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Qu’est-ce que la « Pyramide de Ponzi » ?

En Bourse, tout le monde est à la recherche de la poule aux œufs d’or, ce placement qui rapportera énormément d’intérêts tout en prenant un minimum de risque.

C’est cet appât du gain facile qui a poussé certaines personnes à élaborer un système frauduleux, promettant des retours sur investissement disproportionnés par rapport à ce qu’offre le marché.

Parmi ces arnaqueurs, on y retrouve Charles Ponzi, qui donnera son nom au système, et Bernard Madoff, qui créera la pyramide la plus grande et la plus complexe connue à ce jour.

Mais comment ce système fonctionne-t-il ?

👉 Le système de Ponzi est plus simple à comprendre lorsque nous le comparons à une pyramide.

Le fraudeur, au sommet de la pyramide, sollicite un premier investisseur pour une affaire. Pour éveiller sa curiosité, il lui promet un rendement important en peu de temps (ex. doubler la mise). L’investisseur décide alors de verser 1000 $, en espérant recevoir 2000 $ dans un an. Le fraudeur, s’il veut respecter son engagement, doit trouver 1000 $ d’ici un an. Puisqu’il ne les investit pas (ou très peu) en bourse, il incite d’autres personnes à rejoindre sa pyramide.

L’argent récolté par les derniers sert à rembourser les intérêts des premiers. Et ainsi de suite. Dès lors, on se retrouve dans un système où la croissance est exponentielle, ce qui sera l’une des causes de son effondrement.

Ce système ne s’arrête que lorsqu’un grand nombre de personnes souhaite, en même temps, sortir du fonds. Les premiers chanceux seront remboursés et les derniers constateront qu’il ne leur reste plus rien. Un autre motif peut être le manque de personnes à recruter. Puisque de nouvelles arrivées sont nécessaires pour maintenir la pyramide en place, il arrive un moment où le nombre requis dépasse la totalité des habitants sur notre planète.

  • Charles Ponzi commença son arnaque à Boston, dans les années 1920. Sa proposition était simple : profiter des différences de taux de change entre pays pour acheter des timbres internationaux en Italie (sa terre natale) et les revendre quatre fois plus cher aux États-Unis.

Pourquoi cette idée s’est-elle démarquée des autres ? Ponzi promettait à ses investisseurs un intérêt de 50% en l’espace de trois mois seulement. Verser 1000 $ chez Ponzi devait vous rapporter 5000 $ en un an.

Son arnaque n’a duré que 6 mois, car il y avait plusieurs incohérences. Tout d’abord, la Poste italienne affirma qu’elle n’avait jamais reçu une forte demande de timbres. Ensuite, le rendement de 50% 90 jours proposé par Ponzi était gigantesque par rapport à tout autre type de placement. Enfin, le passé criminel de Ponzi le rattrapa et mit fin à l’aventure d’un homme qui devint millionnaire en l’espace de quelques mois.

👉 L’autre nom associé à la pyramide de Ponzi est Bernard Madoff. Considéré comme un génie de la Finance, pour son apport dans l’informatisation des échanges en Bourse, cet ancien maître nageur devint même président du Nasdaq en 1990.

Son fonds récolta près 50 milliards de dollars (avec un ticket d’entrée de minimum 1 million $) et ne visait que les personnes très fortunées. La promesse de rendement plus modeste, 10% fixe par an, et la falsification des documents envoyés aux clients permirent à la pyramide de tenir quatre décennies.

Ni ses détracteurs ni les enquêtes menées par le gendarme de la Bourse n’ont réussi à démasquer l’immense arnaque d’un homme qui devenait de plus en plus intouchable. C’est la crise de 2008 qui permit cela, quand de plus en plus d’investisseurs réclamèrent leur argent. Madoff purge actuellement une peine de 150 ans de prison et endosse, seul, la responsabilité de cette affaire.

👉 Comment peut-on repérer une telle pyramide ? Plusieurs indices peuvent vous mettre la puce à l’oreille tel que:

  • Une promesse de rendement en décalage avec ce qui est proposé sur les marchés.
  • L’initiateur du projet n’investit pas son propre argent dans l’affaire
  • Il est nécessaire de recruter d’autres personnes pour atteindre l’objectif
  • Vous ne trouvez aucune documentation ou preuve de l’investissement
  • Vous avez du mal à récupérer votre argent en temps voulus.

