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Le DAX 40 défie la récession : Pourquoi l’indice allemand surpasse ses rivaux européens en 2024

Le Dax allemand signe une progression remarquable depuis le début de l’année, alors que la conjoncture de la première économie de la zone euro s’avère maussade.

Le modèle allemand qui avait engrangé tant de succès dans les années 2000 et 2010 grâce à un accès à de l’énergie bon marché (gaz russe) et une économie tournée vers l’exportation de produits manufacturés (forte demande chinoise) montre ses limites. Les coûts de production ont monté, en raison notamment de la crise de l’énergie qui a montré la vulnérabilité du mix choisi (exposition excessive au gaz russe).

Dans le même temps, la Chine s’est renfermée sur elle-même à cause du Covid de 2020 à 2022 puis est arrivée la crise immobilière qui a fortement ralenti la demande intérieure du pays. En outre, la Chine qui tirait la demande de produits manufacturés est également devenu un concurrent de premier ordre.

Et, pourtant le DAX 40, le grand indice de la Bourse de Francfort, défie la gravité. Enchaînant les records, l’indice progresse de plus de 20% sur l’ensemble de 2024, alors que le CAC 40 perd 1,27%.

Certes, les tensions politiques en France liés à la dissolution de l’Assemblée nationale en juin et les incertitudes politiques qui ont suivi, pèsent dans la balance. La dissolution de l’Assemblée nationale en France, en juin dernier, avait provoqué d’importants remous à la Bourse de Paris. Le CAC 40qui évoluait au-dessus des 8.000 points avant cet évènement politique majeur, n’a plus jamais approché de près ou de loin ce seuil.

La question de la dissolution et des risques politiques associés a été le premier déclencheur de sous-performance de l’indice. Le risque politique a pesé car le marché a, dès le mois de juin, redouté de voir des formations politiques radicales émerger avec des importants changements fiscaux. Ce risque n’a pas pesé qu’en juin mais tout au long de l’été.

Le marché n’a pas eu tort : si le risque de radicalité politique ne s’est pas concrétisé, la fiscalité a effectivement été modifiée. Avec le risque que des mesures prises temporairement pour réduire un déficit dégradé ne deviennent durables. L’actuel gouvernement avait par exemple décidé d’alourdir pendant deux années l’impôt sur les sociétés acquitté par les entreprises réalisant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires en France.


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Néanmoins, l’Allemagne a également connu son moment « politique » cette année. De fait, le chancelier, Olaf Scholz, a révoqué le mercredi 7 novembre, le ministre des Finances, Christian Lindner, qui a été remplacé par Jörg Kukies, proche conseiller de Scholz.

Cette annonce a acté la fin de la coalition allemande « feu tricolore » qui regroupait les sociaux-démocrates (SPD) de Scholz, les écologistes et les libéraux (FDP) de Lindner. L’exécutif au pouvoir n’a ainsi plus de majorité au Parlement, réputé très puissant outre-Rhin.

Des tensions avaient émergé entre le FDP et le SDP autour de la constitution du Budget 2025 et la direction de la politique économique (en clair: faut-il relancer la croissance quitte à ne pas tenir l’équilibre budgétaire). Ce dans un contexte économique dégradé, puisque l’Allemagne peine à renouer avec la croissance, laissant désormais ses voisins tirer l’activité de la zone euro.

À la suite de cette décision, Olaf Scholz a appelé à un vote de confiance à la mi-janvier 2025. « S’il perdait ce vote, comme cela semble probable, il demanderait au président fédéral Steinmeier de dissoudre le parlement dans un délai de 21 jours. Dans le cas où le président dissoudrait le parlement, de nouvelles élections devraient être convoquées dans un délai de 60 jours« , explique UBS. Ce qui reviendrait donc à tenir des élections anticipées en mars.

Mais contrairement à la France, le risque politique mérite d’être relativisé. UBS note qu’au regard des sondages actuels, des coalitions traditionnelles (comme une grande coalition sociaux-démocrates-conservateurs) ont toutes les chances d’émerger. Alors que le parti d’extrême-droite AfD n’a que très peu de chance d’accéder au pouvoir.

De plus, ce bouleversement politique pourrait par ailleurs permettre à l’Allemagne d’obtenir plus de flexibilité sur la « règle d’or » ou « frein à l’endettement » qui limite fortement le déficit budgétaire, sauf en cas de détérioration importante de la conjoncture. Les deux partis qui devraient être amenés à former une coalition en février prochain se sont montrés ouverts à la révision de cette règle, même au sein du parti conservateur gardien du dogme du « Schwarze Null » (déficit budgétaire nul).

En d’autres termes, la crise politique allemande est vue d’un bon oeil par les marchés car elle pourrait, in fine, entraîner une hausse des investissements dans le pays.

« Il y a une ouverture sur une politique budgétaire. Une fois qu’il y aura une nouvelle coalition gouvernementale, peut-être il y aura-t-il une réflexion sur une révision constitutionnelle qui permettrait de sortir de ce frein à l’endettement qui se révèle complètement toxique« , a expliqué sur BFM Business ce jeudi Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa.  

« On se dirige vers la sortie de cette situation de blocage avec peut-être une élection en mars. Donc on va plutôt vers une clarification, au rythme des institutions allemandes« , a conclu l’économiste.

Cette différence de situation a politique a également joué un rôle dans l’arbitrage des portefeuilles des investisseurs, sachant que celle en Allemagne n’est arrivé qu’en novembre, alors que celle française date du mois de juin avec des risques plus élevés sur le plan fiscal et politique.

Mais cela n’explique pas tout. D’autant que le FTSE 100 (+7,65%), indice principal de la Bourse de Londres, et le SMI (+4,76%), celui de Zurich, les deux autres places fortes de la Finance en Europe, sont aussi distancés par le DAX 40.

Le premier élément de réponse n’a d’ailleurs rien de très complexe. Le DAX a bien résisté parce qu’il n’est pas vraiment lié à l’économie allemande. Selon les données de Goldman Sachs, seulement 18% des revenus des sociétés de l’indice sont générés en Allemagne. A titre de comparaison, le CAC 40 pourtant composé de sociétés très internationalisées, affiche un taux plus élevé, de 22,7% (de revenus générés en France).

La différence est certes, mais celle-ci se fait surtout sur le type de produits exportés. On a un cinquième du CAC 40 qui est représenté par le luxe et dont le plus grand marché est la Chine, or actuellement les ménages chinois ne privilégient pas l’achat de produits du luxe étant la situation économique de ceux-ci depuis la crise immobilière et la répression du gouvernement sur les sociétés technologiques.

Le luxe ne bénéficie pas non plus de la résilience de l’économie américaine soutenu par les dépenses à la consommation des ménages qui sont devenus plus sélectifs dans leurs achats à cause de l’inflation.

Ainsi, l’Allemagne qui a une pondération des secteurs plus diversifiés dans son indice, est lui aussi exposé à la Chine, mais moins que le CAC 40. Il est davantage exposé aux Etats-Unis, où les indicateurs macroéconomiques sont au beau fixe, alors l’indice profite bien mieux de la conjoncture actuelle américaine.

« Les Etats-Unis sont le premier marché à l’exportation des entreprises allemandes, derrière la France et, dorénavant, loin devant la Chine », confirme l’experte en analyse macroéconomique Véronique Riches-Flores. La Chine représente moins de 6 % des exportations allemandes contre près de 11 % pour les Etats-Unis.

Même si l’élection de Donald Trump, avec les risques de guerre commerciale tous azimuts, peut inquiéter, elle est vue d’un bon oeil, car un dollar fort favorise les entreprises exportatrices européennes. Depuis fin septembre, l’euro (proche de 1,06 dollar lundi) a perdu plus de 5 % face au dollar.

« Ce qu’entrevoient les marchés sont probablement les effets stimulants que pourrait avoir la politique de Trump sur la demande américaine adressée aux entreprises allemandes, plutôt que les conséquences négatives, plus incertaines et plus lointaines, des taxes à venir à l’importation », explique l’experte en analyse macroéconomique. D’autant que les entreprises chinoises risquent d’être bien plus pénalisées par le bras de fer à venir que les groupes allemands

En effet, Wall Street est en pleine effervescence depuis le début de l’année et encore plus depuis l’élection de Donald Trump, impatiente de voir arriver les baisses d’impôts, les dérégulations et l’énergie bons marchés promis par Trump, ce qui pourrait profiter à des entreprises comme Deutsche Telekom, SAP ou Allianz.

Au-delà de cette exposition faible à l’Allemagne, plusieurs poids lourds du DAX 40 connaissent une année faste. Des facteurs sectoriels spécifiques peuvent avoir contribué à sa surperformance, étant donné le poids plus important des valeurs de croissance. En effet, nous trouvons plusieurs valeurs qui ont réalisé des performances stratosphériques cette année. Goldman Sachs les appelle les « Sept Magnifiques allemandes ».

