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 Les fonds fermés : un outil méconnu pour optimiser ses investissements

Dans l’univers de la gestion d’actifs, on entend beaucoup parler de fonds ouverts, comme les OPCVM ou les ETF, accessibles à tout moment par les investisseurs. En revanche, les fonds fermés restent largement méconnus du grand public, alors qu’ils peuvent représenter une véritable opportunité stratégique dans certaines situations patrimoniales.

Alors, qu’est-ce qu’un fonds fermé ? Comment fonctionne-t-il ? Et surtout, dans quel cas l’utiliser intelligemment dans son portefeuille d’investissement ? ErasmusGestion nous accompagne dans l’analyse de ces fonds, encore peu connus, mais aux qualités particulièrement attractives.

Qu’est-ce qu’un fonds fermé ?

Un fonds fermé est un véhicule d’investissement collectif qui se distingue par une caractéristique essentielle : il n’est accessible aux souscriptions que pendant une période limitée, généralement lors de son lancement. 

Une fois cette période clôturée, le capital est figé et les parts ne peuvent plus être achetées ou rachetées à volonté, sauf parfois sur un marché secondaire.

Cela diffère radicalement d’un fonds ouvert, qui permet aux investisseurs d’entrer et sortir librement à tout moment.

Comment ça fonctionne ?

  • Phase de souscription : Le fonds collecte des capitaux sur une période donnée (de quelques semaines à quelques mois).
  • Période d’investissement : Une fois la levée de fonds terminée, le gestionnaire déploie les capitaux selon une stratégie définie.
  • Blocage des capitaux : Les fonds sont investis pour une durée déterminée, souvent 5 à 10 ans. Les investisseurs ne peuvent pas récupérer leur mise avant l’échéance (sauf cession exceptionnelle).
  • Liquidation ou revente : À la fin de la durée de vie, les actifs sont liquidés et les plus-values redistribuées aux investisseurs.

Ce type de structure est fréquemment utilisé dans le private equity, l’immobilier, la dette privée ou les infrastructures.

Quels avantages ?

1. Vision long terme

Le blocage du capital permet aux gérants d’adopter une stratégie d’investissement à long terme, sans la contrainte des rachats à court terme. Cela favorise des décisions plus rationnelles et des investissements moins volatils, offrant un avantage significatif par rapport aux fonds ouverts, où les choix des clients peuvent perturber la gestion.

2. Accès à des actifs illiquides

Les fonds fermés permettent d’investir dans des classes d’actifs moins liquides mais potentiellement plus rentables : Micro entreprises, PME cotées et non cotées, projets immobiliers, dettes privées, infrastructures durables…

3. Potentiel de rendement supérieur

En acceptant un horizon plus long et une certaine immobilisation, l’investisseur peut bénéficier d’une prime d’illiquidité souvent mieux rémunérée que les produits classiques.

4. Discipline et décorrélation

Le capital bloqué limite les décisions émotionnelles. De plus, les actifs sous-jacents, souvent décorrélés des marchés financiers, offrent une diversification attrayante.

Comme illustré ci-dessous, un investisseur sous-performe en moyenne le marché de 3 à 4 points par an, et davantage sur un fonds. En général, il investit au plus haut dans un marché haussier et cède à la panique en vendant au plus bas, cherchant à timer le marché.

Quels inconvénients ?

1. Manque de liquidité

Le capital est bloqué pendant plusieurs années, ce qui nécessite une bonne planification de son allocation d’actifs.

Toutefois, cela n’est pas surprenant. Comme le dit l’adage, sur les marchés, il faut regarder plus que loin à court-terme pour espérer les battre.

2. Accès parfois réservé aux investisseurs avertis

Certains fonds fermés exigent des tickets d’entrée élevés ou sont réservés à des réseaux de distribution privés. Toutefois, à l’image du private equity, les tickets d’entrée des fonds fermés devraient diminuer dans les années à venir.

3. Valorisation moins fréquente

Contrairement aux fonds ouverts, cotés en temps réel, les fonds fermés ont une valorisation moins fréquente, rendant le suivi des performances plus complexe. Comparés au private equity, ils offrent toutefois une meilleure transparence aux clients, puisque c’est la valeur de marché qui est prise en compte sur la performance.

Pour qui sont faits les fonds fermés ?

Les fonds fermés s’adressent à :

  • Des investisseurs patients à la recherche de rendement à long terme.
  • Ceux qui souhaitent diversifier leur portefeuille sur les marchés cotés.
  • Des investisseurs ayant déjà sécurisé une partie liquide de leur patrimoine et souhaitant explorer des supports à horizon long.

Ils peuvent aussi être intégrés dans une stratégie de transmission patrimoniale, via l’assurance-vie, le PER, ou le PEA dans une logique de rendement différé.

En gros

Longtemps réservés aux institutionnels ou aux très grandes fortunes, les fonds fermés gagnent peu à peu en accessibilité, notamment grâce à la démocratisation du private equity et à l’essor des plateformes fintech.

S’ils comportent des contraintes, ils peuvent s’avérer être un outil puissant pour ceux qui souhaitent diversifier leur portefeuille sur les marchés cotés et non cotés.


Article rédigé en collaboration avec ErasmusGestion, une société de gestion de portefeuille indépendante agréée par l’Autorité des Marchés Financiers.

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Qu’est-ce que le « spread » ?

Le spread est un concept incontournable pour tout investisseur ou trader. Qu’il s’agisse de négocier une paire de devises, un CFD sur indices ou encore une action cotée, ce petit écart entre deux prix peut avoir un grand impact sur vos performances. Comprendre le spread, c’est maîtriser un levier clé du trading, souvent sous-estimé.

Avant de commencer, cet article est sponsorisé par IG, un acteur incontournable du trading en ligne, reconnu pour sa plateforme solide, sécurisée et performante.

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Définition simple du spread

En bourse ou en trading, le spread désigne l’écart entre le prix d’achat (bid) et le prix de vente (ask) d’un actif financier. Autrement dit, c’est la différence entre ce que les acheteurs sont prêts à payer et ce que les vendeurs demandent.

Spread = Ask – Bid

C’est un indicateur direct du coût de transaction implicite : acheter au prix ask puis revendre immédiatement au prix bid entraîne une perte équivalente au spread.

Un exemple pour bien comprendre

Prenons l’exemple d’un CFD sur l’indice CAC 40 :

  • Prix bid : 7 420 points
  • Prix ask : 7 422 points

Le spread est donc de 2 points. Cela signifie qu’un trade instantané dans les deux sens générerait une perte de 2 points, correspondant au coût d’entrée/sortie de position.

Chez IG, les spreads sont affichés en toute transparence et peuvent être serrés sur de nombreux marchés, en particulier sur les indices majeurs et les paires de devises liquides.

Pourquoi existe-t-il un spread ?

Le spread existe car il reflète plusieurs éléments :

  • La liquidité du marché : plus il y a d’ordres d’achat et de vente, plus le spread est réduit.
  • La volatilité : en période d’incertitude ou lors d’annonces économiques, les spreads peuvent s’élargir.
  • Le modèle économique du broker : certains, comme IG, intègrent leurs frais dans le spread sur certains marchés au lieu de facturer une commission.

Les teneurs de marché (market makers) assument un risque en proposant de la liquidité. Le spread compense ce risque et constitue une partie de leur rémunération.

Spread fixe ou variable ?

  • Spread fixe : reste constant, même lors d’événements de marché importants. Cela offre une meilleure prévisibilité mais peut être légèrement plus élevé.
  • Spread variable : évolue en fonction de l’offre et la demande. Il peut être très serré sur les marchés liquides, mais s’élargir ponctuellement.

IG propose des spreads variables compétitifs, notamment sur le Forex (à partir de 0,6 pip sur EUR/USD) et les indices (à partir de 1 point sur le DAX en heures de marché).

Pourquoi le spread est-il si important ?

Le spread est un élément clé du calcul des frais de trading. Il est particulièrement crucial pour :

  • Les scalpeurs ou traders intraday : qui multiplient les opérations et sont donc très sensibles aux coûts implicites.
  • Les traders sur CFD ou Forex : où le spread est souvent le principal ou unique frais.
  • Les investisseurs particuliers qui souhaitent comparer les conditions proposées par différentes plateformes.

Un spread réduit permet d’entrer et sortir du marché à moindres frais, ce qui améliore mécaniquement la rentabilité potentielle.

Comment surveiller et gérer le spread ?

  • Vérifiez les horaires de marché : les spreads sont souvent plus serrés pendant les heures de cotation principales.
  • Évitez les périodes très volatiles si vous souhaitez limiter les spreads variables (par exemple, annonces de la BCE ou publications macroéconomiques majeures).
  • Utilisez des ordres intelligents : chez IG, vous pouvez définir des niveaux d’exécution avec des ordres limités et stop garantis pour gérer plus efficacement votre exposition.