Avec du recul, cela peut vous paraître évident que ces investissements étaient mensongers, tant les signes étaient nombreux. Cependant, c’est l’art de convaincre (ou de tromper ?) son prochain qui permet à de telles fraudes d’exister.

De nos jours, ces arnaques sévissent toujours, mais les avancées technologiques réduisent considérablement leur durée de vie et leur champ d’application. Ces exemples nous montrent qu’en Finance, il faut parfois revenir à un des fondamentaux des sceptiques qui dit « c’est bien trop beau pour être vrai ».

Par Timur Kazkondu

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Comprendre ce qu’est l’Euronext, la bourse paneuropéenne transnationale

Vous connaissez sans doute quelques marchés où les transactions financières s’opèrent, comme le CAC40 en France, le BEL20 en Belgique ou le Dow Jones aux États-Unis. Cependant, il existe également une place (lieu où les échanges sont standardisés) qui regroupe plusieurs pays européens, c’est l’Euronext ou European New Exchange Technology.

Le 22 septembre 2000, la fusion des Bourses de Bruxelles, Paris et Amsterdam donne naissance à un nouveau marché européen, dont l’objectif est l’harmonisation des échanges au sein de l’Union suite à la création de la monnaie unique, l’Euro.

La société mère, Euronext NV, crée les filiales Euronext Paris, Euronext Bruxelles et Euronext Amsterdam, qu’elle détiendra à 100 %.

L’idée de proposer, sur un même marché, des produits financiers côtés habituellement sur des marchés différents séduit d’autres pays. Ainsi, les Bourses de Lisbonne, Dublin et d’Oslo rejoindront Euronext définitivement tandis que le New York Stock Exchange fusionnera avec en 2007 et sera revendu en 2013.

Les années suivantes, de nouveaux pourparlers seront entamés avec la Bourse italienne et allemande en vue d’un rapprochement avec le marché commun, mais sans succès.

Euronext se charge de la gestion des échanges sur ses différents marchés boursiers et de la gestion des produits financiers négociés, comme les actions, obligations, les ETF, les produits dérivés et les matières premières.

Elle crée également des plateformes d’échange basées sur différents thèmes comme les technologies, les grandes capitalisations ou le climat.

Face à la mondialisation de la Finance, des bureaux sont ouverts un peu partout à travers le monde, comme à Londres 🇬🇧, Hong Kong et New York pour faciliter les échanges et avoir un regard transcontinental.

Aujourd’hui, l’indice Euronext opère sur le marché de Bruxelles, Amsterdam, Paris, Londres, Dublin, Lisbonne et Olso sous le sigle ENX. Le siège stratégique se situe à Paris tandis que son siège social historique reste à Amsterdam. La société gère près de 1500 entreprises tandis que la capitalisation boursière de ses marchés atteint les 4 480 000 000 000€.

Par Timur Kazkondu

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Que représentent les agences de notation ? Que font-elles et quel est leur objectif ?

Pour comprendre ce que sont les agences de notations ainsi que leur rôle dans les marchés financiers, faisons un petit rappel de ce que sont les obligations. Une obligation (ou « bond » en anglais) est un titre de créance.

C’est lorsqu’un investisseur prête de l’argent à une entreprise (ou un État, une banque), qui promet de rembourser le capital, majoré d’intérêts.

Cependant, tous ces émetteurs d’obligations (emprunteurs) ne se valent pas, et ne représentent pas le même risque pour les futurs détenteurs (prêteurs). Ce risque, c’est principalement le « risque de défaut », autrement dit la probabilité que l’emprunteur ne puisse pas honorer ses engagements à l’échéance.

C’est là qu’interviennent les agences de notation. Les plus connues sont Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, qui se partagent près de 95 % du marché. Leur objectif est de donner une indication aux investisseurs sur la santé financière de l’émetteur de l’obligation.

  •  L’intérêt ? La prime de risque exigée par les « bondholders » en dépendra.

Prêter de l’argent à l’Allemagne, l’Italie ou l’Argentine n’est pas la même chose aux yeux du marché, et il est nécessaire d’avoir une base sur laquelle les comparer.