On retrouve, l’éditeur de logiciels professionnels SAP, l’assureur Allianz, le réassureur Muchich Re, le groupe pharmaceutique Merck, Siemens Energy, spécialisé dans les centrales électriques et les énergies renouvelables, le conglomérat industriel présent dans l’armement Rheinmetall, et l’opérateur télécoms Deutsche Telekom.  

Nous avons Siemens et Rheinmetall qui ont grimpé respectivement jusqu’à aujourd’hui de 321% et 105%. Dans le même temps, SAP SE, la plus grande entreprise en termes de capitalisation boursière du DAX, a progressé de 76% dans un contexte de reprise mondiale des valeurs technologiques.

Siemens Energy a profité de la mégatendance de l’électrification de l’économie. De plus, l’entreprise a par ailleurs enchaîné les bonnes publications (18,5% de croissance sur le dernier trimestre publié) et renforcé son bilan, en vendant pour 3 milliards d’euros d’actifs. « Le marché de l’électricité reste solide, entraînant des volumes et des prix élevés dans les divisions ‘Grid’ (réseaux électriques) et ‘Gas’. Dans le même temps, le redressement de Gamesa (la division d’énergies renouvelables, NDLR) semble être en bonne voie« , juge Deutsche Bank.

De son côté Rheinmetall (+70%), qui fournit des blindés à l’armée allemande, continue d’être la valeur défense préférée des investisseurs en Europe, portée par les tensions géopolitiques.  

Concernant SAP, la société a publié de très bons résultats cette année, et est exposée à deux thématiques porteuses à savoir l’intelligence artificielle (IA) et l’informatique dématérialisée (cloud). L’entreprise s’est d’ailleurs réorganisée en début d’année pour se concentrer sur l’essor de l’IA. Or, on rappelle que la tendance de l’intelligence artificielle a été extrêmement bénéfique pour les entreprises technologiques.

Par ailleurs, même en dehors des « Sept Magnifiques » cités par Goldman Sachs, d’autres groupes affichent de belles progressions dans le DAX 40. Citons Adidas (+31,1%), qui taille des croupières à son rival Nike et a relevé plusieurs fois ses objectifs 2024, le motoriste aéronautique MTU (+64,3%) qui bénéficie de la dynamique de ses services d’après-vente, ou les banques Deutsche Bank (+35,8%) et Commerzbank (+39,5%).

En revanche, lorsqu’on voit le CAC 40 avec ses poids du luxe, et de l’industrie, on retrouve des performances plus dispersées. Tout d’abord, pour le luxe, nous avons LVMH qui perd 12% cette année, Kering, -38%, l’Oréal, -22% et seulement Hermès qui prend +18%. Ensuite pour l’industrie, nous avons TotalEnergies qui perd -11,82%, Sanofi qui prend seulement +1,34%, Sanofi à +1,35% et pour la finance, BNP Paribas perd -5,79%.

D’ailleurs, le luxe français représente représente environ 20% de la pondération totale du CAC 40 a été heurté de plein fouet par la morosité de l’économie chinoise, la Chine étant un marché important pour le secteur (avec environ 30% des revenus). Cela a particulièrement pesé sur LVMH et L’Oréal, deux des trois plus importantes capitalisations boursières du CAC 40, qui ont tous deux publié des croissances inférieures aux attentes au troisième trimestre.

Les acteurs du luxe ont aussi, plus récemment, pu être pénalisés à la fois par les mesures de relance décevantes de la Chine et par les craintes liées aux surtaxes douanières voulues par Donald Trump.

« L’éventualité de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine pourrait encore affaiblir le sentiment des consommateurs chinois et compliquer le redressement macroéconomique de la Chine, ce qui constituerait un risque pour la reprise du secteur du luxe« , a souligné UBS, la semaine dernière.

Autre impasse gagnante du gestionnaire : le secteur automobile, où il est largement sous-investi, Stellantis (Peugeot, Chrysler, Fiat…) ayant vu son cours de Bourse dégringoler de plus de 40 % depuis janvier.

Lorsqu’on voit ces performances de marché, on comprend directement la divergence entre les deux indices qui représentent les deux plus grandes économies européennes.

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Economie Nos analyses

La Chine va modifier sa politique monétaire pour la première fois depuis 2010 afin de stimuler la croissance

La Chine adoptera un ensemble de politiques « plus actives » pour accroître la demande intérieure en 2025, a déclaré le Politburo du pays, un organe décisionnel majeur du Parti communiste, à l’issue d’une réunion lundi.

Le développement intégré de la technologie et de l’industrie sera soutenu et les marchés immobiliers et boursiers seront stabilisés, selon l’agence de presse officielle Xinhua.

Le fort soutien exprimé lors de la réunion indique une détermination à soutenir la croissance économique de la Chine, car beaucoup s’attendaient à ce que la deuxième économie mondiale fixe son objectif de croissance du produit intérieur brut pour 2025 à environ 5 %, le même niveau de référence que cette année.

« Les principaux objectifs de développement économique et social tout au long de l’année seront atteints avec succès », peut-on lire dans le communiqué de synthèse de la réunion.

Selon le communiqué, la Chine mettra en œuvre une politique budgétaire « plus » proactive et une politique monétaire « modérément souple », un changement de rhétorique par rapport au terme « prudent », qui était auparavant un descripteur fréquent des perspectives de la politique de la banque centrale.

Selon une note de Huatai Securities, c’est la première fois depuis 2001 que les autorités chinoises utilisent le terme « plus actif » pour décrire la stratégie globale de leur politique budgétaire.

« Une politique budgétaire plus proactive et une politique monétaire suffisamment souple devraient être mises en œuvre, améliorant et affinant la boîte à outils politique, renforçant les ajustements contracycliques extraordinaires », a-t-il déclaré.

La nouvelle formulation de la politique monétaire marque le premier assouplissement de la politique monétaire depuis fin 2010, selon les annonces officielles lors des réunions du Politburo.

En effet, la banque centrale a défini cinq orientations politiques : « souple », « suffisamment souple », « prudente », « suffisamment serrée » et « serrée », avec une certaine flexibilité de chaque côté.

« La formulation de cette déclaration du Politburo est sans précédent », a déclaré Zhaopeng Xing, stratège senior chez Australia & New Zealand Banking Group, affirmant qu’elle prévoyait une forte expansion budgétaire, de fortes baisses de taux et des achats d’actifs. « Le ton de la politique montre une forte confiance face aux menaces de Trump », a-t-il ajouté, faisant référence à la promesse du président élu d’imposer un tarif de 60 % sur les exportations chinoises.

Le conclave du Politburo de décembre définit généralement l’ordre du jour de la Conférence centrale de travail économique qui définit les priorités pour l’année suivante, comme l’objectif annuel de croissance. Cette réunion doit commencer mercredi, a rapporté Bloomberg News la semaine dernière.

Bien que la Chine ait traversé plusieurs cycles de resserrement et d’assouplissement de sa politique monétaire ces dernières années, elle est restée fidèle à la caractérisation globale de politique « prudente » depuis 2011. À cette époque, les autorités se sont éloignées de la position précédente de « politique modérément souple » adoptée pendant la crise financière mondiale, afin de calmer l’inflation croissante.

Ce dernier départ reflète l’urgence d’accélérer le mode d’assouplissement adopté par la banque centrale après l’échec du boom post-pandémie attendu. Cette initiative a conduit la Banque populaire de Chine à réduire à plusieurs reprises les taux d’intérêt et à diminuer le montant des liquidités que les banques doivent mettre de côté dans leurs réserves, même si les autorités ont eu du mal à stimuler davantage l’emprunt.

Par conséquent, les marchés actions ont bondi et les obligations d’Etat chinoises ont progressé. Le rendement de référence à 10 ans a chuté d’environ 2 points de base à 1,935 %, un niveau historiquement bas. L’indice Hang Seng de Hong Kong a bondi de 2,8 % et les actions technologiques ont augmenté de 4,3 %.

La hausse des marchés obligataires a battu des records cette année et les rendements à long terme ont atteint de nouveaux plus bas en prévision des baisses de taux d’intérêt. Les rendements à dix ans ont baissé d’environ 70 points de base cette année.

« Cela devrait stimuler la croissance économique de la Chine l’année prochaine, car davantage de politiques budgétaires et monétaires seront mises en œuvre », a déclaré Ken Cheung, stratège en chef des devises asiatiques à la Mizuho Bank de Hong Kong.

Ces annonces interviennent en même temps que la publication des chiffres sur l’inflation à la consommation et la production. La croissance des prix à la consommation en Chine a été inférieure aux attentes en novembre, atteignant son plus bas niveau en cinq mois, reflétant une faiblesse économique persistante malgré le récent assouplissement de la politique monétaire, tandis que la déflation industrielle persistait, ce qui suggère que les récents efforts de Pékin pour soutenir une demande économique défaillante n’ont qu’un impact limité.

L’indice des prix à la consommation (IPC), une mesure clé de l’inflation, a augmenté de 0,2 % sur un an le mois dernier, ralentissant par rapport à une hausse de 0,3 % en octobre, a annoncé lundi le Bureau national des statistiques (NBS).

