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Qu’est-ce que représente l’Union des Marchés de Capitaux (UMC) ?

L’UCM est un projet européen dont l’objectif est de mettre en place des prêts non bancaires (hors institutionnels, hedge funds, fonds de pension …) et d’apporter d’autres moyens de financement au travers des marchés de capitaux, en particulier pour l’infrastructure et les PME.

La crise de 2008 avaient déjà démontré que les banques étrangères réduisaient le plus vite possible leur présence en dehors de leurs frontières nationales en période de crise, ce qui complexifie le renouvellement des prêts des entreprises et des ménages qui les avaient contractés auprès de ces banques…

L’objectif de l’UCM est d’impliquer aussi bien les investisseurs institutionnels tels que les fonds de pension et les assurances mais aussi les ménages dans le financement de l’économie réelle, et de réduire le rôle des banques classiques en vue de stimuler la croissance en Europe.

C’est aussi un moyen de poursuivre le processus d’intégration européenne en harmonisant le cadre règlementaire des marchés financiers au niveau européen.

Pour ce faire, la Commission européenne a créé un Forum de haut niveau de l’UCM dont le but est de proposer des recommandations politiques pour les futures actions de l’UMC afin de garantir que les citoyens et les entreprises puissent accéder aux marchés des capitaux dans toute l’UE dans des conditions égales et indépendamment de leur position géographique

En mai 2019, les ministres des finances français, allemand et néerlandais avaient signé un projet commun, préconisant une plus grande intégration des marchés des capitaux en Europe. Ils ont mis l’accent sur le changement climatique et technologique, ainsi que sur le Brexit, en faisant de la nécessité d’un marché des capitaux bien conçu pour l’UE un enjeu stratégique urgent. 

« À l’heure actuelle, nous avons 27 marchés nationaux des capitaux qui ne sont ni pleinement développés ni pleinement intégrés. C’est particulièrement important dans la perspective du Brexit, étant donné que le centre financier de l’Europe va quitter le marché unique », selon Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne chargé des questions économiques, jeudi 23 septembre.

En effet, Bruxelles veut promouvoir le financement par fonds propres comme alternative au financement bancaire, en particulier pour les PME. À cet égard, elle envisagera de demander aux banques d’orienter les PME vers d’autres sources de financement lorsqu’elles refusent un prêt.

Par Hamza NAQI

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Nos analyses

Matt Moulding, c’est ce PDG qui a rendu ses 74 employés millionnaires !

Matt Moulding, le célèbre généreux fondateur de la société d’e-commerce The Hut Group qui exploite plus de 100 sites Web internationaux et vendant des biens de consommation rapides directement aux consommateurs via sa plate-forme.

Cela pourrait sembler inimaginable mais ce PDG, âgé de 48 ans, a offert près de 430 actions aux employés de l’entreprise durant ces dix dernières années ! Cela inclut les chauffeurs, les agents d’entrepôt ou encore les secrétaires de l’entreprise.

En effet, l’entreprise basée à l’aéroport de Manchester a fait de ces 74 travailleurs des millionnaires après leur avoir offert 1 milliard de livres sterling en actions. « Nous avons créé plus de millionnaires que toute autre entreprise dans l’histoire de l’entreprise britannique », précise Moulding

🔴 Faisons un résumé de sa vie:

De parents modestes, son père travaillait sur le Tarmac d’un aéroport et sa mère était un marchand d’antiquités.

  • En 2004, Moulding a fondé The Hut Group, inspiré par l’achat d’un CD en ligne. Il a déclaré qu’il reconnaissait que la vente en ligne pouvait être « fondamentalement tellement moins chère« 

A la suite du lancement de l’iPhone et la montée en puissance du streaming de musique numérique, le généreux fondateur s’est concentré sur la vente d’autres produits en ligne et a acquis un certain nombre d’autres entreprises de commerce électronique.

En 2014, KKR, un des plus ancien fonds d’investissement américain et même des plus importants au monde gérant plus de 221 milliards d’actifs, a acheté 20% de l’entreprise.

  • En 2013, Moulding envisageait déjà de faire entrer l’entreprise en Bourse
  • En 2016, la société exploitait 100 sites Web de commerce électronique et rien que deux ans plus tard, elle en exploitait 166.
  • En 2018, il a été annoncé que Molding quitterait ses fonctions de PDG pour devenir président exécutif
  • C’est en septembre 2020 que Moulding était en passe de devenir milliardaire après l’introduction en bourse réussie de The Hut Group à la Bourse de Londres. La participation de 25% de Moulding dans l’entreprise représente plus de 1,5 milliard de dollars.

