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Jackson Hole 2026 : le premier grand test de Kevin Warsh à la Fed

Jackson Hole 2026 : Kevin Warsh prononcera son premier discours à la tête de la Fed. Un test décisif pour les taux et les marchés.

Sur le papier, c’est un rendez-vous académique parmi d’autres. Dans les faits, c’est probablement l’événement macroéconomique le plus scruté de la rentrée, et il arrive à un moment où le dollar, l’or et les taux longs américains racontent déjà trois histoires différentes.

Un symposium qui a pris une importance disproportionnée

Jackson Hole désigne le sommet économique organisé chaque année depuis 1978 par la Fed de Kansas City, dans les montagnes du Wyoming. Pendant longtemps, c’était un rendez-vous discret entre banquiers centraux et universitaires. Il a pris une tout autre dimension à partir de la fin des années 2000, quand Ben Bernanke, alors président de la Fed, s’en est servi pour annoncer les grandes orientations de politique monétaire pendant la crise financière. Depuis, chaque discours du président de la Fed y est disséqué comme une source de signal sur la trajectoire des taux.

Le précédent le plus marquant reste 2022. Jerome Powell y avait livré le discours le plus court de mémoire récente, à peine huit minutes, pour prévenir les marchés qu’une période de « douleur » économique serait nécessaire pour juguler l’inflation. Le S&P 500 avait chuté d’environ 3,4 % ce jour-là. Deux ans plus tard, en 2024, c’est au même endroit que Powell avait ouvert la porte aux premières baisses de taux. L’an dernier, en reconnaissant la montée des risques sur le marché de l’emploi, il avait provoqué une hausse de 1,5 % du S&P 500 et fait reculer le rendement du 2 ans américain de 10 points de base en une seule séance. Le thème officiel du symposium ne dit donc pas grand-chose de ce qui va réellement s’y passer. Ce que dit le président de la Fed compte davantage que ce pour quoi la réunion a été programmée.

Un contexte inhabituellement tendu pour un premier discours

Warsh a pris ses fonctions le 22 mai 2026, confirmé par le Sénat à seulement 54 voix contre 45, la confirmation la plus serrée de l’histoire du poste. Sa nomination par Donald Trump en janvier répondait pourtant à un objectif précis, celui d’installer à la tête de la Fed un président disposé à baisser rapidement les taux, dans la ligne de la pression exercée par la Maison Blanche sur Jerome Powell pendant des mois. Or Warsh, ancien gouverneur de la Fed réputé pour ses positions restrictives, a depuis surpris une partie du marché en ne cédant pas à cette pression une fois en poste. Il arrive à Jackson Hole trois semaines avant la réunion de septembre du comité de politique monétaire (le FOMC), dans un climat interne inhabituellement divisé. Lors de la réunion du 29 juillet, le comité a maintenu ses taux directeurs dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, un statu quo attendu, mais le vote s’est joué à 9 voix contre 3. Les présidentes et président des Fed régionales de Cleveland, Minneapolis et Dallas ont voté contre le statu quo, réclamant une hausse immédiate d’un quart de point. C’est la première fois depuis 2016 que trois membres du comité votent dans la même direction dissidente, un signal que l’aile la plus inquiète face à une inflation qui dépasse l’objectif de 2 % depuis plus de cinq ans (elle s’établit actuellement à 3,4 %) prend du poids.

Warsh lui-même a qualifié ce désaccord de « bagarre de famille » qu’il avait sciemment provoquée en réduisant les indications préalables que la Fed donne traditionnellement au marché. À l’époque, il avait décrit son futur discours de Jackson Hole comme une « feuille blanche », sans contenu arrêté. Il a depuis laissé entendre à des journalistes que son propos porterait davantage sur des questions structurelles de long terme que sur des indications de politique monétaire à court terme, tout en précisant que la Fed agirait indépendamment de ce que le marché anticipe.

Trois marchés, trois lectures possibles

Ce qui rend ce discours particulièrement suivi, c’est qu’il arrive alors que trois classes d’actifs envoient des signaux presque contradictoires.

Le dollar est sous pression. L’indice DXY, qui mesure le billet vert face à un panier de devises, est tombé à son plus bas niveau depuis la mi-mai, en repli de plus de 3 % depuis son sommet de l’année. Une confirmation par Warsh d’une posture restrictive pourrait freiner cette baisse en rendant les actifs en dollars plus attractifs, tandis qu’un ton plus conciliant l’accentuerait.

L’or, de son côté, s’est repris ces dernières semaines, porté par le recul des probabilités de hausse de taux. Ce mouvement s’explique par la compression des taux réels, c’est-à-dire le rendement des obligations une fois l’inflation déduite. Plus les taux réels baissent, moins il coûte cher de détenir de l’or, qui ne verse aucun intérêt, ce qui pousse son prix à la hausse. Un discours qui referme la porte à un statu quo prolongé pourrait inverser ce mécanisme.

Enfin, les taux longs américains restent sous tension. Le rendement du 30 ans a rebondi à 5,27 %, non loin de ses plus hauts niveaux en deux décennies, après une brève détente à 5,17 % consécutive à une intervention du secrétaire au Trésor Scott Bessent. Cette pression s’inscrit dans un contexte budgétaire lourd, la dette publique américaine ayant franchi le seuil des 40 000 milliards de dollars la semaine dernière. Warsh lui-même a suggéré que la remontée des taux obligataires récente devait en partie à la réduction des indications préalables de la Fed, les marchés étant désormais contraints de réagir aux données plutôt qu’aux annonces anticipées.

Ce qu’il faut surveiller vendredi

Le marché ne price aujourd’hui qu’environ une chance sur trois d’une hausse de taux en septembre, contre plus d’une chance sur deux au lendemain immédiat de la réunion du 29 juillet. Cet écart montre que les investisseurs ont partiellement digéré la dissidence hawkish sans pour autant l’intégrer pleinement. Le discours de Warsh a donc une vraie valeur informationnelle plutôt que confirmatoire, contrairement à la plupart des interventions de ses prédécesseurs ces dernières années, où le marché savait globalement à quoi s’attendre avant même la prise de parole.

Trois lectures sont possibles vendredi. Un ton qui valide les inquiétudes des trois dissidents renforcerait les anticipations de hausse, soutiendrait le dollar et pèserait sur l’or. Un ton qui insiste sur la patience et la prudence face à une économie qui ralentit referait le chemin inverse. Et un discours volontairement évasif, cohérent avec la stratégie de Warsh de réduire les indications préalables, laisserait le marché continuer à trader sur les données économiques à venir plutôt que sur la parole de la Fed, ce qui serait en soi une forme de signal sur la manière dont cette Fed entend fonctionner.


Sources : 

https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-08-22/kevin-warsh-to-make-first-jackson-hole-speech-as-fed-chair

https://www.cnbc.com/2026/07/29/fed-meeting-today-live-updates.html

https://tradingeconomics.com

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Economie Géopolitique

Économie chinoise : derrière les 4,7 % de croissance, le modèle de Xi Jinping sous pression

Immobilier en crise, dette, chômage des jeunes, consommation atone et tensions commerciales : derrière une croissance qui reste enviable pour de nombreux pays occidentaux, l’économie chinoise accumule les déséquilibres.

Le véritable enjeu dépasse pourtant la croissance : Pékin tente désormais de remplacer son ancien modèle économique par un autre, davantage tourné vers l’industrie, la technologie et la puissance stratégique.

Pendant des décennies, la Chine a habitué le monde à des taux de croissance spectaculaires. Cette époque semble désormais révolue.

Avec une croissance officielle de 4,7 % au premier semestre 2026, l’économie chinoise continue de progresser, mais beaucoup moins rapidement qu’au cours des décennies précédentes. Surtout, ce chiffre masque plusieurs fragilités structurelles.

Le débat ne consiste donc plus seulement à savoir si la Chine peut atteindre 5 % de croissance. La véritable question est ailleurs : le modèle économique construit au cours des dernières décennies arrive-t-il à bout de souffle ?

L’immobilier, ancien moteur devenu boulet

Le premier problème se trouve dans la pierre.