Ce chiffre est inférieur à la croissance de 0,4 % prévue par une enquête Bloomberg auprès des économistes.

Selon Dong Lijuan, statisticien du NBS, la baisse mensuelle plus rapide de l’IPC était principalement due à une baisse de 2,7 % des prix des denrées alimentaires liée aux conditions météorologiques.

Selon Dong Lijuan, statisticien du NBS, la baisse mensuelle plus rapide de l’IPC était principalement due à une baisse de 2,7 % des prix des denrées alimentaires liée aux conditions météorologiques.

Dans le secteur manufacturier, l’indice des prix à la production a chuté de 2,5% sur un an en novembre, soit une baisse plus lente que les 2,9% d’octobre et la baisse prévue de 2,8%, mais prolongeant les baisses sur 26 mois.

Le Parti communiste devrait tenir dans les prochains jours l’une de ses principales réunions annuelles de politique économique, la Conférence centrale de travail économique, et les analystes attendent avec impatience tout signe d’une initiative plus concertée pour relancer les dépenses des ménages.

« L’économie chinoise continue de flirter avec la déflation, soulignant l’insuffisance des mesures de relance prises jusqu’à présent pour restaurer la confiance du secteur privé, relancer la demande intérieure et remettre la croissance sur les rails », a déclaré Eswar Prasad, professeur à l’Université Cornell.

Il a déclaré que la conférence de travail offrait l’occasion au gouvernement de « présenter un ensemble plus large de mesures ciblées de relance budgétaire et de réforme » pour stimuler la croissance et réduire le risque de « consolidation des pressions déflationnistes ».

Les mesures de relance prises par Pékin au cours des derniers mois ont inclus des mesures monétaires pour stimuler le marché boursier, des baisses des taux d’intérêt pour les détenteurs de prêts hypothécaires et un assouplissement des restrictions sur l’achat de logements. Le gouvernement central a également annoncé un plan d’échange de dettes de 10 000 milliards de RMB (1 400 milliards de dollars) qui vise à permettre aux gouvernements locaux de rattraper les retards de paiement des salaires et des fournisseurs.

Mais un nombre croissant d’économistes et d’universitaires en Chine appellent à des efforts accrus pour augmenter les dépenses des ménages au-delà des programmes existants du gouvernement, qui se sont concentrés sur les subventions aux consommateurs pour qu’ils modernisent leurs appareils électroménagers ou achètent de nouveaux véhicules.

Certains espèrent que la Conférence centrale de travail économique se concentrera sur ces préoccupations, même si la réunion de haut niveau des dirigeants est plus susceptible d’indiquer l’orientation de la politique plutôt que d’inclure des annonces détaillées.

« Nous nous attendons à ce que les décideurs politiques manifestent une inquiétude croissante face aux vents contraires de la croissance et signalent de nouvelles mesures de relance pour stimuler la demande intérieure et stabiliser la croissance, en mettant davantage l’accent sur la consommation, la maîtrise des risques et la fabrication de haute technologie », ont déclaré les analystes de Goldman Sachs.

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La Fed pourrait commencer à ralentir ses baisses de taux en 2025

Un haut responsable de la Réserve fédérale a averti que les progrès de la banque centrale américaine dans la lutte contre l’inflation « pourraient stagner », même s’il a apporté son soutien à une baisse des taux d’intérêt plus tard ce mois-ci. Christopher Waller, gouverneur de la Fed et membre du Comité fédéral de l’open market (FOMC), a déclaré lundi 2 décembre, qu’il soutenait la baisse des taux de la banque centrale lors de sa réunion des 17 et 18 décembre.

Il a déclaré que les coûts d’emprunt toujours élevés freinaient la demande dans le pays, contribuant à atténuer les pressions sur les prix. Cependant, Waller a noté que « si les données que nous recevrons entre aujourd’hui et la prochaine réunion surprennent d’une manière qui suggère que nos prévisions de ralentissement de l’inflation et d’une économie en modération mais toujours solide sont fausses, alors je serai favorable au maintien du taux directeur en décembre ».

Il a ajouté que certains signes indiquaient que les progrès vers un ralentissement de l’inflation vers l’objectif de 2% de la Fed « pourraient être en panne » alors que les décideurs politiques s’efforcent de freiner la croissance des prix dans le vaste secteur des services. L’indice global des prix à la consommation a augmenté à un taux annuel de 2,6% en octobre, selon les données officielles.

En outre, le taux d’inflation annuel des prix à la consommation aux États-Unis, qui exclut des éléments tels que l’alimentation et l’énergie, s’est établi à un sommet de trois mois à 3,3 % en octobre 2024, inchangé par rapport à septembre et conforme aux estimations du marché.

Les prix des services hors services énergétiques, qui sont étroitement surveillés par la Réserve fédérale pour les indicateurs de l’inflation sous-jacente, ont augmenté légèrement plus rapidement (4,8 % contre 4,7 % en septembre), reflétant une inflation toujours élevée dans le secteur du logement lourd (4,9 %, comme en septembre) et des services de transport (8,2 % contre 8,5 %).

De fait, l’inflation des services reste fortement résiliente et est largement au-dessus de l’objectif des 2% de la Fed. En effet, la persistance d’une inflation élevée, est notamment dû à la solidité du secteur des services, où les coûts salariaux et la demande résiliente maintiennent les prix sous pression. De fait, aux États-Unis, le secteur des services est beaucoup plus important et demande davantage de main-d’œuvre (il emploie 114 millions de personnes) que le secteur manufacturier (il emploie 13 millions de personnes).

Les prix des services sont plus rigides et tendent à être davantage influencés par les coûts de la main-d’œuvre, tandis que les prix manufacturiers sont plus volatils, avec un impact plus important des matières premières, des prix de l’énergie et des problèmes de chaîne d’approvisionnement.

De plus, le président de la Fed de New York, John Williams, a reconnu lundi dans des remarques séparées qu’il faudrait « un certain temps » pour que l’objectif d’inflation soit atteint en raison de progrès « inégaux », mais il s’est dit confiant que la banque centrale finirait par atteindre son objectif alors que la désinflation liée au logement se poursuivait et que les attentes d’inflation restaient sous contrôle.

Ainsi, la probabilité implicite d’une baisse des taux en décembre est passée de 66 % à 72,5 % à la suite des remarques des deux responsables de la Fed, selon les données du CME Group basées sur les échanges de contrats à terme sur les fonds fédéraux. Une baisse d’un quart de point en décembre marquerait la troisième réunion consécutive au cours de laquelle la Fed abaisserait ses taux d’intérêt, après avoir lancé le processus en septembre avec une réduction d’un demi-point. Cela ramènerait le taux des fonds fédéraux à une nouvelle fourchette cible de 4,25 à 4,5 %.

Néanmoins pour l’année prochaine, les traders ne voient plus que deux baisses de taux de 25 points de base jusqu’à la dernière réunion de 2025 qui sera le 10 décembre, alors qu’ils voyaient une baisse totale de 200 points de base pour l’année prochaine, en septembre 2024.

Par ailleurs, les responsables de la Fed recevront vendredi une mise à jour importante sur l’état du marché du travail avec le rapport sur les salaires et du taux de chômage de novembre, ainsi que de nouvelles données sur l’inflation la semaine prochaine couvrant les consommateurs et les producteurs. Les décideurs politiques recevront également de nouvelles données sur les ventes au détail – un moteur essentiel de l’économie américaine, le premier jour de la réunion de politique monétaire de deux jours de ce mois.

Qui plus est, ces derniers constatent comme tous les analystes la résilience de l’économie américaine, après avoir craint jusqu’à présent que le marché du travail ne se dirige vers un ralentissement marqué. Ils ont noté dans un compte-rendu détaillé de la réunion de novembre, publié la semaine dernière, qu’il n’y avait « aucun signe de détérioration rapide » sur le marché du travail.

Les perspectives plus optimistes, associées à de nouvelles inquiétudes concernant les pressions persistantes sur les prix qui ont maintenu les chiffres mensuels de l’inflation plus élevés que prévu, ont conduit à un large soutien parmi les responsables de la Fed pour agir « progressivement » alors que la banque centrale réfléchit à la rapidité avec laquelle elle doit ramener sa politique monétaire à un niveau « neutre » qui ne stimule ni ne supprime la demande.

Alors que Waller a déclaré qu’il s’attendait à ce que les baisses de taux « se poursuivent au cours de l’année prochaine », il a également précisé que le rythme de ces baisses ralentirait probablement au fil du temps. Williams a déclaré qu’il s’attendait à ce que les taux d’intérêt se déplacent vers un niveau neutre « au fil du temps ».

En supplément, la politique monétaire pourrait être confrontée à des vents contraires l’année prochaine si le président élu Donald Trump tient ses promesses de campagne de réduire les impôts, de limiter l’immigration et de mettre en place des tarifs douaniers. Les taxes sur les importations, en augmentant les coûts pour les entreprises et les consommateurs, combinées à une potentielle expulsion massive d’immigrants pourraient créer des tensions inflationnistes supplémentaires.