En conclusion

Le spread est bien plus qu’un simple écart de prix : c’est un levier de gestion des coûts, un indicateur de liquidité et un critère essentiel dans le choix de votre plateforme de trading.

Chez IG, tout est mis en œuvre pour offrir des spreads compétitifs, transparents et adaptés aux besoins des traders débutants comme expérimentés.

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Toute activité de trading comporte des risques de perte. Il est important de bien comprendre les mécanismes avant de se lancer.

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Qu’est-ce qu’un émetteur d’ETF ?

Les ETF (Exchange Traded Funds), ou fonds indiciels cotés, ont révolutionné la manière d’investir. Ils permettent d’accéder facilement à un panier d’actions ou d’obligations en reproduisant la performance d’un indice de référence, comme le CAC 40, le S&P 500 ou le MSCI World. Mais derrière chaque ETF, il y a un acteur fondamental souvent peu connu du grand public : l’émetteur.

Cet article vous explique en quoi consiste le rôle d’un émetteur d’ETF, pourquoi il est essentiel, et quels sont les critères à prendre en compte pour le choisir.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous remercions notre sponsor de nous accompagner dans la rédaction d’article d’éducation financière. Tout comme nous, inscrivez-vous sur Trade Republic dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous:

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Qu’est-ce qu’un émetteur d’ETF ?

Un émetteur d’ETF est une société de gestion qui conçoit, gère, commercialise et administre un fonds indiciel coté en bourse. Il s’agit en quelque sorte du « fabricant » de l’ETF. C’est lui qui définit la stratégie de réplication, qui assure la transparence du produit et qui est responsable de sa bonne gestion au quotidien.

L’émetteur est donc chargé de :

  • Créer un ETF en répliquant la performance d’un indice (ex. : MSCI World, Euro Stoxx 50, Nasdaq 100, etc.)
  • Gérer les actifs réels (ou les produits dérivés) qui composent le fonds
  • Assurer la liquidité du produit sur les marchés financiers
  • Publier des informations régulières (composition, performance, frais, etc.)
  • Respecter les réglementations financières en vigueur

Concrètement, que fait un émetteur ?

Prenons l’exemple d’un ETF MSCI World. L’émetteur va créer un fonds qui réplique la performance de cet indice, soit en achetant les actions qui composent l’indice (réplication physique), soit en utilisant des produits dérivés comme des swaps (réplication synthétique).

Il s’assure que la performance du fonds reste proche de celle de l’indice (ce qu’on appelle le tracking error), ajuste le portefeuille en cas de changement dans la composition de l’indice et gère les entrées et sorties d’investisseurs.

Qui sont les principaux émetteurs d’ETF ?

Le marché mondial des ETF est dominé par quelques grands noms :

  • BlackRock (iShares) : leader mondial, avec des centaines d’ETF cotés
  • Vanguard : pionnier de la gestion passive, très populaire aux États-Unis
  • Amundi : premier émetteur européen, basé en France
  • Lyxor (racheté par Amundi en 2021)
  • Xtrackers (filiale de Deutsche Bank)
  • SPDR (State Street Global Advisors)
  • Invesco, WisdomTree, et d’autres acteurs spécialisés

Chacun propose une gamme variée d’ETF couvrant les principales classes d’actifs : actions, obligations, matières premières, ESG, thématiques, etc.

Pourquoi l’émetteur est-il un critère important ?

Tous les ETF ne se valent pas. Le choix de l’émetteur peut avoir un impact significatif sur la qualité, la performance et la sécurité du fonds. Voici pourquoi :

1. Qualité de la réplication

Certains émetteurs parviennent mieux que d’autres à reproduire la performance de l’indice de référence. Une bonne réplication se traduit par un faible écart de performance (tracking error).

2. Frais

Les frais de gestion (appelés TER – Total Expense Ratio) varient d’un émetteur à l’autre. Des frais plus bas permettent de maximiser les rendements nets sur le long terme.

3. Liquidité

Les ETF d’émetteurs réputés bénéficient souvent d’une meilleure liquidité, ce qui permet d’acheter et vendre plus facilement sur les marchés, avec des spreads plus faibles.

4. Transparence

Les meilleurs émetteurs publient régulièrement des informations détaillées sur la composition du portefeuille, les risques, les dividendes, etc.

5. Sécurité

Même si les actifs sont séparés du bilan de l’émetteur (en cas de faillite, les investisseurs restent propriétaires du fonds), il est toujours préférable de s’appuyer sur un acteur solide et reconnu.

Ce qu’il faut vérifier avant d’investir dans un ETF

Avant d’acheter un ETF, il est recommandé de prendre en compte plusieurs éléments liés à l’émetteur :

  • Son expérience et sa réputation dans la gestion passive
  • Le type de réplication utilisé (physique ou synthétique)
  • Le montant des encours sous gestion sur le fonds (plus il est élevé, plus la liquidité est souvent bonne)
  • Les frais de gestion (TER)
  • La régularité et la clarté des informations fournies

En résumé

L’émetteur d’ETF est un acteur fondamental dans l’univers de la gestion passive. Il conçoit le produit, en assure la gestion quotidienne et garantit sa conformité aux réglementations financières. Bien que souvent invisible aux yeux de l’investisseur particulier, le choix de l’émetteur est un critère essentiel pour sélectionner un ETF fiable, performant et bien géré.

Pour investir intelligemment en ETF, il ne suffit pas de choisir un indice ou un secteur : il faut aussi regarder qui se cache derrière le produit.

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Géopolitique: La puissance militaire des Houthis au Yémen

Le Yémen est l’un des pays les plus pauvres du monde. Il est dévasté par la guerre civile depuis 2014, lorsque le mouvement musulman chiite des Houthis s’est emparé de la capitale Sanaa.

Cependant, les Houthis ont démontré leur capacité à menacer de perturber le transport maritime depuis novembre 2023 en soutien à la cause palestinienne, et le Royaume-Uni et les États-Unis ont riposté.

Les Houthis exercent une influence stratégique majeure sur plusieurs points clés du Yémen, illustrant à la fois leur pouvoir politique et militaire ainsi que l’importance géographique de leur implantation. Depuis 2014, ils dominent la capitale, Sanaa, centre politique et administratif du pays, ce qui leur confère non seulement une légitimité de facto, mais aussi un levier important face aux gouvernements reconnus internationalement. Le contrôle de Sanaa symbolise ainsi leur capacité à imposer leur vision et à consolider leur position dans l’arène politique yéménite.

Le fief traditionnel des Houthis, Saada, constitue également un pilier stratégique. Située dans le nord du Yémen, cette région, proche de la frontière saoudienne, est le berceau historique du mouvement houthi, notamment lié aux traditions zaydites. Saada représente un centre logistique crucial pour la mobilisation des forces et le ravitaillement, ce qui renforce l’endurance militaire du groupe dans la région.

Pour Laurent Bonnefoy, politologue, il est nécessaire de revenir sur la situation des Houthis au Yémen, leur ancrage idéologique et leur montée en puissance. Il rappelle que « ce groupe, dont on entend parler épisodiquement, existe depuis une vingtaine d’années et a d’abord combattu le pouvoir central avant de prendre le contrôle de Sanaa, où vit une grande partie de la population. » Leur idéologie repose sur le zaïdisme, une branche spécifique du chiisme, et sur une valorisation des descendants du prophète, ce qui les inscrit dans la continuité de la monarchie yéménite renversée en 1962. 

De plus, sur le plan maritime et économique, le contrôle de ports comme Hodeïda revêt une importance capitale. Ce port, stratégiquement situé sur la mer Rouge, permet aux Houthis de gérer l’approvisionnement en armes, carburant et nourriture, tout en générant des revenus considérables par le biais du contrôle des douanes et du commerce maritime.

La proximité du détroit de Bab el-Mandeb, un passage névralgique pour le commerce pétrolier mondial, accentue encore leur potentiel de pression sur le trafic maritime international, même si le contrôle direct de ce point reste l’apanage de forces extérieures. De fait, le détroit de Bab el-Mandeb, situé à 2 250 kilomètres au sud du canal de Suez, est la troisième voie maritime la plus importante au monde.

En outre, la région nord-ouest, incluant des zones comme Hajjah, Al Mahwit, Dhamar et Amran, joue également un rôle stratégique. Ces territoires, riches en ressources agricoles et dotés d’une forte densité de population, offrent aux Houthis non seulement une base de recrutement solide, mais aussi un soutien logistique important pour leur campagne militaire.

Parallèlement, leur disposition sur les frontières nord permet d’installer des réseaux de missiles et drones dans des zones montagneuses difficiles d’accès, utilisés pour mener des attaques contre l’Arabie saoudite et d’autres cibles dans la région.

