaite pas, ou ne peut pas, réellement le concurrencer sur le plan sécuritaire.

Cette position prudente, presque passive, laisse l’Iran seul face à Israël, dont la supériorité militaire est renforcée par un soutien tacite mais décisif des États-Unis. Pékin, malgré ses ambitions déclarées de remodeler l’ordre mondial, se contente d’un activisme diplomatique de façade, sans engagement opérationnel.

Ce retrait revient à laisser aux Etats-Unis le rôle primordial que la Chine leur conteste pourtant. Il y a une forme d’activisme diplomatique de la Chine en façade, mais derrière il n’y a pas grand-chose. L’interventionnisme ne fait pas pour l’instant partie de la conception de la puissance qu’ont les Chinois, parce qu’ils pensent qu’ils auraient beaucoup à perdre à s’engager dans une crise, qui plus est sur un sujet aussi complexe.

Mais Pékin ne souhaite pas trop s’avancer, tant pour préserver la qualité des relations avec le reste de la région et le respect des normes de non-prolifération que pour éviter d’ajouter aux contentieux avec les Etats-Unis, ce qui différencie grandement l’aide apportée à l’Iran de l’équipement complet, avions de chasse, missiles, radars, fourni par la Chine au Pakistan.

Restant ainsi en retrait tout en dénonçant les travers d’un monde américano-centré, la Chine ne peut que constater les limites de son propre modèle de puissance.

Ce choix stratégique révèle une vérité : la Chine, pour l’instant, n’a pas de véritables alliés au Moyen-Orient, mais seulement des partenaires commerciaux. Ce qui, en cas de crise, limite profondément son pouvoir d’influence.

On voit également le même sujet pour la Russie, de fait, l’Iran a aidé le Kremlin avec des drones en lui fournissant des drones kamikazes Shahed-131 et Shahed-136, qui ont permis de compenser les lacunes industrielles de Moscou face à l’attrition militaire. Ce transfert de technologie s’est accompagné de coopérations croisées en matière de munitions, d’armements terrestres et de drones à longue portée, parfois même produits sur le sol russe.  

En effet, l’Iran a aidé Moscou à construire une usine essentielle pour fabriquer des drones dans son pays et a signé un nouveau traité de partenariat stratégique cette année avec Poutine, annonçant des liens plus étroits, y compris dans le domaine de la défense.

Mais cinq mois après la signature de ce traité, le gouvernement iranien est confronté à une grave menace pour son règne en raison des attaques d’Israël. Et la Russie, au-delà des appels téléphoniques et des déclarations de condamnation, est introuvable.

Les installations nucléaires et énergétiques iraniennes ont été endommagées et de nombreux hauts dirigeants militaires du pays tués, dans une vaste offensive israélienne qui a commencé vendredi et s’est étendue depuis, sans aucun signe que Moscou viendra en aide à Téhéran.

Ce retrait diplomatique contraste avec l’image d’un axe Moscou-Téhéran resserré, notamment depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Loin de constituer une véritable alliance militaire, le partenariat russo-iranien est, en réalité, asymétrique, circonstanciel et tactique, fondé davantage sur la convergence d’intérêts contre l’Occident que sur une solidarité géopolitique réelle.

La situation reflète un calcul politique impartial de Moscou, qui donne la priorité à sa propre guerre contre l’Ukraine, ainsi qu’à son besoin de maintenir des relations chaleureuses avec d’autres partenaires au Moyen-Orient, qui ont aidé Moscou à survivre aux sanctions économiques occidentales.

De plus, Poutine ne veut pas que l’Iran ait des armes nucléaires et veut également continuer à améliorer ses relations avec le président Trump. Qui plus est, la Russie bénéficie également d’une flambée des prix du pétrole depuis le début de l’attaque.

En plus de cela, sur le théâtre moyen-oriental, la Russie n’a aucun intérêt à entrer en confrontation directe avec Israël, puissance régionale dotée de capacités militaires et de renseignement redoutables. Depuis l’intervention militaire de Moscou en Syrie en 2015, les deux pays ont mis en place un mécanisme de déconfliction militaire permanent, permettant à Israël de frapper des positions iraniennes et du Hezbollah en Syrie sans provoquer de riposte russe. Cette coordination tacite mais régulière est une ligne rouge que Moscou ne veut pas franchir, de peur de déclencher un conflit ouvert dans une région qu’elle cherche à stabiliser selon ses propres intérêts.

Il faut rappeler que la Russie et Israël entretiennent des liens diplomatiques et économiques complexes, mais réels. Plus d’un million d’Israéliens sont d’origine russe, et les deux pays coopèrent dans les domaines de la cybersécurité, de l’agriculture, de la médecine et des technologies civiles.

Moscou souhaite maintenir ce canal ouvert, notamment dans le contexte où elle est de plus en plus isolée sur la scène occidentale. Soutenir trop ouvertement l’Iran, en particulier dans des opérations contre Israël risquerait de remettre en cause l’équilibre délicat que la Russie maintient en Syrie, et plus largement dans le Levant.

La Russie est aussi consciente que l’Iran ne constitue pas un partenaire parfaitement aligné. Si les deux régimes convergent dans leur opposition à l’Occident et leur critique de l’ordre international, ils poursuivent des agendas parfois divergents au Moyen-Orient. L’Iran vise l’hégémonie chiite régionale via ses réseaux au Liban, en Irak, au Yémen et en Syrie, tandis que Moscou cherche plutôt à stabiliser les régimes en place, même autoritaires, sans nécessairement favoriser l’expansion idéologique iranienne.

Par conséquent, il est peu probable que Poutine s’implique militairement dans le conflit ou qu’il arme Téhéran de manière trop agressive. Cette prudence découle aussi en partie de la crainte de s’aliéner les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, deux partenaires de plus en plus importants pour Moscou qui n’accueilleraient pas un Iran plus puissant. Mais c’est aussi parce que ses forces sont déjà bloquées en Ukraine.

La Russie entretient depuis longtemps des relations solides avec l’Iran, devenant le plus grand investisseur étranger du pays l’année dernière. Il a fourni des armes à l’Iran pendant des années, mais n’a pas fourni la gamme complète d’armes que Téhéran veut.

« L’Iran demande des armes à la Russie depuis quelques années », a déclaré Nikita Smagin « Il a demandé des avions, des systèmes de défense aérienne. La Russie n’a pratiquement rien donné. »

Aujourd’hui, l’Iran a du mal à se défendre.

« Dans l’ensemble, cela conduit bien sûr à l’affaiblissement des positions de la Russie au Moyen-Orient », a déclaré Nikita Smagin, un expert des relations russo-iraniennes.

Ce retrait dans un moment critique souligne une vérité fondamentale : l’Iran est seul. Même ses partenaires les plus proches, la Chine et la Russien ne sont pas prêts à mettre en péril leurs propres équilibres géopolitiques pour le défendre. L’axe anti-occidental formé par Moscou et Téhéran, bien que puissant en apparence, repose sur une solidarité conditionnelle, non inconditionnelle.

Dans un monde multipolaire encore dominé par la supériorité militaire américaine et le parapluie stratégique israélo-occidental au Moyen-Orient, ni la Chine ni la Russie ne sont aujourd’hui capables, ni désireuses, de briser cette architecture par une action directe.

En somme, l’inaction de la Russie face à l’affaiblissement iranien n’est pas une surprise, mais une démonstration des limites structurelles du camp révisionniste. Elle rappelle que la puissance ne se mesure pas seulement à la rhétorique ou aux alliances tactiques, mais à la capacité à protéger ses partenaires dans les moments critiques, ce que Moscou, pour l’instant, n’est pas en position de faire.

L’Iran, isolé, reste un pivot stratégique vulnérable, dont la résilience repose davantage sur ses capacités asymétriques que sur un quelconque soutien international solide.

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Banque & Finance En vedette Nos analyses

Pourquoi la gestion sous mandat séduit de plus en plus d’investisseurs ?

Dans un environnement marqué par la hausse des taux d’intérêt, les incertitudes politiques et les fluctuations boursières, il devient complexe pour un particulier de suivre l’actualité économique tout en prenant des décisions d’investissement éclairées.

C’est dans ce contexte que la gestion sous mandat révèle toute sa pertinence. Elle permet de confier la gestion de vos actifs à des professionnels, tout en conservant la maîtrise de votre stratégie patrimoniale. Nous analysons la question avec ErasmusGestion.

Qu’est-ce que la gestion sous mandat ?

La gestion sous mandat est un service d’investissement sur mesure qui permet de confier la gestion de votre portefeuille financier à une société spécialisée, telle qu’Erasmus Gestion, tout en définissant un cadre précis adapté à vos besoins.

Ce cadre, établi en concertation avec vous, prend en compte :

  • Votre profil de risque : niveau de tolérance aux fluctuations des marchés (prudent, équilibré, dynamique).
  • Vos objectifs financiers : valorisation du capital, génération de revenus réguliers, protection du patrimoine, ou une combinaison de ces priorités.
  • Votre horizon de placement : court, moyen ou long terme, en fonction de vos projets.
  • Vos préférences spécifiques : par exemple, une orientation vers des investissements durables (ESG), ou un focus sur des thématiques particulières (technologie, santé).

Dans ce cadre, vous restez pleinement propriétaire de vos actifs, tandis que l’équipe de gestion agit en votre nom, prenant des décisions d’investissement conformes au mandat défini de façon agile et réactive.

Ce service offre plusieurs avantages : une expertise professionnelle pour optimiser la performance, un gain de temps pour l’investisseur, et une personnalisation qui aligne les choix d’investissement sur vos convictions et objectifs. De plus, des reportings réguliers ou même certains outils de suivi développés par la SDG vous permettent de suivre l’évolution de votre portefeuille et d’ajuster, si nécessaire, votre stratégie avec votre gestionnaire.

À qui s’adresse cette solution ?

La gestion sous mandat offre une solution professionnelle et adaptable, idéale pour :

  • Les épargnants actifs souhaitant gagner en agilité sur leurs placements
  • Les chefs d’entreprise désireux d’optimiser leur capital personnel ou celui de leur société.
  • Les investisseurs patrimoniaux en quête d’une stratégie d’allocation d’actifs cohérente et pérenne.
  • Les jeunes professionnels disposant d’un capital à valoriser, mais avec peu de disponibilité pour s’en occuper.