« Depuis la réunion du FOMC de septembre, les données ont généralement surpris à la hausse. En outre, l’élection a entraîné une appréciation des actifs à risque. Indépendamment des mesures mises en place, un changement de parti à la Maison Blanche crée de nouvelles inconnues pour l’économie », a déclaré Michael Feroli, économiste en chef pour les États-Unis chez JP Morgan. « Tous ces facteurs pourraient plaider en faveur d’un rythme plus progressif de baisse des taux d’intérêt. » 

D’ailleurs, certains vont même plus loin qu’une baisse progressive. De fait, Matthew Luzzetti, économiste en chef américain de la Deutsche Bank, a déclaré à Bloomberg TV qu’il pensait que la Fed procéderait à une baisse de taux de 25 points de base en décembre, puis ferait une pause pendant toute l’année 2025.

« Premièrement, ce sont les détails de notre économie sous-jacente que nous voyons maintenant », a déclaré Luzzetti. Il a mentionné la résilience continue apparente des consommateurs compte tenu des habitudes de consommation. Les dépenses de consommation personnelle ont augmenté de 0,1 % en juin, de 0,4 % en juillet, de 0,1 % en août, de 0,5 % en septembre et de 0,1 % en octobre, selon les données du Bureau of Economic Analysis (BEA).

Le revenu disponible des consommateurs (après impôts), a augmenté de 0 % en juin, juillet et août, puis de 0,1 % en septembre et de 0,4 % en octobre. En outre, la série régulière d’enquêtes sur la confiance des consommateurs du Conference Board a montré une hausse en novembre après trois mois de baisse.

La croissance du PIB a été de 1,6 % au premier trimestre, de 3,0 % au deuxième et de 2,8 % au troisième trimestre, tous chiffres annualisés corrigés des variations saisonnières fournis par le BEA. Il est difficile de plaider en faveur de baisses de taux d’intérêt comme mesure de stimulation alors que la croissance a été relativement stable.

Mais l’inflation est revenue à un niveau plus élevé que prévu, l’indice des prix PCE, mesure privilégiée par la Réserve fédérale, atteignant 2,3 % en glissement annuel en octobre et 2,8 % pour l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie). Luzzetti a également évoqué un marché du travail « plus résilient et plus stable » que prévu. Globalement, suffisamment de facteurs suggèrent qu’il n’y a pas de nécessité urgente de réduire les taux d’intérêt.

« À cela s’ajoutent les changements de politique que nous attendons : prolongations des réductions d’impôts, peut-être de nouvelles réductions d’impôts, politique tarifaire, qui augmente l’inflation – tout cela conduit à cette dynamique de croissance plus forte, nous pensons, une inflation plus élevée qui reste supérieure à 2,5 %, et un taux directeur neutre [le taux à court terme qui n’encourage ni la croissance ni la réduction de l’économie] qui est proche de 4 %, et celui de la Fed au-dessus de 4 % », ne laissant aucune place à de nouvelles réductions en 2025, a déclaré Luzzetti.

Selon lui, tout cela devrait devenir plus évident lorsque la Fed mettra à jour ses prévisions.

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Pourquoi un ‘shutdown à l’américaine’ est-il improbable en France ?

Les efforts déployés par la France pour assainir ses finances publiques menacent de déclencher une nouvelle crise politique et financière, poussant les investisseurs à vendre certains actifs du pays.

Les tentatives du Premier ministre Michel Barnier pour endiguer la hausse de la dette nationale échouent alors que les députés de l’opposition menacent de l’éjecter de ses fonctions afin de bloquer le projet de loi de finances 2025.

L’incertitude a conduit à une vente massive d’actifs français, creusant l’écart entre les coûts de financement du pays et ceux de l’Allemagne à des niveaux jamais vus depuis la crise de la dette de l’euro il y a plus de dix ans.

Pour bien comprendre la situation financière du pays, il est nécessaire de revenir sur la notion de déficit public. « C’est la différence entre les recettes et les dépenses des administrations françaises dans leur ensemble (Etat, collectivités locales, dépenses de santé publique, retraites…)», explique Catherine Mathieu, économiste à l’OFCE. Le déficit public est mesuré chaque année et s’exprime en pourcentage du produit intérieur brut (PIB).

« Les déficits publics alimentent l’augmentation de la dette publique », qui correspond à l’ensemble des emprunts contractés par l’Etat, les collectivités publiques et les administrations publiques. Ce montant évolue en fonction des remboursements et des nouveaux emprunts effectués. Actuellement, la dette publique française a dépassé les 3 200 milliards d’euros, ce qui équivaut à 112% du PIB.

L’Etat doit emprunter de l’argent sur les marchés financiers pour rembourser la part de sa dette arrivant à échéance. Il émet alors des titres publics sur ces marchés, qui sont achetés par des investisseurs. La majorité d’entre eux (53,2%) sont étrangers, selon un rapport de l’Assemblée nationale déposé en mai 2024. Il s’agit, pour la plupart, de fonds de pension, de fonds d’assurance, de fonds d’investissement souverains, de banques, voire de fonds spéculatifs.

Si Michel Barnier avance que la crise financière « est devant nous », c’est notamment parce que la France s’est engagée à respecter plusieurs règles budgétaires européennes. Le déficit public ne doit pas excéder 3% du PIB. Quant à la dette publique, elle ne doit pas dépasser 60% du PIB. Or, « aujourd’hui, on est clairement au-delà de ces critères », précise Catherine Mathieu. Cependant, pour l’économiste, avoir un « déficit public n’est pas grave en soi ».

« L’Etat doit s’endetter pour investir. En France, l’investissement public est de l’ordre de 3% du PIB. Parallèlement, pour financer la transition écologique, des études, notamment de la Commission européenne, avancent qu’il faudrait augmenter l’investissement public d’au moins 2 % du PIB », précise l’économiste. « C’est normal d’avoir un déficit, mais la question est : est-ce qu’il se creuse pour d’autres raisons que celles évoquées précédemment ?», s’interroge Catherine Mathieu.

« La crise du Covid et les mesures qui l’ont accompagnée ont creusé le déficit public et la dette, mais depuis un ou deux ans, elles ont été quasiment toutes supprimées », explique l’experte, pour qui le déficit public actuel est « aussi lié à la politique de baisse d’impôts des précédents gouvernements d’Emmanuel Macron ».

Les baisses d’impôts « étaient censées donner davantage de pouvoir d’achat aux Français et améliorer la compétitivité des entreprises. Or, la croissance n’est pas au rendez-vous et tourne autour de 1% », précise l’économiste. En conséquence, les recettes de l’Etat ont diminué ces dernières années. Par ailleurs, puisque le déficit est rapporté au PIB, «si la croissance stagne, cela contribue à faire augmenter le ratio déficit/PIB », rappelle Catherine Mathieu.

De fait, le principal risque de l’augmentation du déficit et de la dette publique est que la France perde la confiance des investisseurs sur les marchés obligataires et que l’on craigne qu’elle ne soit plus capable de rembourser sa dette publique.

Sur la scène politique, légiférer a toujours été une tâche difficile sans majorité, surtout pour un budget, car les partis d’opposition en France votent traditionnellement contre les projets de loi de finances, quelles que soient les circonstances.

En effet, les gouvernements dans cette situation peuvent recourir à une disposition constitutionnelle qui est le 49.3 pour adopter un projet de loi sans vote. Mais une telle manœuvre expose le Premier ministre à une motion de censure qui, si elle est soutenue par une majorité de législateurs, l’évince de ses fonctions et tue de fait le projet de loi.

L’ancienne Première ministre Elisabeth Borne a eu recours à plusieurs reprises à la motion 49.3 pour contourner le Parlement sur le projet de budget 2024. Elle a survécu à chaque fois, mais Barnier a le soutien d’un nombre bien plus restreint de parlementaires, ce qui rend plus risqué le déclenchement de multiples motions de censure. Il a préféré laisser le processus parlementaire suivre son cours, affirmant qu’il utiliserait probablement cet outil dans les dernières étapes à la mi-décembre.

Le bloc de gauche, le Nouveau Front populaire, s’est engagé à proposer des motions de censure si le gouvernement recourt à l’article 49.3, mais les calculs parlementaires signifient que les motions ne seront pas adoptées sans le soutien d’autres groupes d’opposition.

Ainsi, cela a donné à la dirigeante du Rassemblement Nationale, Marine Le Pen et à ses députés le rôle de décisionnaire en pouvoir de facto. En effet, le Rassemblement national est le plus grand parti au parlement.

Au début du débat budgétaire, Marine Le Pen a adopté une approche constructive, affirmant qu’il était urgent de rétablir les finances publiques et que son parti ne chercherait pas à provoquer le chaos. Elle n’a pas non plus d’intérêt politique évident, car aucune élection législative ne peut avoir lieu avant l’été 2025.