En somme, le contrôle stratégique des Houthis se déploie sur plusieurs axes du territoire yéménite, depuis le cœur politique de Sanaa et le bastion traditionnel de Saada, jusqu’aux ports vitaux de la mer Rouge et aux zones rurales du nord-ouest, leur conférant ainsi une capacité multifacette d’influence tant sur le plan politique qu’économique et militaire.

Lors des récentes attaques contre des navires en mer Rouge, les Houthis ont utilisé des missiles de croisière, des missiles balistiques, des drones et des navires de surface sans équipage (USV). L’instabilité politique au Yémen a permis aux Houthis de se fournir en armes dans les stocks de l’armée. À ce titre, ils possèdent des chars et des camions, ainsi que des mines, des missiles antichars, des pièces d’artillerie lourde et légère et des missiles de fabrication russe et nord-coréenne.

Ils ont mis en place une production de drones à grande échelle vers 2018, en s’appuyant sur les transferts de technologie iraniens, et ont remporté des succès militaires remarquables, notamment en contraignant l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis à accepter un cessez-le-feu en avril 2022.

Les Houthis ont officiellement dévoilé les drones polyvalents Sammad-4 et Rujum en mars 2021.

Le Rujum est un drone hexacoptère polyvalent introduit par les Houthis en 2021. Adapté à partir de drones civils chinois, il est capable de transporter jusqu’à six petites charges explosives, telles que des obus de mortier de 60 mm. Avec une portée opérationnelle de 10 à 30 kilomètres, il est principalement utilisé pour des attaques de précision sur des cibles proches du front. Grâce à l’utilisation de drones commerciaux modifiés, le coût de production du Rujum est relativement bas, estimé entre 10 000 et 20 000 dollars par unité.

Quant au Sammad-4, il est conçu pour des missions de frappe stratégique à longue distance. Il est doté d’une envergure d’environ 5 mètres et peut transporter une charge utile d’environ 50 kilogrammes. Sa portée opérationnelle dépasse les 2 000 kilomètres, ce qui lui permet de frapper des cibles éloignées. Le drone est équipé d’un moteur plus puissant que ses prédécesseurs, lui conférant une vitesse maximale estimée à 200 km/h. Il est également conçu avec des caractéristiques de furtivité avancées pour échapper aux systèmes de défense aérienne modernes. ​

Le coût de production du Sammad-4 est difficile à estimer précisément en raison du manque d’informations publiques détaillées. Cependant, en se basant sur les coûts des modèles précédents et sur les composants utilisés, on peut estimer que le coût de production d’un Sammad-4 se situe entre 50 000 et 100 000 dollars par unité. Cette estimation prend en compte l’utilisation de matériaux composites, d’un moteur plus puissant et de systèmes de guidage avancés.​

Nous avions eu également la révélation du Mudhud-1, du Mersad-1 et Mersad-2. Le e Mudhud-1 est un drone de reconnaissance utilisé par les Houthis. Il s’agit d’un appareil léger, probablement dérivé de modèles commerciaux, adapté pour des missions de surveillance à courte portée. Ses caractéristiques spécifiques, telles que la portée et l’autonomie, ne sont pas largement documentées, mais il est conçu pour des opérations de collecte d’informations sur le champ de bataille.​ En raison de sa simplicité et de l’utilisation probable de composants commerciaux, le coût de production du Mudhud-1 est estimé entre 5 000 et 10 000 dollars par unité.

Les Mersad-1 et Mersad-2 sont des drones de reconnaissance développés par les Houthis, probablement basés sur le drone américain RQ-21 Blackjack. Le Mersad-1 a été introduit en 2021, suivi du Mersad-2 en 2022. Ces drones ont une portée de 93 kilomètres et une vitesse maximale de 170 km/h. Le Mersad-2 est une version améliorée avec des capacités de décollage et d’atterrissage verticaux (VTOL), facilitant son déploiement depuis des zones non préparées. ​En raison de leur complexité accrue et de l’intégration de technologies avancées, les coûts de production des Mersad-1 et Mersad-2 sont estimés entre 50 000 et 100 000 dollars par unité.​

Deux tendances apparaissent depuis un an qui pourraient constituer des violations de l’embargo, imposé en 2015 dans ce pays par l’ONU : la première est le transfert aux Houthis de pièces détachées accessibles dans le commerce dans des pays industrialisés, comme des moteurs de drones, et qui sont livrés aux Houthis via une série d’intermédiaires ; la deuxième est la poursuite de la livraison aux Houthis de fusils d’assaut, de grenades, de missiles anti-chars, et de systèmes de missiles de croisière plus sophistiqués.

« Certaines de ces armes ont des caractéristiques techniques similaires à des armes fabriquées en Iran », notent les experts sans pouvoir confirmer que l’armement dont sont dotés les Houthis a été livré par le gouvernement iranien. Ce dernier a toujours démenti fournir des armes aux Houthis. Tant les pièces civiles que les armes « semblent suivre un chemin de contrebande qui passe par Oman et la côte sud du Yémen, via des régions sous contrôle du gouvernement yéménite, jusqu’à Saana » sous domination des Houthis, précise le rapport.

Sur le plan naval, les Houthis disposent de bateaux rapides et armés, ainsi que d’autres, piégés et guidés, très efficaces dans les attaques contre les navires marchands. Outre les missiles anti-navires, comme le C-802 de fabrication chinoise, le groupe utilise des mines sous-marines et dispose d’une unité de plongeurs de combat.

Le C-802 est un missile de croisière antinavire d’origine chinoise, qui a été exporté à plusieurs pays, notamment l’Iran, qui en a produit des versions locales appelées Noor. Ce missile est également présent dans l’arsenal des Houthis, probablement grâce à des transferts indirects depuis l’Iran. Le C-802 est capable de frapper des cibles navales jusqu’à 120 kilomètres (et jusqu’à 180 km pour certaines versions améliorées).

Il vole à basse altitude (vol rasant) pour éviter les radars et utilise un système de guidage radar actif en phase terminale. Il transporte une ogive de 165 à 190 kg, suffisante pour endommager sérieusement un navire de guerre ou commercial. C’est l’un des principaux missiles utilisés par les Houthis pour menacer la navigation en mer Rouge et autour de Bab el-Mandeb. Son coût est estimé entre 500 000 et 800 000 dollars l’unité, ce qui reste relativement abordable par rapport à la valeur stratégique des navires visés.

Les drones ou « drones kamikazes » que les Houthis ont déployés seraient des drones Qasef, ainsi que des Samads à plus longue portée. Les drones utilisés par les Houthis, notamment les Qasef et les Samad, ont joué un rôle central dans leur stratégie militaire contre l’Arabie saoudite de 2015 à 2022 et leurs autres ennemis régionaux. Ces drones sont devenus des armes de choix en raison de leur faible coût, de leur capacité à frapper à distance et de la difficulté qu’ils posent aux systèmes de défense antiaérienne.

Le Qasef est un drone de type kamikaze, destiné principalement à des frappes directes contre des cibles précises. Les modèles principaux, comme le Qasef-1 et le Qasef-2K, sont dérivés de drones iraniens, notamment de l’Ababil-T. Ce drone est conçu pour transporter une charge explosive modeste et voler directement vers sa cible pour exploser à l’impact.

Sa portée est relativement limitée, environ 100 à 150 kilomètres, ce qui en fait un outil tactique pour des frappes locales sur des bases militaires, des radars ou des véhicules ennemis. Simples dans leur conception, les Qasef sont fabriqués avec des matériaux légers comme de la fibre de verre et utilisent des moteurs civils modifiés.

Leur simplicité permet une production rapide et à faible coût. Ainsi, ils sont estimés à un coût de production compris entre 10 000 et 20 000 dollars par unité.

Le drone Samad, quant à lui, représente une catégorie plus avancée et plus stratégique. Il existe plusieurs variantes : le Samad-1, utilisé principalement pour la surveillance, ainsi que les Samad-2 et Samad-3, capables de mener des attaques à longue portée. Visuellement, ces drones sont reconnaissables à leur empennage en forme de V inversé.

Le Samad-2 peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres, tandis que le Samad-3, plus sophistiqué, est capable de frapper des cibles situées à plus de 1 000 kilomètres, et le Samad-4 peut aller jusqu’à 2500 kilomètres. Ces drones peuvent être équipés de caméras pour la reconnaissance et de systèmes de navigation GPS pour guider les frappes à distance.

Les drones Samad, plus grands et technologiquement plus complexes, coûtent entre 20 000 et 50 000 dollars pièce selon les versions et les équipements embarqués. Même à ce niveau, les drones Samad restent des armes très économiques si on les compare aux missiles de croisière classiques ou aux coûts d’interception par des systèmes de défense modernes, qui mobilisent des missiles coûtant plusieurs centaines de milliers de dollars.