Pour classifier les différents émetteurs entre eux, les agences utilisent un classement (Rating) composé de lettres. Pour celles ayant une santé financière « irréprochable », elles obtiendront un triple A (AAA ou Aaa), viendront ensuite celles qualifiées d’excellente qualité (AA), bonne qualité (A), de moyenne qualité (BBB jusque B), celles en risque de défaut (C) et en faillite (D). En deçà d’un certain seuil (souvent BB), les investissements sont jugés « spéculatifs » et les attentes des prêteurs seront plus élevées.

Bien que les agences de notations soient une référence, ils ne sont pas non plus sans défauts. La situation financière d’une entreprise peut changer d’années en années, et les agences de notations peuvent modifier leur note avec un certain décalage dans le temps.

De plus, quelques conflits d’intérêts ont été constatés dans le passé, comme l’attribution automatique d’un triple AAA pour certains produits financiers douteux en contrepartie d’une rémunération plus élevée.

Les indications apportées par les agences de notation sont indispensables, car elles sont adoptées par l’ensemble du marché et leur interprétation est simple à comprendre.

Cependant, l’oligopole (c’est-à-dire la domination qu’ont quelques acteurs sur un marché) que représente le « Big Three » et leur méthode de rémunération posent parfois la question de leur neutralité. Néanmoins, il est préférable pour certains de naviguer avec un compas parfois approximatif plutôt que naviguer à vue.

Par Timur Kazkondu

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Que représente le KIID, ou Key Investor Information Document ?

Pour les personnes qui ne souhaitent pas se satisfaire du maigre rendement qu’apporte le compte d’épargne actuellement, il existe une alternative qui passe par l’investissement en bourse. Celui-ci peut se faire au travers de plusieurs produits financiers comme les actions, les obligations ou les fonds (mélange d’actions et d’obligations), ce qui nous intéresse aujourd’hui.

Le fonctionnement et la gestion de fonds peuvent paraître flous pour certains. C’est pourquoi l’Union européenne a souhaité simplifier la compréhension des caractéristiques des fonds d’investissement vendus aux clients. L’ensemble des informations-clés est regroupé dans un document appelé KIID (Key Investor Information Document).

En 2012, le KIID est introduit en Belgique pour remplacer le prospectus simplifié. Il est composé de deux pages qui reprennent les principales caractéristiques d’un fonds d’investissement (ou OPCVM) comme l’objectif et la politique d’investissement, le profil de risque nécessaire, la classe de risque du produit, les frais liés au placement et les performances du fonds. Pour permettre une comparaison rapide et facile entre les fonds, l’Europe a imposé la standardisation du format du KIID dans toute l’union.

Depuis la crise financière de 2008, le secteur bancaire est tenu d’être plus transparent dans son fonctionnement et ses opérations. Les directives prises comme Bâle, Solvency ou MIFID ne cessent d’évoluer, ce qui est aussi le cas du KIID qui deviendra dorénavant le KID (Key Information Document).

Celui se distingue de son prédécesseur sur plusieurs points:

  • La première différence, et pas des moindres, concerne les produits financiers repris par ce nouveau document. Le KID englobera les fonds, mais également les assurances placements et les produits structurés.
  • Dans le KIID, les rendements du fonds présentés étaient ceux des dernières précédentes. Dans le KID, il s’agira de fournir des rendements futurs basés sur des scénarios (négatifs, neutres, optimistes).
  • Les frais qu’engendre l’investissement sont exprimés en pourcentage annuel dans le KIID. Un investisseur souhaitant récupérer son argent après un an aura une vue précise sur les frais grâce au KID.
  • Une durée de détention est recommandée pour l’investisseur.

L’introduction du nouveau document a été prévue pour fin 2019 — début 2020, et ce changement doit être opéré rapidement par les organismes financiers qui commercialisent les produits concernés.

La Finance est un domaine particulier où des principes simples sont habillés d’un langage technique. Mais l’époque où le client devait faire confiance « les yeux fermés » au flair de son conseiller est révolue. Celui-ci veut connaître, s’impliquer, se renseigner sur la manière dont son argent est géré.

L’ouverture de la Finance ne peut se faire que grâce à une communication transparente et une meilleure implication de chaque partie, et le KIID va dans ce sens.