Les avantages de la gestion sous mandat

La gestion sous mandat offre une approche professionnelle et personnalisée pour optimiser vos investissements. Voici ses principaux bénéfices :

  • Délégation sécurisée à des experts
    Vous confiez la gestion de votre portefeuille à une équipe de professionnels expérimentés, comme celle d’Erasmus Gestion, qui suit les marchés en temps réel. Ces experts s’appuient sur une connaissance approfondie des dynamiques économiques et financières pour prendre des décisions éclairées en votre nom, vous libérant ainsi des contraintes d’une gestion quotidienne.
  • Accompagnement personnalisé
    Chaque client bénéficie d’un interlocuteur dédié, garantissant une relation de confiance et une compréhension fine de vos besoins. Des reportings réguliers, clairs et détaillés, vous permettent de suivre l’évolution de votre portefeuille, de mesurer sa performance et d’échanger sur d’éventuels ajustements stratégiques.
  • Réactivité face aux turbulences des marchés
    Grâce à une gestion active, votre portefeuille peut être rapidement repositionné en réponse aux évolutions macroéconomiques ou à des événements imprévus (crises géopolitiques, fluctuations monétaires, etc.). Cette agilité est cruciale pour protéger votre capital et saisir des opportunités dans des contextes volatils.
  • Une gestion de conviction fondée sur l’expertise
    Erasmus Gestion adopte une approche rigoureuse basée sur une analyse fondamentale approfondie, une sélection indépendante des actifs et une vision patrimoniale à long terme. Cette stratégie de conviction, dégagée des modes passagères, vise à construire des portefeuilles solides et alignés sur vos objectifs. Diversification et architecture complètement ouverte sont les maîtres mots.
  • Optimisation fiscale

    La gestion sous mandat permet d’intégrer des considérations fiscales pour maximiser la rentabilité nette de votre portefeuille (par exemple, via des enveloppes comme l’assurance-vie ou le PEA).
  • Un monitoring des frais au quotidien :

Erasmus Gestion excelle dans la gestion sous mandat grâce à des frais réduits. Elle utilise des parts institutionnelles (Part I) et Cleanshares à faibles coûts, minimisant les charges. Les titres vifs limitent les frais intermédiaires. Avec seulement 30 % max de fonds « maison », elle évite les coûts superflus, offrant une gestion transparente et performante. 

Et les risques ?

Il est important de rappeler qu’aucun investissement n’est sans risque. Toutefois, la gestion sous mandat permet de :

  • Mieux diversifier les actifs (actions, obligations, fonds, monétaire, etc.)
  • Limiter l’impact émotionnel sur les décisions (d’achat au plus haut, vente au plus bas)
  • Réagir rapidement en cas d’événements exceptionnels (crise sanitaire, changement de politique monétaire…) et ceci grâce à des outils de gestion performants permettant de gérer les portefeuilles comme nous gérons un fonds.

Erasmus Gestion veille à construire des portefeuilles robustes, adaptés à votre profil et alignés sur vos objectifs réels.

Pourquoi choisir Erasmus Gestion ?

Erasmus Gestion, société de gestion agréée par l’AMF, se distingue par son engagement envers l’indépendance, la rigueur et la transparence. Destinée aux particuliers comme aux professionnels, son approche repose sur quatre trois fondamentaux :

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  • Un accompagnement humain et pédagogique : Chaque client bénéficie d’un interlocuteur dédié, favorisant une relation de confiance et un suivi personnalisé. Des reportings réguliers, clairs et détaillés, ainsi qu’une approche pédagogique, permettent aux investisseurs de comprendre les choix effectués et de rester informés de l’évolution de leur portefeuille.

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Comment ça se passe concrètement ?

  1. Entretien de découverte
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  2. Proposition de mandat personnalisé
    Erasmus Gestion élabore un mandat sur mesure, précisant votre stratégie d’investissement (objectifs, risques, actifs), que vous validez.
  3. Mise en œuvre et suivi
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En résumé

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Economie Macro Nos analyses

La forte décorrélation entre le dollar et les taux américains, une nouvelle tendance structurelle ?

La relation étroite entre les rendements des obligations d’État américaines et le dollar est en train de montrer des signes de faiblesse alors que les investisseurs se délaissent des actifs américains en réponse à la politique volatile du président Donald Trump.

En effet, depuis quelque temps, on constate une forme d’érosion du soft power américain, dans tous les domaines, de la politique étrangère à la coopération multilatérale.

Les coûts d’emprunt du gouvernement et la valeur de la monnaie ont eu tendance à évoluer en parallèle ces dernières années, les rendements plus élevés signalant généralement une économie forte et attirant des flux de capitaux étrangers. Toutefois, les taux longs étaient également remontés à cause des anticipations d’inflation à la hausse et de la hausse de la prime de risque à cause de la situation fiscale américaine qui a continué à se dégrader.

Mais depuis l’annonce des droits de douane de Trump début avril, le rendement à 10 ans est passé de 4,16 % à 4,42 %, tandis que le dollar a perdu 4,7 % face à un panier de devises. Ce mois-ci, la corrélation entre les deux devises est tombée à son plus bas niveau depuis près de trois ans.

De fait, depuis le début de l’année, les rendements ont augmenté parce que la dette américaine est plus risquée, en raison des préoccupations budgétaires, de craintes sur une nouvelle hausse de l’inflation, d’une FED qui garde ses taux directeurs élevés, ainsi que de l’incertitude politique.

En parallèle, le soutien des banques centrales à la dette publique a considérablement diminué. Après une décennie de politiques monétaires ultra-accommodantes marquées par le quantitative easing, elles ont progressivement arrêté leurs achats d’obligations. La FED réduit même activement la taille de son bilan via le “quantitative tightening”.

Alors que les investisseurs réévaluent le risque des capitaux américains, la prime de terme, une composante des rendements des bons du Trésor américain, a atteint son niveau le plus élevé en plus de dix ans.

Elle indique la rémunération supplémentaire que les investisseurs réclament pour la détention d’une obligation à long terme en plus des taux de croissance économique et d’inflation attendus. Son calcul est une tâche complexe, car elle intègre plusieurs facteurs différents, allant du moral des marchés et de la politique monétaire à l’incertitude politique.

En outre, le projet de loi fiscale du président, ainsi que la récente dégradation de la note de crédit des États-Unis par Moody’s, ont mis en lumière la viabilité du déficit pour les investisseurs et ont pesé sur les prix des obligations. En effet, selon les dernières prévisions du FMI, la dette publique des États-Unis devrait atteindre 122 % du PIB en 2025, un niveau jamais observé en temps de paix depuis la fondation du pays, si l’on exclut l’année 2020 marquée par le Covid-19.

Contrairement aux périodes précédentes où un tel niveau d’endettement correspondait à des circonstances exceptionnelles, ce ratio est aujourd’hui atteint dans un contexte de croissance modérée, ce qui le rend d’autant plus préoccupant. L’élévation rapide du service de la dette, liée à la remontée des taux directeurs, ajoute à la pression.

Le déficit budgétaire américain était déjà de 7 % du PIB en 2024. Historiquement, les déficits ont tendance à se réduire lorsque le cycle économique est favorable (croissance, baisse du chômage, hausse des recettes fiscales). Le fait que le déficit reste aussi large, hors récession, souligne un désalignement profond entre les recettes publiques et les dépenses obligatoires.

D’ailleurs, une part croissante du déficit est attribuable au vieillissement de la population, qui accroît mécaniquement les dépenses liées à Social Security (retraites) et Medicare (assurance santé pour les seniors). En parallèle, Medicaid, le programme d’assurance santé pour les plus modestes, a vu ses coûts croître régulièrement depuis son extension sous l’administration Obama en 2010.
Ces trois programmes représentent aujourd’hui la majorité des dépenses fédérales primaires, et leur poids continuera d’augmenter sans réforme structurelle.

En outre, la baisse des impôts décidée par la première administration Trump en 2017 a rogné sur les rentrées fiscales, Plus récemment, le resserrement monétaire de la Fed a fait fortement augmenter les dépenses d’intérêt. Cependant, le projet de loi budgétaire de Donald Trump pourrait amplifier considérablement le déficit si elle venait à être adoptée.

Celle-ci inclut notamment : l’extension des baisses d’impôts de 2017 jusqu’en 2028, des allègements ciblés pour les retraités, la non-imposition de certains revenus (tips, heures supp), et des déductions fiscales pour les prêts auto ou la R&D.

À partir de 2029, des coupes sont prévues dans Medicaid et les subventions vertes de l’Inflation Reduction Act. Selon le CBO, cette loi pourrait creuser le déficit de 2 300 milliards de dollars sur dix ans, concentrés sur 2026–2028. Si elle était adoptée dans son intégralité, le déficit budgétaire pourrait atteindre 8 à 9 % du PIB, un niveau jamais observé hors période de récession.

En parallèle, les États-Unis se rapprochent d’une crise de liquidité potentielle liée au plafond de la dette, qui est à nouveau actif depuis début 2025. Le Trésor américain utilise actuellement des mesures exceptionnelles pour continuer à financer l’État, en vidant progressivement son compte auprès de la Fed. Selon les estimations, ce compte pourrait être épuisé autour du mois d’août, date au-delà de laquelle un défaut technique ne peut être exclu si le Congrès ne relève pas le plafond.

Qui plus est, les émissions à long terme du pays devraient monter à 4 900 milliards de dollars, selon S&P, dont les chiffres excluent les bons du Trésor à court terme et d’autres formes d’emprunt public, comme la dette des collectivités locales. En outre, le Trésor devrait faire rouler plus de 8 000 milliards de dollars d’obligations arrivant à échéance pour financer son déficit budgétaire cette année.

Néanmoins, compte tenu des réductions d’impôts prévues par le président Trump et des recettes fiscales qui devraient baisser dans le sillage du ralentissement de l’économie, on s’attend nouvelle détérioration du solde budgétaire.

Les récentes ventes aux enchères de bons du Trésor ont été faibles, tièdes tout au plus, ce qui a envoyé un autre signal d’avertissement aux investisseurs. Si la hausse de l’offre se traduit par des rendements plus élevés, la dynamique de la dette américaine s’aggravera encore.