Il a fait également fait don de l’intégralité de son salaire à une association caritative. Sa grande prodigalité semble s’expliquer en partie par le fait que Moulding a eu une enfance modeste et a été expulsé de l’université pour s’être absenté pour rendre visite à son frère en prison.

Donnera-t-il de nouvelles idées aux autres fondateurs ou sera-t-il uniquement un exemple dans l’histoire ?

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Fiscalité

En Belgique, les automobilistes sont dépassés par les taxes !

SmartMove, c’est le nom du nouveau plan clivant pour 2022 qui a été proposé par le gouvernement bruxellois. L’accueil a été plutôt amer de la part des citoyens belges mais également des acteurs politiques nationaux.

En effet, ce dispositif prévoit que les automobilistes de Bruxelles-Capitale ne devront plus payer de taxe de mise en circulation ni de taxe annuelle mais devront désormais s’acquitter du paiement d’une taxe kilométrique, qui aura tendance à saler la facture, dès 2022.

En revanche, c’est peu fairplay pour les wallons ou encore les flamands ayant leur emploi basé à Bruxelles qui font le trajet quotidiennement et qui paieront à la fois leur TMC, leur taxe de roulage annuelle mais aussi cette nouvelle taxe kilométrique lors de leur entrée dans Bruxelles.

L’objectif de ce plan, louable, est de réduire l’utilisation de la voiture de 25% d’ici à 2030 dans un objectif de réduction de l’empreinte carbone.

En gros, le montant de la taxe sera calculé sur base de plusieurs éléments dont le nombre de kilomètres parcourus, l’heure de circulation ou encore la puissance du véhicule. La nuit et les weekends ne feront pas l’objet d’une taxation.

Si vous n’êtes pas de la région et que vous allez occasionnellement dans la Région Bruxelloise, au même titre que les touristes, vous devrez vous munir d’un pass à la journée. Et pour les automobilistes qui ont l’habitude de se déplacer en gros cylindrés, la taxe risque de changer leurs habitudes de conduite …

Parlons de votre argent:

En effet, le montant à payer au kilomètre sera évaluée en fonction des facteurs susmentionnés. Si vous possédez une berline et que vous l’utilisez au quotidien, le montant de cette taxe pourra varier entre 800 et 1200 euros, sans compter les taxes régionales, si vous n’êtes pas de Bruxelles.

  • Prenons un cas concret, Jean Ribocou possède actuellement une Golf 7 ayant une puissance fiscale de 6 chevaux fiscaux. Jean est consultant indépendant et se rend chez ses clients en voiture durant les heures de pointes et roule 250 jours par an. Nous savons que sa taxe de mise en circulation vaut 65 euros par an et que sa taxe de circulation annuelle vaut 152€ par an, sa facture annuelle ne dépasse donc pas 220 euros.

Avec Smartmove, en roulant en moyenne 250 jours par an un véhicule avec une puissance fiscale de 6 chevaux fiscaux, parcourant 25 kilomètres en heures de pointe par jour et 8 km en heures creuses, Monsieur Ribocou paiera plus de 1400€, soit 5,6X le montant initial.

Un autre exemple, avec une voiture de 11 chevaux fiscaux, si vous conduisez 20 km en heures de pointe et seulement 200 jours par an, vous paierez 1.200 euros sans comptabiliser le montant de votre conduite en heures creuses… cela peut vite monter.

A noter qu’un autre projet irrite une frange de la population et fait polémique puisque dès le 1er janvier 2021, la vitesse générale sera fixée à 30 km/h sauf sur certains grands axes ou dans les zones de rencontre où la vitesse variera.

Des groupes de militants automobilistes se sont rassemblés sur Facebook dont notamment le groupe « L’automobiliste en a marre » qui rassemble plus de 25.000 membres s’opposant aux nouvelles taxations et aux limitations de vitesse non adaptées.

De surcroît, une manifestation sera organisée contre cette nouvelle taxe le dimanche 20 décembre 2020 à 15h.

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Nos analyses

Qui est Jérôme Kerviel, le Trader connu pour avoir fait trembler la Société Générale ?

Dans notre série sur les personnes ayant fait l’actualité financière, nous revenons aujourd’hui sur l’un des traders les plus connus en France et qui a failli entraîner la chute d’un monument français, la Société Générale.