Par Timur Kazkondu

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Comprendre ce qu’est le Produit Intérieur Brut (PIB) – Partie 2

Pour rappel, le PIB détermine l’ensemble des produits et services finaux créé par un pays pendant une année, ou la valeur totale de production de richesse d’un pays.

Sa formule est : C + I + G + (X – M). * C = la consommation des ménages, c’est-à-dire ce que les citoyens dépensent en un an.

  1. I = les investissements des entreprises, dans des machines, des bâtiments.
  2. G = la consommation du secteur public, donc de l’État
  3. X = les exportations vers d’autres pays, c’est-à-dire quand le pays vend ses produits aux autres
  4. M = les importations depuis d’autres pays, c’est-à-dire quand le pays achète les produits des autres.

L’augmentation ou la diminution de ce total indique si l’économie d’un pays est en croissance ou se rétracte. En 2019, le PIB de la Belgique était de 473 milliards d’euros, en croissance de 1,4% par rapport à 2018.

👉 Pour pouvoir soutenir la croissance économique, plusieurs actions peuvent être entreprises, en voici quelques exemples :

  • La consommation des ménages peut être stimulée grâce à une augmentation du pouvoir d’achat, dont l’augmentation salariale est un exemple.
  • Pour que les entreprises puissent investir dans leur développement, il faut leur en donner les moyens. Pour cela, une réduction des charges peut être envisagée.
  • Les gouvernements peuvent mener une politique budgétaire plus rigoureuse, pour éviter de recourir à l’emprunt pour financer son développement. Cela peut passer par une augmentation des revenus issus des impôts ou une diminution des dépenses dans certains secteurs.
  • La gestion de la devise locale peut avoir un impact sur les exportations et importations. Dévaluer une monnaie (lorsque c’est possible) peut relancer l’activité exportatrice d’un pays.

👉 Bien que la croissance du PIB soit un but à atteindre, ce n’est pas aussi simple. Chaque acteur a son objectif, les ménages veulent maximiser leur pouvoir d’achat, les entreprises générer plus de profits, les gouvernements obtenir un excédent budgétaire et valoriser les échanges à travers le monde. Et pourtant, il est possible de coordonner ces volontés propres vers une croissance économique nationale.

C’est l’État qui fournit ce travail à travers une politique budgétaire, monétaire et une politique des revenus. Le Gouvernement prend des décisions, à court ou long terme, pour répondre à la situation économique de son pays. Le gel des salaires sera, par exemple, une mesure à court terme pour ralentir une inflation galopante tandis que l’investissement dans des formations d’avenir constitue une mesure qui portera ses fruits que des années plus tard.

👉 Ces investissements peuvent être financés par les recettes que perçoit l’État. Mais lorsque cela n’est pas suffisant, il est nécessaire de passer par un emprunt. Dans la plupart des pays, le recours à la dette est inévitable, surtout en période de crise. Cette dette peut être obtenue en s’adressant aux banques ou aux investisseurs (en émettant des obligations).

La dette publique fait souvent l’objet d’une comparaison avec la richesse créée, on parle alors de dette par rapport au PIB (Dette/PIB, exprimé en pourcentage). Pour la Belgique, ce taux est de 103% en 2019, tandis qu’elle est de 132% pour l’Italie, 182% pour la Grèce, 79% pour les États-Unis et 238% pour le Japon.

D’autres pays ont une meilleure gestion de leur dette comme la Russie (16%), le Luxembourg (23%) ou l’Arabie saoudite (17%). Ce taux d’endettement public a une influence sur la confiance qu’ont les investisseurs qui se posent des questions quant à la solvabilité ou le respect d’un pays envers ses engagements. Ainsi, prêter à l’Allemagne ou à la Grèce ne représente pas le même risque aux yeux du monde.

Dans les moments de crise, la Banque Centrale européenne aide financièrement les pays en achetant une partie de leur dette. De ce fait, les gouvernements disposent d’argent frais pour soutenir l’économie locale et prêter aux ménages et entreprises.

➡ Le PIB est un outil utile, mais ne résout pas tout. La richesse créée par un pays ne peut être comparée à de l’argent « liquide » et penser que la dette peut être remboursée en utilisant le PIB annuel n’est pas correct. Il s’agit de donner une indication sur ce qu’un pays est capable de générer en une année, tant en termes de dépenses que de revenus.