Selon les estimations du Bureau du budget du Congrès, une augmentation de 0,1 point de pourcentage des rendements chaque année entraînera une hausse cumulée du déficit de 350 milliards de dollars par rapport à sa projection de base pour la période 2026-2035.

Cependant, la volatilité politique engendre justement la chute du dollar qui perd son statut de valeur refuge dans des périodes de forte volatilité. La force du dollar américain tient en partie à son intégrité institutionnelle : l’État de droit, l’indépendance des banques centrales et la prévisibilité de la politique monétaire. Ce sont ces éléments qui font du dollar une monnaie de réserve.

Pendant des décennies, l’exceptionnalisme américain, le rôle unique que le pays joue dans la géopolitique, l’économie et le système financier, lui a permis de repousser les limites de l’orthodoxie économique. Au cours de la dernière décennie, il a pu maintenir un énorme double déficit, budgétaire et courant, permettant à l’économie de tourner à plein régime.

Effectivement, la domination du dollar américain, depuis la Seconde Guerre mondiale, repose sur des bases solides : première économie, premier importateur de biens, premier système financier, première armée au monde. En outre, pendant les 26 premières années de ce système, il a été légalement la monnaie de référence du système monétaire international, la seule dont le prix était arrimé à l’or et par rapport à laquelle toutes les autres parités étaient fixées.

Malgré cette position dominante écrasante, les États-Unis ont généralement préféré exercer leur leadership non pas de manière unilatérale (« L’Amérique seule »), mais au travers d’institutions et d’accords internationaux dont ils ont été les instigateurs (« L’Amérique d’abord ») : les institutions de Bretton Woods, le GATT, les accords du Plaza et ceux du Louvre, le G20, notamment.

Cela signifiait qu’il fallait prendre le temps de travailler avec les pays partenaires pour dégager un consensus autour d’objectifs américains. À chaque crise financière internationale, ces acteurs acceptaient de s’en remettre au leadership américain pour coordonner une solution. Cela a été le cas notamment avec le plan Brady, consécutif à la crise de la dette latino-américaine dans les années 1980, ou les sauvetages réalisés par le FMI après le défaut de la Russie et les crises de la dette asiatique en 1997-98.

Pourtant, les politiques menées aujourd’hui sont d’une toute autre ampleur. Les États-Unis sont passés du statut de source de stabilité mondiale à celui d’épicentre de l’incertitude. Pour n’importe quel pays, la crédibilité est le principal atout. Lorsqu’elle en prend un coup, il est extrêmement difficile de la reconstituer. Il n’est donc pas réaliste de tabler sur une poursuite de la ruée du capital mondial vers ce pays au rythme actuel. 

Ainsi, on observe des changements structurels sur plusieurs sujets : tout d’abord, la géopolitique. De fait, dans les années 1970, les principaux détenteurs de réserves de change et la plupart des centres financiers appartenaient au bloc occidental dominé par les États-Unis dans le cadre de la guerre froide. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les États-Unis, eux-mêmes, s’interrogent sur la poursuite des garanties de sécurité qu’ils fournissent à leurs alliés.

Deuxièmement, en termes relatifs, l’ampleur de la domination économique et financière des États-Unis a considérablement diminué. Et s’il n’existe toujours pas d’alternative crédible pour remplacer le dollar, au sens d’une économie combinant tous les attributs du dollar des années 1970, il existe aujourd’hui un certain nombre d’options de diversification qui n’existaient pas à l’époque, en particulier l’euro.

Ensuite, la crédibilité économique. Si, en 1971 comme aujourd’hui, les déséquilibres macroéconomiques qui frappaient les États-Unis leur étaient en grande partie imputables, à l’époque la viabilité de la dette publique (le ratio dette/PIB était de 35 %) ne soulevait aucune inquiétude. Il en était de même de la fiabilité des accords commerciaux signés et du respect de l’État de droit.

Certes, l’indépendance de la Réserve fédérale (Fed) ont été mise à dure épreuve déjà à l’époque, et les rendements réels des bons du Trésor ont été négatifs au cours de la décennie suivante. Mais la leçon a été retenue. D’ailleurs, les attaques du président Trump à l’encontre le président de la Fed, depuis son retour au pouvoir, ont été un motif majeur de préoccupation pour les détenteurs de dette américaine, y compris les détenteurs de réserves de change mais pas seulement.

Enfin, la dépendance. Alors que dans les années 1970, les États-Unis étaient encore des créanciers nets du reste du monde, leur position extérieure nette (NIIP) est aujourd’hui négative à hauteur d’environ 90 % du PIB, soit plus du double qu’il y a dix ans. Cela signifie que les États-Unis dépendent désormais fortement de la proverbiale bonté des étrangers pour financer leur économie. Ces derniers détiennent près de 20 % des actions américaines et 30 % de la dette publique (un record historique et trois fois plus qu’en 1971, respectivement).

De plus, faiblesse du dollar est en partie due au fait que les détenteurs d’actifs libellés en dollars cherchent de plus en plus à couvrir ces investissements, en prenant ainsi une position courte sur le dollar. Plus l’incertitude politique est grande, plus il est probable que les investisseurs augmentent leurs ratios de couverture.

Malgré tout, on ne peut supposer que les États-Unis perdront leur statut de refuge du jour au lendemain. Le processus devrait se dérouler sur une longue période, notamment parce qu’il n’existe actuellement aucun actif qui rivalise avec la liquidité du dollar et des obligations d’État américaines.

La monnaie et les bons du Trésor des États-Unis resteront des investissements incontournables dans les portefeuilles mondiaux. De plus, de nombreuses situations pourraient, à l’avenir, justifier le fait de surpondérer ces deux positions.

Cependant, à moyen et long terme, les investisseurs trouveront plus judicieux de rechercher d’autres options et de diversifier progressivement une partie de leurs portefeuilles au-delà des actifs américains.

Les Bunds allemands et l’or devraient être les principaux bénéficiaires de cette réallocation, mais d’autres actifs, notamment les obligations d’État des marchés émergents en devise locale et le crédit de haute qualité, devraient également profiter de flux entrants.

Il convient de noter que les rendements des obligations d’État allemandes sont restés stables, malgré la panique qui a balayé le marché américain en avril. Les Bunds ont enregistré leur plus forte surperformance relative hebdomadaire par rapport aux bons du Trésor américain depuis 1989, ce qui montre que les investisseurs en obligations d’État sont de plus en plus clairvoyants.

L’or, quant à lui, a atteint un nouveau record à 3 300 dollars l’once. On s’attend à une poursuite de ce rebond, les banques centrales des marchés émergents fléchant une plus grande partie de leurs réserves vers le métal précieux. Les obligations souveraines des marchés émergents en profiteront également, au détriment du marché des bons du Trésor américain.  Les pays émergents ont plusieurs arguments à faire valoir : situations budgétaires stables, économies en pleine croissance et capacité à baisser davantage les taux d’intérêt.

Surtout, pour les investisseurs obligataires, les pays émergents sont le seul groupe de pays où l’inflation continue d’étonner à la baisse. La dette publique en devise locale constitue donc, en particulier en Amérique latine, une proposition attrayante. De plus, le creusement des différentiels de croissance en faveur des économies émergentes par rapport aux économies développées devrait profiter au crédit aux entreprises des marchés émergents de haute qualité.

Bien sûr, les politiques de Trump en matière de droits de douane vont certainement évoluer dans les semaines à venir. Pourtant, quel que soit le résultat final des négociations commerciales qui auront lieu, les dommages causés à l’économie et aux actifs américains sont déjà là. Trump a donné aux investisseurs obligataires toutes les raisons de chercher des options alternatives aux bons du Trésor et au dollar. Dès lors, tout retour en arrière est impossible. 

Par conséquent, le résultat sera déterminé, en grande partie, par les choix des décideurs politiques américains.

Le rôle du dollar dans le système dépendra de la préservation ou de l’affaiblissement de ses attributs de valeur refuge de la monnaie. Il s’agit de préserver l’indépendance de la Fed, de remettre la dette publique sur une trajectoire viable, de garantir le respect inconditionnel de l’État de droit et de mettre fin fermement à toute spéculation sur la taxation des actifs ou toute coercition, vis-à-vis des pays étrangers, pour le privilège de détenir des dollars comme avoirs de réserve.

Après avoir fait sortir ces génies de leurs bouteilles, le gouvernement américain aura besoin de temps et d’un engagement soutenu pour les y ramener. Réaffirmer, comme l’a fait récemment le Secrétaire au Trésor, que les États-Unis tiennent au statut de réserve du dollar ne sera pas suffisant. En attendant, il est raisonnable de s’attendre à une accélération de la tendance à la diversification d’avant 2025.

Étant donné l’avantage écrasant des marchés de la dette américaine en termes de profondeur et de liquidité, et l’intérêt des détenteurs de réserves à un processus ordonné (pour éviter des pertes de capital importantes et des problèmes de stabilité financière), même cette diversification accélérée sera probablement à peine perceptible à l’œil nu. Néanmoins, des accidents pourraient arriver, et les États-Unis pourraient bien avoir déjà perdu leur privilège exorbitant de se financer à moindre coût dans les périodes de crise.

Le niveau du dollar, quant à lui, sera déterminé principalement par l’appétit des investisseurs mondiaux à détenir des actifs américains et par l’appétit des investisseurs américains à détenir des actifs du reste du monde. Cet appétit reposera, à son tour, sur leurs évaluations respectives des rendements ajustés au risque qu’ils peuvent attendre pour les deux types d’actifs.

Pour l’instant, le monde est moins optimiste quant aux perspectives de croissance à moyen terme des États-Unis et moins pessimiste quant à celles de l’Europe et d’autres régions du monde, en raison de l’orientation récente des politiques menées de part et d’autre.

Si ces politiques persistent, notamment les droits de douane élevés et la grande incertitude politique aux États-Unis, le redoublement d’efforts pour accroitre les échanges commerciaux et les réformes structurelles attendues depuis longtemps dans l’UE et dans le monde entier, nous pourrions n’être qu’au début d’un vaste processus de rééquilibrage des portefeuilles, sur plusieurs années, qui entraînera à la baisse la valeur du dollar.

Mais il s’agit là d’un grand « si » et l’économie américaine conserve de formidables avantages sur ses concurrents, notamment sa taille, sa capacité d’innovation et son leadership dans toutes les technologies de pointe, qui sont essentielles pour augmenter la productivité.