Cet homme n’est autre que Jérôme Kerviel …

👉 Qui est-il ?

Jérôme Kerviel est né le 11 janvier 1977 à Pont-l’Abbé (en Bretagne). Passionné par les chiffres, il entame des études d’économie et termine par un Master en management des opérations de marchés à l’Université Lyon II.

En 2000, il rejoint la division « Banque d’investissement » de la Société Générale, en tant que chargé de Middle Office. Son rôle est simple, il s’agit de vérifier que les transactions encodées par le Front Office (les traders) sont valides et les informations cohérentes. Une tâche répétitive que Kerviel cherchera à automatiser en créant des logiciels sur Excel.

Sa volonté d’exceller et d’agir rapidement permet à Jérôme de se différencier de ses pairs et d’être nommé assistant-trader en 2002. Bien que la nature de ses activités ne change pas (il continue à « matcher » les informations pour le compte des traders). Kerviel a désormais accès aux salles de marché.

👉 Apprenti trader

Début 2005, Jerôme Kerviel devient à son tour trader. Il négocie des produits dérivés, plus précisément des Turbo Warrant.

Rappel : Un warrant est un produit dérivé qui donne à son détenteur le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre une quantité définie d’un actif financier à un prix et une période déterminés dans le contrat. (voir article sur les produits dérivés pour plus de détails).

Le courtier français doit cependant tenir compte d’une potentielle perte sur chaque pari. Pour cela, il souscrit une assurance qui couvrira les moins-values. On dit dans ce cas qu’il se « hedge ». Ainsi, toute prévision de hausse est couverte par un contrat d’assurance à la baisse, et vice-versa.

Cette activité pouvant rapidement dégénérer, la Société Générale fixe des règles pour chaque desk, voire pour chaque trader. Parmi celles-ci, on y retrouve la limite maximale à investir ainsi qu’une obligation de déboucler ses positions en fin de la journée.

👉 Un trader hors pair…

Un principe-clé du hedging est que chaque contrat d’assurance doit être associé à un produit dérivé. Or, il se peut que le produit dérivé soit clôturé (par l’activation du droit d’achat/vente), mais que le contrat d’assurance existe toujours. L’intérêt dans ce cas est de profiter de la compensation offerte par l’assurance sur un sous-jacent que nous ne détenons pas. C’est une forme de spéculation que l’on appelle « une prise de position ».

Jerôme Kerviel va très rapidement maîtriser les techniques associées à la spéculation et va prendre de plus en plus de risque, tant sur le montant mis en jeu que sur sa période de débouclage.

Ainsi, à l’été 2005, il pariera à la baisse sur les actions d’Allianz, ce qui portera ses fruits lors des attentats de Londres. En 2006, il empoche 28 millions d’euros de gains suite à une prise de position de 1 500 millions. En 2007, il récidive en réalisant un bénéfice exceptionnel de 1,5 milliard d’euros après avoir misé 30 milliards d’euros !

👉 … mais aussi hors-la-loi

Comment Kerviel a-t-il pu gagner autant d’argent sur ses positions ? Mais surtout, comment a-t-il pu miser autant sans être surveillé ? Avant de porter l’homme en gourou des marchés financiers, il a lieu de rappeler que la banque avait fixé des limites pour éviter les dérives de ses employés.

Pour ne pas attirer l’attention, le futur ex-trader, encodait de fausses transactions dans le système informatique, prenant le soin également de rédiger de faux mails. Les informations devant être vérifiées par le Middle Office, cela lui laissait le temps de déboucler ses positions.

👉 La Chute

En 2008, l’étau se resserre autour du courtier. Une enquête interne est menée suite à de nombreuses anomalies et la crise des subprimes pousse à la prudence sur le marché. Jérôme fut pris alors dans ce qu’il appelle lui-même « un engrenage » qui l’entraîna à miser plus pour gagner plus.

Sa dernière vision : parier sur une hausse du Dax en janvier 2008 pour un montant titanesque de 50 milliards d’euros (ce qui représente plus que la valeur des fonds propres de la banque !). Malheureusement pour lui, les marchés iront dans le sens contraire de ses prévisions et les 1,5 milliard d’euros gagnés l’année précédente seront rapidement perdus.