L’État a le pouvoir de relancer son économie, mais ses fonds ne sont pas illimités, c’est la raison pour laquelle elle doit emprunter… quitte à créer un déficit qui agira négativement sur la croissance du PIB.

Par Timur Kazkondu

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Quelles sont les répercussions du coronavirus sur nos sociétés ?

Le contexte actuel affole les différents gouvernements qui anticipent même le risque d’une crise PLUS GRAVE que celles déjà vécues qui viendra frapper l’économie mondiale de plein fouets ! Plusieurs conséquences sont à déplorer au niveau mondial:

  1. Chômage de masse mondial
  2. Situation d’urgence sociale
  3. Baisse drastique de l’activité
  4. Krach boursier
  5. Perte de confiance des investisseurs

Les économistes répondent à cette question de deux manières différentes :

  • Dans un premier temps, les économistes abordent les problèmes sociétaux et économiques auxquelles font face les populations.

Une augmentation du chômage que nous pouvons constater à travers le monde. Selon l’Organisation International du Travail (OIT), la crise économique provoquée par le virus pourrait détruire prêt de 25 millions d’emplois dans le monde. L’ensemble des secteurs d’activités sont touchés et par conséquent les entreprises vivent une situation inédite.

Par exemple, aux Etats-Unis, le nombre de nouvelles demandes hebdomadaires se chiffre à 6,6 millions, soit le double de la semaine précédente.

Selon l’Association des économistes catholiques, le tissu social va souffrir. La crise aura inévitablement un impact sur les entreprises indépendantes et les commerces !

Une dépression de la demande et de l’offre déstabilise le système économique et cela est dû essentiellement à la mise à l’arrêt de certains secteurs d’activité.Les déficits budgétaires risquent de gonfler et les dettes publiques également.

  • Dans un second temps, les économistes nous parlent des problèmes structurels auxquels font face nos sociétés.

Selon le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, « Il y aura, dans l’histoire de l’économie mondiale, un avant et un après le coronavirus ». Notre système de production et notre système de santé doivent être organisés différemment à l’avenir.Les entreprises n’étaient pas préparées à ce type de crise et ont dû radicalement changer de comportement afin d’atténuer les conséquences.

Désormais les entreprises de services se dirigent vers le télétravail, et quant aux entreprises de production elles doivent envisager d’autres moyens !

==> Les pays asiatiques ont mieux géré la crise sanitaire !L’économiste belge, Étienne de Callataÿ, nous donne une réponse simple et claire, « les européens ont une hésitation à prendre des mesures qui aboutissent à restreindre certaines formes de liberté et d’autre part nous sommes dans des configurations politiques plus fragmentées où il est plus difficile de se mettre d’accord ».

Par Florenc Micaj

–> Pour en savoir plus à ce sujet, n’hésitez pas à réécouter la chronique ECO-RONA #6 (https://www.facebook.com/parlonsfinance.be/videos/2752379951715809/)

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Connaissez-vous l’histoire de Jacob Fugger, l’un des hommes les plus riches de l’histoire

Connaissez-vous l’histoire de Jacob Fugger ? Appelé « Jacob le Riche » car il est l’un des hommes les plus riches de l’histoire.

Petit-fils d’une famille religieuse spécialisée dans le commerce du textile, né en 1459, dernier d’une fratrie de sept et initialement destiné à servir l’Église, Jacob Fugger connaît un tout autre destin: celui des affaires, le business.

Marchand, banquier puis entrepreneur de mines… Il était déjà surnommé « le Riche », Jacob II Fugger porta à son apogée la puissance de la famille Fugger. Une famille apparue à Augsbourg à la fin du XIVe siècle et dont la destinée est étroitement liée à la plus puissante dynastie du monde chrétien, les Habsbourg, qui deviendront ses meilleurs clients.

Les guerres rendent le train de vie de la dynastie très coûteux, et ils doivent donc emprunter. Plutôt que de toucher des florins (monnaies de l’époque), peu rentables, Jacob Fugger conditionne ses prêts à des hypothèques sur les nouvelles mines d’argent du Tyrol. Ne pouvant rembourser, les monarques cèdent leurs concessions au banquier, qui les fait prospérer. 

Il était très en avance sur son temps. Reconnu comme étant un génie de l’économie et de la Finance, par contre aucune connaissance du bonheur. Il a étudié toutes les pratiques commerciales et techniques du business à son retour de Venise.