Mais ces dernières semaines, elle a menacé à plusieurs reprises d’éjecter Barnier et a critiqué le gouvernement pour ne pas avoir inclus les propositions du Rassemblement national lors des débats budgétaires.

Les risques d’exécution sont élevés, tout comme la dépendance française à l’égard des investisseurs étrangers qui financent une dette colossale. La France a environ 350 milliards d’euros de dette qui arrive à échéance l’année prochaine, dont 40 milliards d’euros d’intérêts, soit l’équivalent du budget de la défense.

Ces sommes n’ont pas encore été digérées par les électeurs, et l’opinion publique se retourne de plus en plus contre les projets impopulaires de hausse des impôts de Barnier. C’est pourquoi Marine Le Pen est prête à s’y opposer activement, et pourquoi son parti soutient les opposants de gauche dans leurs tentatives fiscalement irresponsables de faire marche arrière sur la réforme des retraites.

Cependant, même avant les turbulences politiques des dernières semaines, les finances de la France étaient une préoccupation croissante pour les investisseurs, les plans de réduction de la dette ayant dérapé fin 2024. Avec des recettes fiscales bien inférieures aux estimations, le gouvernement s’attend désormais à ce que le déficit budgétaire atteigne 6,1 % de la production économique cette année au lieu de baisser à 4,4 % comme initialement prévu.

En outre, l’Agence France Trésor (AFT) a révélé que la France allait devoir lever un montant record de 300 milliards d’euros en 2025 pour financer ses dépenses et renouveler ses précédentes dettes. A titre de comparaison, c’était 285 milliards d’euros en 2024. Cela devrait correspondre à 10% de son PIB en 2025. C’est « un chiffre relativement stable par rapport aux années précédentes », nuance toutefois Antoine Deruennes, directeur général de l’AFT.

En 2024, la dette souveraine française émise sur les marchés devrait représenter 9,8% du PIB, après 9,6% en 2023. Selon Antoine Deruennes, «la raison principale » de la hausse des montants à lever sur les marchés en 2025 est à trouver « parce que les obligations qui arrivent à échéance en 2025 sont plus nombreuses ».

Concrètement, l’Etat émet de la dette sur les marchés à une échéance donnée, à l’issue de laquelle elle doit procéder au remboursement des investisseurs. Sur 300 milliards d’euros qui seront émis en 2025, 174,8 milliards seront dédiés au remboursement de la dette de l’Etat à moyen et long terme, ce qui représente 19,7 milliards de plus qu’en 2024 selon les estimations actualisées. Par ailleurs, dans un contexte où l’Etat cherche à faire des économies pour réduire son déficit budgétaire, la charge de la dette va peser plus lourd sur les finances publiques en 2025.

Elle est prévue à 54,9 milliards d’euros, contre 50,9 milliards d’euros pour 2024. En comparaison, le premier budget de l’Etat, l’Education, s’élèvera à près de 65 milliards d’euros en 2025 et celui de la défense à 50,5 milliards d’euros. Le gouvernement affiche pour objectif de ramener à 5% le déficit public en 2025, puis à 3% d’ici 2029 dans les clous de Bruxelles, qui a lancé une procédure en déficit excessif contre la France.

« La France doit changer sa trajectoire budgétaire (…) Pas seulement à cause du respect des règles européennes de déficit excessif, mais aussi et surtout dans notre intérêt national », a aussi déclaré François Villeroy de Galhau. Pour lui, « revenir à 3% (de déficit en 2029) comme le propose le gouvernement, c’est indispensable. Sinon, nous allons rester cette exception en Europe : le pays dont la dette publique continue à augmenter après le Covid alors que tous les autres ont baissé. » a déclaré mardi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau,

Ainsi, une série de confrontations parlementaires se profile à l’horizon à l’approche de la date butoir du budget français. Barnier devra presque certainement déclencher la motion 49.3 sur les deux parties du budget de l’année prochaine, le texte principal et le projet de loi sur la sécurité sociale, ainsi que sur une loi de finances révisée sur les dépenses jusqu’à fin 2024.

La première utilisation de cet outil pourrait intervenir dès lundi 2 décembre, lorsque le volet Sécurité sociale du projet de loi devrait revenir à l’Assemblée nationale après avoir été soumis à une commission mixte par les deux chambres du Parlement, qui produira un projet unifié.

Une tentative ultérieure de censure du gouvernement pourrait ensuite être débattue et votée le 4 décembre, a déclaré Eric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale (gauche), sur la radio RTL.

Le projet de loi sur la sécurité sociale contient des mesures emblématiques auxquelles Marine Le Pen s’oppose, notamment l’indexation différée de certaines retraites et la modification du remboursement des médicaments. Mais le Rassemblement national pourrait attendre que le projet de loi de finances soit soumis à l’Assemblée nationale le 18 décembre, ce qui pourrait faire du 20 décembre le dernier test de défiance contre Barnier.

Ainsi, selon Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’université Paris II Panthéon- Assas, trois scénarios seraient alors sur la table.

Dans le premier, un nouveau gouvernement reprendrait le projet de loi de finances car « le texte ne meurt pas, si le gouvernement tombe ». La nouvelle équipeaurait alors jusqu’au 31 décembre pour le faire voter puisque c’est à cette date que le président de la République doit le promulguer au plus tard.

Un gouvernement démissionnaire pourrait aussi reprendre le texte ou en déposer un nouveau « au nom d’un impératif de continuer la vie de la nation », suppose le constitutionnaliste Thibaud Mulier, enseignant-chercheur à l’université Paris-Nanterre, car il n’existe pas de jurisprudence du Conseil constitutionnel en la matière.

Néanmoins, d’un point de vue politique, l’option du gouvernement démissionnaire qui parviendrait à faire adopter le budget paraît assez improbable. « Michel Barnier, à la tête d’un gouvernement démissionnaire, ne pourrait plus utiliser le 49.3, donc il vaudrait mieux vite nommer un nouveau Premier ministre qui puisse engager sa responsabilité », rappelle Benjamin Morel.

Deuxième hypothèse : un nouveau gouvernement ou un gouvernement démissionnaire peut à partir du 21 décembre agir par ordonnances sur le budget. « Si le Parlement ne s’est pas prononcé dans un délai de 70 jours, les dispositions du projet peuvent être mises en vigueur par ordonnance », dispose ainsi l’article 47 de la Constitution« La dernière version qui passerait par ordonnances serait celle adoptée par la dernière chambre donc en l’espèce le Sénat », précise Benjamin Morel.

« Il y a deux précédents : en 1962, la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée en octobre ne permet pas de voter le budget à temps. Seule la première partie sur les recettes est votée et des décrets sont pris pour assurer les missions de l’État ; en décembre 1979, le projet de loi de finances est complètement retoqué par le Conseil constitutionnel, obligeant le gouvernement à faire adopter dans l’urgence un texte l’autorisant à percevoir l’impôt« , souligne Anne-Charlène Bezzina, maîtresse de conférences en droit public à l’Université de Rouen.

Dernier scénario : séparer les deux volets du projet de loi de finances, avec les dépenses d’un côté et les recettes de l’autre. « Vous appliquez le volet des dépenses par voie des ‘douzièmes provisoires’, ce texte législatif financier qui permet de rééditer chaque mois les dépenses, mais cela ne permet pas de tenir longtemps. Et pour les recettes, le Parlement voterait une habilitation au gouvernement pour prélever les impôts sur une période temporaire. C’est une loi spéciale qui a été utilisée une fois, en 1980, lorsque le Conseil constitutionnel a censuré le budget » pour un motif procédural, détaille Benjamin Morel.

C’est ce que détaille l’article 45 de la loi organique relative aux lois de finances. « Cela permettrait de lever l’impôt au 1er janvier mais ce serait un scénario très dégradé qui n’empêcherait pas de devoir voter une loi de finances en 2025, même si cela ne conduirait pas à un ‘shutdown’ à l’américaine », explicite Thibaud Mulier.

« Le gouvernement peut présenter au Parlement ce qu’on appelle une loi spéciale pour prélever les impôts à partir du 1er janvier, il peut y avoir reconduction des dépenses par décret pour pouvoir payer les fonctionnaires, les retraités, etc. », a également assuré Yaël Braun-Pivet sur Sud Radio.

L’hypothèse a été évoquée par le Premier ministre sur TF1 mardi soir. « Si le gouvernement tombe, il y a des mesures d’urgence qu’on prend avec le Parlement pour pouvoir payer. Mais, cela ne couvre pas toute l’année 2025 et surtout cela n’empêche pas ni la crise ni la défiance des marchés financiers, ni que tout s’arrête et qu’il faille recommencer », a prévenu Michel Barnier.

En clair, cela signifie que seules les dépenses prévues pour 2024 pourraient être renouvelées en 2025. Dans le même temps, le gouvernement poursuit les discussions sur son projet de loi de finances avec l’espoir d’aboutir à un vote positif.