Pendant des années, la croissance chinoise s’est largement appuyée sur la construction, l’immobilier et les infrastructures. En intégrant les secteurs qui en dépendent, l’immobilier a représenté une part considérable de l’activité économique chinoise.

Mais après des années d’endettement et de construction massive, la mécanique s’est grippée.

La crise de grands promoteurs comme Evergrande a symbolisé un problème beaucoup plus large : baisse des ventes, logements invendus, promoteurs endettés et ménages devenus plus prudents.

Cette crise touche également les collectivités locales.

Une partie importante de leurs recettes provenait historiquement de la vente de terrains aux promoteurs. Lorsque le marché immobilier ralentit, leurs revenus diminuent alors que leurs dépenses et leur dette restent importantes.

Pékin se retrouve donc face à une équation difficile : laisser certains acteurs faire faillite permettrait d’assainir le système, mais pourrait également provoquer des pertes financières, du chômage et davantage de mécontentement social.

Le chômage des jeunes reste un signal d’alerte

Deuxième faiblesse : l’emploi.

Chaque année, plus de 12 millions de diplômés arrivent sur le marché du travail chinois. Or l’économie ne crée plus nécessairement suffisamment d’emplois qualifiés correspondant à leurs attentes.

Le chômage des jeunes est ainsi devenu l’un des symptômes les plus visibles du ralentissement.

C’est également un enjeu politique.

Une génération diplômée mais confrontée à des perspectives professionnelles limitées peut progressivement perdre confiance dans la promesse de mobilité sociale qui accompagnait jusqu’ici le développement chinois.

Le phénomène du « lying flat », ou tang ping, illustre en partie ce malaise : certains jeunes revendiquent le choix de travailler moins, consommer moins et refuser la compétition permanente.

Pour Pékin, maintenir l’emploi n’est donc pas seulement une question économique. C’est aussi une question de stabilité sociale.

Produire toujours plus… quitte à réduire les marges

L’économie chinoise souffre également d’un phénomène que Pékin lui-même cherche désormais à combattre : l’« involution ».

Dans certains secteurs, les entreprises chinoises se livrent une concurrence extrêmement agressive.

Pour gagner des parts de marché, elles baissent leurs prix, augmentent leurs capacités de production et acceptent parfois des marges très faibles.

Cette stratégie peut profiter au consommateur et accélérer l’innovation. Mais lorsqu’elle devient excessive, elle fragilise les entreprises et entretient des capacités de production supérieures à la demande intérieure.

Les gouvernements locaux ont par ailleurs intérêt à protéger leurs propres champions industriels afin de préserver emplois et recettes fiscales.

Résultat : plutôt que de voir disparaître les entreprises les moins performantes, certaines continuent d’être financées.

Le pari technologique de Xi Jinping

Face à l’essoufflement de l’immobilier, Xi Jinping mise sur un nouveau moteur.

Pékin parle désormais de « nouvelles forces productives de qualité » : intelligence artificielle, semi-conducteurs, robotique, batteries, véhicules électriques, biotechnologies, informatique quantique ou encore matériaux avancés.

La stratégie est claire : transformer la Chine d’« usine du monde » en puissance industrielle et technologique de premier plan.

Et il serait erroné de sous-estimer ses résultats.

Dans les véhicules électriques, les batteries ou le solaire, les groupes chinois ont déjà acquis une place considérable sur le marché mondial. Dans l’intelligence artificielle, la robotique ou les semi-conducteurs, Pékin investit massivement pour réduire sa dépendance technologique.

Mais un problème demeure : ces nouveaux secteurs ne sont pas encore suffisamment importants pour remplacer entièrement l’ancien moteur immobilier.

La transition prendra donc du temps.

La Chine produit beaucoup… mais ses ménages consomment relativement peu

C’est probablement l’un des plus grands paradoxes chinois.

Le pays dispose d’un immense marché intérieur de plus d’un milliard d’habitants, mais la consommation des ménages représente autour de 40 % du PIB, un niveau relativement faible par rapport aux grandes économies développées.

Les ménages chinois ont tendance à épargner beaucoup.

Pourquoi ?

Parce qu’une partie importante de la population doit anticiper elle-même ses dépenses de santé, sa retraite ou les conséquences d’une perte d’emploi.

Renforcer les protections sociales pourrait donc encourager les ménages à moins épargner et davantage consommer.

Mais cela supposerait aussi une redistribution plus importante des ressources vers les ménages.

Or le modèle privilégié sous Xi Jinping continue de favoriser fortement l’investissement industriel, l’autonomie technologique et les objectifs stratégiques de l’État.

Les exportations comme soupape

Faute d’une consommation intérieure suffisamment dynamique, une partie des capacités industrielles chinoises se tourne naturellement vers l’étranger.

La Chine accumule ainsi des excédents commerciaux considérables.

Mais cette stratégie rencontre progressivement une résistance.

États-Unis et Union européenne ont déjà adopté différentes mesures visant certains produits chinois, tandis que plusieurs économies émergentes commencent elles aussi à s’inquiéter de l’arrivée massive de produits industriels chinois à bas prix.

Véhicules électriques, acier, panneaux solaires, batteries…

La question de la surcapacité chinoise devient un sujet économique mais également géopolitique.

Car si Pékin continue d’accroître sa production plus rapidement que sa consommation intérieure, une partie de cet excédent devra nécessairement être vendue ailleurs.

Et les partenaires commerciaux ne resteront probablement pas passifs.

Une bombe démographique à retardement

À ces problèmes s’ajoute une tendance particulièrement difficile à inverser : la démographie.

La population chinoise diminue et vieillit.

À court terme, cela signifie moins de nouveaux travailleurs. À plus long terme, davantage de retraités devront être financés par une population active proportionnellement plus faible.

Cette évolution peut peser sur la consommation, les finances publiques et la croissance potentielle.

L’automatisation et la robotisation peuvent compenser une partie de cette baisse de main-d’œuvre.

Mais elles créent un paradoxe : alors que la Chine doit aujourd’hui trouver suffisamment d’emplois pour ses jeunes diplômés, elle investit simultanément dans des technologies destinées à réduire les besoins en main-d’œuvre.

La Chine n’est pourtant pas en train de s’effondrer

Attention cependant à une conclusion trop rapide.

Parler des difficultés chinoises ne signifie pas annoncer un effondrement imminent de la deuxième économie mondiale.

La Chine conserve des avantages considérables : une infrastructure industrielle difficile à reproduire, des chaînes d’approvisionnement extrêmement développées, une capacité d’investissement massive, un marché intérieur gigantesque et des entreprises capables de devenir rapidement des leaders mondiaux.

Le pays reste également incontournable dans de nombreuses chaînes de valeur internationales.

Le débat est donc moins celui d’un effondrement de la Chine que celui d’un changement de régime économique.

L’ancien modèle reposant sur l’immobilier, les infrastructures et l’investissement massif atteint progressivement ses limites.

Le nouveau modèle voulu par Xi Jinping repose davantage sur l’industrie avancée, la technologie, les exportations et l’autonomie stratégique.

Le vrai risque est peut-être géopolitique

C’est ici que les difficultés économiques chinoises dépassent les frontières du pays.

Une Chine confrontée à une croissance plus faible mais disposant d’immenses capacités industrielles peut chercher davantage de débouchés à l’étranger.

Les tensions commerciales pourraient alors s’intensifier.

L’Europe se retrouve particulièrement exposée : elle souhaite bénéficier de produits chinois compétitifs tout en protégeant certaines industries jugées stratégiques.

Dans le même temps, Pékin considère la puissance économique et technologique comme un élément central de sa rivalité avec Washington.

La croissance chinoise n’est donc plus uniquement une histoire de PIB.

Industrie, commerce, technologie et sécurité nationale sont désormais profondément liés.

Ce qu’il faut retenir

La Chine ne traverse probablement pas une simple mauvaise passe conjoncturelle.

Elle tente de résoudre simultanément une crise immobilière, un endettement important, une consommation insuffisante, le chômage des jeunes et un vieillissement démographique, tout en transformant son modèle industriel.

Xi Jinping fait le pari que la technologie et l’industrie avancée permettront d’ouvrir un nouveau cycle de croissance.

Ce pari peut fonctionner en partie. Mais il ne règle pas automatiquement la faiblesse de la consommation intérieure, la dette ou les déséquilibres démographiques.