Kerviel sera au pied du mur et devra annoncer les sommes engagées à sa hiérarchie, qui pensait alors jusque-là le réprimander pour la dissimulation des 1,5 milliard gagnés…

Face à un tel danger, la Société Générale décide de déboucler en urgence les positions de son trader, et ce, au risque de mettre les marchés en alertes. Après des jours, la banque accuse une perte sèche de 5 milliards (6,5 milliards issus de la vente – 1,5 milliards de gains).

👉 La suite

Très vite, le coupable est désigné, c’est Jérôme Kerviel qui aurait agi seul et dans son propre intérêt. De son côté, le trader licencié reconnaît ses actes, mais refuse d’assumer seul. Selon lui, sa hiérarchie était au courant des pratiques et l’encourageait (il apporte des preuves de ses dires dans son livre l’engrenage [éditions Flammarion, 2010]).

L’affaire va très vite en justice et celle-ci condamne dans un premier temps Kerviel à rembourser 4,9 milliards d’euros ainsi qu’à une peine d’emprisonnement de 5 ans, dont 2 avec sursis. Au fil des procès, l’accusation change de visage et la Société Générale se voit supporter la majeure partie des pertes. Finalement, le natif de Bretagne devra à son ancien employeur la somme d’un million d’euros.

Aujourd’hui, Jérôme Kerviel s’est retiré des marchés financiers. Après avoir retrouvé un travail en tant que contrôleur de gestion, il s’est tourné vers l’écriture et les conférences. De son côté, la Société Générale a perdu de sa superbe. Avec un contexte économique défavorable au secteur, celle dont l’action valait encore 155 € en avril 2007 ne vaut plus aujourd’hui que 12 €… Une contre-performance que Jérôme aime rappeler sur Twitter.

Par Tim KAZKONDU

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Banque & Finance Nos analyses

Qui est Henry Paulson ? Le dernier rempart du monde économique durant la crise des subprimes !

Bien des hommes ont marqué l’Histoire de la Finance mondiale grâce à leurs idées, leurs victoires ou le poste qu’ils occupaient. C’est le cas d’Henry Paulson, un homme qui avait quasiment le destin du monde économique entre les mains.

Qui est Henry Paulson ?

Henry « Hank » Paulson est né le 28 mars 1946 à Palm Beach, en Floride. Ses premières études, en littérature, au collège Dartmouth étaient bien loin de la finance. Cependant, il prit rapidement le chemin des affaires en étudiant à la Harvard Business School.

S’il est un homme d’influence, c’est parce qu’il a côtoyé le pouvoir assez tôt dans sa carrière en étant nommé assistant du secrétaire adjoint à la défense du Pentagone (1970 – 1972) et conseillé privé du président Richard Nixon (1972 – 1974).

Son prochain arrêt fut la banque d’investissement Goldman Sachs en 1974 où il y gravit les échelons jusqu’à en devenir CEO en 1999.

2007 : La crise des Subprimes

En 2006, Paulson pense être au sommet de sa carrière, car il vient d’être nommé secrétaire au trésor américain, la plus haute fonction financière du pays, par George W. Bush. Il est loin d’imaginer l’ampleur de la tempête financière qui s’abattra sur l’économie américaine un an plus tard. Tempête qui sera causée par la vente de titres financiers toxiques adossés à des prêts hypothécaires, les fameux Subprimes.

Durant la crise financière de 2007, le monde vit une période de chocs. La banque d’investissement Lehman Brothers se déclare en faillite, les prochaines sur la liste sont Freddie Mac et Fannie Mae, s’il n’y a pas une intervention du gouvernement. Même la compagnie d’assurance AIG risque la banqueroute. Les autres banques, trop occupées à tenter de garder leurs clients, ne veulent plus accorder de crédits, c’est la panique.

Paulson sort l’artillerie lourde.

En réaction, Paulson prend deux décisions majeures:

  • La première consiste à laisser Lehman Brothers assumer ses responsabilités et faire faillite. Cette décision, très controversée, sera pour beaucoup le déclenchement de la crise. Pour le secrétaire au trésor américain, le message est clair : le contribuable américain ne paiera pas pour les erreurs de Wall Street et il faut donner l’exemple.
  • La deuxième porte sur un plan de relance titanesque. La chute des grandes banques américaines provoquerait un effondrement du système économique mondial, qu’il faut à tout prix éviter. Pour cela, l’État américain créera l’Emergency Economic Stabilization Act of 2008, qui débloquera 700 milliards de dollars dans le programme TARP (Trouble Asset Relief Program).