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Ordres en trading : bien les comprendre pour mieux trader

En trading, placer un ordre ne se résume pas à “acheter” ou “vendre”. Il existe plusieurs types d’ordres, et chacun répond à une logique bien précise. Maîtriser ces outils, c’est poser les bases d’un trading plus stratégique, plus discipliné… et souvent plus serein.

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Voici les principaux types d’ordres à connaître pour affiner votre approche des marchés

🟢 L’ordre au marché : rapide, mais pas toujours précis

C’est l’ordre le plus simple : vous achetez ou vendez immédiatement au meilleur prix disponible. Il est utile quand vous voulez entrer ou sortir d’un trade sans attendre.

  • Avantage : exécution quasi instantanée.
  • Inconvénient : pas de contrôle sur le prix exact, surtout en période de forte volatilité.

Exemple : vous achetez un indice à 5 000 points. S’il y a peu de vendeurs à ce prix, vous serez exécuté un peu plus haut.

🟡 L’ordre limite : pour ceux qui veulent maîtriser leur prix

Avec un ordre limite, vous indiquez le prix maximum auquel vous êtes prêt à acheter, ou minimum pour vendre. Tant que ce niveau n’est pas atteint, l’ordre reste en attente.

  • Avantage : parfait pour les stratégies d’entrée bien définies.
  • Inconvénient : si le marché ne touche jamais votre prix… l’ordre ne s’exécute pas.

Exemple : une action vous intéresse à 95 €, mais elle cote à 100 €. Vous placez un ordre limite à 95 € et attendez que le marché revienne à ce niveau.

🔴 L’ordre stop : protéger son capital ou suivre une tendance

L’ordre stop se déclenche uniquement quand un prix défini est atteint. À ce moment-là, un ordre au marché est automatiquement envoyé.

Il est souvent utilisé comme stop loss pour couper une perte, ou comme ordre d’achat pour entrer dans une tendance haussière une fois confirmée.

  • Avantage : automatisation des protections.
  • Inconvénient : prix d’exécution parfois moins bon que prévu, notamment en cas de mouvement rapide.

Exemple : vous avez une position acheteuse sur l’EUR/USD. Vous placez un stop à 1,0820 pour couper automatiquement si le marché se retourne.

🛡️ L’ordre stop-limit : un compromis… avec ses risques

Cet ordre combine les deux logiques : lorsqu’un prix de déclenchement est atteint, un ordre limite est lancé (et non au marché). Vous gardez ainsi le contrôle sur le prix d’exécution.

  • Avantage : évite les mauvaises surprises en cas de forte volatilité.
  • Inconvénient : si le marché bouge trop vite, l’ordre peut ne pas être exécuté du tout.

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Ce que vous devez garder en tête

Le choix du type d’ordre n’est pas anodin. Il reflète votre stratégie, votre tolérance au risque et votre style de trading. Un bon ordre, bien placé, peut faire toute la différence sur une position.

Prenez le temps de bien les comprendre, testez-les en compte démo si besoin, et surtout : ne laissez jamais un trade ouvert sans savoir ce que vous attendez… ni ce que vous risquez.

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La dégradation des finances publiques américaines

Les finances publiques des États-Unis affichent une trajectoire de plus en plus préoccupante. En 2025, le déficit fédéral s’élève à environ 7 % à 8 % du PIB, soit plus de 2 000 milliards de dollars, avant même l’éventuelle adoption de nouvelles lois fiscales ou budgétaires.

La dette publique brute dépasse les 34 000 milliards de dollars, représentant 122 % du PIB, selon les projections du FMI. Hors contexte de crise comme celle de 2020, il s’agit du niveau le plus élevé jamais enregistré dans l’histoire économique du pays.

Ces chiffres traduisent un désalignement croissant entre les dépenses publiques, structurellement élevées, et des recettes fiscales qui peinent à suivre.

Les déséquilibres budgétaires américains trouvent leurs racines dans plusieurs causes durables. La première est démographique : le vieillissement de la population pèse fortement sur les programmes sociaux, notamment Social Security (retraites) et Medicare (santé des seniors). En parallèle, les dépenses liées à Medicaid, le programme de couverture pour les plus modestes, continuent de croître après son extension sous l’administration Obama.

À cela s’ajoute une contrainte fiscale héritée des baisses d’impôts de 2017, qui ont réduit la base imposable sans compensation suffisante. Enfin, la remontée rapide des taux d’intérêt menée par la Réserve fédérale depuis 2022 a provoqué une explosion du coût de la dette, qui représente désormais 3,2 % du PIB, un niveau supérieur à celui observé après le choc Volcker dans les années 1980. Dans ce contexte, le Congressional Budget Office projette un ratio dette/PIB supérieur à 140 % d’ici 2035, même sans choc externe majeur.

Le cadre institutionnel américain, quant à lui, ajoute une instabilité politique permanente aux tensions financières. Le plafond de la dette, qui limite juridiquement le volume d’endettement fédéral, a de nouveau été atteint début 2025. Le Trésor américain recourt depuis à des mesures exceptionnelles et puise dans son compte auprès de la Réserve fédérale, dont l’épuisement est attendu autour d’août 2025. Sans accord du Congrès pour relever ce plafond, les États-Unis pourraient techniquement se retrouver en situation de défaut sur leurs engagements financiers. Ce scénario serait d’autant plus explosif que les investisseurs surveillent déjà de près la soutenabilité de la dette américaine.

Par ailleurs, le projet de loi budgétaire proposé par Donald Trump, surnommé « Big, Beautiful Bill », pourrait aggraver considérablement la situation. Cette réforme prévoit l’extension des baisses d’impôts de 2017 jusqu’en 2028, de nouvelles exonérations ciblées, ainsi que des coupes dans les dépenses sociales à partir de 2029. Le CBO (Congressional Budget Office) estime que ce plan ferait grimper le déficit de 2 300 milliards de dollars supplémentaires sur dix ans, avec un pic attendu entre 2026 et 2028. Si elle était adoptée dans son intégralité, cette réforme porterait le déficit au-delà de 9 % du PIB hors période de récession, un niveau sans précédent.

Cette trajectoire soulève des risques macroéconomiques majeurs. D’une part, le ratio dette/PIB pourrait continuer à croître structurellement si les déficits primaires se maintiennent et si les taux d’intérêt restent supérieurs à la croissance nominale. D’autre part, la dépendance croissante du financement aux investisseurs étrangers, en particulier japonais et chinois – expose les États-Unis à un risque de désaffection. Des adjudications récentes de bons du Trésor ont déjà montré une demande plus faible, traduisant une montée du « term premium ». De plus, le récent abaissement de la note de crédit par Moody’s (de Aaa à Aa1 en mai 2025) reflète une dégradation de la confiance dans la trajectoire fiscale américaine.

Enfin, les États-Unis sont désormais vulnérables au moindre choc macroéconomique externe. En cas de récession, les recettes fiscales chuteraient, les stabilisateurs automatiques joueraient à plein régime, et le déficit dépasserait facilement 10 % du PIB, risquant de déclencher une crise de financement.

Le scénario d’un emballement de la courbe des taux et d’un désordre financier mondial, déjà évoqué dans le contexte japonais, devient alors crédible, surtout si les taux longs s’emballent et que le Trésor américain se retrouve contraint dans ses capacités d’émission.

Pour l’instant, les États-Unis conservent plusieurs leviers de résilience : leur capacité unique à émettre en monnaie de réserve mondiale (USD), une croissance encore positive, et une maturité moyenne de la dette relativement courte, qui permet des ajustements rapides en cas de besoin. Toutefois, sans réforme fiscale ou discipline budgétaire crédible, le pays s’expose à une crise de confiance majeure.

D’ailleurs, c’était dans cet objectif que Trump a créer le DOGE et a lancé à plusieurs reprises l’idée d’un « External Revenue Service », dans le cadre duquel le pays supprimerait l’impôt sur le revenu et s’appuierait plutôt sur les taxes aux frontières, les étrangers finançant, du moins en théorie, le gouvernement américain.

Cependant, les droits de douane ont de nombreux points négatifs. Les économistes déplorent les distorsions qu’ils infligent au commerce. Ils sont généralement payés non pas par des entreprises « extérieures », mais par les consommateurs nationaux. En 2020, un rapport de la Réserve fédérale de New York, a constaté que la quasi-totalité des taxes imposées par Trump lors de son premier mandat étaient finalement supportées par les entreprises américaines, sous la forme de marges plus faibles, et par les acheteurs, sous la forme de prix plus élevés.

De plus, les accords avec la Grande-Bretagne et la Chine ont réduit le niveau global des droits de douane par rapport aux sommets récents, ce qui réduira les recettes qu’ils génèrent. Leurs niveaux continueront de baisser à mesure que les États-Unis concluront de nouveaux accords.

Pourtant, les droits de douane imposés par Trump continueront de rapporter des sommes considérables. À quel point ? L’an dernier, sur les 4 900 milliards de dollars perçus par le gouvernement fédéral, seuls 100 milliards provenaient des droits de douane. Or, ce chiffre est déjà en hausse. Les données quotidiennes du Trésor montrent une forte hausse. Au 13 mai, les recettes douanières brutes avaient atteint 47 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit environ 15 milliards de dollars de plus que l’an dernier.

Il est difficile de déterminer dans quelle mesure cela est dû aux dernières taxes imposées par Trump et dans quelle mesure les entreprises se précipitent pour importer des marchandises en prévision de nouvelles hausses ; la deuxième hypothèse est probablement en grande partie imputable à cette dernière. Plusieurs économistes ont néanmoins tenté de prévoir les recettes douanières.

Peter Navarro, président du conseil économique de Trump, affirme que les taxes aux frontières pourraient générer plus de 6 000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit 600 milliards de dollars par an. Son calcul est d’une simplicité déconcertante : prendre les 3 300 milliards de dollars d’importations de marchandises de l’année dernière et appliquer un tarif effectif de 20 %.

Une telle approche ignore la dynamique économique. Des droits de douane plus élevés réduisent la demande de biens étrangers, rétrécissant ainsi l’assiette fiscale. Ils réduisent également les recettes fiscales et salariales, annulant jusqu’à 25 % des gains, selon la plupart des estimations. Si l’on ajoute à cela les représailles et l’évasion fiscale, les recettes anticipées chutent encore davantage. Les projections de M. Navarro, qui tablent sur des milliards de dollars, reposent sur un fantasme de stagnation, dans lequel acheteurs, vendeurs et partenaires commerciaux ignorent les signaux de prix.