Et si la Chine continue de produire beaucoup plus vite qu’elle ne consomme, une partie de ses déséquilibres économiques sera mécaniquement exportée vers le reste du monde.

C’est probablement là que se trouve le véritable risque pour l’Europe : non pas nécessairement dans l’effondrement de l’économie chinoise, mais dans la manière dont Pékin tentera d’éviter cet effondrement.

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Le LBO : comment racheter une entreprise avec sa propre dette ?

Effet de levier, holding de reprise, dette senior : voici le décryptage d’un mécanisme aussi puissant que risqué.

Il existe une opération financière qui fascine et dérange à parts égales : le LBO, ou Leveraged Buyout. En français, on appelle cela private equity, ou rachat par effet de levier. D’abord, l’idée consiste à racheter une entreprise en lui faisant financer elle-même son acquisition.

Ainsi, l’acheteur apporte une mise initiale limitée, emprunte le reste, et la cible rembourse la dette grâce aux profits générés. Comprendre le LBO, c’est comprendre une logique qui structure une large partie du capitalisme contemporain. Cela explique à la fois des succès stories et des faillites retentissantes.

Le principe : faire travailler le levier

Un leveraged buyout est une opération par laquelle un investisseur réalise l’acquisition d’une entreprise en se finançant pour partie en dette. Le financement partiel en dette permet à l’investisseur de maximiser le rendement du capital qu’il investit.

Prenons un exemple simple. Un fonds veut racheter une entreprise valorisée à 100. Il y investit 30 de ses propres fonds et emprunte 70. Cinq ans plus tard, l’entreprise a généré suffisamment de trésorerie pour rembourser la dette. Le fonds revend l’entreprise 130, soit un gain de 100 sur une mise de 30. Son capital a plus que triplé, alors que la valeur de l’entreprise n’a crû que de 30 %.

C’est l’effet de levier : l’endettement amplifie mécaniquement le rendement des capitaux propres investis.

Dans les conditions actuelles du marché, le levier financier peut atteindre, voire légèrement dépasser, cinq fois l’excédent brut annuel de l’entreprise. Autrement dit, une entreprise dégageant 20 millions d’EBITDA peut se retrouver portant jusqu’à 100 millions de dette d’acquisition. Tout l’enjeu est ensuite qu’elle génère suffisamment de cash pour honorer ses échéances sans mettre en péril son activité.

La structure : une holding au cœur du montage

Le LBO ne fonctionne pas en direct. Il passe par la création d’une société holding (souvent appelée NewCo) spécialement constituée pour l’opération. Le rachat est effectué par cette holding qui utilise l’endettement pour acquérir les titres de la société cible et en prendre le contrôle.

Concrètement, le fonds d’investissement apporte ses capitaux propres dans la holding. La holding emprunte le solde auprès de banques ou d’investisseurs spécialisés, puis rachète les titres de la cible. Une fois l’acquisition réalisée, la cible remonte ses bénéfices vers la holding, sous forme de dividendes, qui s’en sert pour rembourser la dette. L’acheteur n’emprunte donc jamais en son nom propre : la dette est logée dans la structure, ce qui protège les actionnaires au-delà de leur mise initiale.

Ce montage génère par ailleurs un avantage fiscal.

Les intérêts de la dette sont déductibles de l’impôt sur les sociétés de la holding.

De plus, le régime d’intégration fiscale permet, sous conditions, de consolider les résultats de la holding et de la cible.

La dette en couches : senior, mezzanine, unitranche

Tous les prêteurs ne se valent pas dans un LBO. La structuration de l’accord inclut plusieurs strates de dette, négociées pour garantir un montage financier optimal.

  • La dette senior est prioritaire : remboursée en premier en cas de difficulté, elle est donc moins risquée et moins chère. Elle représente généralement la part la plus importante du financement.
  • La dette mezzanine, subordonnée, supporte un risque plus élevé et se rémunère en conséquence par un taux d’intérêt plus fort, parfois assorti de bons de souscription d’actions.
  • La dette unitranche, plus récente, fusionne senior et mezzanine en un instrument unique, simplifiant la structure pour les opérations de taille intermédiaire.

La répartition entre fonds propres et dette varie selon les opérations et les conditions de marché. Le ratio d’endettement est généralement élevé, souvent compris entre 60 et 80 % de dettes et 20 et 40 % de capitaux propres. En période de taux bas, les prêteurs sont plus généreux et les leviers s’allongent. En période de resserrement monétaire, comme celui de 2022-2023, le coût de la dette augmente, les multiples se compriment, et certains montages deviennent intenables.

Qui fait un LBO, et sur quoi ?

Les acteurs du LBO sont principalement les fonds de private equity, des véhicules d’investissement qui lèvent des capitaux auprès d’institutionnels (fonds de pension, assureurs, family offices) pour les déployer dans des rachats d’entreprises non cotées. Si ces opérations étaient historiquement réservées aux investisseurs professionnels, il existe aujourd’hui différentes solutions permettant aux particuliers d’investir en private equity et de s’exposer au capital d’entreprises non cotées.

Mais il existe plusieurs variantes selon qui rachète :

  • Le MBO (Management Buyout) désigne le rachat de l’entreprise par son propre management, accompagné d’un fonds. C’est souvent le cas lors des cessions de filiales par des groupes industriels.
  • Le MBI (Management Buy-In) implique au contraire une équipe dirigeante extérieure qui vient prendre le contrôle avec l’appui d’un fonds.
  • L’OBO (Owner Buy-Out) permet à un dirigeant-actionnaire de monétiser une partie de son capital tout en restant aux commandes. C’est un mécanisme très prisé pour la transmission d’entreprises familiales.

Les entreprises matures et rentables représentent les meilleures cibles pour un LBO, avec des flux de trésorerie solides et stables dans le temps qui permettent une visibilité favorable pour rembourser la dette. On recherche donc des secteurs peu cycliques, des positions concurrentielles établies, et des besoins en investissement limités, pour que le cash généré aille en priorité rembourser les créanciers plutôt que financer des investissements lourds.

Deux exemples aux destins opposés

Hilton Hotels par Blackstone (2007). Le rachat du groupe hôtelier américain pour 26 milliards de dollars, en pleine euphorie du crédit, constitue l’un des LBO les plus étudiés de l’histoire.

La crise de 2008 a frappé de plein fouet le secteur touristique, et plusieurs partenaires financiers du deal, dont Lehman Brothers, ont fait faillite. Blackstone a néanmoins restructuré la dette avant la cessation de paiements, accompagné le management dans une refonte opérationnelle profonde et finalement revendu Hilton en réalisant une plus-value historique. Bloomberg a qualifié l’opération de « best LBO ever ».

La leçon : même dans un contexte catastrophique, un bon management et une gestion disciplinée de la dette peuvent sauver un LBO.

Vivarte et Camaïeu, le revers de la médaille. Camaïeu a subi deux LBO successifs en 2005 et en 2007. Le groupe Vivarte a suivi une trajectoire parallèle avec des montages LBO en 2004 et en 2007. Dans les deux cas, ces opérations ont créé un déséquilibre structurel profond accroissant leur probabilité de faillite.

Vivarte a accumulé jusqu’à 2,8 milliards d’euros de dette avant de frôler la disparition en 2017. Camaïeu a définitivement mis la clé sous la porte en 2022. Les LBO successifs ont repoussé l’échéance sans résoudre le problème de fond, et la moindre turbulence économique a suffi à provoquer l’effondrement.

Le marché du LBO aujourd’hui

Le private equity en France a investi 26 milliards d’euros en 2024, soit +16 % par rapport à 2023. Le rebond a été net après le coup de frein de 2022-2023.

Il est porté par la baisse progressive des taux directeurs et le retour des grandes opérations. À l’échelle mondiale, les transactions du secteur ont atteint près de 900 milliards de dollars en 2025, largement portées par les États-Unis. Selon France Invest, le capital-investissement français affiche un taux de rendement interne net de 12,4 % par an sur dix ans.