La production de ces drones repose souvent sur des ateliers clandestins, où les Houthis adaptent des pièces civiles ou récupèrent des équipements militaires. Cela leur permet de contourner les blocus et les sanctions internationales et d’assurer un approvisionnement relativement constant en matériel de guerre, malgré les opérations de blocus menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

En outre, selon le Washington Institute for Near East Policy, les Houthis possèdent aujourd’hui plusieurs types de missiles de croisière antinavires, avec des portées variant entre 80 et 300 kilomètres. Parmi les missiles mentionnés figurent notamment le Sayyad et le Sejjil, deux modèles utilisés pour frapper des cibles maritimes dans des zones stratégiques comme la mer Rouge.

Le missile Sayyad est souvent associé aux missiles iraniens de défense aérienne modernisés et adaptés par les Houthis pour être utilisés contre des navires. Le terme « Sayyad » désigne plusieurs types de missiles iraniens (par exemple le Sayyad-2 et le Sayyad-3), mais dans le contexte houthi, il s’agirait d’une version adaptée de missiles sol-air ou antinavires existants.

Ces missiles, une fois modifiés, sont capables de voler à moyenne altitude et de cibler des navires militaires ou commerciaux dans un rayon d’environ 100 à 150 kilomètres. Ils sont dotés de systèmes de guidage relativement simples, souvent basés sur des radars ou sur un guidage inertiel combiné au GPS.

Le missile Sejjil, quant à lui, est d’origine iranienne et désigne normalement un missile balistique à longue portée. Toutefois, dans l’arsenal houthi, le terme « Sejjil » pourrait désigner une version locale modifiée ou une adaptation pour une utilisation antinavire à moyenne portée. Cette version « Sejjil » utilisée par les Houthis semble avoir une portée plus courte (proche de 200 à 300 kilomètres) et vise à menacer les lignes de navigation en mer Rouge, en particulier celles transitant près du détroit de Bab el-Mandeb.

Concernant leur coût, la fabrication locale ou l’assemblage de ces missiles au Yémen reste relativement économique comparé aux armes occidentales de haute technologie. Le coût de production d’un missile tel que le Sayyad, adapté localement, pourrait être estimé entre 50 000 et 100 000 dollars l’unité, en fonction de la sophistication du système de guidage embarqué. Pour le Sejjil houthi adapté, le coût serait plus élevé, pouvant atteindre 150 000 à 250 000 dollars par missile, en particulier si des composants sophistiqués (comme des gyroscopes importés ou des systèmes GPS militaires) sont nécessaires.

Ces coûts sont relativement modestes à l’échelle militaire moderne, surtout si l’on considère que la défense contre un seul missile peut mobiliser des systèmes comme le Patriot ou d’autres dispositifs de défense antiaérienne, dont chaque interception peut coûter plusieurs millions de dollars. La stratégie des Houthis repose donc sur un rapport coût-efficacité particulièrement favorable : ils utilisent des missiles relativement bon marché pour provoquer des pertes économiques, militaires et psychologiques importantes chez leurs adversaires.

Mais ce sont les USV qui sont « exceptionnellement inquiétants« , estime l’historien maritime Sal Mercogliano « parce qu’ils frappent le navire au niveau de la ligne de flottaison, ce qui signifie qu’ils pénètrent et inondent le navire, et donc le coulent« .

Qui plus est, la formation utilise également des drones iraniens Shahed-136 d’une portée de 2.000 kilomètres. Elle affirme par ailleurs assurer sa propre production de drones. Ils utilisent aussi des hélicoptères et des avions de chasse de type Mig-29 et, pour la défense, des missiles antiaériens Barq-2.

Le Shahed-136 est un drone kamikaze iranien, connu pour sa longue portée et son faible coût de production. Utilisé par l’Iran, la Russie (en Ukraine), et transmis aux Houthis, il est conçu pour voler de manière autonome vers une cible programmée, grâce à un système de guidage GPS. Le Shahed-136 a une portée d’environ 2 000 kilomètres, ce qui en fait une arme stratégique permettant de frapper des cibles bien au-delà des frontières yéménites.

Il transporte une charge explosive d’environ 30 à 50 kg, destinée à détruire des cibles fixes comme des infrastructures, des radars ou des dépôts de carburant. Le drone vole à basse altitude et lentement, ce qui le rend difficile à détecter pour les systèmes radar classiques. Son coût de production est estimé à environ 20 000 à 30 000 dollars, ce qui le rend extrêmement économique par rapport à des missiles classiques ou à des frappes aériennes.

Ensuite, le Barq-1 et Barq-2 sont des missiles sol-air utilisé par les Houthis pour la défense aérienne. Peu d’informations techniques officielles sont disponibles, car ce système est largement basé sur des technologies importées ou récupérées. Ils sont probablement inspirés ou dérivé de systèmes iraniens ou soviétiques anciens modifiés localement. Ils ont pour rôle d’intercepter des avions, drones ou missiles ennemis.

Le Barq-2 fonctionnerait avec un système de guidage optique ou radar semi-actif, avec une portée estimée à environ 70 kilomètres, tandis que le Barq-1 a environ une portée de 50 kilomètres. Ce type de missile est particulièrement utilisé pour défendre des positions sensibles comme des aéroports, des dépôts d’armes ou des centres de commandement. Le coût de production est estimé entre 50 000 et 100 000 dollars par unité, selon la disponibilité des composants et la complexité du guidage.

Les experts et les observateurs estiment généralement que les Barq-1 et Barq-2 sont au moins basés sur la famille iranienne de missiles sol-air à guidage radar de moyenne portée Taer.

Par la suite, concernant les missiles balistiques, les Houthis ont un arsenal diversifié. Nous avons le missile balistique antinavire Asif, dévoilé en 2022, est conçu pour cibler les navires à longue distance. Il est considéré comme l’équivalent yéménite du missile iranien Khalij Fars. Il peut atteindre une portée de 400 kilomètres et transporte une charge utile importante de 500 kilogrammes, ce qui en fait un vecteur de menace sérieux pour les routes maritimes stratégiques comme le détroit de Bab el-Mandeb.

Puis, le Burkan-1 est un missile balistique d’origine houthiste dévoilé en 2016, dérivé du missile iranien Shahab-1. Il dispose d’une portée allant jusqu’à 800 kilomètres et d’une charge utile de 500 kilogrammes. Ce missile a été utilisé pour frapper des cibles en Arabie saoudite, marquant l’entrée des Houthis dans une guerre de longue portée.

Le Burkan-2, apparu en 2017, est une amélioration du modèle précédent et serait l’équivalent du missile iranien Qiam-1. Il offre une portée augmentée à 1 000 kilomètres mais avec une charge utile réduite à 250 kilogrammes, favorisant ainsi la distance au détriment de la charge explosive.

En 2019, les Houthis ont dévoilé le Burkan-3, également connu sous le nom de Zulfiqar. Ce missile serait inspiré à la fois du Qiam et du Rezvan iraniens. Sa portée maximale atteint 1 200 kilomètres, avec une charge utile de 250 kilogrammes, le positionnant comme un missile balistique de théâtre capable de frapper profondément dans le territoire saoudien.

En outre, le Hatem, dévoilé en septembre 2022, représente une nouvelle génération de missiles balistiques à longue portée. Il est l’équivalent houthiste du Kheibar Shekan iranien. Il peut frapper des cibles jusqu’à 1 450 kilomètres de distance avec une charge utile conséquente de 500 kilogrammes. Cela permet aux Houthis de viser des objectifs bien au-delà de la péninsule arabique. Le Hatem-2, une version plus récente dévoilée en septembre 2024, serait une autre variante du Kheibar Shekan, mais ses caractéristiques techniques, telles que la portée exacte et la charge utile, restent pour l’instant inconnues.

Parallèlement, les Houthis ont aussi développé le Karar, un missile balistique de courte portée révélé en 2022. Inspiré du Fateh-110 iranien, il peut atteindre 300 kilomètres avec une charge utile de 500 kilogrammes. Il est conçu pour des frappes plus ciblées et rapprochées, tout en conservant une grande puissance de feu.

À côté de cela, le Mohit, également dévoilé en 2022, s’inscrit dans la catégorie des missiles balistiques antinavires. Équivalent du Ghadir iranien, il dispose d’une portée de 300 kilomètres et transporte une charge utile de 165 kilogrammes, ce qui le rend adapté aux frappes contre des bâtiments navals dans la mer Rouge.

En outre, le missile Tankeel, apparu en 2023, serait basé sur le Zoheir iranien. Il affiche une portée estimée à 500 kilomètres. Bien que les détails sur sa charge utile soient peu documentés, il s’inscrit dans la continuité des efforts houthis pour diversifier leur gamme de missiles balistiques intermédiaires.

Le missile Toofan, quant à lui, marque un véritable tournant stratégique. Dévoilé en septembre 2023, il s’inspire du Shahab-3 iranien et possède une portée impressionnante de 1 950 kilomètres, avec une charge utile de 800 kilogrammes. Il constitue à ce jour l’un des missiles les plus puissants de l’arsenal houthi, capable de menacer des cibles au-delà de la région du Golfe.