La famille Fugger a façonné l’histoire de l’Europe. A partir de 1486, il commençait à avoir des excédents incroyables et des bénéfices à ne plus savoir qu’en faire, donc ils ont débuté à octroyer des crédits avec ces sommes exorbitantes en bénéfice.

Ainsi, il fût le banquier principal du pape mais également celui de l’empereur et quand les deux entreront en guerre, il financera ce dernier tout en le forçant à signer un traité de paix. Fugger est alors le banquier le plus puissant d’Europe : il peut emprunter ce qu’il veut, attirer les riches investisseurs avec ses comptes rémunérés à 5% et engager des sommes que nul autre banquier ne peut atteindre. En 1519, elle finance l’élection de Charles Quint à la tête du Saint Empire romain germanique.

En effet, à sa mort, le 30 décembre 1525, le banquier allemand️ Jacob Fugger avait accumulé un capital qui représentait pratiquement l’équivalent de 2% de la richesse produite en Europe. On estime que, deux ans après, la fortune de sa famille avait crû de plus de 900% en 15 ans. Une fortune supérieure à celle de l’Américain John D. Rockefeller. A son apogée, son réseau s’étend à travers toute l’Europe.

Il est également important de noter qu’à son décès, il est un homme seul. Sa femme, épousée pour des questions de prestige, est chez son amant qu’elle épousera très vite. Il n’a qu’une fille, illégitime, et ce sont ses neveux qui feront perdurer l’entreprise familiale un siècle encore. L’un de leurs descendants actuels est banquier.

« Fugger fut le premier millionnaire répertorié, écrit Greg Steinmetz. Même John D. Rockefeller ne possédait pas une telle richesse. »

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Qu’est-ce que le cycle économique/conjoncturel ?

Certaines personnes de votre entourage vous diront qu’elles ont vécu plusieurs crises économiques (ou financière) dans leur vie, mais aussi de très belles années.

Elles vous diront également qu’une prochaine crise est imminente similaire à celle de 1929 où l’économie mondiale s’effondra en quelques années. Enfin, elles pourraient également vous dire que le système financier semble ne pas avoir retenu les leçons du passé, car les choses se répètent sans cesse.

Cependant, la répétition de ces « bonnes » et « mauvaises » périodes est loin d’être anormale, bien au contraire, elle fait partie intégrante du cycle d’une économie. C’est ce que l’on appelle le « cycle conjoncturel ».

Le cycle conjoncturel part du principe qu’il existe des périodes de forte croissance et des périodes de faible croissance, évoluant à des rythmes différents. On peut néanmoins distinguer trois types de cycles : les longs (on parle dans ce cas de tendance économique), de courts (conjonctures) et des très courts (évolution saisonnière).

Mesurer la situation économique d’un pays se fait en analysant le produit intérieur brut (PIB), qui indique l’ensemble des produits et services finaux produit par un pays en un an. Cet indicateur permet de nous situer sur l’une des phases du cycle conjoncturel.

Voici les principales :

  • La basse conjoncture : L’économie se porte mal, la consommation des ménages, le taux d’emploi ainsi que les investissements des entreprises sont au plus bas. L’inflation, qui est la hausse généralisée des prix des biens à la consommation, est très faible. Il faudra attendre une petite impulsion de la demande (provenant généralement des États-Unis) pour amorcer une reprise des exportations et de la production des entreprises.
  • La reprise : La demande des ménages, belges ou étrangers, entraîne une augmentation de la production des entreprises. L’État peut également y contribuer en facilitant l’emprunt pour les investissements. L’inflation repart à la hausse.
  • L’expansion : La croissance est en hausse, tout comme la consommation des ménages. L’épargne diminue due aux achats multiples. Les entreprises engagent du personnel pour pouvoir répondre à la demande, ce qui fait augmenter les salaires et l’inflation. L’État profite de cette dynamique pour récolter des recettes.
  • La haute conjoncture : La demande croissante des ménages met sous pression les entreprises qui ont de plus en plus de mal à suivre la cadence. Le pays est en plein emploi et la croissance commence à atteindre son maximum. L’économie commence à être en surchauffe. L’inflation est forte, tout comme les salaires, ce qui pèsera sur les marges des entreprises. La banque centrale européenne augmentera ses taux pour éviter l’hyperinflation, ce qui donnera un coup de frein à une économie à bout de souffle. La musique s’arrête.
  • Le renversement : Cette fois-ci, l’offre ne peut clairement plus répondre à la demande. Les perspectives de bénéfices diminuent, ce qui engendre des pertes d’emploi, une augmentation du chômage et une baisse des salaires. Les ménages, dans un souci de protection de leur argent, reportent leurs dépenses à plus tard, ce qui accélérera la chute de l’économie. Les États appliquent des mesures d’austérité en diminuant les dépenses publiques.
  • La récession : Lorsque la croissance économique baisse au-delà de deux trimestres consécutifs, on parle alors de récession. La demande des ménages est au plus faible, tout comme la production des entreprises, chacun garde son argent dans ses caisses. Les seules dépenses prévues répondent aux besoins quotidiens. Le chômage augmente et l’économie tourne au ralenti. L’inflation baisse tout comme les taux d’intérêt.