Mais le secteur fait face à un défi structurel : près d’un millier d’entreprises détenues par des fonds, valorisées chacune à plus d’un milliard d’euros, restent en portefeuille depuis plus de six ans, pour une valeur cumulée dépassant 3 000 milliards de dollars. Ce stock d’actifs non cédés pèse sur la liquidité du marché et oblige les fonds à innover dans leurs stratégies de sortie.

Ce que le LBO révèle du capitalisme contemporain

Le LBO cristallise, mieux que tout autre outil financier, la tension entre création de valeur et extraction de valeur. Quand il fonctionne, il permet à des entrepreneurs de transmettre leur entreprise, à des managers de prendre le contrôle de leur destin, et à des fonds de financer la croissance d’ETI qui n’auraient pas accès aux marchés financiers. Une étude portant sur près de 450 opérations de LBO françaises a identifié que la croissance de l’EBITDA est responsable de deux tiers de la création de valeur, ce qui réfute l’idée que le LBO se résumerait à de l’ingénierie financière.

Quand il échoue, il laisse des entreprises exsanguëes, incapables d’investir, vulnérables aux chocs économiques. Les contraintes liées au remboursement de la dette d’acquisition ont privé Toys’R’Us des ressources nécessaires au financement de ses investissements à long terme. Il n’a pu ainsi négocier le virage du numérique et a perdu de précieuses parts de marché au profit d’Amazon.

La vérité est qu’un LBO n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un outil puissant, dont le résultat dépend de la qualité de la cible, de la discipline du montage et de la solidité de l’équipe dirigeante. Comme tous les leviers, il amplifie autant les succès que les échecs.

Sources

  • Société Générale, Lexique financier — Acquisition à effet de levier (LBO)
  • Banque de France, Fiche thématique — Les montages à effet de levier LBO
  • France Invest / EY, Étude annuelle sur la création de valeur dans le capital-investissement français (2024)
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Alicia facilite la prospection commerciale des PME belges

Deux entrepreneurs du Hainaut lancent une plateforme de prospection automatisée qui simplifie la prospection commerciale des PME, TPE et indépendants.

Le constat est connu mais rarement résolu : les outils de prospection commerciale performants sont pensés pour les grandes équipes, avec des coûts et une complexité qui excluent de facto les TPE, PME et indépendants. C’est ce vide qu’Aurélien lue et Florian Taulet ont décidé de combler en lançant Alicia, une solution SaaS de prospection automatisée, opérationnelle dès le premier jour, sans formation préalable.

Les deux hommes viennent d’horizons différents mais parfaitement complémentaires. Aurélien Luz, consultant en optimisation et développement d’entreprises et d’idées, a régulièrement été confronté dans le cadre de missions pour ses clients à l’absence d’outils adaptés aux petites structures pour identifier et approcher des prospects qualifiés.

Florian Taulet, ingénieur de gestion formé à l’UCLouvain FUCaM Mons et fondateur de Systemia (Meta Ads, Google Ads, SEO, tunnels de vente), apporte la maîtrise des mécanismes d’acquisition digitale et de conversion. Début 2025, en comparant leurs galères respectives autour d’une table, ils décident de s’associer.

Ce que fait la plateforme

Alicia automatise l’intégralité du cycle de prospection en cinq étapes : configuration du profil commercial, connexion de l’agenda (Calendly, avec Google Agenda et Outlook en roadmap), import ou identification automatique de prospects, lancement des campagnes d’emailing personnalisé avec tri et relances automatiques via IA, et transmission des rendez-vous qualifiés à l’utilisateur.

L’intelligence artificielle opère en coulisses pour qualifier les leads et personnaliser les séquences l’utilisateur n’en voit que le résultat : un agenda qui se remplit sans intervention manuelle. L’humain n’entre en jeu qu’au moment du rendez-vous, avec l’historique complet des échanges entre Alicia et le prospect.

Un modèle tarifaire délibérément accessible

Trois formules sont disponibles : Starter à 97,50 €/mois pour les indépendants et solopreneurs, Commercial à 175,50 €/mois pour les petites équipes (la plus souscrite au lancement), et Pro à 497,25 €/mois pour les équipes en croissance, avec LinkedIn et WhatsApp en intégration prochaine.

Un Starter Pack unique (achat one-shot, non récurrent) est requis à l’activation, actuellement proposé à -50 % au lancement. Remise de 20 % sur les formules annuelles.

« Notre conviction, c’est qu’une PME de cinq personnes doit pouvoir prospecter aussi efficacement qu’une grande équipe commerciale. Sans budget à cinq chiffres par an », affirme Florian Taulet.

Un marché belge, une ambition européenne

La plateforme cible en priorité les indépendants, solopreneurs et PME du marché belge francophone. Les premiers utilisateurs rapportent un résultat net : là où ils consacraient 90 % de leur temps à chercher des prospects, ils passent désormais ce même temps en rendez-vous avec des gens déjà intéressés.

Dans les prochains mois, LinkedIn, WhatsApp, Gmail et Outlook rejoindront la plateforme, avant une expansion progressive au-delà des frontières belges.

« Ce problème est universel. Chaque marché a ses indépendants et PME qui n’ont pas les bons outils pour vendre. C’est là qu’on veut aller », souligne Aurélien Luz.

Alicia : www.alic-ia.be

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BNP Paribas Fortis remporte trois Euromoney Awards 2026 et accélère sa transformation digitale

BNP Paribas Fortis a été distinguée à trois reprises lors des Euromoney Awards for Excellence 2026, l’une des récompenses les plus prestigieuses du secteur bancaire.

La banque a remporté les titres de Best Bank for Large Corporates, Best Investment Bank et Best Digital Bank for Consumers en Belgique.

Cette triple distinction récompense une stratégie qui combine performance auprès des entreprises, innovation technologique et amélioration continue de l’expérience client.

Trois récompenses qui confirment le positionnement de la banque

Chaque année, le magazine financier Euromoney récompense les établissements qui se distinguent par leurs performances, leur capacité d’innovation et la qualité de leurs services.

En 2026, BNP Paribas Fortis s’est illustrée dans trois domaines complémentaires :

  • Best Digital Bank for Consumers.
  • Best Bank for Large Corporates ;
  • Best Investment Bank ;

Ces récompenses illustrent la volonté de la banque de renforcer à la fois son expertise auprès des entreprises et son offre digitale destinée aux particuliers.

Une stratégie digitale récompensée

La troisième distinction, Best Digital Bank for Consumers, vient saluer les investissements réalisés par BNP Paribas Fortis dans la digitalisation de ses services.

Aujourd’hui, la relation bancaire passe de plus en plus par les canaux numériques. Les clients attendent une application performante, des parcours simplifiés et des services accessibles en quelques clics.

C’est précisément sur ces aspects que la banque concentre une partie importante de ses investissements.

Un leadership confirmé auprès des grandes entreprises

Les prix de Best Bank for Large Corporates et Best Investment Bank récompensent les performances de BNP Paribas Fortis dans les métiers du Corporate & Institutional Banking.

Selon Euromoney, la banque a renforcé sa position sur le marché belge en 2025 en gagnant des parts de marché et en participant à plusieurs opérations majeures sur les marchés de capitaux ainsi qu’en fusions-acquisitions (M&A).

Cette réussite repose notamment sur une collaboration étroite entre les équipes de Corporate Banking et d’Investment Banking, permettant aux entreprises de bénéficier d’un accompagnement global, depuis les solutions de financement jusqu’aux opérations stratégiques les plus complexes.

Easy Banking App au cœur de l’expérience client

L’application Easy Banking App est désormais le principal point de contact entre BNP Paribas Fortis et ses clients.

En 2025, elle comptait :

  • 2,7 millions d’utilisateurs actifs ;
  • 1,24 milliard de sessions enregistrées sur l’année.

La banque continue d’enrichir son application avec de nouvelles fonctionnalités, comme l’activation via la technologie NFC sur Android, une ouverture de compte simplifiée grâce à itsme ou encore l’intégration de services partenaires tels que SNCB/NMBS et De Lijn.

L’objectif est de proposer une expérience toujours plus fluide et de faire de l’application une véritable plateforme de services du quotidien.

L’intelligence artificielle transforme la relation bancaire

L’intelligence artificielle occupe également une place croissante dans la stratégie digitale de BNP Paribas Fortis.