Cette solution supposant toutefois d’obtenir du Parlement le vote d’une loi spéciale. Rien ne dit, avec la composition actuelle de l’Assemblée nationale, que ce feu vert serait nécessairement accordé. La France se retrouverait alors dans une situation inédite, que ni la Constitution ni la LOLF ne prévoient. Le président de la République pourrait alors décider de reprendre la main.

« On touche ici aux limites de ce que prévoient nos textes. Emmanuel Macron pourrait vouloir retourner l’opinion contre les oppositions coupables de tout bloquer. Ce qui est certain, c’est que quelque chose sera tenté pour éviter que l’administration ne cesse de fonctionner », prédit Alexandre Guigue, professeur de droit public à l’Université Savoie-Mont-Blanc, qui met en avant l’article 5 de la Constitution.

Celui-ci dispose que « le président de la République veille au respect de la Constitution » et « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État« . Emmanuel Macron pourrait ainsi juger que la Constitution l’autorise à prendre des ordonnances pour éviter une situation dans laquelle l’État cesserait de fonctionner.

D’autres constitutionnalistes vont encore plus loin, à l’image de Jean-Pierre Camby, professeur associé à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, et Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, qui imaginent, dans un article publié le 1er juillet dans La Revue politique et parlementaire, la possibilité pour Emmanuel Macron d’invoquer l’article 16 de la Constitution, qui accorde au président de la République les pleins pouvoirs.

« Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances« , indique le texte constitutionnel.

« Cela me paraît être une interprétation abusive de l’article 16, car je ne vois pas quelle serait la menace imminente sur la Nation, mais cela montre en tout cas qu’il y a une part d’interprétation dans la lecture et l’application d’une Constitution« , estime Anne-Charlène Bezzina.

Enfin, une ombre nouvelle pourrait toutefois planer prochainement. A en croire les analyses des banques américaines, de plus en plus de hedge funds s’intéressent à la situation française. S’ils décidaient de mener des actions agressives sur la dette française, cela pourrait très vite dégénérer.

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Banque & Finance Nos analyses

Comment fonctionnent les banques d’affaires ?

Un an et demi après le début de la pandémie, le secteur des fusions-acquisitions a battu des records avec un total de 3 800 milliards de dollars en transactions durant les huit premiers mois de 2021.

Cette forte activité illustre l’importance des banques d’affaires, pourtant souvent méconnues du grand public. Bien plus que des traders de marché, ces institutions mènent des opérations financières déterminantes pour les grandes entreprises et les États. Cet article propose de démystifier les activités et les missions clés de ces banques.

Les activités bancaires en bref

Pour comprendre la place des banques d’affaires, il est important de recontextualiser les différentes branches bancaires. Les banques se répartissent en quatre grands domaines d’activités, offrant chacun des services distincts :

  • Banque de détail : Orientée vers les particuliers et petites entreprises, elle accepte les dépôts et octroie des crédits pour financer des projets.
  • Banque de financement et d’investissement (BFI) : Le secteur central des banques d’affaires, qui s’adresse aux grandes entreprises, institutions et États pour des solutions de financement avancées. C’est la branche qui nous intéresse aujourd’hui.
  • Gestion d’actifs (Asset Management) : Gère les fonds des épargnants pour générer des rendements et battre les marchés.
  • Banque privée : Propose des services de gestion de fortune pour une clientèle fortunée, offrant des portefeuilles personnalisés.

I. Le Corporate Banking : Soutenir le développement des grandes entreprises

La première division des banques d’affaires, le Corporate Banking, accompagne les grandes entreprises dans leur financement et leur croissance. À travers ce département, les banques proposent des solutions adaptées aux besoins variés des entreprises, en fonction de la durée et des objectifs de financement. Ce financement peut être à court terme, par le biais de crédits renouvelables, ou s’étendre sur le long terme avec des financements dits « structurés ».

Le financement structuré s’applique souvent aux projets de grande envergure comme l’achat d’avions, d’infrastructures, ou encore d’immobilier commercial. Par ailleurs, le financement de projets s’inscrit aussi dans le cadre du Corporate Banking, notamment pour des constructions d’infrastructures ou des projets d’énergie renouvelable. Les banques syndiquent généralement ces prêts, c’est-à-dire qu’elles répartissent les risques et les coûts entre plusieurs établissements.

Enfin, l’export et le trade finance relèvent également du Corporate Banking. Ces services permettent de sécuriser les transactions internationales pour les entreprises engagées dans le commerce mondial, en garantissant notamment les paiements et en couvrant les risques associés aux exportations.

II. L’Investment Banking : Accompagner les stratégies financières des entreprises

L’Investment Banking concentre ses activités sur le conseil stratégique et le financement des entreprises. Ce département joue un rôle crucial dans l’accompagnement des entreprises dans leurs décisions majeures, telles que les levées de fonds et les opérations de fusion et acquisition (M&A).

La division fusions et acquisitions conseille les entreprises dans leurs stratégies d’expansion ou de cession, que ce soit pour acquérir une nouvelle société ou pour se séparer d’une filiale. Les équipes M&A accompagnent les clients tout au long du processus, de l’évaluation de la cible à la négociation. En tant qu’intermédiaires, elles mettent également en relation les acheteurs et les vendeurs potentiels.

L’équipe Equity Capital Market (ECM) est quant à elle spécialisée dans les levées de capitaux pour les entreprises cotées. Elle gère les introductions en bourse, les augmentations de capital, ainsi que les ventes de blocs d’actions. Les capitaux ainsi levés servent à financer des expansions, des acquisitions, ou encore à renforcer les bilans financiers des entreprises.

Parmi les autres divisions du pôle Investment Banking, les équipes Leverage & Acquisition Finance structurent les dettes lors d’opérations d’acquisition avec effet de levier (LBO), souvent au bénéfice de fonds d’investissement. En parallèle, les équipes Debt Capital Market (DCM) assurent l’émission d’obligations pour les entreprises solides, leur permettant de lever des fonds avec un risque modéré.

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III. Le Global Capital Market : Les activités de marché et le trading

Enfin, le Global Capital Market regroupe les activités de finance de marché. Ce département est le plus connu du public, notamment grâce à la visibilité des métiers de trading. Le Global Capital Market comprend trois grands types d’acteurs : les équipes de trading, les équipes de vente (sales), et les équipes de recherche.

Les traders sont en charge d’exécuter les transactions sur les marchés financiers, parfois pour le compte propre de la banque afin de tirer profit de certaines opportunités, ou au service des clients pour gérer les risques des produits financiers qu’ils détiennent. Ils interviennent sur différents actifs : actions, obligations, matières premières, ou encore produits dérivés.

Le rôle des équipes de vente, appelées sales, est d’interagir directement avec les clients pour leur proposer des produits financiers adaptés. Les sales conseillent leurs clients sur le timing et la stratégie d’investissement, selon les analyses de marché.

Le troisième pilier du Global Capital Market est la recherche, qui se divise en deux principaux métiers. D’une part, les analystes quantitatifs développent des modèles mathématiques pour optimiser les stratégies d’investissement. D’autre part, les analystes financiers suivent de près l’évolution de certaines entreprises pour émettre des recommandations d’achat ou de vente sur leurs actions. Ce travail d’analyse approfondie permet aux investisseurs de prendre des décisions éclairées.

Les banques d’affaires, pour minimiser les risques, disposent aussi d’équipes spécialisées dans la gestion des risques. Ces analystes veillent à ce que les positions des traders et les portefeuilles des clients soient gérés de manière prudente et alignés avec la politique de la banque, notamment en matière de liquidité et d’exposition aux risques de marché.

Conclusion : Les Banques d’Affaires, un pilier de l’économie mondiale

À travers leurs multiples activités, les banques d’affaires jouent un rôle essentiel dans le financement et le développement stratégique des grandes entreprises. Avec les divisions Corporate Banking, Investment Banking, et Global Capital Market, elles offrent un éventail de services répondant aux besoins des entreprises, des institutions et des États.

Bien que souvent complexes et exigeants, ces métiers sont au cœur de l’économie mondiale, influençant à la fois le financement de projets innovants et la croissance des marchés internationaux.

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Cryptomonnaies

Le Bitcoin pourrait bientôt atteindre le sommet historique de 100.000$ suite à l’élection de Donald Trump

Le Bitcoin a récemment franchi la barre des 90 000 dollars, atteignant ainsi un sommet historique. Cette hausse spectaculaire coïncide avec la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, événement qui a considérablement influencé les marchés financiers et le secteur des cryptomonnaies.

L’impact de l’élection de Donald Trump sur le Bitcoin

La victoire de Donald Trump a eu un effet immédiat sur le cours du Bitcoin. Dès l’annonce de sa réélection, la cryptomonnaie a connu une augmentation significative, dépassant les 75 000 dollars et poursuivant son ascension jusqu’à atteindre 90 000 dollars.

Cette réaction du marché s’explique par les positions pro-cryptomonnaies affichées par Trump durant sa campagne. Il a notamment promis de faire des États-Unis la « capitale mondiale du Bitcoin et des cryptomonnaies » et de créer une réserve stratégique de Bitcoin ​​.