Les estimations indépendantes des recettes douanières sont bien inférieures. Le modèle budgétaire de Penn Wharton estime que l’ensemble des tarifs proposés, y compris les prélèvements « réciproques » actuellement suspendus, rapporterait environ 290 milliards de dollars par an au cours de la prochaine décennie.

Ses calculs tiennent compte d’une demande d’importations plus faible, ainsi que de ses effets sur les recettes fiscales des sociétés et des salaires. D’autres prévisions sont encore plus basses. Le Budget Lab de Yale, un centre de recherche non partisan, prévoit des recettes annuelles de 180 milliards de dollars ; la Tax Foundation, un groupe de réflexion, estime ce chiffre à environ 140 milliards de dollars.

En outre, le DOGE a été un échec total que reconnaît aujourd’hui Elon Musk. Cette agence avait pour objectif de couper de 2000 milliards de dollars dans les dépenses publiques américaines, mais depuis sa création, celle-ci n’a réussit à couper que pour 160 milliards de dollars et donc le projet semble être mort-né. Pour rappel, en 2024, les dépenses s’élevaient à 5 870 milliards de dollars (20 % du PIB), auxquels il faut ajouter 880 milliards de paiements d’intérêts nets. Une part importante (4 060 milliards) est constituée de dépenses dites obligatoires, puisqu’il s’agit de transferts vers les ménages liés au système social et de santé.

Ainsi, une combinaison de taux élevés, d’un blocage politique sur le plafond de la dette, et d’une baisse des souscriptions aux adjudications du Trésor pourrait provoquer une correction violente des marchés financiers avec répercussions globales.

On voit justement les taux mondiaux qui montent de plus en plus. On voit les rendements de la dette publique américaine à 30 ans qui dépassent les 5%, et le 10 ans qui se rapproche des 4,7%. Ce dernier bond est survenu peu avant que la Chambre des représentants n’adopte, par une seule voix, le projet de loi budgétaire du président Donald Trump, qui creuse le déficit. Conjugué à l’élaboration chaotique des politiques ces derniers mois et aux menaces de Trump contre les institutions américaines, cela a remis en question le statut autrefois incontestable de valeur refuge des bons du Trésor.

Mais pour les gérants de fonds cherchant à diversifier leurs placements, un autre casse-tête se présente. La dette des autres États apparaît également risquée, avec des rendements à long terme en hausse dans une grande partie du monde riche. Le coût de l’emprunt britannique à 30 ans a atteint 5,5 %, son plus haut niveau depuis 1998, hormis un pic en avril. À 3,1 %, celui de l’Allemagne est à deux doigts de son plus haut niveau depuis la crise de la dette de la zone euro au début des années 2010. Le 21 mai, en séance, le rendement des obligations d’État japonaises à 30 ans a atteint près de 3,2 %, établissant un nouveau record.

Tout cela s’explique en partie par le fait que ce qui se passe aux États-Unis ne reste pas aux États-Unis. L’économie américaine est si importante, représentant 26 % de la production mondiale, que son déficit public démesuré déséquilibre l’épargne et l’investissement à l’échelle mondiale, augmentant ainsi le coût du capital.

La hausse des rendements des bons du Trésor pourrait également inciter les traders à les préférer aux autres dettes souveraines, à moins qu’ils ne rapportent eux aussi davantage. Par ailleurs, les politiques de Trump ne menacent pas uniquement l’économie américaine. L’incertitude entourant les droits de douane, par exemple, brouille les perspectives d’inflation et de croissance partout dans le monde, incitant les investisseurs à exiger une prime de risque plus élevée. Certains pourraient également en conclure que les responsables politiques d’autres pays seront tentés d’imiter la prodigalité américaine.

Pourtant, le reste du monde est tout à fait capable d’exercer sa propre pression. Une partie de cette pression provient de bonnes nouvelles plutôt que de mauvaises. La hausse des coûts d’emprunt allemands a en grande partie suivi l’annonce, début mars, d’un investissement considérablement accru du gouvernement dans les infrastructures et la défense. L’opinion populaire ayant longtemps soutenu que l’Allemagne dépensait trop peu plutôt que trop, cela a renforcé les attentes quant à sa croissance future, et donc au rendement de sa dette souveraine.

En Grande-Bretagne et au Japon, les rendements augmentent pour des raisons plus inquiétantes. L’une d’elles est que l’inflation a de nouveau connu une hausse surprenante. Les prix à la consommation au Royaume-Uni ont augmenté de 3,5 % sur un an jusqu’en avril, soit plus rapidement que prévu par le marché et bien au-dessus des 2,6 % du mois précédent.

Au Japon, les prix à la consommation « de base » ont augmenté de 3,5 % sur un an jusqu’en avril, soit la plus forte hausse depuis la poussée inflationniste de 2022 et 2023. L’inflation incite les traders à surenchérir sur les rendements obligataires, à la fois parce qu’elle érode la valeur de leurs coupons et du remboursement du principal, et parce qu’elle les conduit à anticiper des taux d’intérêt plus élevés de la part des banques centrales.

De plus, au Japon, depuis plusieurs semaines, les tensions sur le marché obligataire japonais s’intensifient. De fait, en 45 jours, le rendement des obligations d’État japonaises à 30 ans a bondi de 100 points de base, atteignant un niveau record de 3,20 %. Cette poussée de taux reflète une défiance croissante des investisseurs à l’égard de la trajectoire budgétaire et monétaire du pays.

Cette rupture de confiance s’est matérialisée par une adjudication désastreuse de titres à 20 ans, qualifiée par certains acteurs comme la pire depuis 1987. Dans le même temps, des institutions financières soulignent que les « fissures » observées dans les marchés obligataires mondiaux pourraient bien être en train de se transformer en fractures systémiques.

Le point de bascule vient d’un changement radical de politique monétaire. Après des années d’interventionnisme massif, notamment via l’achat d’obligations souveraines pour contrôler la courbe des taux, la Banque du Japon (BoJ) a brusquement cessé ces achats. Ce retrait a laissé un vide béant sur le marché primaire, provoquant un afflux d’offre et une envolée des taux.

Aujourd’hui, la BoJ détient encore 52 % de l’ensemble des obligations d’État japonaises, soit 4 100 milliards de dollars d’actifs publics. À titre de comparaison :

– Les assureurs-vie détiennent 13,4 %,
– Les banques : 9,8 %,
– Les fonds de pension : 8,9 %.

La dette publique totale du Japon atteint 7 800 milliards de dollars, avec un ratio dette/PIB supérieur à 260 %. Le Premier ministre japonais lui-même a récemment reconnu que la situation budgétaire du pays était pire que celle de la Grèce.

Les signaux économiques sont de plus en plus contradictoires : le Japon entre dans une phase de stagflation, où la croissance ralentit tandis que l’inflation accélère.
– PIB réel (T1 2025) : -0,7 % (vs -0,3 % attendu), première contraction depuis un an.
– Inflation (avril 2025) : 3,6 %, avec un bond de +0,7 % mensuel sur l’IPC hors produits frais, la plus forte hausse depuis octobre 2023.
– Salaires réels : -2,1 % sur un an, la pire chute depuis plus de deux ans.

Autrement dit : les ménages perdent en pouvoir d’achat alors que les prix montent. Cela place la Banque du Japon dans une impasse : relever les taux pour freiner l’inflation pourrait asphyxier une économie déjà en récession technique, mais ne rien faire alimente la spirale de défiance sur les marchés de la dette.

Depuis des décennies, les investisseurs institutionnels japonais, portés par des taux domestiques quasi nuls, ont utilisé les marchés étrangers comme relais de rendement via d’immenses carry trades. Ils empruntaient à taux très bas au Japon pour acheter des bons du Trésor américain, des obligations européennes, ou des actions internationales. Mais si les rendements japonais remontent, ces flux pourraient s’inverser massivement. Cela pourrait provoquer un risque de revalorisation brutale sur les marchés d’actifs américains et une chute des actifs risqués.

Dans le même temps, écrivent les analystes de la banque Goldman Sachs, une source structurelle de demande de dette publique à long terme se tarit. Les « gestionnaires actif-passif », c’est-à-dire des institutions comme les fonds de pension à prestations définies qui utilisent les flux de revenu fixe des obligations pour garantir leurs engagements futurs, sont depuis longtemps d’importants acheteurs.

Mais les rendements sont désormais suffisamment élevés pour leur permettre de bloquer ces flux de trésorerie à des prix attractifs pendant des années, ce qui signifie que beaucoup peuvent se permettre de se retirer du marché. L’offre d’obligations restant élevée, alimentée par les déficits budgétaires et la réduction des bilans des banques centrales, cela ouvre la voie à une nouvelle hausse des coûts d’emprunt à long terme.

Cette pression s’applique aussi bien aux bons du Trésor américain qu’à la dette publique d’autres pays. Pendant des années, l’idée reçue parmi les négociants en obligations était que le rendement à 30 ans « ne pouvait » pas dépasser 5 %, ni s’y maintenir longtemps. L’argument était qu’à ce niveau, les investisseurs à long terme, comme les fonds de pension et les fonds de dotation universitaires, s’empareraient de toutes les obligations qu’ils pourraient trouver.

Or, c’est là que se situent actuellement les rendements à 30 ans. Si les gros acheteurs ont déjà fait le plein, les inquiétudes budgétaires actuelles pourraient s’aggraver considérablement.

Ces incertitudes sont dues notamment aux événements en lien avec le plafond de la dette et le risque de fermeture des services de l’État américain faute d’accord parlementaire sur le budget (government shutdown), devenus plus fréquent ces dernières années. Enfin, l’absence de progrès sur le rétablissement des finances publiques pourrait finir par réduire l’attrait des Bons du Trésor américains et, plus généralement, des actifs américains aux yeux des investisseurs étrangers.

Cela pourrait affaiblir le dollar et exercer une pression à la hausse sur l’inflation et les taux d’intérêt aux États-Unis, ce qui compliquerait encore les efforts de consolidation budgétaire. En conclusion, pour des raisons ayant trait à des facteurs tant nationaux qu’internationaux, il importe que l’objectif d’assainissement des finances publiques figure parmi les priorités politiques les plus urgentes des États-Unis.