Fannie Mae et Freddy Mac seront nationalisées et AIG sera sauvée contre 85 milliards de dollars. Bien que la première version du programme prévoyait des prêts pour éviter le risque de crédit ou de liquidité, c’est finalement une participation de l’État dans les principales banques américaines qui fut choisie. Ces décisions apaisèrent temporairement les marchés financiers, qui mettront tout de même des années à se remettre de la crise.

Beaucoup de personnes reprochèrent à Henry Paulson d’avoir des conflits d’intérêts. Son passage chez Goldman Sachs, alors principal concurrent de Lehman Brothers, créera des doutes auprès de l’opinion publique.

Une suite plus calme

Le natif de Floride quitta ses fonctions en 2009, remplacé par Timothy Geithner. Il fonda la Paulson Institute qui a pour but de promouvoir les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine, pays qu’il a beaucoup côtoyé lorsqu’il était plus jeune.

Nous pouvons parfois penser que le point culminant d’une carrière consisterait en un moment de triomphe, là où les succès font partie du passé, et où les défis rares. Dans certains cas, le moment le plus important de la carrière d’un homme coïncide avec le moment le plus important du monde.

À ce moment, tout le savoir, toute l’expérience acquise doit être mobilisée, car l’erreur n’est pas permise. Ces critères, Henry Paulson les avait. Après tout, seul un banquier d’exception pouvait nous sortir d’une situation aussi exceptionnelle.

Par Tim KAZKONDU

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Economie Nos analyses

Voilà pourquoi la Chine est la grande gagnante de la crise actuelle !

Première touchée, première sauvée, une analyse économique et financière révèle que la Chine est la grande gagnante de la crise !

Il est évident que personne ne sortira pleinement victorieux de cette crise car le monde entier a été touché mais en termes de relance de l’activité, la Chine s’est démarquée des autres pays et se hisse parmi les modèles de réactivité !

La Chine est un des seuls pays dont l’activité économique a pu reprendre de manière significative. Le PIB chinois affiche positif pour l’année 2020 alors que le PIB de la zone euro et celui des États-Unis affichent négatif.

En effet, la part de la Chine dans le commerce mondial n’a jamais progressé aussi vite que depuis la pandémie de Covid-19, et cela, à l’aide des exportations de ses produits médicaux et au télétravail, selon une note de Euler Hermes publiée lundi 19 octobre. 

En jetant un œil du côté de la bourse, nous pouvons constater la surperformance des actions chinoise en 2020 !

  • L’indice CSI 300, lequel regroupe les 300 plus importantes valeurs cotées à Shanghai et Shenzhen, affiche un gain d’environ 20% depuis le début de l’année
  • Le S&P 500, qui se base sur les 500 plus grandes sociétés cotées sur les bourses américaines, gagne près de 10% depuis janvier.
  • Le Stoxx Europe 600, qui regroupe les 600 plus importantes capitalisations boursières européennes, chute d’un peu plus de 10%.

Selon Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC banque, deux facteurs expliquent une telle reprise de l’activité en Chine. Selon l’économiste, il s’agit du système politique chinois et du commerce international (particulièrement l’exportation) qui ont permis à la Chine de mieux gérer la crise comparé aux européens et aux américains.

  • Production industrielle en Chine :
Illustration de l’évolution de la production industrielle chinoise en 2020

Une solide demande à l’exportation a permis de relancer la production industrielle en Chine de manière significative. En effet, la production industrielle a progressé plus que prévu.

D’après les données du Bureau National des Statistiques (BNS), la production industrielle a augmenté de 6,9% au mois d’octobre alors que les analystes anticipaient une hausse de 6,5%. En plus de l’évolution de la production, une forte croissance des dépenses de consommation a été constatée.

En conclusion, l’accroissement de la production industrielle et l’augmentation de la demande des ménages ont permis de dynamiser l’économie chinoise sans parler du vaste accord (RCEP) du plus grand marché de libre-échange au monde mené par la Chine.

La question se pose de savoir que devons-nous, en Europe, mettre en place pour relancer l’activité économique ?

Par Florenc MICAJ

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Economie Nos analyses

Pourquoi la Hongrie et la Pologne bloquent-ils le budget Européen ?

Alors qu’on approche de 2021, année du plan de relance européen, la Hongrie et la Pologne ont imposé leur veto lundi au projet de budget de l’UE et au plan de relance de l’économie suite à la pandémie. Nous parlons d’un budget total stratosphérique de 1.850 milliards d’euros !