Son assistant virtuel Samy a déjà traité plus d’un million de conversations avec un taux de résolution de 78 %.

L’objectif n’est pas de remplacer le conseiller bancaire, mais de simplifier le traitement des demandes les plus courantes afin de permettre aux équipes de se concentrer davantage sur les situations qui nécessitent un accompagnement personnalisé. 

Une approche qui illustre la volonté de combiner innovation technologique et proximité humaine.

Cette évolution reflète une tendance de fond dans l’ensemble du secteur bancaire : utiliser l’IA pour améliorer l’efficacité tout en conservant la dimension humaine du conseil.

Une stratégie qui combine innovation et expertise

Les trois distinctions remportées montrent que la compétitivité bancaire ne repose plus uniquement sur les résultats financiers.

Les banques doivent aujourd’hui être capables d’innover technologiquement tout en conservant une forte expertise dans leurs métiers historiques. Pour les particuliers, cela passe par une expérience digitale toujours plus simple et personnalisée. 

Pour les entreprises, cela signifie disposer d’un partenaire capable d’accompagner des opérations de financement, de développement ou de transformation de plus en plus complexes.

Conclusion

En remportant les prix de Best Digital Bank for Consumers, Best Bank for Large Corporates et Best Investment Bank, BNP Paribas Fortis confirme la pertinence de sa stratégie.

Par ailleurs, cette stratégie s’inscrit plus largement dans la transformation digitale engagée par le groupe BNP Paribas sur plusieurs marchés européens, avec pour objectif de simplifier les parcours clients tout en maintenant un accompagnement humain lorsque celui-ci est nécessaire. 

Cet article a été réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec BNP Paribas Fortis. Son contenu a été rédigé par la rédaction de Parlons Finance en toute indépendance éditoriale. 

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FOMC : ce qu’il faut savoir avant la réunion de juillet

Le 29 juillet à 20 heures, heure de Paris, la Réserve fédérale américaine annoncera sa décision sur les taux d’intérêt. Ce rendez-vous, le cinquième de l’année pour le FOMC, mérite une attention particulière pour trois raisons.

C’est la deuxième réunion présidée par Kevin Warsh depuis son entrée en fonction. Le marché ne s’attend plus à une baisse des taux mais commence à intégrer une probabilité de hausse. Et l’inflation reste installée au-dessus de la cible de la Fed.

Un nouveau président, un nouveau ton

Kevin Warsh a pris la tête de la Fed en juin. Son style tranche déjà avec celui de ses prédécesseurs. Lors du forum annuel de la BCE à Sintra début juillet, il a résumé sa doctrine en une phrase : le choc lié aux investissements dans l’intelligence artificielle provoque un boom des dépenses, et la question centrale pour 2026 est de savoir s’il est inflationniste ou non. Autrement dit, la Fed ne sait pas encore si les milliards dépensés par les géants technologiques dans les centres de données et les puces vont se traduire par une hausse durable des prix ou par un simple ajustement temporaire.

Warsh a aussi annoncé vouloir réduire le forward guidance, cette pratique qui consiste à donner des indications précises sur la trajectoire future des taux. Il préfère une communication plus sobre, qui laisse davantage de marge de manœuvre à chaque réunion. Pour les investisseurs habitués aux signaux détaillés de l’ère Powell, ce changement de style demande un temps d’adaptation.

Pourquoi le marché ne parie plus sur une baisse

Il y a encore quelques semaines, un rapport sur l’emploi américain plus faible que prévu avait fait bondir Wall Street, les investisseurs y voyant le signe d’un assouplissement monétaire à venir. La logique est simple à comprendre. Quand l’emploi ralentit, la Fed a moins de raisons de maintenir des taux élevés pour freiner l’économie. Moins de pression sur l’emploi, potentiellement plus de marge pour baisser les taux.

Mais cette lecture a été rattrapée par les chiffres d’inflation. Le dernier indice des prix à la consommation ressort autour de 4,2 pour cent, largement au dessus de l’objectif de 2 pour cent que vise la Fed depuis des années. Résultat, les contrats à terme sur les taux affichent aujourd’hui une probabilité d’environ 83 pour cent que la Fed maintienne son taux directeur dans la fourchette actuelle de 3,50 à 3,75 pour cent, et une probabilité proche de 17 pour cent d’une hausse vers 3,75 à 4,00 pour cent. Une baisse n’est quasiment plus envisagée par le marché à ce stade.

Ce qui manque à cette réunion

Contrairement aux réunions de mars, juin, septembre et décembre, celle de juillet ne s’accompagne pas de nouvelles projections économiques ni du fameux dot plot, ce graphique qui montre où chaque membre du comité voit les taux se situer dans les mois et années à venir. Sans cet outil, les investisseurs devront se contenter du communiqué officiel et des propos tenus par Warsh lors de la conférence de presse pour deviner l’orientation de la politique monétaire.

Trois éléments à surveiller le 29 juillet

Le communiqué lui-même, d’abord. La formulation exacte sur l’inflation et le marché du travail sera disséquée mot par mot, comme à chaque réunion.

Le ton de la conférence de presse, ensuite. Warsh a montré à Sintra qu’il pouvait rester prudent sans trancher. Reste à voir s’il maintient cette ambiguïté ou s’il commence à préparer les marchés à une posture plus restrictive.

Et la réaction du dollar, des taux longs et des actions américaines. Un statu quo accompagné d’un ton ferme pourrait soutenir le dollar et peser sur les valeurs de croissance, particulièrement sensibles au niveau des taux d’intérêt.

Pourquoi cela compte, même si vous n’investissez pas en dollars

Les décisions de la Fed ne restent jamais confinées aux frontières américaines. Un dollar plus fort renchérit les importations pour les pays qui achètent en dollars, notamment les matières premières. Les taux américains influencent aussi les taux européens par ricochet, et donc le coût du crédit pour les entreprises et les ménages sur le Vieux Continent. Suivre le FOMC, ce n’est donc pas seulement suivre l’Amérique, c’est suivre un thermomètre pour l’ensemble de l’économie mondiale.

Sources

Rankia, Prochaine réunion de la Fed : calendrier et taux juillet 2026

Investing.com, Baromètre des taux de la Fed

Proximité Courtage, Actualités financières au 6 juillet 2026

NewTrading, Taux Fed et calendrier des réunions FOMC 2026

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IA en Asie : la frénésie boursière expliquée

De Seoul à Shanghai, les capitaux mondiaux affluent massivement vers les entreprises qui alimentent la révolution de l’IA. Mais derrière l’euphorie se cache une dynamique bien plus profonde. Décryptage.

De Seoul à Shanghai, les marchés asiatiques vivent une nouvelle ruée technologique portée par l’intelligence artificielle. Semi-conducteurs, infrastructures énergétiques, centres de données : les capitaux mondiaux affluent massivement vers les entreprises capables d’alimenter la révolution de l’IA.

Mais derrière cette euphorie boursière se cache une dynamique économique plus profonde : la concentration extrême des investissements technologiques pourrait finir par transformer durablement l’ensemble de l’économie mondiale, avant de provoquer à terme une normalisation brutale des marges et des valorisations.

L’histoire des télécommunications et d’Internet le confirme : aucune révolution technologique ne conserve éternellement ses niveaux de rentabilité initiaux.

La Corée du Sud, nouveau coeur industriel de l’IA mondiale

L’Asie de l’Est s’est progressivement imposée comme l’épicentre industriel de la révolution de l’intelligence artificielle. En Corée du Sud, plusieurs groupes technologiques ont connu des trajectoires boursières spectaculaires grâce à leur position stratégique dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs.

Le cas le plus emblématique reste celui de SK Hynix. Le fabricant sud-coréen est devenu l’un des principaux fournisseurs mondiaux de mémoire HBM (High Bandwidth Memory), une technologie indispensable aux puces d’IA utilisées notamment par NVIDIA. Sa valorisation boursière a atteint des niveaux historiques sur le marché coréen.

Samsung Electronics a également bénéficié du cycle IA, avec certaines divisions puces enregistrant des hausses de bénéfices opérationnels supérieures à 100 % sur une base annuelle.