Du côté des missiles de croisière, le Rubezh représente un modèle d’origine russe (P-21/P-22) saisi à l’armée yéménite. Bien que sa portée soit limitée à 80 kilomètres, il conserve un intérêt tactique en raison de sa capacité à voler à basse altitude et à éviter les radars. Sa charge utile demeure inconnue.

En complément, le missile de croisière antinavire Al Mandab-1, également capturé dans les stocks de l’armée yéménite, s’inspire du C-801 chinois. Il possède une portée de 40 kilomètres et une charge utile de 165 kilogrammes. Ce missile est principalement utilisé dans la zone hautement stratégique du détroit de Bab el-Mandeb.

Enfin, le Quds-4, dévoilé en 2019, est l’un des missiles de croisière les plus avancés dans l’arsenal houthi. Basé sur le Projet 351/Paveh iranien, il dispose d’une portée pouvant atteindre 2 000 kilomètres, ce qui le rend apte à frapper des cibles situées très loin du territoire contrôlé par les Houthis, notamment dans les pays du Golfe.

Les responsables américains ont aussi confirmé l’utilisation active au combat, un curieux modèle fourni par l’Iran, celui qui a fait l’objet du plus grand examen public. Plus communément appelé simplement « 358 » , et parfois maintenant SA-67 , et propulsé par un petit turboréacteur, ce missile sol-air est généralement décrit comme un missile « à réaction », bien que ses capacités exactes restent floues. Les missiles sol-air classiques utilisent des moteurs-fusées à propergol solide pour leur propulsion.

Le 358, partage divers composants, notamment un système de guidage par système de navigation inertielle assisté par satellite, un gyroscope vertical et une unité de données aériennes, avec plusieurs types de drones kamikazes présents dans les inventaires iraniens et houthis.

Lorsque les Houthis ont renversé le gouvernement internationalement reconnu du Yémen en 2014, le groupe s’est également emparé de divers systèmes de missiles sol-air spécialement conçus à cet effet datant de l’ère soviétique, notamment des missiles fixes S-75 (SA-2 Guideline) et chenillés 2K12 Kub (SA-6 Gainful), tous deux à guidage radar, ainsi que des missiles portables Strela (SA-7) à tête chercheuse thermique . À titre de base, le 2K12/SA-6 représente une menace mobile particulièrement sérieuse, capable d’engager des avions à réaction pilotés volant à haute altitude.

Divers radars de défense aérienne, notamment les radars de surveillance aérienne P-18 de conception soviétique , les radars de surveillance aérienne et d’acquisition de cibles P-19 et les radars de recherche d’altitude PRV-13 , sont également passés entre les mains des militants yéménites.

Enfin, le 15 septembre 2024, les houthis ont lancé un missile balistique sur Israël, l’attaque la plus longue portée du groupe sur le territoire israélien à ce jour. Dans les heures qui ont suivi l’attaque, les dirigeants houthis ont avancé des affirmations extravagantes au sujet de la frappe, affirmant notamment qu’il s’agissait d’un missile hypersonique, terme désignant des missiles capables de se déplacer à au moins Mach 5. Cette affirmation est inquiétante, et pas seulement pour leur vitesse élevée : contrairement aux missiles balistiques traditionnels qui suivent une trajectoire prévisible, les missiles hypersoniques peuvent manœuvrer en vol, ce qui les rend difficiles à intercepter par les systèmes de défense antimissile.

Alors qu’un responsable des Forces de défense israéliennes (FDI) a nié que le missile puisse atteindre des vitesses hypersoniques, des responsables houthis ont par la suite rapporté que le missile avait parcouru plus de 2 000 kilomètres à une vitesse de Mach 9. De plus, les Houthis ont réitéré leur insistance et publié une vidéo de deux minutes les montrant en train de lancer le missile, baptisé Palestine-2, sur lequel le mot « hypersonique » était clairement écrit en anglais sur le côté de l’arme. Ils ont également affirmé que le missile Palestine-2 avait une portée allant jusqu’à 2 150 kilomètres, fonctionnait avec un combustible solide à deux étages, disposait d’une forme de « technologie furtive » et pouvait atteindre des vitesses allant jusqu’à Mach 16. Les Houthis ont également affirmé que le système était capable d’échapper aux systèmes de défense aérienne les plus avancés, y compris le Dôme de Fer israélien.

Les affirmations des Houthis concernant cette technologie avancée doivent être accueillies avec beaucoup de scepticisme. À l’heure actuelle, seuls les États-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie ont démontré des capacités hypersoniques. L’arme hypersonique la plus rapide, le missile russe Zircon, ne peut atteindre qu’une vitesse de Mach 8 et une portée de 1 000 kilomètres.

Compte tenu des sanctions internationales et des embargos sur les armes imposées aux Houthis et à l’Iran, il est peu probable que les rebelles, ou leurs soutiens à Téhéran, puissent développer un système environ deux fois plus puissant que celui développé par les Russes.

Même si l’Iran avait réussi à développer des capacités hypersoniques, il est peu probable qu’il ait transféré de telles armes aux Houthis. Les coûts élevés associés au développement de ces systèmes et à la production en masse d’une telle technologie signifieraient qu’une arme aussi sophistiquée serait en quantité limitée et réservée à l’usage du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Si le CGRI décidait de transférer une partie de son stock limité, ces armes ne seraient probablement pas destinées aux Houthis. Malgré le soutien du régime depuis plus d’une décennie, comme en témoignent les attaques transfrontalières des Houthis contre les Émirats arabes unis (EAU) en 2022, malgré un récent rapprochement entre l’Iran et les EAU, les Houthis conservent une certaine indépendance vis-à-vis de l’Iran. Si ces armes étaient transférées, elles iraient probablement à un autre groupe plus directement sous le contrôle du régime, comme le Hezbollah au Liban.

Mais cela n’a pas empêché les Houthis et le CGRI de prétendre le contraire. En mars, un rapport russe affirmait que les Houthis basés au Yémen possédaient un missile hypersonique fonctionnant au combustible solide et capable d’atteindre une vitesse de Mach 8. Il affirmait également que le groupe avait l’intention de commencer à fabriquer le système pour l’utiliser dans des attaques contre des navires en mer Rouge et le territoire israélien.

De son côté, le CGRI affirme depuis au moins 2022 avoir développé une arme hypersonique capable d’atteindre une vitesse de Mach 15 et une portée de 1 400 kilomètres. Bien qu’aucun rapport n’ait fait état de tests de la première version d’une telle arme, le CGRI a dévoilé une version « améliorée » de son missile hypersonique Fattah un peu plus d’un an plus tard.

Certains médias ont même affirmé que l’Iran avait tiré ces missiles Fattah lors de son attaque du 14 avril contre le territoire israélien et que les systèmes avaient échappé aux systèmes de défense aérienne israéliens. Il convient de noter que les images de la roquette Palestine-2 des Houthis ressemblent beaucoup à celles du Fattah iranien, ce qui serait logique compte tenu de l’histoire de Téhéran en matière de fourniture d’armes et de composants d’armes aux rebelles.

Mais ce n’est pas parce que le missile n’était pas hypersonique qu’il faut négliger l’attaque. En réalité, trois détails cruciaux en font un tournant important dans l’offensive des Houthis contre Israël et ses intérêts. Premièrement, ce missile a constitué la plus longue attaque enregistrée sur le territoire israélien depuis le Yémen ; même des rapports non houthis estiment que le missile a parcouru plus de 1 900 kilomètres avant de s’écraser, mettant à sa portée de nouvelles cibles israéliennes.

Deuxièmement, le système a pu éviter au moins partiellement les systèmes de défense aérienne israéliens, les premières évaluations de l’armée de l’air israélienne ayant révélé que son système Arrow avait atteint le missile, sans toutefois le détruire complètement.

Enfin, entre autres, les Houthis ont affirmé à plusieurs reprises que le système utilisait du combustible solide, ce qui est significatif si c’est vrai, car les missiles à combustible solide sont plus rapides à installer et à tirer que ceux à combustible liquide, ce qui les rend plus difficiles à cibler pour les États-Unis et leurs alliés.

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Monde Nos analyses

L’Algérie : vers une nouvelle puissance économique et diplomatique

L’Algérie, longtemps perçue uniquement à travers le prisme de sa rente pétrolière, amorce depuis quelques années une véritable transformation économique, diplomatique et régionale.

Située stratégiquement entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe, l’Algérie cherche aujourd’hui à redéfinir sa place dans le jeu mondial.

L’histoire économique de l’Algérie ne peut être comprise sans évoquer l’héritage de la colonisation. De 1830 à 1962, la France coloniale a structuré l’économie algérienne autour de ses propres intérêts : accaparement des terres agricoles, exploitation des ressources minières et marginalisation des populations locales dans les circuits économiques.