Pour sa lutte contre la crise du COVID-19 que l’on vit, l’Union Européenne fait de nombreux efforts pour soutenir le citoyen européen ainsi que l’économie européenne dans son ensemble. Ainsi, plusieurs fonds ont été débloqués pour soutenir et stimuler l’économie de l’UE qui seraient partagés entre les pays.

Cependant, la crise sanitaire actuelle n’est pas le seul front de bataille pour certains membres de l’UE !

  • En Pologne, des semaines de manifestations journalières dans la capitale se poursuivent suite à la suspension du droit à l’avortement.
  • En Hongrie, l’Etat de droit est menacé depuis plusieurs années sous la présidence de Viktor Orban. De nombreux rapports soulignent l’état, de moins en moins voire pas du tout, libéral hongrois ainsi que la menace pour la démocratie hongroise et polonaise.

En effet, la Commission Européenne a pris de nombreuses mesures pour combattre ces actions du gouvernement polonais et hongrois, tel que la poursuite de l’administration Orban auprès de la Court de Justice Européenne.

Toutefois, il semblerait que la Hongrie de Orban et la Pologne de Duda ne comptent pas se laisser faire !

Ainsi, des diplomates hongrois et polonais ont fait savoir à leurs homologues européens que leurs gouvernements respectifs comptent bloquer le budget et le plan de relance européen pour la période 2021-2027. Ce montant budgétaire inclut les 750 milliards prévus de base pour l’après-covid ainsi que le budget long-terme de l’UE de 1.075 milliards d’euros.

La raison pour laquelle la gouvernement hongrois et polonais veulent mettre leur véto pour ces fonds de relance est une clause spécifique dans ce plan de relance. La Commission souhaite bloquer certains fonds quand l’état de droit ne serait pas respecté, ce qui est purement légitime comme condition.

Mais il faut savoir que la Hongrie et la Pologne sont les principaux concernés par cette clause, et ont donc décidé de prendre des contre-mesures drastiques! Et comme il faut l’unanimité des Etats-membres pour autoriser la Commission européenne à lever les fonds, ces pays ont décidé de bloquer le budget européen !

Par Wassim ESSEBANE

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Nos analyses

L’information guide les marchés financiers mais qu’est-ce qu’un délit d’initié ?

En bourse, deux choses s’échangent principalement : l’argent et l’information. Cette dernière dicte les tendances des marchés financiers et explique pourquoi les traders ont les yeux rivés toute la journée sur les chaînes d’informations.

Cependant, toutes les informations n’ont pas la même valeur et l’utilisation de certaines d’entre elles peut coûter cher à son détenteur. C’est le cas lors d’un délit d’initié.

👉 Qu’est-ce qu’un délit d’initié ?

On parle de délit d’initié lorsqu’une personne a en sa possession une information sur une entreprise que d’autres n’ont pas et qui, par l’utilisation de celle-ci, lui confère un avantage sur les marchés financiers.

Le délit d’initié est considéré avant tout comme un abus de marché, car l’exploitation de l’information privilégiée bouleverse les règles du jeu. Les autres investisseurs n’ayant pas encore connaissance de la nouvelle avant sa publication, ils ne peuvent anticiper les cours de bourse.

👉 Quelles informations peuvent faire l’objet d’un délit d’initié ?

Soyons bien clairs, détenir un « scoop » n’est pas interdit. D’ailleurs, à l’ère du numérique, on peut trouver toutes sortes de données financières sur internet. Et même si les traders professionnels donnent l’impression d’avoir accès à des informations avant tout le monde, celles-ci sont toujours publiques et sont mises à disposition de tous (du moins pour ceux qui savent la chercher).

Mais comment savoir si l’information reçue peut être utilisée ou non ? C’est la complexité de la chose. L’analyse fondamentale est un exercice long et considérable qui impose de connaître la société dans les moindres détails avant de décider d’y investir. Il est évident que les comptes seront épluchés et le management surveillé. Néanmoins, cela reste des informations exploitables.

D’autres par contre n’hésiteront pas à se rapprocher de l’entreprise, quitte à se rendre sur place pour juger de sa capacité de production. Certains iront jusqu’à côtoyer des employés pour capter quelques bruits de couloir. Pourtant, plus vous serez proche du centre décisionnel d’une société, plus vous serez en possession d’informations sensibles, et moins vous aurez l’occasion de les exploiter.