Réactions des marchés financiers

Outre le Bitcoin (<– lien pour lire l’histoire du BTC), les marchés financiers ont également réagi positivement à l’élection de Donald Trump. La Bourse de New York a ouvert en forte hausse, avec le Dow Jones et le S&P 500 atteignant de nouveaux records ​​. Les actions de sociétés liées aux cryptomonnaies, telles que Coinbase et Robinhood Markets, ont également enregistré des gains notables ​​.

Perspectives pour les investisseurs

Cette hausse du Bitcoin offre des opportunités intéressantes pour les investisseurs. Cependant, il est essentiel de considérer les éléments suivants :

  • Volatilité : Malgré cette augmentation, le Bitcoin reste un actif volatil. Les investisseurs doivent être prêts à faire face à des fluctuations de prix importantes.
  • Réglementation : Bien que Donald Trump ait exprimé son soutien aux cryptomonnaies, le cadre réglementaire pourrait évoluer. Il est donc crucial de rester informé des développements législatifs.
  • Diversification : Comme pour tout investissement, il est recommandé de diversifier son portefeuille pour minimiser les risques.

Le franchissement du seuil des 90 000 dollars par le Bitcoin, en lien avec l’élection de Donald Trump, marque une étape significative dans l’histoire des cryptomonnaies. Cette situation offre des perspectives intéressantes pour les investisseurs, tout en rappelant l’importance de la prudence et de la diversification dans toute stratégie d’investissement.​​

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Bourse Nos analyses

Les 6 grandes questions à se poser avant d’investir

Investir est un moyen puissant de faire croître son patrimoine, mais avant de se lancer, il est essentiel de se poser les bonnes questions pour éviter les pièges et définir une stratégie solide.

Que vous soyez débutant ou que vous ayez déjà une expérience en investissement, ces 6 questions vous aideront à clarifier vos objectifs et à choisir les investissements qui vous conviennent le mieux.

1. Quel est mon objectif d’investissement ?

Avant de faire le moindre investissement, il est crucial de comprendre pourquoi vous investissez. Avoir un objectif clair aide à orienter vos choix et à ajuster votre portefeuille en fonction de vos besoins. Les objectifs peuvent varier considérablement, en fonction de vos priorités :

  • Retraite : Accumuler un capital sur le long terme pour financer vos vieux jours.
  • Achat immobilier : Économiser pour un futur achat de résidence principale ou secondaire.
  • Études des enfants : Constituer un capital pour payer les frais de scolarité.
  • Épargne de précaution : Créer un filet de sécurité pour faire face aux imprévus.

Une fois votre objectif défini, il devient plus facile de déterminer votre horizon d’investissement, la tolérance au risque et la stratégie à adopter.

2. Quel est mon horizon d’investissement ?

Votre horizon d’investissement correspond au temps que vous êtes prêt à consacrer à vos placements avant d’atteindre votre objectif. Il est essentiel de déterminer cette période car elle influence le choix des actifs dans lesquels vous investirez.

  • Court terme (1 à 3 ans) : Pour un horizon de quelques années, des investissements moins risqués comme les obligations à court terme ou les comptes d’épargne sont préférables pour éviter les fluctuations importantes.
  • Moyen terme (3 à 10 ans) : Avec un horizon moyen, il est possible de diversifier entre des actions et des obligations.
  • Long terme (plus de 10 ans) : Avec un horizon de long terme, les actions et les ETF sont intéressants car ils offrent des rendements potentiellement plus élevés, malgré la volatilité.

3. Quelle est ma tolérance au risque ?

La tolérance au risque est la capacité à accepter les fluctuations de votre portefeuille sans paniquer. Certains actifs comme les actions peuvent offrir des rendements élevés, mais ils sont aussi plus volatils, ce qui signifie que leur valeur peut varier fortement.

  • Faible tolérance au risque : Si vous êtes averses au risque, les obligations, les fonds monétaires, ou même les assurances vie en euros peuvent être de meilleures options.
  • Tolérance moyenne : Une combinaison d’actions et d’obligations est envisageable.
  • Haute tolérance au risque : Si vous êtes prêt à accepter de grandes fluctuations, les actions de croissance, les matières premières ou même certains secteurs technologiques peuvent correspondre à votre profil.

Il est important d’évaluer votre tolérance au risque pour construire un portefeuille que vous êtes à l’aise de conserver, même en cas de marché difficile.

4. Quelle somme puis-je investir ?

Avant de vous lancer, déterminez le montant que vous pouvez allouer à vos investissements sans impacter votre quotidien ni vos besoins essentiels. Il est important de ne pas investir de l’argent que vous pourriez avoir besoin de retirer à court terme. Pour déterminer le montant :

  • Analysez vos finances : Assurez-vous d’avoir une épargne de précaution avant de commencer à investir.
  • Fixez un budget mensuel : Plutôt que de tout investir d’un coup, envisagez des investissements mensuels pour lisser les coûts et profiter de la méthode du dollar-cost averaging (DCA).
  • Évitez l’endettement : Évitez d’utiliser l’argent emprunté pour investir, sauf si vous avez une compréhension solide des risques.

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5. Quel type d’investissement correspond à mes connaissances ?

Investir dans des produits financiers que vous ne comprenez pas est risqué. La complexité de certains instruments financiers, comme les produits dérivés ou les cryptomonnaies, peut être un frein pour les débutants et même pour certains investisseurs expérimentés.

  • Actions et obligations : Si vous êtes nouveau dans l’investissement, commencer avec des actions et des obligations peut être plus facile à appréhender.
  • ETF : Les ETF (Exchange-Traded Funds) permettent d’investir dans un panier d’actions ou d’obligations et sont simples à comprendre pour les débutants.
  • Produits complexes : Les options, les produits dérivés ou les cryptomonnaies nécessitent une bonne connaissance des marchés et une tolérance élevée au risque. Ce type de produit n’est pas adapté aux investisseurs novices.

Investir dans des produits que vous comprenez vous permet de prendre des décisions informées et de mieux gérer les risques.

6. Comment diversifier mon portefeuille ?

La diversification est une stratégie clé pour réduire les risques. Plutôt que de mettre tout votre argent dans un seul type d’actif, diversifiez entre différentes classes d’actifs, secteurs économiques et régions géographiques. La diversification limite l’impact des pertes éventuelles dans une seule catégorie.

  • Diversification sectorielle : Investissez dans différents secteurs économiques (technologie, santé, finance, énergie, etc.) pour éviter une dépendance excessive à un seul secteur.
  • Diversification géographique : Investissez dans des actions et obligations de différentes régions (États-Unis, Europe, Asie) pour répartir les risques géopolitiques et économiques.
  • Diversification par classe d’actifs : Combinez des actions, des obligations, des matières premières, de l’immobilier et des métaux précieux pour réduire le risque de concentration.

Un portefeuille diversifié peut vous offrir une stabilité accrue, même en période de volatilité du marché.

Conclusion

Investir peut être un levier puissant pour atteindre vos objectifs financiers, mais il est crucial de bien réfléchir avant de se lancer. En répondant à ces six grandes questions, vous pourrez déterminer une stratégie adaptée à votre profil, vos connaissances et vos ambitions.


Disclaimer : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements en ETF et autres produits financiers comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.

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Bourse Nos analyses

Le Point sur les Marchés : élections américaines et performances des géants des semi-conducteurs

Cette semaine, les marchés financiers ont été animés par deux événements majeurs : l’élection présidentielle américaine et les gains spectaculaires de certaines grandes entreprises technologiques, notamment Nvidia, AMD, et Intel.

Examinons de plus près ces développements et leur impact sur les marchés.

Victoire de Donald Trump aux élections américaines

Donald Trump a remporté l’élection présidentielle de 2024 face à Kamala Harris, soutenu par une majorité républicaine au Sénat. Cette victoire pourrait influencer les marchés de plusieurs manières. Trump est souvent perçu comme pro-business, ce qui signifie que des politiques fiscales favorables aux entreprises et une réduction des réglementations pourraient être à l’ordre du jour.

Toutefois, l’incertitude demeure sur la manière dont sa politique commerciale pourrait affecter les relations avec des pays comme la Chine, un marché important pour l’industrie technologique.

Nvidia – N°1

Au cours des cinq derniers jours, Nvidia a vu son action progresser de 10,52 %, atteignant 148,88 USD. Cette hausse est liée à la forte demande en technologies d’intelligence artificielle et aux investissements croissants dans les centres de données.

L’administration Trump pourrait offrir un contexte économique propice à des investissements technologiques aux États-Unis, ce qui serait avantageux pour Nvidia.

AMD

L’action AMD a progressé de 3,78 % pour atteindre 149,82 USD. AMD continue de profiter de la demande accrue pour les puces destinées aux ordinateurs et aux serveurs, ainsi que de la concurrence croissante avec Intel. La politique de Trump pourrait bénéficier à AMD en stimulant la production locale, grâce à des avantages fiscaux ou des incitations pour les entreprises américaines.