Cet héritage a laissé des traces profondes dans la structure sociale et économique du pays, notamment une dépendance aux exportations de matières premières, une désindustrialisation forcée et une faible autonomie productive.

Depuis l’indépendance, l’Algérie a cherché à reprendre le contrôle de ses ressources, à travers des politiques de nationalisation et de planification économique. Ces efforts se poursuivent aujourd’hui dans le contexte de la mondialisation, portés par une volonté claire de rompre avec le modèle extractiviste hérité de la période coloniale.

Le modèle économique algérien est longtemps resté basé sur les exportations d’hydrocarbures, qui représentent encore aujourd’hui environ 90 % des recettes extérieures. Mais la chute des prix pétroliers en 2014 a agi comme un électrochoc, forçant l’État à réfléchir à un modèle économique plus résilient.

Depuis, des efforts ont été entrepris pour développer d’autres secteurs clés :

  • L’agriculture : Avec plus de 8 millions d’hectares de terres cultivables, l’Algérie investit dans l’irrigation, les semences locales et les coopératives pour assurer une autosuffisance alimentaire durable.
  • L’innovation : Le gouvernement mise sur la jeunesse en facilitant la création d’entreprises innovantes, en développant des technopoles, en créant des fonds de soutien à l’innovation et en poursuivant la digitalisation progressive de l’administration.
  • L’industrie : Le tissu industriel est en pleine mutation, avec un retour de la production nationale dans des domaines comme l’agroalimentaire, le textile, ou encore la transformation des ressources minières.

Une politique d’investissement revisitée

Dans le cadre de l’ouverture progressive de l’Algérie à l’économie mondiale, divers obstacles réglementaires et structurels ont été levés. L’une des plus marquantes est l’abolition de la règle 51/49 %, qui limitait jusqu’à présent la part détenue par des capitaux étrangers dans les entreprises nationales.

Désormais, les investisseurs étrangers peuvent détenir la majorité des actions dans la plupart des secteurs. Des zones industrielles dédiées sont également créées, notamment dans le sud du pays, avec des avantages fiscaux et des infrastructures logistiques modernisées. Cette ouverture suscite un intérêt croissant de la part d’acteurs économiques étrangers, notamment chinois, turcs, qataris, émiratis et européens.

Un rôle régional affirmé

L’Algérie s’impose aujourd’hui comme une puissance régionale indépendante et médiatrice en Afrique du Nord et au Sahel. Elle joue un rôle déterminant dans plusieurs dossiers sensibles :

  • Mali : Participation aux Accords de paix d’Alger en 2015 ;
  • Libye : Promotion d’une solution politique indépendante des ingérences étrangères ;
  • Sahara occidental : L’Algérie soutient une solution basée sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, tandis que le Maroc revendique la souveraineté sur ce territoire.

Sa diplomatie, à la fois pacifique et ferme, renforce son poids au sein de l’Union africaine, où l’Algérie est l’un des membres les plus écoutés en matière de sécurité et de développement.

La relance de la diplomatie énergétique

La crise ukrainienne pousse l’Europe à diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz. Dans ce contexte, l’Algérie retrouve une place stratégique, grâce à ses gisements comme Hassi R’mel et ses pipelines transméditerranéens.

Des accords ont ainsi été renforcés avec l’Italie, via ENI, pour augmenter les volumes de livraison. Parallèlement, le réseau de transport gazier est modernisé pour garantir une meilleure fiabilité.

L’Algérie s’engage également dans la diversification énergétique, en développant des projets autour du solaire et de l’hydrogène vert, en partenariat avec des acteurs internationaux. L’objectif : transférer des savoir-faire et réussir une transition énergétique tout en renforçant sa souveraineté.

Carte des bassins sédimentaires de l’Algérie
Source : Ministère de l’énergie d’Algérie

Les limites persistantes

Malgré ces avancées, plusieurs défis restent à relever. Le poids de l’économie informelle et la persistance de la bureaucratie freinent encore le plein potentiel du pays.

En dépit de la croissance des revenus hors hydrocarbures, l’économie demeure encore largement dépendante du secteur énergétique. De plus, la réforme des politiques publiques reste instable, impactant la gouvernance économique, l’efficacité administrative et l’amélioration du système éducatif.

Conclusion : La puissance algérienne de demain

L’Algérie ne peut se contenter de son rôle traditionnel de fournisseur d’énergie. Elle ambitionne de devenir une nation dynamique, pleinement investie dans son rôle économique, diplomatique et stratégique.

La puissance de l’Algérie est encore en construction, mais les fondations sont posées : une volonté politique affirmée, une jeunesse mobilisée et une ouverture modernisée dessinent les contours d’un nouveau chapitre.

Une nation déterminée à défendre ses intérêts, à capitaliser sur ses atouts et à s’imposer comme un acteur clé au Moyen-Orient et en Méditerranée.

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Banque & Finance Nos analyses

Qu’est-ce qu’un Family Office ?

Dans le monde de la gestion de patrimoine, le Family Office occupe une place très particulière. Conçu pour répondre aux besoins des familles fortunées, il offre un service ultra-personnalisé, bien au-delà de ce que peut proposer une banque privée classique.

Mais concrètement, qu’est-ce qu’un Family Office ? Comment fonctionne-t-il ? À qui s’adresse-t-il ? Après notre article que vous avez apprécié sur le fonctionnement d’un fonds d’investissement, voici un second qui vous plaira autant !

Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous remercions notre sponsor de nous accompagner dans la rédaction d’article d’éducation financière. Tout comme nous, inscrivez-vous sur Trade Republic dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous:

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Qu’est-ce qu’un Family Office ?

Un Family Office est une structure dédiée à la gestion globale du patrimoine d’une ou plusieurs familles très fortunées.
Son rôle est d’assurer la pérennité du patrimoine sur plusieurs générations, en apportant des conseils sur :

  • L’investissement (financier, immobilier, private equity…)
  • La fiscalité et la structuration juridique du patrimoine
  • La succession et la transmission intergénérationnelle
  • La philanthropie (création de fondations, dons caritatifs)
  • La gestion administrative et quotidienne (paiement des factures, gestion immobilière, etc.)

En résumé, un Family Office agit comme le « chef d’orchestre » du patrimoine familial, en coordonnant tous les aspects financiers, juridiques, et parfois même personnels.

Les deux grands types de Family Office

1. Single Family Office (SFO)
➡️ Structure dédiée à une seule famille.
➡️ Fonctionne comme une entreprise privée, souvent créée par la famille elle-même.
➡️ Gestion ultra-personnalisée, équipe dédiée.
➡️ Coût élevé : réservé aux patrimoines très importants (souvent >100 millions d’euros).

2. Multi-Family Office (MFO)
➡️ Structure qui gère le patrimoine de plusieurs familles simultanément.
➡️ Permet de mutualiser les coûts et d’accéder à des services haut de gamme.
➡️ Adapté à des patrimoines « plus modestes » (à partir de 5 à 10 millions d’euros selon les structures).

Pourquoi passer par un Family Office ?

  • Indépendance : Contrairement aux banques, un Family Office est censé travailler sans conflit d’intérêts, au service exclusif de la famille.
  • Expertise transversale : Investissements, fiscalité internationale, succession, gouvernance familiale… tout est centralisé.
  • Stratégie sur plusieurs générations : L’objectif n’est pas uniquement de faire fructifier les actifs, mais de les transmettre dans les meilleures conditions.
  • Confidentialité : La discrétion est une valeur clé du métier.

Le boom mondial des Family Offices

Depuis les années 2000, le nombre de Family Offices a explosé, porté par :

  • La croissance des grandes fortunes (notamment en Asie et en Europe).
  • L’augmentation de la complexité patrimoniale (investissements internationaux, fiscalités croisées).
  • La volonté des familles de s’affranchir des banques traditionnelles pour piloter elles-mêmes leur stratégie.

Quelques chiffres

  • Plus de 10 000 Family Offices dans le monde en 2025.
  • Près de 6 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion cumulés.

Le Family Office est le partenaire discret mais stratégique des grandes fortunes. En offrant une gestion globale, indépendante et sur mesure, il permet non seulement d’optimiser le patrimoine, mais aussi de préparer sereinement la transmission aux générations futures.

C’est donc normal que le Family Office est aujourd’hui l’un des piliers essentiels d’une gestion patrimoniale moderne et intelligente pour un entrepreneur à succès, l’héritier d’une fortune familiale ou un investisseur international

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Bourse Nos analyses

Pourquoi les small caps offrent-elles un potentiel de croissance sous-estimé ?

Dans un contexte économique incertain, où les investisseurs recherchent à la fois performance et résilience, une classe d’actifs attire de plus en plus l’attention des gérants expérimentés : les small caps, ou petites capitalisations boursières. 