Les marchés commencent à en prendre conscience.

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Qu’est-ce que le « spread » ?

Le spread est un concept incontournable pour tout investisseur ou trader. Qu’il s’agisse de négocier une paire de devises, un CFD sur indices ou encore une action cotée, ce petit écart entre deux prix peut avoir un grand impact sur vos performances. Comprendre le spread, c’est maîtriser un levier clé du trading, souvent sous-estimé.

Avant de commencer, cet article est sponsorisé par IG, un acteur incontournable du trading en ligne, reconnu pour sa plateforme solide, sécurisée et performante.

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Définition simple du spread

En bourse ou en trading, le spread désigne l’écart entre le prix d’achat (bid) et le prix de vente (ask) d’un actif financier. Autrement dit, c’est la différence entre ce que les acheteurs sont prêts à payer et ce que les vendeurs demandent.

Spread = Ask – Bid

C’est un indicateur direct du coût de transaction implicite : acheter au prix ask puis revendre immédiatement au prix bid entraîne une perte équivalente au spread.

Un exemple pour bien comprendre

Prenons l’exemple d’un CFD sur l’indice CAC 40 :

  • Prix bid : 7 420 points
  • Prix ask : 7 422 points

Le spread est donc de 2 points. Cela signifie qu’un trade instantané dans les deux sens générerait une perte de 2 points, correspondant au coût d’entrée/sortie de position.

Chez IG, les spreads sont affichés en toute transparence et peuvent être serrés sur de nombreux marchés, en particulier sur les indices majeurs et les paires de devises liquides.

Pourquoi existe-t-il un spread ?

Le spread existe car il reflète plusieurs éléments :

  • La liquidité du marché : plus il y a d’ordres d’achat et de vente, plus le spread est réduit.
  • La volatilité : en période d’incertitude ou lors d’annonces économiques, les spreads peuvent s’élargir.
  • Le modèle économique du broker : certains, comme IG, intègrent leurs frais dans le spread sur certains marchés au lieu de facturer une commission.

Les teneurs de marché (market makers) assument un risque en proposant de la liquidité. Le spread compense ce risque et constitue une partie de leur rémunération.

Spread fixe ou variable ?

  • Spread fixe : reste constant, même lors d’événements de marché importants. Cela offre une meilleure prévisibilité mais peut être légèrement plus élevé.
  • Spread variable : évolue en fonction de l’offre et la demande. Il peut être très serré sur les marchés liquides, mais s’élargir ponctuellement.

IG propose des spreads variables compétitifs, notamment sur le Forex (à partir de 0,6 pip sur EUR/USD) et les indices (à partir de 1 point sur le DAX en heures de marché).

Pourquoi le spread est-il si important ?

Le spread est un élément clé du calcul des frais de trading. Il est particulièrement crucial pour :

  • Les scalpeurs ou traders intraday : qui multiplient les opérations et sont donc très sensibles aux coûts implicites.
  • Les traders sur CFD ou Forex : où le spread est souvent le principal ou unique frais.
  • Les investisseurs particuliers qui souhaitent comparer les conditions proposées par différentes plateformes.

Un spread réduit permet d’entrer et sortir du marché à moindres frais, ce qui améliore mécaniquement la rentabilité potentielle.

Comment surveiller et gérer le spread ?

  • Vérifiez les horaires de marché : les spreads sont souvent plus serrés pendant les heures de cotation principales.
  • Évitez les périodes très volatiles si vous souhaitez limiter les spreads variables (par exemple, annonces de la BCE ou publications macroéconomiques majeures).
  • Utilisez des ordres intelligents : chez IG, vous pouvez définir des niveaux d’exécution avec des ordres limités et stop garantis pour gérer plus efficacement votre exposition.

En conclusion

Le spread est bien plus qu’un simple écart de prix : c’est un levier de gestion des coûts, un indicateur de liquidité et un critère essentiel dans le choix de votre plateforme de trading.

Chez IG, tout est mis en œuvre pour offrir des spreads compétitifs, transparents et adaptés aux besoins des traders débutants comme expérimentés.

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Toute activité de trading comporte des risques de perte. Il est important de bien comprendre les mécanismes avant de se lancer.

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Investir n’est plus réservé aux riches : focus sur Mon Petit Placement

Pendant des années, le mot « investissement » évoquait un monde lointain, réservé aux cadres supérieurs, aux initiés de la Bourse ou aux clients VIP des banques privées. Pourtant, une nouvelle génération d’acteurs bouscule les codes. 

Parmi eux : Mon Petit Placement, une fintech française qui propose une alternative simple et guidée pour faire fructifier son argent, même avec de petites sommes !

Créé en 2017 à Lyon, Mon Petit Placement est né d’un constat : la majorité des Français n’ont ni les bons outils, ni l’accès aux opportunités d’investissement. Depuis, l’équipe s’est renforcée, la solution s’est structurée autour de partenaires solides comme Apicil, Generali, ou la France Mutualiste, et l’entreprise a levé des fonds pour accélérer son développement.

Avec plus de 200 000 utilisateurs et plus de 200 millions d’euros confiés par les investisseurs, Mon Petit Placement se place parmi les projets prometteurs du secteur !

Une question simple : que faire de son épargne ?

Aujourd’hui, de nombreuses personnes disposent d’une épargne qui dort sur un compte courant ou un livret A. Le problème ? L’inflation grignote doucement mais sûrement cette épargne et la rend inefficiente

Alors que faire de son argent lorsqu’on n’a ni le temps, ni les connaissances pour se lancer dans la Bourse ou dans des placements complexes ?

C’est précisément pour répondre à cette question que Mon Petit Placement a vu le jour. Sa promesse est claire : Permettre à chacun de passer de l’épargne à l’investissement, sans stress et sans jargon.

Une solution pensée pour tous les profils

Que vous souhaitiez faire fructifier votre argent, préparer votre retraite, financer les études de vos enfants ou simplement placer intelligemment 1 000 € : MPP vous guide.

La plateforme propose un simulateur clair et intuitif que nous avons testé, qui vous permet de visualiser les rendements potentiels selon vos objectifs… et ce, net de tous frais : gestion, enveloppe, fiscalité. Fini les surprises !

Pas besoin non plus d’être un expert : après un court questionnaire, un portefeuille personnalisé vous est proposé selon votre profil d’investisseur (prudent, équilibré, dynamique ou offensif).

Investir devient un réflexe, pas une prise de tête

Ce qui distingue Mon Petit Placement, c’est sa capacité à proposer une expérience d’investissement simple, claire et accessible, sans jamais tomber dans la simplification excessive. L’interface est 100 % digitale, fluide, et pensée pour les non-initiés. Pour autant, les utilisateurs ne sont pas livrés à eux-mêmes : un accompagnement humain et des contenus pédagogiques viennent compléter le parcours.

En 2024, la plateforme confirme son positionnement avec des rendements parmi les meilleurs du marché. Le fonds euros du contrat d’assurance-vie Portefeuille Plan B affiche un taux de 3,60 %*, tandis que le Plan Épargne Retraite (PER) atteint 4 %**. Deux produits assurés par La France Mutualiste.

Cette performance, couplée à une adoption croissante, se traduit par une croissance à deux chiffres pour la start-up, qui compte désormais 42 collaborateurs, contre 35 en 2023.
Une progression qui assoit Mon Petit Placement comme un acteur incontournable de la FinTech française, redéfinissant les codes de l’épargne grand public.

Enfin, la plateforme propose également des portefeuilles thématiques engagés (environnement, égalité, relance…) et une transparence totale sur les frais appliqués, ce qui en fait une véritable alternative aux solutions bancaires traditionnelles.

En quelques mots:

  • 📱Mon Petit Placement, c’est une interface simple et 100 % en ligne
  • 📊 Ce sont des portefeuilles adaptés à votre profil
  • 🌱 Il existe plusieurs options d’investissement responsables et éthiques !
  • 🔐 L’application est sécurisée et réglementée

Mon Petit Placement, c’est donc une manière nouvelle d’aborder son argent : sans complexe, sans pression… mais avec méthode !

*Le rendement de Plan B est exprimé net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux et fiscaux. Ce rendement est donné à titre indicatif et ne garantit pas le taux futur du fonds euros du contrat Mon Placement Vie. Source du rendement 2024 : La France Mutualiste.
**Le rendement du fonds euros est exprimé net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux et fiscaux. Le rendement passé présenté concerne le fonds euros des contrats de PER multisupport LFM Per’form assurés par La France Mutualiste. Ce rendement est donné à titre indicatif et ne garantit pas le taux futur du fonds euros du contrat Mon Placement Vie.


Disclaimer : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.

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Une première rencontre « constructive » entre l’Iran et les Etats-Unis à Oman

Après une réunion de deux heures et demie à Oman le samedi 12 avril entre les délégations iraniennes et américaines, l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et Abbas Aragchi, le ministre des Affaires étrangères iranien ont annoncé qu’ils vont poursuivre leurs discussions indirectes sur le délicat dossier nucléaire.

La Maison-Blanche a salué « un pas en avant » et des discussions « très positives et constructives  ». L’Iran a également qualifié les pourparlers de « constructifs », tenus dans une « atmosphère très respectueuse ».

Dimanche, les médias iraniens ont largement salué ces rares discussions comme un « tournant décisif » dans les relations entre les deux ennemis de longue date. Le quotidien conservateur iranien Javan a félicité les États-Unis pour « ne pas chercher à étendre les négociations à des questions non nucléaires ».

Le journal iranien, soutenu par le gouvernement, a qualifié les discussions de « constructives et respectueuses », citant Araghchi. Dans le même temps, le journal réformateur Shargh a déclaré qu’il s’agissait d’un « tournant décisif » dans les relations irano-américaines.

De plus, le journal radical Kayhan, qui était largement sceptique dans les jours précédant les négociations, a déploré que l’Iran n’ait pas de « plan B » alors qu’il n’y avait « aucune perspective claire d’accord avec Donald Trump ». Elle a toutefois salué le fait que la partie américaine n’ait pas évoqué « le démantèlement des installations nucléaires » et « la possibilité d’une attaque militaire » lors des discussions.