En Belgique, c’est le rôle de l’Autorité des services et marchés financiers (la FSMA) de vérifier si une transaction financière a été réalisée sous un délit d’initié ou non. Lorsque cela est prouvé, l’auteur des faits peut encourir une peine d’emprisonnement allant de trois mois à un an ainsi qu’une amende de 50 € à 10 000 € (à cela s’ajoutent les amendes infligées par la FSMA qui peuvent atteindre les 2 millions d’euros).

👉 Qui sont les personnes concernées par un délit d’initié ?

En réalité, tout le monde peut commettre ce délit, même s’il existe deux catégories de personnes dites initiées. La première reprend les dirigeants d’entreprise, les comptables ou les avocats. La seconde englobe toutes les personnes qui côtoient les initiés primaires, comme un époux ou une épouse, un ami(e), un(e) journaliste, etc.

👉 Un exemple ?

Imaginons que votre meilleur ami soit le directeur d’une entreprise cotée en bourse et très appréciée des acheteurs. Lors d’une discussion privée avec lui, il vous fait part de ses inquiétudes concernant les derniers résultats financiers. D’après lui, l’entreprise a eu une année très difficile et ne pourra pas honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers. Les résultats, quant à eux, seront publiés dans une semaine. Dans ce cas, vendre les actions que vous possédez juste avant leur chute est considéré comme un délit d’initié. Vous ne pourrez pas exploiter cette information avant qu’elle ne soit rendue publique.

Un exemple concret dans notre pays est la vente d’actions par l’ex-CEO de Proximus Dominique Leroy (aujourd’hui chez Deutsche Bank) quelques mois avant son départ. Il lui est reproché d’avoir vendu ses stock-options alors même qu’elle était en discussion avec KPN pour devenir la nouvelle CEO.

À l’étranger, c’est l’ancien trader américain Mathew Martoma qui a réalisé l’un des délits d’initié les plus lucratifs de l’histoire avec 276 M$ de gain. Martoma avait revendu les actions d’entreprises pharmaceutiques qu’il détenait suite aux confidences reçues par deux médecins concernant des essais cliniques ratés.

Vous l’aurez compris, bien que les stratégies d’investissement soient basées principalement sur des mathématiques, des probabilités ou même de l’intelligence artificielle, les informations détenues par les courtiers peuvent faire toute la différence.

Pour réaliser un « pari gagnant », chaque investisseur est à la recherche d’une nouvelle qui le réconfortera dans ses choix. Le besoin d’être au bon endroit au bon moment, couplé à la force des réseaux sociaux, peut entraîner certains à tomber dans le piège des fake news qui n’ont pour but que de manipuler les marchés… et enrichir ceux qui les propagent.

Par Tim KAZKONDU

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Bourse Nos analyses

Comment ont réagi les marchés suite aux élections américaines ?

Les marchés annonçaient une baisse quelques jours avant les élections américaines et nous pensions que la tension dû aux élections allait empirer les choses. Cependant, les marchés ont réagi différemment et nous avons observé une nette augmentation des valeurs boursières suite aux élections.

Wall Street affichait des résultats dans le rouge avant le 3 novembre. La période des élections présidentielles américaines, en plus de la crise sanitaire, ont accrus l’incertitude chez les investisseurs.

• Le Dow Jones – 6,5%.
• Le S&P 500 – 5,6%.
• Le Nasdaq – 5,5%.

En Europe, les marchés connaissent également un recul important :

• Le CAC 40 – 6,33%.
• Le DAX – 8,46%.
• Le Stoxx 600 – 5,45%.

Le 5 novembre, la Bourse de New York ouvre en hausse et cela est portée par l’espoir de voir les résultats des élections américaines se traduire par des politiques budgétaire, fiscale et réglementaire favorables aux grandes entreprises. La confiance des investisseurs l’emporte sur l’incertitude liée aux élections. Les résultats suivants le confirment :

• L’indice Dow Jones gagne 1,49%.
• Le S&P 500 prend 1,77%.
• Le Nasdaq progresse de 1,87%.
• Le CAC 40 prend 2,44%.
• Le DAX affiche 1,96%.
• Le Stoxx 600 s’ajuste à 2,05%.

Nous pouvons en conclure que les résultats des élections ont eu un impact positif sur les cours boursiers. Joe Biden semble avoir rassurer les investisseurs et permis aux marchés de rebondir. Le tout est de savoir si cette relance est de longue durée ou au contraire éphémère.