Nous n’avons pas volontairement parlé en détail du taux d’intérêt qui constitue une composante importante dans les cycles économiques, car il fera l’objet d’un autre article. Sachez toutefois que le taux d’intérêt augmente lorsque l’économie est à la hausse et diminue lorsqu’un renversement s’annonce, jusqu’à la basse conjoncture.

Ces phases du cycle conjoncturel composent la vie économique et les comprendre permet d’anticiper les prochaines années. Tout comme le soleil arrive après la tempête, les lendemains d’une crise économique amorcent une reprise encore plus forte. Si vous en doutez, regardez l’évolution de l’économie mondiale depuis la crise de 2008. Tout est dit.

Selon vous, à quelle étape du cycle conjoncturel sommes-nous ?

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Qu’est-ce que l’inflation ?

L’inflation… cela vous dit peut-être quelque chose. Ce concept que l’on tente désespérément d’appliquer et de maintenir à un certain niveau pour relancer notre économie à bout de souffle. Cette inflation qui était sans cesse dans la bouche de l’ancien président de la Banque Centrale européenne, Mario Draghi, et qui hantait (un peu) son esprit.

Mais qu’est-ce que l’inflation ?

L’inflation représente l’augmentation généralisée des prix des biens la consommation et des services. C’est-à-dire que l’on ne parle pas d’inflation lorsqu’un secteur en particulier voit ses prix augmenter sensiblement. Elle est exprimée en pourcentage et sur une durée de 12 mois (ou « inflation annuelle »).

En effet, elle se mesure annuellement et se présente sous forme de pourcentage. Lorsque l’inflation augmente, le pouvoir d’achat de chaque euro que vous avez en votre possession diminue d’autant

Ce sont les biens et services utilisés couramment par les ménages qui permet le calcul de l’inflation. On y retrouve les produits d’usage quotidien (comme l’alimentation ou l’essence), les biens durables (comme les électroménagers et les vêtements) ainsi que les services (assurances ou transports en commun).

L’impact de l’inflation est considérable, en voici quelques cas :

  • La valeur de votre argent déprécie d’année en année. Il a pour effet d’inciter les ménages à consommer aujourd’hui, plutôt qu’à attendre plus tard.
  • La dette des pays baisse également d’année en année et les nouveaux emprunts perdront de leur poids à leur échéance.
  • Pour compenser la perte de pouvoir d’achat lié à l’augmentation des tarifs, les salaires augmentent également.

Il existe d’autres phénomènes liés à l’inflation, comme l’hyperinflation, la déflation ou encore la stagflation.

L’hyperinflation est mauvaise pour l’économie, car la hausse des prix est trop rapide par rapport aux salaires. Le meilleur exemple est celui de l’Allemagne dans années 20 où le prix du pain augmenté de 2000 % en quelques mois.

La déflation concerne une baisse généralisée des prix, dans ce cas l’économie s’enraye, car les consommateurs retardent leur achat puisqu’ils considèrent que les prix peuvent encore baisser.

Enfin, la stagflation représente une inflation combinée à une stagnation de la croissance qui s’affaiblit. Ainsi, on parle d’une situation économique d’un pays caractérisée par la stagnation de l’activité, de la production, et par l’inflation des prix.