La révolution de l’IA ne profite pas uniquement aux fabricants de puces. L’explosion des besoins énergétiques des centres de données a aussi provoqué une forte hausse des valorisations dans les infrastructures électriques. Des groupes comme HD Hyundai Electric ou Hyosung Heavy Industries ont vu leurs cours progresser fortement sous l’effet des investissements massifs dans les transformateurs et réseaux électriques nécessaires aux centres de calcul IA.

La Chine accélère sa stratégie d’autonomie technologique

En parallèle, Pékin poursuit une stratégie agressive d’indépendance technologique afin de réduire sa dépendance aux technologies occidentales. Cette politique soutient massivement :

  • Les semi-conducteurs locaux
  • Le cloud
  • Les infrastructures numériques
  • Les technologies de recyclage électronique

La frénésie autour des introductions en bourse technologiques reste également spectaculaire. Plusieurs IPO liées aux semi-conducteurs ont enregistré des niveaux de sursouscription extrêmement élevés sur les marchés de Shanghai et Shenzhen, illustrant l’appétit des investisseurs asiatiques pour l’IA et les infrastructures numériques.

La rage de l’IA bouleverse les budgets mondiaux

Le phénomène actuel dépasse largement la simple spéculation boursière. L’IA provoque désormais une réallocation massive des budgets technologiques mondiaux. Pour financer les infrastructures nécessaires, de nombreuses entreprises réduisent ou reportent certaines dépenses plus traditionnelles :

  • Renouvellement des parcs informatiques
  • Maintenance classique
  • Logiciels moins stratégiques
  • Projets numériques secondaires

Ce déplacement crée progressivement un marché à deux vitesses : les entreprises liées directement à l’IA attirent l’essentiel des capitaux, tandis que plusieurs secteurs traditionnels restent à l’écart de l’euphorie technologique. Cette concentration rappelle la bulle Internet de la fin des années 1990, avec une différence majeure : contrairement à l’ère Dot-Com, une partie des leaders de l’IA génèrent déjà des bénéfices massifs.

Pourquoi l’IA finira probablement par devenir une commodité

L’histoire économique montre que les grandes révolutions technologiques suivent souvent un cycle similaire :

  1. Phase de rareté
  2. Explosion des marges
  3. Arrivée de la concurrence
  4. Baisse des coûts
  5. Banalisation de la technologie

Le marché de la téléphonie mobile illustre parfaitement ce phénomène. Au début des années 2000, les communications étaient vendues à des prix très élevés. L’intensification de la concurrence et les progrès technologiques ont progressivement fait chuter les coûts jusqu’à rendre les communications quasiment illimitées et invisibles dans le budget des ménages.

L’intelligence artificielle pourrait suivre une trajectoire comparable. Le coût d’accès aux modèles d’IA a déjà fortement diminué sous l’effet des modèles open source, de la concurrence entre géants technologiques, et de l’amélioration rapide des capacités de calcul. Des groupes comme Google, Microsoft, Amazon ou Meta développent désormais leurs propres infrastructures et puces spécialisées, réduisant progressivement la dépendance à certains fournisseurs historiques.

Les véritables gagnants pourraient être les secteurs traditionnels

À long terme, les plus grands bénéficiaires de la révolution de l’IA pourraient ne pas être les fournisseurs d’infrastructures eux-mêmes. L’histoire d’Internet offre un précédent intéressant : les grands gagnants économiques de la démocratisation du web n’ont pas été les fournisseurs d’accès Internet, mais plutôt les banques numériques, l’e-commerce, la logistique et les entreprises capables d’utiliser Internet comme levier de productivité.

Le même phénomène pourrait se produire avec l’IA. À mesure que les coûts baissent, l’intelligence artificielle pourrait progressivement devenir une infrastructure invisible, comparable à l’électricité ou au cloud computing. Les gains de productivité se diffuseraient alors vers :

  • L’industrie
  • La santé
  • La logistique
  • Les services financiers
  • Les entreprises traditionnelles capables d’intégrer efficacement ces technologies

Une révolution durable, mais pas linéaire

L’intelligence artificielle représente probablement l’une des transformations économiques majeures du XXIe siècle. Mais comme toutes les grandes innovations technologiques, son développement passera probablement par des phases d’euphorie, de concentration excessive, de concurrence accrue, puis de normalisation.

La véritable question pour les investisseurs n’est donc plus de savoir si l’IA transformera l’économie mondiale. Elle consiste désormais à identifier quels acteurs conserveront durablement leur avantage compétitif, quelles valorisations restent soutenables, et surtout quels secteurs traditionnels profiteront réellement de cette révolution une fois la phase spéculative passée.

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Bitcoin : Comment profiter de la baisse ? 

Bitcoin traverse une période de correction : après son record d’octobre 2025 à 126 000 $, il évolue désormais autour des 63 000 $. Un chiffre frappant, mais qui mérite d’être remis en contexte. 

Cette baisse est loin d’être une première. Bitcoin a connu des corrections plus sévères (-82 % en 2017, -76 % en 2021), toujours suivies de nouveaux records. Rien ne garantit qu’il en sera de même cette fois, mais ces précédents expliquent pourquoi les investisseurs positionnés sur le temps long perçoivent ces phases de baisse comme un point d’entrée, plutôt que comme un signal d’alarme.   

Autre évolution notable : si, depuis plusieurs années déjà, bitcoin permet de générer des rendements, ces solutions étaient jusqu’alors assez complexes. Désormais, des produits plus accessibles sont disponibles, et permettent à tout investisseur de générer des intérêts sur ses BTC. C’est l’un des sujets du jour, avec un autre investissement crypto trop souvent sous-estimé : les stablecoins.   

Bitcoin, un « or numérique » volatil  

La comparaison entre Bitcoin et l’or n’est pas gratuite : BTC est rare, décentralisé, et de plus en plus utilisé comme réserve de valeur en période d’incertitude monétaire.   

Simplement, tandis que l’or est un actif millénaire, bitcoin, lui, n’a que 17 ans. Alors, sa volatilité, bien que décroissante, demeure nettement supérieure à celle de l’or. Et c’est cet écart de maturité qui alimente les réticences de nombreux investisseurs. Rappelons néanmoins que la capitalisation du BTC le place parmi les 15 actifs les plus valorisés au monde.  

  

  Bitcoin se positionne à la 14e place des actifs les plus capitalisés.   

Bitcoin dans un portefeuille diversifié   

Pour la grande majorité des investisseurs, BTC n’a pas vocation à constituer le socle d’un patrimoine. C’est un actif de diversification. Une part mesurée de BTC dans un portefeuille global permet de profiter de ses performances, sans être considérablement impacté par ses corrections.  

Historiquement, bitcoin était nettement décorrélé des marchés boursiers, américains notamment. Depuis l’arrivée des ETF Spot en 2024, cette corrélation fluctue. Cependant, bitcoin étant un actif d’une nature nouvelle, il peut être corrélé à certains actifs par périodes, puis à d’autres. 

In fine, on observe que BTC suit une trajectoire qui lui est propre, c’est pourquoi le réduire à une corrélation ponctuelle avec tel ou tel actif n’est pas réellement éclairant.   

C’est, entre autres, cette spécificité qui pousse des acteurs institutionnels comme BlackRock, Morgan Stanley ou Bank of America d’y consacrer 5 à 10 % d’un portefeuille global.  

Corrélation entre les principaux actifs du 1er janvier 2020 au 1er juin 2026 (source : Ark Invest)    

Comparaison des performances sur 3, 5 et 10 ans de bitcoin, du S&P500, de l’or, du pétrole et des bons du Trésor américain (Sources : Curvo) 

Et les autres cryptomonnaies ?  

Les altcoins (toutes les cryptomonnaies hors bitcoin), bien qu’ils suivent la plupart du temps les mouvements de prix du BTC, sont nettement moins capitalisés, d’où leurs variations d’autant plus importantes. En cela, ils constituent presque une classe d’actif à part entière, encore plus risquée. C’est pourquoi ils restent généralement déconseillés aux investisseurs à la recherche d’une première exposition aux crypto-actifs.  

Investir en BTC, sans se laisser piéger par sa volatilité : adopter le bon horizon   

Les données historiques le démontrent : investir à long terme est la stratégie la plus payante. Selon une étude de Bitwise, l’un des principaux gestionnaires de cryptoactifs, ces 16 dernières années, 99,3 % des investissements qui ont détenu leur BTC durant 3 ans ont été rentables.  