D’ailleurs, à la fin, Steve Witkoff et Abbas Aragchi ont eu quelques minutes d’entretien en face-à-face. Ce qui n’était pas prévu, compte tenu de l’hostilité affichée, jusque-là, par le Guide suprême de la République islamique l’ayatollah Ali Khamenei, notamment après la sortie unilatérale de Trump du JPCOA en 2018, ainsi que par l’assassinat le 3 janvier 2020 du général iranien, et commandant de la Force Al-Qods du corps des gardiens de la révolution islamique, Qassem Soleimani.

L’accord de 2015 (JPCOA) sous l’administration Obama avait imposé des limites strictes à l’enrichissement de l’uranium, aux stocks de matières nucléaires et à la recherche et développement de l’Iran en échange de la levée des sanctions des Nations Unies. L’accord ne limitait pas le programme de missiles iranien ni le soutien apporté aux acteurs non étatiques au Moyen-Orient ; Téhéran refusait d’envisager l’un ou l’autre de ces éléments dans le cadre des négociations.

Mais l’accord qui en résulta imposait néanmoins de sérieuses limites au comportement de l’Iran. Le pays a plafonné son enrichissement et son stockage d’uranium, et a ouvert ses installations nucléaires à une surveillance internationale rigoureuse.

Toutefois, dans un entretien avec des médias iraniens, et pour ne pas s’attirer les foudres des ultraconservateurs à son retour à Téhéran, Abbas Araghchi a minimisé cet échange avec Steve Witkoff, affirmant qu’à sa sortie des discussions, il est tombé sur la délégation américaine. « Suivant le protocole diplomatique, a-t-il dit, on a poliment échangé pendant quelques minutes en disant : hello comment ça va ? ». Le ministre a pris soin de préciser qu’il n’y avait eu « aucun langage inapproprié » au cours de ces discussions indirectes, assurant que les deux camps veulent un « accord global rapidement, acceptable par les deux parties ».

Washington et Téhéran se sont donc entendus pour poursuivre samedi 19 avril leurs discussions toujours sous médiation omanaise, un pays habitué à jouer ce rôle entre l’Iran et les États-Unis. « Le fait d’enchaîner les rencontres à ce rythme est un bon signe, cela montre que les choses avancent sérieusement », confie un diplomate omanais. Ces nouveaux pourparlers se poursuivront de façon « indirecte », a fait savoir dimanche Téhéran, mais le lieu reste à déterminer. Il est fort probable que se soit Vienne ou Genève ou même à Rome.

« L’objet de ce premier round n’était pas de produire un accord mais de définir un cadre voire un contenu des prochains pourparlers », rappelle Nicole Grajewski, spécialiste de l’Iran aux États-Unis.

Dimanche, Téhéran a affirmé que les prochaines discussions auront pour « seul » sujet le nucléaire et la levée des sanctions. En effet, le gouvernement iranien a exigé que son programme balistique ainsi que ses relations avec les membres de « l’Axe de la Résistance » ne soient pas intégrés aux négociations.

D’ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, lors d’une interview à la télévision d’État l’a bien confirmé en déclarant que les discussions porteraient uniquement sur « la question nucléaire et la levée des sanctions » et que l’Iran « n’aura aucune discussion avec la partie américaine sur aucune autre question ».

C’est pour cela que pour l’Iran, le premier cycle de négociations avec les États-Unis s’est déroulé aussi bien qu’on pouvait l’espérer. L’Iran peut affirmer que deux de ses principales conditions pour franchir une nouvelle étape dans les négociations ont été remplies : Washington a maintenu l’accent sur son programme nucléaire, du moins pour l’instant, et n’a pas évoqué le démantèlement de ses installations nucléaires ni sa politique régionale avec des groupes militants mandatés par lui comme le Hamas, le Hezbollah et les Houthis.

Concernant le nucléaire, ces dernières semaines, certains responsables américains, poussés par le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, assuraient que l’objectif final des États-Unis était le démantèlement complet des installations nucléaires iraniennes, ainsi que l’arrêt de l’aide iranienne apportée à ses relais au Moyen-Orient, notamment en Irak et au Yémen.

Le gouvernement israélien estime que Téhéran va étendre son programme nucléaire et cherche à le détruire.

« L’accord avec l’Iran n’est acceptable que si les sites nucléaires sont détruits sous la supervision des États-Unis », a déclaré cette semaine le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. « Sinon, l’option militaire est la seule option. »

Cependant, samedi, Steve Witkoff n’aurait pas fait référence à de telles exigences maximalistes. Il semble que Trump ne compte pas exiger le démantèlement complet du programme nucléaire, comme le réclament Mike Waltz et Netanyahou. Il est peu probable que l’Iran aurait accepté de poursuivre les négociations si Araghchi avait pensé que les États-Unis exigeaient l’élimination complet du programme nucléaire iranien.

Dans le même temps, Hadi Borhani, expert des affaires israéliennes en Iran, a cherché à rassurer l’opinion publique dans une interview accordée à Khabar Online, affirmant qu’Israël devait désormais agir dans les limites fixées par le président Trump. Il a ajouté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait probablement été pris au dépourvu par les propos de Trump concernant l’ouverture de négociations avec l’Iran. Néanmoins, Borhani a souligné qu’Israël restait fermement opposé aux négociations à Oman.

Witkoff a élaboré un programme apparemment similaire à l’intention derrière l’accord nucléaire de 2015, mais qui devra également tenir compte du fait que depuis 2018, l’Iran a accumulé un important stock d’uranium enrichi à 60 %, une pureté supérieure à celle requise pour un programme nucléaire civil.

Effectivement, des responsables iraniens ont déclaré souhaiter un assouplissement rapide des sanctions américaines liées au nucléaire, qui ont paralysé l’économie de Téhéran, dans le cadre d’un nouvel accord. Ils souhaitent également avoir accès aux milliards de dollars gelés à l’étranger et mettre fin à la pression américaine sur les acheteurs chinois de pétrole de Téhéran, dans le cadre d’un assouplissement des restrictions, ont déclaré des responsables iraniens et arabes.

La monnaie iranienne a chuté de 95 % par rapport à son pic lors de la signature de l’accord nucléaire en 2015. L’inflation dépasse désormais les 30 % par an, faisant de produits de première nécessité comme la viande un produit de luxe. Les pénuries d’énergie ont entraîné la fermeture de cimenteries et d’usines pharmaceutiques, et même d’écoles dans certaines régions du pays.

En échange, l’Iran serait prêt à revenir aux mêmes niveaux d’enrichissement nucléaire autorisés par le pacte de 2015 dont Trump a retiré les États-Unis au cours de son premier mandat de président, selon des responsables iraniens et européens qui leur ont parlé.

L’ancien chef de la sécurité iranienne, Ali Shamkhani, a souligné la valeur stratégique du programme nucléaire du pays dans un message publié sur X : « La capacité nucléaire pacifique de l’Iran est une chaîne complète, de la mine au produit fini ; il ne s’agit pas seulement d’une prouesse scientifique, mais d’un moteur essentiel pour la médecine, l’énergie, l’agriculture et l’environnement. Cette technologie nationale est stabilisée, irréversible et indestructible. »

Qui plus est, même le journal Javan, proche des gardiens de la révolution est favorable à une réduction de l’enrichissement de l’uranium iranien. « Cela ne doit pas être considéré comme un recul de la part de l’Iran. Maintenir l’industrie nucléaire et l’enrichissement à un pourcentage qui réponde à nos besoins non liés à l’armement, c’est ce que nous disons et souhaitons depuis des années ».

Toutefois, celui-ci se montre sceptique quant à l’engagement américain en expliquant que les expériences passées ont également montré que l’Amérique n’est pas engagée, et la façon dont les choses fonctionnent doit donc changer. Il s’agit de la partie la plus difficile et la plus complexe des négociations, c’est pourquoi son processus risque d’être long, voire non concluant, ou de de pas durer toute la vie de cette administration américaine. 

Par la suite, le même journal a bien confirmé que ce qui concerne les missiles, l’Iran n’entamera certainement aucun dialogue, qu’il se poursuive ou non. « C’est là que les négociations pourraient s’arrêter, et peut-être l’Amérique l’a-t-elle inclus dans les discussions dans ce but précis, c’est-à-dire pour rendre les négociations non concluantes ». En ce qui concerne les forces régionales, il a déjà été dit que l’Iran demandera probablement aux États-Unis de négocier eux-mêmes avec ces forces. 

Un autre problème est celui des avantages économiques que les deux parties tirent l’une de l’autre. Si les intérêts économiques de l’Iran sont atteints par le biais de négociations, il est possible que certaines entreprises américaines trouvent l’opportunité d’investir ou de vendre leurs produits en Iran. En fait, si les sanctions sont levées, ce sont les entreprises elles-mêmes qui accueilleront favorablement les échanges commerciaux ou les investissements, et il est peu probable que l’Iran refuse. 

Néanmoins, il est peu probable que Washington accepte de lever ses sanctions sans un nouvel engagement de Téhéran à réduire ses activités nucléaires. L’administration Trump n’a pas encore accepté que l’Iran ait le droit d’enrichir de l’uranium dans le cadre d’un nouvel accord. Une surveillance étroite serait également requise. 

Toutefois, selon Dana Stroul, qui était la plus haute responsable de la politique au Moyen-Orient au Pentagone pendant l’administration Biden :  « Le président ne veut vraiment pas utiliser l’armée ici »,

Elle a souligné que Trump prévoyait de se rendre au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis dès le mois prochain. « Ce qu’il entend de tous les dirigeants arabes avec lesquels il s’entretient, c’est qu’ils ne veulent pas de nouvelles guerres », a-t-elle déclaré.

D’ailleurs, le 26 octobre 2024, J.D. Vance, alors candidat républicain à la vice-présidence, a pris ses distances avec Israël face à l’escalade de la situation au Moyen-Orient. Lors du Tim Dillon Show , il a reconnu le droit d’Israël à se défendre, mais a averti que « les intérêts des États-Unis seront parfois différents de ceux d’Israël. Parfois, nos intérêts se chevaucheront, parfois, ils seront distincts. » Il a également précisé que l’intérêt des États-Unis « est avant tout de ne pas entrer en guerre avec l’Iran ». Une telle guerre, a souligné Vance, « serait une énorme distraction de ressources ; elle coûterait extrêmement cher à notre pays. »

S’opposer à une guerre contre l’Iran accrédite l’idée que la nouvelle retenue du Parti républicain pourrait être plus qu’un simple acte partisan opportuniste. Cette impression est renforcée par les déclarations d’autres républicains influents, comme Elbridge Colby, ancien haut fonctionnaire du Pentagone et l’actuel sous-secrétaire à la Défense, qui s’est lui-même déclaré « un fervent hostile de l’idée d’une politique étrangère hyper-agressive et extrêmement expansive qui nous entraînerait dans de nombreuses guerres – et les perdrait ».   