Longtemps perçues comme plus volatiles et risquées, elles cachent pourtant un potentiel de croissance souvent largement sous-estimé. Pourquoi ? Décryptage avec ErasmusGestion suite à l’interview du Directeur de la Gestion qui a eu beaucoup de succès.

Un univers peu connu mais riche en opportunités

Le segment des small caps regroupe des entreprises cotées de taille modeste, souvent positionnées sur des niches de marché ou des secteurs innovants. Elles se trouvent peu suivies par les analystes financiers et bénéficient d’une moindre couverture médiatique, ce qui crée des inefficiences de marché : leur valorisation peut être décorrélée de leur performance réelle.

Pour un investisseur averti, cela représente une opportunité d’acheter des entreprises de qualité à des prix attractifs !

Small Cap > Mid Cap > Large Cap

Historiquement, les small caps ont souvent surperformé les grandes capitalisations sur le long terme. Leur structure agile leur permet :

  • de croître plus rapidement,
  • de s’adapter aux changements du marché,
  • et d’innover avec plus de flexibilité.

De nombreuses success stories d’aujourd’hui — devenues des mid ou large caps — ont démarré comme de petites entreprises ambitieuses. Miser sur les small caps, c’est aussi investir dans les champions de demain.

Depuis 2022, le segment des small caps a connu des flux de sortie massifs et une dévalorisation importante, notamment sous l’effet des hausses de taux d’intérêt. Résultat : de nombreuses sociétés solides se retrouvent aujourd’hui sous-évaluées, alors même que leurs fondamentaux restent solides.

À l’heure où les taux se stabilisent et que les perspectives économiques ne peuvent que s’améliorer, les conditions sont donc réunies pour un retour en grâce de ce segment.

Exemples

Thermador Groupe – La small cap devenue une valeur solide du marché

Fondée en 1968, Thermador Groupe est une entreprise spécialisée dans la distribution de matériel pour le bâtiment, notamment dans les domaines du chauffage, de la plomberie et du pompage.

Pendant longtemps, c’était une small cap discrète, peu couverte par les analystes. Et pourtant…

  • En 2003, l’action Thermador valait environ 10 €.
  • Vingt ans plus tard, elle dépasse les 100 € (hors dividendes), soit une multiplication par 10, pour se stabiliser aujourd’hui aux alentours de 65 €.
  • Le groupe a versé des dividendes régulièrement et affiche une croissance rentable et continue.

Ce qui a fait sa force :

  • Un modèle économique simple, centré sur la distribution.
  • Une gestion prudente, sans dette excessive.
  • Une relation forte avec ses fournisseurs et clients.
  • Une transparence financière saluée par le marché.

C’est un exemple typique de small cap qui, grâce à une croissance saine et une gouvernance rigoureuse, a généré de la valeur sur le long terme.

Performance de Thermador sur 10 ans (dividende inclus)

Borregaard (Norvège) – Leader des produits chimiques biosourcés

Borregaard est spécialisée dans la transformation du bois en produits chimiques avancés et respectueux de l’environnement. Plus de 90 % de ses revenus proviennent de produits de substitution aux produits pétroliers, utilisés dans l’agriculture, la construction et les produits pharmaceutiques.

Les moteurs structurels de la croissance future – réglementation favorable, demande constante de produits durables – sont en place, faisant de Borregaard un leader dans le secteur des produits chimiques d’origine biologique

Performance de Borregaard sur 10 ans (dividende inclus)

Chez ErasmusGestion, la gestion de conviction est au centre de leur méthodologie. Le monde des small caps offre un terrain d’analyse fondamental exceptionnel, où le travail du gérant peut véritablement faire la différence. 

En rencontrant les dirigeants, en analysant les business models en profondeur, et en investissant sur le long terme, il est possible d’identifier des pépites avant qu’elles ne soient détectées par le marché.

Intégrer une poche small caps dans une allocation d’actifs permet non seulement de viser une surperformance potentielle, mais aussi de diversifier son exposition sectorielle et géographique. Ce segment est moins corrélé aux indices boursiers traditionnels, ce qui en fait un bon complément dans une stratégie équilibrée.

En conclusion

Trop souvent délaissées, les small caps méritent une place de choix dans la réflexion des investisseurs. À condition de bien les sélectionner, elles constituent une source d’opportunités uniques à long terme. Chez ErasmusGestion, l’approche rigoureuse et leur connaissance fine du tissu entrepreneurial européen leur permettent de capter cette croissance sous-estimée.

Par ErasmusGestion, en partenariat avec Parlons Finance

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Monde Nos analyses Politique

Une première rencontre « constructive » entre l’Iran et les Etats-Unis à Oman

Après une réunion de deux heures et demie à Oman le samedi 12 avril entre les délégations iraniennes et américaines, l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et Abbas Aragchi, le ministre des Affaires étrangères iranien ont annoncé qu’ils vont poursuivre leurs discussions indirectes sur le délicat dossier nucléaire.

La Maison-Blanche a salué « un pas en avant » et des discussions « très positives et constructives  ». L’Iran a également qualifié les pourparlers de « constructifs », tenus dans une « atmosphère très respectueuse ».

Dimanche, les médias iraniens ont largement salué ces rares discussions comme un « tournant décisif » dans les relations entre les deux ennemis de longue date. Le quotidien conservateur iranien Javan a félicité les États-Unis pour « ne pas chercher à étendre les négociations à des questions non nucléaires ».

Le journal iranien, soutenu par le gouvernement, a qualifié les discussions de « constructives et respectueuses », citant Araghchi. Dans le même temps, le journal réformateur Shargh a déclaré qu’il s’agissait d’un « tournant décisif » dans les relations irano-américaines.

De plus, le journal radical Kayhan, qui était largement sceptique dans les jours précédant les négociations, a déploré que l’Iran n’ait pas de « plan B » alors qu’il n’y avait « aucune perspective claire d’accord avec Donald Trump ». Elle a toutefois salué le fait que la partie américaine n’ait pas évoqué « le démantèlement des installations nucléaires » et « la possibilité d’une attaque militaire » lors des discussions.

D’ailleurs, à la fin, Steve Witkoff et Abbas Aragchi ont eu quelques minutes d’entretien en face-à-face. Ce qui n’était pas prévu, compte tenu de l’hostilité affichée, jusque-là, par le Guide suprême de la République islamique l’ayatollah Ali Khamenei, notamment après la sortie unilatérale de Trump du JPCOA en 2018, ainsi que par l’assassinat le 3 janvier 2020 du général iranien, et commandant de la Force Al-Qods du corps des gardiens de la révolution islamique, Qassem Soleimani.

L’accord de 2015 (JPCOA) sous l’administration Obama avait imposé des limites strictes à l’enrichissement de l’uranium, aux stocks de matières nucléaires et à la recherche et développement de l’Iran en échange de la levée des sanctions des Nations Unies. L’accord ne limitait pas le programme de missiles iranien ni le soutien apporté aux acteurs non étatiques au Moyen-Orient ; Téhéran refusait d’envisager l’un ou l’autre de ces éléments dans le cadre des négociations.

Mais l’accord qui en résulta imposait néanmoins de sérieuses limites au comportement de l’Iran. Le pays a plafonné son enrichissement et son stockage d’uranium, et a ouvert ses installations nucléaires à une surveillance internationale rigoureuse.

Toutefois, dans un entretien avec des médias iraniens, et pour ne pas s’attirer les foudres des ultraconservateurs à son retour à Téhéran, Abbas Araghchi a minimisé cet échange avec Steve Witkoff, affirmant qu’à sa sortie des discussions, il est tombé sur la délégation américaine. « Suivant le protocole diplomatique, a-t-il dit, on a poliment échangé pendant quelques minutes en disant : hello comment ça va ? ». Le ministre a pris soin de préciser qu’il n’y avait eu « aucun langage inapproprié » au cours de ces discussions indirectes, assurant que les deux camps veulent un « accord global rapidement, acceptable par les deux parties ».

Washington et Téhéran se sont donc entendus pour poursuivre samedi 19 avril leurs discussions toujours sous médiation omanaise, un pays habitué à jouer ce rôle entre l’Iran et les États-Unis. « Le fait d’enchaîner les rencontres à ce rythme est un bon signe, cela montre que les choses avancent sérieusement », confie un diplomate omanais. Ces nouveaux pourparlers se poursuivront de façon « indirecte », a fait savoir dimanche Téhéran, mais le lieu reste à déterminer. Il est fort probable que se soit Vienne ou Genève ou même à Rome.

« L’objet de ce premier round n’était pas de produire un accord mais de définir un cadre voire un contenu des prochains pourparlers », rappelle Nicole Grajewski, spécialiste de l’Iran aux États-Unis.