Quel est votre avis sur la question ?

Par Florenc MICAJ

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Nos analyses

Que sont les « obligations perpétuelles » ?

En finance, lorsqu’une entreprise ou un pays souhaite obtenir de nouveaux capitaux, elle peut passer par le marché de la dette, en émettant des obligations (voir l’article dédié sur Parlons Finance).

De nos jours, les taux d’intérêt sont très faibles, ce qui réduit considérablement le gain à réaliser sur les obligations (l’obligation d’État allemand à 10 ans offre un taux de –0,63 % !). Les investisseurs à la recherche d’un meilleur rendement n’ont pas d’autres choix que de se tourner vers des émetteurs plus risqués, des maturités plus longues ou le marché des actions.

Ainsi, en juin 2020, l’Autriche a émis une « century bond » à 100 ans avec un coupon de 0,88 %. Certains d’entre vous pourraient se demander s’il existe une durée encore plus longue que celle-ci. La réponse est oui, il est théoriquement possible de s’endetter pour « l’éternité » avec une obligation perpétuelle.

– Obligation « perpétuelle » ?

Une obligation perpétuelle, ou perpetual bond, est un instrument financier de dette qui n’a pas d’échéance. Autrement dit, le capital de départ n’est pas remboursé, seuls les intérêts sont payés.

Quel est l’intérêt pour l’émetteur ? Il s’agit ici d’une méthode d’endettement « douce » puisque l’entreprise ou le pays qui propose cette obligation ne devra pas rembourser le nominal.

L’intérêt pour l’acheteur est avant tout son souhait d’obtenir une rente régulière. Le taux élevé du coupon ajoute, quant à lui, un autre élément intéressant.

Beaucoup de ces obligations comportent un droit de rachat, appelé « call ». Cette option donne à l’émetteur le droit de racheter l’obligation à un prix et une période déterminée (et donc rembourser anticipativement le détenteur). Puisque le principal atout d’une obligation perpétuelle est la réception des coupons, cette option constitue un possible manque à gagner pour l’acheteur.

– Quels sont les autres points d’attention ?

Ce type de produit, bien qu’il fasse partie de la catégorie des obligations, présente des risques intrinsèques élevés. Voici quelques-uns :

• Risque de coupon : l’émetteur peut, en cas de difficultés financières, décider de diminuer le montant du coupon versé ou tout simplement le supprimer.
• Risque de crédit : l’émetteur peut faire faillite avant le remboursement de sa dette. Dans ce cas, les détenteurs d’obligations perpétuelles sont remboursés après les autres créanciers ou détenteurs d’obligations « classiques ».
• Risque de taux : la hausse des taux d’intérêt a un impact négatif sur le prix des obligations existantes. Plus la durée de l’obligation est longue, plus ce risque est important.
• L’inflation : une augmentation de l’inflation diminue la marge bénéficiaire des coupons versés.
• Autres risques : certaines entreprises émettent des obligations perpétuelles avec une date implicite de remboursement. Toutefois, cette date peut être modifiée ou repoussée maintes fois.

– Comment déterminer le prix d’une obligation perpétuelle ?

Pour cela, nous devons calculer la Valeur Actuelle d’un investissement, autrement dit, la valeur aujourd’hui de l’ensemble des coupons que l’acheteur recevra à l’avenir.

Formule : VA = C/r

C = coupons
r = taux d’intérêt

Ainsi, pour une obligation perpétuelle propose un taux d’intérêt de 1 %, vous devrez apporter un capital de départ de 100 000 € si vous souhaitez obtenir 1000 € de coupon.

—> 100 000 € = 1000 €/0,01

En 2001, l’entreprise biopharmaceutique belge UCB a émis pour 300 millions d’euros d’obligation perpétuelle, offrant un coupon annuel de 7,5 %. Cette opération avait pour but de financier les précédentes dettes. L’obligation a été remboursée en 2016.

Les perpetuals bonds font partie du paysage financier depuis bien longtemps. Nous en retrouvons des traces écrites datant du XXIIe siècle en France et en Espagne. Si pour beaucoup d’émetteurs ce produit est une manière de se financer à un plus faible coût, d’autres mesurent tout le sens du mot « perpétuel ». Ainsi, l’un des records de longévité appartient à la Hoogheemraadschap Lekdijk Bovendams qui verse toujours des coupons d’une obligation émise… en 1648 !

Par Tim KAZKONDU