En revanche, Trump et ses collaborateurs, ainsi que de hauts dirigeants israéliens, ont toutefois averti à plusieurs reprises que l’Iran serait massivement bombardé s’il refusait d’accéder à leurs exigences concernant son programme nucléaire. Israël demeure le principal opposant à tout éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis.

Les dirigeants américains et israéliens ont suggéré que les principales installations nucléaires, les raffineries et les infrastructures civiles comme les centrales électriques seraient attaquées si les négociations échouaient.

Pour Vali Nasr, spécialiste de l’Iran à l’université Johns Hopkins, les États-Unis auraient assuré que leur « seul intérêt » était que Téhéran n’acquiert pas la bombe, lui reconnaissant le droit à un certain niveau d’enrichissement d’uranium pour des activités nucléaires civiles.

Selon le site d’informations Amwaj, Abbas Araghchi a transmis à Steve Witkoff « les lignes rouges » de Téhéran, en soulignant que « la dénucléarisation n’était pas sur la table ».

Il faut rappeler qu’il y a les sanctions américaines mais également que les puissances européennes parties à l’accord de 2015, à savoir la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, avaient également imposé des sanctions à l’Iran, à la fois en raison de ses avancées nucléaires après le retrait de Trump et en raison des tensions liées à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Or, la clause de retour aux sanctions de l’accord de 2015 expire en octobre 2025. Si les négociations échouent, la France, l’Allemagne et le l’Angleterre pourraient l’invoquer en juillet, acculant l’Iran. La Chine et la Russie pourraient vouloir bloquer son entrée en vigueur, mais leur droit de veto habituel au Conseil de sécurité de l’ONU ne s’appliquerait pas dans ce cas (grâce à une disposition explicite de l’accord nucléaire).  La mise en œuvre du « snapback » est un processus qui prend 90 jours, ce qui signifie qu’il devrait être lancé en juin ou juillet s’il est retenu.

Dans ce contexte, l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devraient intensifier leur collaboration dans les semaines à venir, d’autant plus que l’agence de l’ONU pour l’énergie nucléaire est sous pression de l’Europe pour produire un « rapport complet » sur le programme nucléaire iranien, une étape largement considérée comme un signe avant-coureur du « snapback ».

Ainsi, la visite prévue en Iran du directeur général de l’AIEA plus tard ce mois-ci pourrait marquer un nouveau tournant dans la saga nucléaire iranienne.

L’Iran, pour sa part, a menacé de se retirer du Traité de non-prolifération si les sanctions étaient rétablies, ce qui ouvrirait la voie à Téhéran pour réduire la quasi-totalité de la surveillance officielle de son programme. Trump, de son côté, subirait une pression encore plus forte de la part des dirigeants israéliens et des faucons de Washington pour qu’il frappe. Israël pourrait même envisager d’attaquer seul, ce qui entraînerait presque certainement l’intervention des États-Unis.

Pourtant, comme nous l’avions expliqué dans un précédent article, même une attaque américaine et israélienne massive ne suffirait probablement pas à mettre un terme au programme nucléaire iranien. La République islamique possède tout simplement trop de matières enrichies et stocke trop de centrifugeuses sophistiquées dans trop d’endroits pour que les armées américaine et israélienne puissent les détruire avec une certitude absolue.

Elle dispose également de nombreux experts nucléaires qui pourraient être chargés de relancer un programme nucléaire. Les propres estimations des services de renseignement américains prévoient que le recul du programme nucléaire à la suite d’une attaque militaire serait de courte durée, peut-être de quelques mois seulement.

Pour stopper véritablement un programme nucléaire par la force, les États-Unis devraient soit répéter des frappes militaires fréquentes, soit tenter de mener une campagne de changement de régime pour briser ce cycle, avec des résultats dévastateurs et très incertains.

Frapper l’Iran pourrait également provoquer une escalade régionale majeure. Le réseau d’alliés de l’Iran est peut-être affaibli, mais le pays dispose encore d’options, notamment par l’intermédiaire des Houthis ou des groupes soutenus par l’Iran en Irak, ainsi que de ses propres stocks de missiles balistiques.

Il pourrait riposter contre Israël et contre les actifs, les troupes et les intérêts américains. Comme l’a souligné une récente évaluation des services de renseignement américains, malgré les blessures et les blessures infligées par l’année écoulée, l’Iran conserve la capacité d’« infliger des dommages importants à un attaquant, de mener des frappes régionales et de perturber le transport maritime ». L’Iran pourrait même s’en prendre aux infrastructures pétrolières du Golfe, faisant grimper les prix du pétrole.

Ces faits sont tous clairement sombres. Mais personne ne tirerait profit d’une guerre entre les États-Unis et l’Iran, et chacun a donc intérêt à l’éviter. Cela donne une chance à la diplomatie.

Selon Nicole Grajewski, « tout nouvel accord devra aborder les questions délicates des inspections intrusives pour restaurer la surveillance par l’Agence internationale à l’énergie atomique, des limitations strictes des niveaux d’enrichissement d’uranium, la réduction des stocks d’uranium enrichi à des niveaux élevés et avoir une vue générale sur la production et le déploiement des centrifugeuses avancées ».

Alors que Trump navigue entre ouvertures diplomatiques et postures stratégiques, le scepticisme d’Israël à l’égard des négociations pourrait engendrer des frictions, notamment si l’administration parvient à un accord qui ne répond pas aux exigences sécuritaires israéliennes. La fenêtre de deux mois pour les négociations diplomatiques se refermant, la capacité des alliés à concilier leurs divergences sera déterminante pour déterminer si l’approche américaine penche finalement vers l’engagement ou l’escalade.

En tout cas le temps presse. Interrogées sur la durée des négociations envisagées par Trump, plusieurs sources américaines, israéliennes et arabes ont donné la même réponse : quelques mois. Le JCPOA a duré deux ans. Lorsque John Kerry s’est rendu à Vienne pour négocier l’accord, il était souvent accompagné d’Ernest Moniz, le secrétaire à l’Énergie. Physicien nucléaire de formation, M. Moniz a contribué à en peaufiner les détails techniques. L’administration Trump manque encore d’une telle expertise.

De fait, Witkoff a admis qu’il ne disposait pas d’une expertise technique en matière de programmes de désarmement nucléaire civil, mais Trump fait implicitement confiance à son jugement.

Ryan Costello, directeur des politiques du Conseil national irano-américain, a déclaré : « Il est désormais important pour les États-Unis et l’Iran de protéger l’environnement apparemment positif des négociations de ceux qui veulent saboter une avancée vers un accord. »

Chaque partie doit faire preuve de retenue. Pour les États-Unis, cela pourrait signifier réduire leurs menaces militaires. Le président Trump devra également veiller à ce qu’Israël n’agisse pas dans le dos de l’administration et ne prenne pas de mesures provocatrices susceptibles de faire dérailler les négociations, y compris des actes de sabotage, comme nous l’avons vu en 2021.

« Pour l’Iran, signaler une plus grande ouverture aux négociations directes et cesser de mettre en garde contre les options d’armement peut contribuer à créer une dynamique et à mettre une percée à portée de main. » a déclaré Ryan Costello. 

Alors que l’économie iranienne est en chute libre et que les Iraniens subissent des coupures d’électricité, le président du pays, Massoud Pezeshkian, a toujours privilégié les négociations avec les États-Unis comme moyen d’échapper à la « cage des sanctions », mais il s’est heurté à la résistance des parlementaires conservateurs et d’une partie du groupe autour du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Mais le ministère iranien des Affaires étrangères, favorable aux négociations, a persuadé Khamenei que son régime, déjà affaibli par les revers en Syrie, au Liban et à Gaza, pourrait s’effondrer s’il ne négociait pas. Trump a également menacé d’autoriser Israël à bombarder les sites nucléaires iraniens.

Afin de préserver la dignité de l’Iran, Khamenei a insisté pour que les discussions initiales soient au moins indirectes, mais les États-Unis exerceront des pressions pour autoriser des discussions directes.

Pezeshkian, cherchant à reprendre le langage transactionnel de Trump, a déclaré la semaine dernière : « Son Excellence [Khamenei] n’a aucune objection à ce que des investisseurs américains investissent en Iran. Investisseurs américains : venez investir. »

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des Affaires politiques, Majid Takht-Ravanchi, qui participe à des discussions parallèles avec les dirigeants européens, a déclaré : « Si la partie américaine ne soulève pas de questions et d’exigences superflues et renonce aux menaces et à l’intimidation, il y a de fortes chances de parvenir à un accord. La République islamique d’Iran croit au dialogue et à l’interaction fondés sur le respect mutuel, et toute intimidation ou coercition est inacceptable à nos yeux. »

Trump a lui aussi assoupli sa rhétorique et peut-être ses exigences. Vendredi 12 avril, il a déclaré : « Je ne demande pas grand-chose ; ils ne peuvent pas avoir l’arme nucléaire », ajoutant : « Je veux qu’ils prospèrent. Je veux que l’Iran soit un pays grand, merveilleux et heureux. » Trump et Witkoff ont également cruellement besoin d’une percée diplomatique, leurs efforts de paix à Gaza et en Ukraine ayant jusqu’à présent été des échecs cuisants. Les États du Golfe, dont l’Arabie saoudite, s’opposent farouchement à une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Personne ne devrait souhaiter une guerre entre l’Iran et les États-Unis. Si Washington frappe les installations nucléaires de Téhéran, cela pourrait retarder temporairement le programme. Mais l’Iran pourrait alors redoubler d’efforts pour se doter de l’arme nucléaire. L’Iran riposterait également immédiatement par des attaques régionales, ce qui aggraverait encore davantage le Moyen-Orient. Ce n’est pas pour rien que Trump a déclaré que « tout le monde s’accorde à dire qu’un accord serait préférable à l’évidence ».