Comme le démontre le schéma, la probabilité de perte augmente chaque fois que la durée de détention baisse.  Autrement dit, le temps long est la condition la plus importante pour enregistrer une plus-value.    

 Ce constat justifie une approche simple et largement documentée pour la plupart des classes d’actifs : l’investissement programmé, ou DCA (Dollar-Cost Averaging).  

Acheter un montant fixe de BTC à intervalle régulier, plutôt que d’essayer d’anticiper le meilleur moment d’achat. Cette approche présente trois avantages :  

  • Lisser son prix d’achat moyen dans le temps ;  
  • Investir de façon passive, sans surveiller le marché en continu ;  
  • Limiter les décisions émotionnelles, souvent contre-productives sur un actif volatil.  

Bitcoin génère désormais des revenus   

Historiquement, il n’existe que deux façons de « gagner » du Bitcoin : la première est de faire du minage, la deuxième est de revendre pour enregistrer une plus-value.  

Aujourd’hui, le marché des cryptoactifs a considérablement évolué et gagné en maturité. Un système financier s’est progressivement structuré autour de bitcoin, notamment des services permettant d’optimiser sa détention, plutôt que de simplement attendre une plus-value à la revente.  

Certains de ces services sont aujourd’hui bien établis (ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils sont sans risques) et particulièrement intéressants pour les détenteurs de long terme qui ne souhaitent pas vendre. Ils permettent d’amortir les phases de baisse, et d’augmenter ses gains sur les phases de hausse. 

Comment les rendements sont-ils générés ?   

Ces rendements sont issus du lending, c’est-à-dire le prêt de BTC à des tiers emprunteurs, via une plateforme intermédiaire. C’est ce que propose Meria.   

Des revenus crypto sans volatilité : les stablecoins  

Souvent méconnus, les stablecoins sont des cryptomonnaies qui répliquent la valeur d’un actif, le plus souvent le dollar. C’est le cas de l’USDC, le stablecoin le plus capitalisé.   

L’intérêt des stablecoins réside précisément dans leur stabilité, et dans leur capacité à générer des rendements, lorsqu’ils sont investis via les mêmes mécanismes de prêt évoqués plus haut, offrant des rendements parfois plus attractifs que les livrets d’épargne classiques.  

Naturellement, cet écart de rendement s’explique par leur nature différente : pas de garantie de l’État, risque de contrepartie, ou de perte de parité. Comme pour tout investissement, l’essentiel reste alors de choisir un tiers régulé et de confiance, transparent sur les mécanismes derrière l’offre proposée. C’est le cas de Meria, qui vous permet de gagner jusqu’à 7 % sur vos USDC.    

  

Concrètement : construire votre stratégie selon votre profil  

Une fois ces principaux mécanismes compris, reste la question concrète : comment structurer une allocation crypto adaptée à votre profil ?  

Voici 3 approches simples, pour des objectifs différents :   

  • Bitcoin (BTC) : construire votre position progressivement, avec un horizon long terme, et profiter de rendements passifs ;  
  • Stablecoins (USDC) : générer un rendement régulier, tout en évitant la volatilité, et en gardant une poche de liquidité pour saisir des opportunités de marché ; 
  • Mandat de gestion : déléguer l’allocation et l’arbitrage de vos positions à des professionnels qui suivent le marché au quotidien, selon un profil de risque défini en amont.  

Une approche n’exclue pas l’autre : il est par exemple envisageable de combiner une base en bitcoin détenue sur le long terme, une poche stablecoin pour la partie « rendement passif » de votre portefeuille, et un mandat de gestion pour la partie que vous souhaitez piloter plus activement.   

Un paramètre essentiel : investir sur une plateforme régulée  

Depuis le 1er juillet, le règlement européen Markets in Crypto-Assets (MiCA) impose aux plateformes d’investissement l’obtention de l’agrément Prestataire de Services sur Crypto-Actifs (PSCA).   

Meria, plateforme d’investissement en cryptomonnaies fondée en 2017, et qui accompagne plus de 150 000 investisseurs particuliers et professionnels, a obtenu son agrément auprès de l’AMF (n°A2026-020).   

Sur Meria, vous pouvez dès à présent générer jusqu’à 2 % de rendements sur vos BTC et jusqu’à 7 % sur vos stablecoins, ou déléguer votre portefeuille via un mandat de gestion.   

Et surtout, vous entretenir avec un conseiller gratuitement et sans engagement, avant tout investissement.    

CTA : 📞 Prendre rdv avec un conseiller Meria 

Article rédigé en partenariat avec Meria  

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Lucas Maths réinvente le cahier de vacances

Fini le traditionnel cahier de vacances corné qui traîne au fond de la valise. Le célèbre créateur de contenus éducatifs Lucas Maths lance sa propre gamme de cahiers de vacances 100 % numériques.

L’objectif ? Couvrir l’intégralité du programme sans gâcher l’été des collégiens. Nous l’avons rencontré pour en parler. C’est le cauchemar de nombreux parents et élèves : comment maintenir le niveau scolaire pendant l’été sans transformer les vacances en punition ? Lucas Maths semble avoir trouvé la formule magique avec son tout nouveau concept de cahier de vacances digital, pensé pour accompagner les élèves jusqu’à leur entrée au lycée.

Le pari de l’efficacité : 6 semaines, 10 minutes par jour

Oubliez les longues heures passées à bloquer sur un exercice. La promesse de ce nouveau support est claire : la régularité plutôt que la quantité.

« L’idée est de déculpabiliser tout le monde, » nous confie Lucas Maths. « J’ai conçu ce cahier pour qu’il s’étale sur 6 semaines, à raison de seulement 10 minutes par jour. C’est le format parfait pour garder le cerveau actif sans empiéter sur le temps de repos et de loisirs. »

Pour maintenir l’attention, l’ouvrage adopte une structure dynamique et condensée. Chaque sujet ou notion est traité sur un format fixe de 4 pages, permettant à l’élève d’aller à l’essentiel sans se perdre.

100% du programme et des « passerelles » vers l’année suivante

Là où de nombreux supports se contentent de réviser l’année écoulée, Lucas Maths va plus loin en créant de véritables ponts vers la classe supérieure.

« Le but n’est pas seulement de cocher des cases. Ce cahier couvre bien sûr 100 % du programme de l’année qui vient de s’écouler pour consolider les bases, mais j’y ai surtout intégré des passerelles. On prépare doucement le terrain pour l’année suivante pour que la rentrée se fasse sans stress. »

Le 100% numérique : un choix stratégique et économique

En faisant le choix du tout-digital, Lucas s’affranchit des contraintes physiques. Le format PDF/numérique permet une disponibilité immédiate et, surtout, garantit l’absence totale de frais de port.

Côté prix, la stratégie est particulièrement bien pensée pour soutenir les familles lors du passage souvent angoissant au collège :

  • L’édition CM2 vers la 6ème est entièrement gratuite. « C’est une étape cruciale pour les enfants, je voulais que chaque élève puisse aborder le collège avec confiance, sans barrière financière, » explique le professeur.
  • Les éditions suivantes (6ème-5ème, 5ème-4ème, 4ème-3ème et 3ème-Seconde) sont proposées au tarif unique de 14,90 €.

Avec cette initiative, Lucas Maths prouve une fois de plus sa capacité à moderniser l’apprentissage et à répondre aux attentes concrètes des familles. Une chose est sûre : réviser cet été sera beaucoup moins douloureux.

Les cahiers de vacances digitaux de Lucas Maths sont disponibles dès aujourd’hui en ligne:

https://www.lucasmaths.com/pdv-cahiers-vacances-maths

Pierre Cotteau de Simencourt

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Au-delà du Livret A et des ETF : le prêt participatif peut-il trouver sa place dans un portefeuille d’investissement ?

Pour de nombreux épargnants français, la stratégie d’investissement repose souvent sur deux piliers : le Livret A, pour la sécurité et la disponibilité de l’épargne, et les ETF, pour faire fructifier son capital sur le long terme.