L’inflation reste un élément clé pour la croissance mondiale, chaque acteur y joue un rôle important. C’est pour cela qu’il restera un objectif majeur pour Christine Lagarde lors les prochaines années. Elle tentera de maintenir le taux d’inflation à %, seuil très difficile à atteindre puisque la dernière fois où cela s’est présenté… c’était en 2012.

Actualité:

Selon Eurostat, l’inflation dans la zone euro s’est légèrement accélérée en janvier, conformément aux attentes, avec la hausse des prix des produits alimentaires, des boissons alcoolisées, du tabac et de l’énergie.

Les prix à la consommation ont baissé de 0,1% par rapport à décembre mais augmenté de 1,4% par rapport à janvier 2019. Le taux d’inflation en rythme annuel était de 1,3% en décembre après 1,0% en novembre.

Les prix des produits alimentaires, des boissons alcoolisées et du tabac ont affiché une hausse de 2,2% sur un an, ceux de l’énergie une progression de 1,8%.

L’inflation dite de base, c’est à dire hors produits alimentaires non transformés et énergie, a ralenti à 1,3% en rythme annuel en janvier après 1,4% en décembre.

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Quelles sont les principales réglementations européennes qui auront un impact sur le secteur financier ?

Une chose est sûre, le secteur financier est en pleine transformation : fermetures d’agences, suppressions d’emplois, déplacement des services vers les canaux digitaux, fusions et acquisitions entre banques, implémentation des technologies (internet des objets, Big data, intelligence artificielle) dans leurs propositions de valeur, etc.

Ce ne sont que quelques exemples qui démontrent le changement que vit ce milieu, qui s’était peu développé dans sa forme durant le XXe siècle.

Beaucoup de ces changements trouvent une explication dans notre mode de consommation actuelle (hausse de la fréquentation des applications bancaires, taux d’intérêt très bas), tandis que d’autres préparent le monde financier de demain.

Ainsi, de nos jours, les données générées sur internet (data) sont vues comme « le nouvel or noir ». Celles-ci sont omniprésentes, lorsque vous surfez sur Facebook ou Google, lorsque vous répondez à une enquête en ligne, et même parfois, lorsque vous discutez entre amis. Elles constituent une source d’information de grande valeur pour les entreprises, dont certaines les monnaient en les vendant à autrui.

C’est la raison pour laquelle l’Union européenne a décidé d’instaurer une série de mesures pour protéger les données personnelles des citoyens européens.

En voici les principales:

  • GDPR, ou General Data Protection Régulation, est sûrement la réglementation qui a le plus fait parler d’elle ces derniers temps. Depuis le 25 mai 2018, les entreprises qui ont accès aux informations personnelles des citoyens européens doivent suivre une série de mesures strictes de conservation et traitement des données, sous peine d’amendes.

Les entreprises doivent pouvoir traiter les données avec précaution, ne garder que le minimum nécessaire et fournir un accès aux citoyens désireux de les modifier, consulter et/ou supprimer.

  • MIFID II, ou Market in Financial Instrument Directive II, est la suite du MIFID I créé en 2007. Son objectif est d’apporter une plus grande rigueur et transparence dans la vente de produits financiers tels que des actions, obligations, SICAVs, produits dérivés et toutes assurances placement.

L’autre aspect de cette réglementation est la protection de l’investisseur. Avant de pouvoir lui donner un conseil, les banques doivent établir le profil d’investisseur, qui reprend la situation financière de l’intéressé, sa stratégie d’investissement et sa connaissance/expérience dans ce domaine. Le conseiller doit être également transparent vis-à-vis des coûts, comme les frais d’entrée et de gestion.

  • PSD 2, ou Payment Services Directive 2, crée une structure pour les entreprises qui souhaitent entrer dans le secteur des paiements en ligne. Face à l’intention des GAFA de proposer des solutions de paiement, l’UE a décidé de réglementer la gestion des données bancaires et la manière dont les paiements en ligne doivent être exécutés. L’objectif est encore une fois la protection des citoyens européens.

Les organismes financiers et bancaires dépensent des millions d’euros pour mettre en place des structures qui respectent ces directives européennes, car les amendes peuvent être lourdes (% du CA).

D’autres parts, les instances de régulation intègrent elles aussi de nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, pour contrôler les banques en devenant ainsi des RegTech, ou Régulation Technologies.