Intel

Intel se distingue avec une hausse de 13,94 % sur les cinq derniers jours, portant son action à 26,23 USD. Cette performance impressionnante pourrait s’expliquer par des attentes positives concernant une politique américaine favorable à l’industrie nationale.

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Bourse Nos analyses Success story

Ex-Trader, Matthias Baccino publie son nouveau livre « prenez votre argent en main » !

Dans le paysage de la finance et de l’éducation financière en France, Matthias Baccino se distingue par sa passion pour la transmission de connaissances et son engagement pour rendre l’investissement accessible à tous.

Vous l’avez peut-être déjà vu intervenir sur des chaînes comme Legendmedia ou BFM Business, où il partage sa vision éclairée de la finance et ses conseils avisés pour les jeunes investisseurs. Aujourd’hui, à travers son parcours, ses engagements et son récent ouvrage, « Prenez votre argent en main », Matthias Baccino nous montre qu’il est possible de transformer l’univers de la finance pour qu’il devienne un allié du grand public.

Un parcours d’excellence et d’engagement financier

Diplômé de l’ESSEC en 2009, Matthias Baccino a un parcours impressionnant. Après avoir occupé des postes clés chez BNP Paribas et BinckBank, il rejoint en 2021 l’application d’investissement mobile Trade Republic en tant que General Manager pour la France et ensuite pour l’Europe.

Créée en Allemagne, Trade Republic a pour but de démocratiser l’accès aux marchés financiers avec un modèle transparent et des frais ultra-compétitifs. Sous sa direction, l’application a rapidement séduit les investisseurs français et belges en offrant des ordres de Bourse à 1 euro, une approche révolutionnaire dans un marché où les frais de transaction sont souvent un frein pour les petits investisseurs.



L’éducation financière au cœur de ses valeurs

L’un des constats de Baccino est que de nombreux Français, bien qu’instruits, manquent de compétences en gestion financière. Lui-même, malgré des études en sociologie, sciences politiques, et finance, n’a pas reçu de formation sur la gestion de budget ou l’épargne.

Ce déficit d’éducation financière, qui touche des milliers (voire millions) de personnes, l’a poussé à se tourner vers la distribution de produits d’épargne et à sensibiliser le grand public. À travers Trade Republic, il œuvre pour une finance accessible, car, selon lui, la finance n’est pas un domaine réservé à une élite mais une compétence fondamentale pour tous.

« Prenez votre argent en main » : un guide essentiel pour une autonomie financière

Dans son livre récemment publié, « Prenez votre argent en main« , Matthias Baccino propose une approche pragmatique et accessible pour aider chacun à prendre le contrôle de ses finances. Il aborde des thèmes comme l’épargne, la gestion des dépenses, la préparation à la retraite, et les investissements boursiers.

Baccino démystifie ces concepts en les rendant accessibles, rappelant que la finance n’est pas une science complexe mais une compétence que chacun peut développer. Ce livre se veut une réponse aux défis économiques actuels — baisse du pouvoir d’achat, incertitudes sur les retraites, et pressions économiques croissantes.

Pour Baccino, apprendre à gérer son argent est une étape vers la liberté financière. Il encourage les lecteurs à prendre des décisions éclairées, leur offrant des outils pratiques et des conseils applicables à tous les niveaux de revenus. Ce guide, clair et structuré, est un manuel de survie financière en temps moderne, à destination des jeunes comme des classes moyennes, tous confrontés à des enjeux économiques complexes.

L’ambition de Matthias Baccino : une finance pour tous

Avec Prenez votre argent en main et son engagement pour l’éducation financière, Matthias Baccino illustre une vision où la finance devient un levier d’émancipation plutôt qu’une source de stress. En simplifiant les notions financières et en proposant des solutions concrètes, il ouvre la voie à une finance plus démocratique, où chaque individu peut devenir acteur de son bien-être économique.

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Comment la dette américaine peut-elle nous impacter ?

Dans cet article, nous allons aborder un sujet fréquemment évoqué mais souvent mal compris : le plafond de la dette américaine. Nous explorerons l’historique de cette dette, les conséquences d’un dépassement de la limite de dette, ainsi que le rôle de la Réserve fédérale (Fed).

Qu’est-ce que le plafond de la dette américaine ?


Le plafond de la dette publique représente le montant maximum de fonds que le gouvernement fédéral est autorisé à emprunter. Ce plafond a été introduit en 1917 pour faciliter l’émission d’obligations du Trésor américain.

Les États-Unis éprouvent des difficultés à rembourser leurs dettes, les Américains ayant pris l’habitude de vivre au-dessus de leurs moyens en contractant des crédits à la consommation. Après une impasse prolongée à la fin de l’année 2021, le Congrès a accepté de relever le plafond d’emprunt à 31 000 milliards de dollars.

Historique sur la dette américaine

À partir des années 2000, la dette a commencé à augmenter de manière significative sous le mandat de George W. Bush, qui a augmenté les dépenses pour les guerres en Irak et en Afghanistan. La dette publique atteint 68 % du produit intérieur brut (PIB).

Par la suite, la crise des subprimes a davantage aggravé la situation, nécessitant une action décisive pour éviter un effondrement de l’économie et une récession prolongée aux États-Unis.

En réponse à la récession économique, le gouvernement a mis en œuvre un plan de relance complet, comprenant le programme de sauvetage des banques TARP et le plan de relance de 2009.

Cependant, sous l’administration Trump, la dette a continué à augmenter, atteignant 20 200 milliards de dollars, soit 105 % du PIB. Cette situation est due aux réductions d’impôts, à la baisse des recettes publiques et aux dépenses élevées en matière de sécurité sociale et de soins de santé.

Il est évident que l’utilisation des ressources pour faire face à la crise économique mondiale a fait l’objet d’un débat considérable, en particulier à la lumière de l’impact de la pandémie. Le gouvernement américain a mis en œuvre une série de mesures pour stimuler les dépenses, notamment des aides directes, des allocations de chômage et des prêts aux entreprises.

L’encours total de la dette s’élevait à environ 27 700 milliards de dollars, soit 129 % du PIB alors qu’aujourd’hui elle se situe autour de 35.000 milliards.

Les années 2023 et 2024 ont présenté des défis importants à tel point que l’année dernière, le plafond de la dette a de nouveau été relevé pour éviter un défaut de paiement, soulignant la nécessité d’un financement structurel. La dette continue d’augmenter en raison de la hausse des taux d’intérêt, de la charge de la dette et des dépenses de sécurité sociale et de soins de santé.

Voir le niveau de dette en direct:

Que se passera-t-il si les USA atteignent la limite ou la dépasse ?

Il est troublant d’envisager la possibilité de se retrouver dans cette situation. En outre, la dette augmente en fonction des dépenses du budget américain. Si les dépenses dépassent les recettes, cela a pour effet d’augmenter la dette automatiquement.

Chaque crise de la dette s’accompagne d’une peur profonde de l’effondrement économique, ce qui fait chuter les marchés financiers et accroît leur volatilité. La confiance des consommateurs et l’optimisme des petites entreprises diminuent également pendant les crises.

Un tel scénario augmenterait considérablement les paiements d’intérêts du gouvernement, qui, selon les estimations de la Maison Blanche, coûteront l’équivalent de 2,6 % de l’ensemble de l’économie américaine au cours de la prochaine décennie, ce qui pèsera encore plus lourd sur le budget fédéral.

En outre, elle pourrait avoir un effet déstabilisateur sur les marchés obligataires mondiaux, étant donné que les obligations du Trésor américain sont largement considérées comme l’un des investissements les plus sûrs au monde.

La Fed et son rôle clé dans la protection de la dette

La Réserve fédérale serait dans un premier temps chargée de faire face aux conséquences d’un défaut de paiement. La banque centrale dispose d’un manuel pour faire face à un dépassement du plafond de la dette, qui a été présenté lors de conférences téléphoniques et de réunions en 2011 et 2013.

Les options comprenaient le traitement des obligations du Trésor en défaut de paiement de la même manière que les obligations non défaillantes en ce qui concerne les opérations de la Fed qui ont acheté de la dette publique ou l’ont acceptée en tant que collatéral.

Ce serait le cas « tant que le défaut de paiement reflète une impasse politique et non une incapacité sous-jacente des États-Unis à remplir leurs obligations », selon les transcriptions de l’appel.

En outre, la Fed a indiqué qu’elle pourrait apporter son soutien aux fonds communs de placement du marché monétaire, compte tenu de la perturbation importante des marchés de la dette à court terme.


Le plafond de la dette américaine reste un sujet complexe mais crucial, dont les implications dépassent largement les frontières des États-Unis. Comprendre son fonctionnement, son historique et les rôles des différents acteurs, comme la Réserve fédérale, nous permet de mieux appréhender les enjeux économiques mondiaux.

En restant informés, nous pouvons anticiper les répercussions potentielles sur notre propre économie et prendre des décisions financières plus éclairées.