Cette approche reste pertinente. Le Livret A offre une sécurité appréciable pour l’épargne de précaution, tandis que les ETF permettent de s’exposer à la croissance des marchés financiers avec une forte diversification.

Mais lorsque les taux des livrets restent relativement faibles, le Livret A affiche un taux de 1,50 % (mai 2026), certains investisseurs cherchent à compléter leur portefeuille avec des actifs susceptibles de générer des revenus plus réguliers, indépendamment des fluctuations boursières.

Parmi les solutions qui gagnent progressivement en visibilité figure l’investissement dans des prêts, également appelé P2P Lending (Peer-to-Peer Lending) ou investissement dans des créances.

Le principe : investir dans des prêts plutôt que dans des actions

Contrairement à un investissement en Bourse où l’on achète une part d’une entreprise, le P2P Lending consiste à financer des prêts accordés à des particuliers ou à des entreprises.

En échange, l’investisseur perçoit des intérêts au fur et à mesure du remboursement du prêt.

Dans la majorité des plateformes européennes, des établissements spécialisés (appelés loan originators) distribuent les prêts. La plateforme met ensuite en relation ces acteurs avec les investisseurs, qui peuvent sélectionner les prêts auxquels ils souhaitent participer.

Il est important de comprendre qu’il ne s’agit ni d’un compte d’épargne, ni d’un produit garanti.

Le capital investi peut être perdu partiellement ou totalement. Cette classe d’actifs doit davantage être considérée comme une poche de rendement, venant compléter un portefeuille déjà composé d’épargne de sécurité et d’investissements en actions.

Autrement dit, il ne s’agit pas de remplacer un Livret A ou des ETF, mais éventuellement d’ajouter une source potentielle de revenus supplémentaire pour une partie limitée du patrimoine.

Pourquoi les rendements sont-ils souvent plus élevés ?

Les plateformes de prêts affichent parfois des rendements nettement supérieurs à ceux des livrets réglementés.

Cela ne signifie pas que le produit est « meilleur ».

Un rendement plus élevé est simplement la rémunération d’un risque plus important.

Lorsque vous placez votre argent sur un Livret A, votre capital est garanti par l’État français et votre argent reste disponible.

Avec le P2P Lending, plusieurs risques existent :

  • le risque que l’emprunteur ne rembourse pas son prêt ;
  • le risque lié à l’établissement qui a accordé le prêt (loan originator) ;
  • le risque de liquidité si vous souhaitez récupérer votre argent avant l’échéance ;
  • le risque lié à la plateforme elle-même.

C’est pourquoi il est impossible de comparer directement un rendement annoncé de 10 % ou 12 % avec le taux du Livret A.

Les deux produits répondent à des objectifs totalement différents.

Les questions à se poser avant d’investir

Avant d’ouvrir un compte sur une plateforme de prêts, plusieurs éléments méritent d’être étudiés.

L’investisseur devrait notamment vérifier :

  • la durée moyenne des prêts ;
  • les modalités de remboursement ;
  • ce qu’il se passe en cas de retard de paiement ;
  • l’existence éventuelle d’un mécanisme de rachat (Buyback Obligation) ;
  • l’identité et la solidité financière de l’organisme qui s’engage à ce rachat ;
  • les possibilités de revendre son investissement avant l’échéance ;
  • le niveau de diversification proposé ;
  • le cadre réglementaire de la plateforme.

Comme pour n’importe quel investissement, la diversification joue un rôle essentiel.

Répartir son capital sur plusieurs dizaines, voire centaines de prêts permet de limiter l’impact d’un éventuel défaut de remboursement. Diversifier entre plusieurs établissements prêteurs et plusieurs pays peut également réduire le risque de concentration, sans toutefois l’éliminer.

Exemple : comment fonctionne Hive5 ?

Parmi les plateformes européennes spécialisées figure Hive5.

Son fonctionnement est relativement simple : la plateforme n’accorde pas directement les prêts.

Elle met en relation des investisseurs avec différents établissements prêteurs européens qui proposent leurs créances via la plateforme.

Les investisseurs peuvent sélectionner eux-mêmes les prêts ou utiliser Auto Invest, un outil permettant d’investir automatiquement selon des critères définis à l’avance (durée, taux, montant investi, établissements prêteurs, etc.).

L’un des atouts mis en avant par Hive5 est son ticket d’entrée relativement faible : il est possible d’investir à partir de 10 €.

La plateforme propose également de nombreux prêts de courte durée (souvent entre 30 et 90 jours) ainsi que des financements d’entreprises avec des maturités plus longues.

Le mécanisme de Buyback Obligation

Hive5 met également en avant un mécanisme appelé Buyback Obligation.

Concrètement, lorsqu’un prêt accuse plus de 60 jours de retard, l’établissement prêteur s’engage contractuellement à racheter le prêt ainsi que les intérêts accumulés.

Il est toutefois essentiel de comprendre que ce mécanisme ne constitue pas une garantie.

Son efficacité dépend entièrement de la capacité financière de l’établissement prêteur à honorer cet engagement.

En cas de difficultés financières de ce dernier, cette protection peut devenir inefficace.

Elle ne protège pas davantage contre une éventuelle défaillance de la plateforme.

Un point important : le statut réglementaire

Les investisseurs doivent également être attentifs au cadre réglementaire.

Hive5 indique elle-même ne pas être agréée comme prestataire de services financiers au sens de la réglementation européenne et ne dispose pas d’une licence européenne ECSPR (European Crowdfunding Service Provider).

Cela signifie que les protections applicables à certains établissements financiers réglementés, comme les mécanismes de garantie des dépôts ou d’indemnisation des investisseurs, ne s’appliquent pas.

Il s’agit d’un élément important à prendre en compte dans son analyse du risque.

La liquidité reste limitée

Même lorsqu’un prêt dure seulement quelques semaines, il ne faut pas l’assimiler à de l’argent disponible sur un compte bancaire.

Dans la plupart des cas, l’investisseur devra attendre l’échéance pour récupérer son capital.

Hive5 a annoncé le développement d’un marché secondaire, dont le lancement est prévu courant septembre 2026.

L’objectif est de permettre aux investisseurs de revendre certains prêts avant leur échéance.

Toutefois, cette possibilité dépendra de la présence d’acheteurs, des règles de fonctionnement du marché secondaire et des conditions de la plateforme.

La liquidité ne pourra donc jamais être considérée comme garantie.

Les principaux risques

Comme tout investissement, cette classe d’actifs comporte plusieurs risques :

  • défaut de paiement des emprunteurs ;
  • défaillance d’un établissement prêteur ;
  • inefficacité du mécanisme de Buyback ;
  • difficultés ou faillite de la plateforme ;
  • faible liquidité avant l’échéance ;
  • absence de garantie publique sur le capital ;
  • risque de concentration si l’investissement est réalisé sur une seule plateforme ou un seul établissement.

Une règle simple consiste à n’investir que des sommes dont on n’aura pas besoin à court terme et que l’on est prêt à immobiliser jusqu’à l’échéance des prêts.

Une approche prudente pour débuter

Pour les investisseurs qui souhaitent découvrir cette classe d’actifs, la meilleure démarche consiste d’abord à comprendre son fonctionnement.

Prendre le temps d’étudier les différents prêts proposés, les établissements prêteurs, les durées, les mécanismes de protection ainsi que le cadre réglementaire permet de mieux mesurer les risques avant d’investir.

Le P2P Lending peut ensuite trouver sa place comme une poche de diversification au sein d’un portefeuille plus large, sans pour autant remplacer l’épargne de précaution ou les investissements en actions.

Conclusion

L’investissement dans les prêts constitue une classe d’actifs à part entière.

Son intérêt réside principalement dans la possibilité de générer des revenus potentiellement plus réguliers tout en offrant une diversification supplémentaire.

En contrepartie, il implique des risques nettement plus élevés qu’un Livret A ou qu’un compte d’épargne classique.

La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut remplacer son Livret A ou ses ETF, mais plutôt de déterminer si une petite poche de rendement, adaptée à son profil de risque et correctement diversifiée, peut avoir sa place dans son portefeuille.

Cet article est réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec Hive5. Il est fourni uniquement à des fins d’information et d’éducation financière et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.