Dimanche, Téhéran a affirmé que les prochaines discussions auront pour « seul » sujet le nucléaire et la levée des sanctions. En effet, le gouvernement iranien a exigé que son programme balistique ainsi que ses relations avec les membres de « l’Axe de la Résistance » ne soient pas intégrés aux négociations.

D’ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, lors d’une interview à la télévision d’État l’a bien confirmé en déclarant que les discussions porteraient uniquement sur « la question nucléaire et la levée des sanctions » et que l’Iran « n’aura aucune discussion avec la partie américaine sur aucune autre question ».

C’est pour cela que pour l’Iran, le premier cycle de négociations avec les États-Unis s’est déroulé aussi bien qu’on pouvait l’espérer. L’Iran peut affirmer que deux de ses principales conditions pour franchir une nouvelle étape dans les négociations ont été remplies : Washington a maintenu l’accent sur son programme nucléaire, du moins pour l’instant, et n’a pas évoqué le démantèlement de ses installations nucléaires ni sa politique régionale avec des groupes militants mandatés par lui comme le Hamas, le Hezbollah et les Houthis.

Concernant le nucléaire, ces dernières semaines, certains responsables américains, poussés par le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, assuraient que l’objectif final des États-Unis était le démantèlement complet des installations nucléaires iraniennes, ainsi que l’arrêt de l’aide iranienne apportée à ses relais au Moyen-Orient, notamment en Irak et au Yémen.

Le gouvernement israélien estime que Téhéran va étendre son programme nucléaire et cherche à le détruire.

« L’accord avec l’Iran n’est acceptable que si les sites nucléaires sont détruits sous la supervision des États-Unis », a déclaré cette semaine le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. « Sinon, l’option militaire est la seule option. »

Cependant, samedi, Steve Witkoff n’aurait pas fait référence à de telles exigences maximalistes. Il semble que Trump ne compte pas exiger le démantèlement complet du programme nucléaire, comme le réclament Mike Waltz et Netanyahou. Il est peu probable que l’Iran aurait accepté de poursuivre les négociations si Araghchi avait pensé que les États-Unis exigeaient l’élimination complet du programme nucléaire iranien.

Dans le même temps, Hadi Borhani, expert des affaires israéliennes en Iran, a cherché à rassurer l’opinion publique dans une interview accordée à Khabar Online, affirmant qu’Israël devait désormais agir dans les limites fixées par le président Trump. Il a ajouté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait probablement été pris au dépourvu par les propos de Trump concernant l’ouverture de négociations avec l’Iran. Néanmoins, Borhani a souligné qu’Israël restait fermement opposé aux négociations à Oman.

Witkoff a élaboré un programme apparemment similaire à l’intention derrière l’accord nucléaire de 2015, mais qui devra également tenir compte du fait que depuis 2018, l’Iran a accumulé un important stock d’uranium enrichi à 60 %, une pureté supérieure à celle requise pour un programme nucléaire civil.

Effectivement, des responsables iraniens ont déclaré souhaiter un assouplissement rapide des sanctions américaines liées au nucléaire, qui ont paralysé l’économie de Téhéran, dans le cadre d’un nouvel accord. Ils souhaitent également avoir accès aux milliards de dollars gelés à l’étranger et mettre fin à la pression américaine sur les acheteurs chinois de pétrole de Téhéran, dans le cadre d’un assouplissement des restrictions, ont déclaré des responsables iraniens et arabes.

La monnaie iranienne a chuté de 95 % par rapport à son pic lors de la signature de l’accord nucléaire en 2015. L’inflation dépasse désormais les 30 % par an, faisant de produits de première nécessité comme la viande un produit de luxe. Les pénuries d’énergie ont entraîné la fermeture de cimenteries et d’usines pharmaceutiques, et même d’écoles dans certaines régions du pays.

En échange, l’Iran serait prêt à revenir aux mêmes niveaux d’enrichissement nucléaire autorisés par le pacte de 2015 dont Trump a retiré les États-Unis au cours de son premier mandat de président, selon des responsables iraniens et européens qui leur ont parlé.

L’ancien chef de la sécurité iranienne, Ali Shamkhani, a souligné la valeur stratégique du programme nucléaire du pays dans un message publié sur X : « La capacité nucléaire pacifique de l’Iran est une chaîne complète, de la mine au produit fini ; il ne s’agit pas seulement d’une prouesse scientifique, mais d’un moteur essentiel pour la médecine, l’énergie, l’agriculture et l’environnement. Cette technologie nationale est stabilisée, irréversible et indestructible. »

Qui plus est, même le journal Javan, proche des gardiens de la révolution est favorable à une réduction de l’enrichissement de l’uranium iranien. « Cela ne doit pas être considéré comme un recul de la part de l’Iran. Maintenir l’industrie nucléaire et l’enrichissement à un pourcentage qui réponde à nos besoins non liés à l’armement, c’est ce que nous disons et souhaitons depuis des années ».

Toutefois, celui-ci se montre sceptique quant à l’engagement américain en expliquant que les expériences passées ont également montré que l’Amérique n’est pas engagée, et la façon dont les choses fonctionnent doit donc changer. Il s’agit de la partie la plus difficile et la plus complexe des négociations, c’est pourquoi son processus risque d’être long, voire non concluant, ou de de pas durer toute la vie de cette administration américaine. 

Par la suite, le même journal a bien confirmé que ce qui concerne les missiles, l’Iran n’entamera certainement aucun dialogue, qu’il se poursuive ou non. « C’est là que les négociations pourraient s’arrêter, et peut-être l’Amérique l’a-t-elle inclus dans les discussions dans ce but précis, c’est-à-dire pour rendre les négociations non concluantes ». En ce qui concerne les forces régionales, il a déjà été dit que l’Iran demandera probablement aux États-Unis de négocier eux-mêmes avec ces forces. 

Un autre problème est celui des avantages économiques que les deux parties tirent l’une de l’autre. Si les intérêts économiques de l’Iran sont atteints par le biais de négociations, il est possible que certaines entreprises américaines trouvent l’opportunité d’investir ou de vendre leurs produits en Iran. En fait, si les sanctions sont levées, ce sont les entreprises elles-mêmes qui accueilleront favorablement les échanges commerciaux ou les investissements, et il est peu probable que l’Iran refuse. 

Néanmoins, il est peu probable que Washington accepte de lever ses sanctions sans un nouvel engagement de Téhéran à réduire ses activités nucléaires. L’administration Trump n’a pas encore accepté que l’Iran ait le droit d’enrichir de l’uranium dans le cadre d’un nouvel accord. Une surveillance étroite serait également requise. 

Toutefois, selon Dana Stroul, qui était la plus haute responsable de la politique au Moyen-Orient au Pentagone pendant l’administration Biden :  « Le président ne veut vraiment pas utiliser l’armée ici »,

Elle a souligné que Trump prévoyait de se rendre au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis dès le mois prochain. « Ce qu’il entend de tous les dirigeants arabes avec lesquels il s’entretient, c’est qu’ils ne veulent pas de nouvelles guerres », a-t-elle déclaré.

D’ailleurs, le 26 octobre 2024, J.D. Vance, alors candidat républicain à la vice-présidence, a pris ses distances avec Israël face à l’escalade de la situation au Moyen-Orient. Lors du Tim Dillon Show , il a reconnu le droit d’Israël à se défendre, mais a averti que « les intérêts des États-Unis seront parfois différents de ceux d’Israël. Parfois, nos intérêts se chevaucheront, parfois, ils seront distincts. » Il a également précisé que l’intérêt des États-Unis « est avant tout de ne pas entrer en guerre avec l’Iran ». Une telle guerre, a souligné Vance, « serait une énorme distraction de ressources ; elle coûterait extrêmement cher à notre pays. »

S’opposer à une guerre contre l’Iran accrédite l’idée que la nouvelle retenue du Parti républicain pourrait être plus qu’un simple acte partisan opportuniste. Cette impression est renforcée par les déclarations d’autres républicains influents, comme Elbridge Colby, ancien haut fonctionnaire du Pentagone et l’actuel sous-secrétaire à la Défense, qui s’est lui-même déclaré « un fervent hostile de l’idée d’une politique étrangère hyper-agressive et extrêmement expansive qui nous entraînerait dans de nombreuses guerres – et les perdrait ».   

En revanche, Trump et ses collaborateurs, ainsi que de hauts dirigeants israéliens, ont toutefois averti à plusieurs reprises que l’Iran serait massivement bombardé s’il refusait d’accéder à leurs exigences concernant son programme nucléaire. Israël demeure le principal opposant à tout éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis.

Les dirigeants américains et israéliens ont suggéré que les principales installations nucléaires, les raffineries et les infrastructures civiles comme les centrales électriques seraient attaquées si les négociations échouaient.

Pour Vali Nasr, spécialiste de l’Iran à l’université Johns Hopkins, les États-Unis auraient assuré que leur « seul intérêt » était que Téhéran n’acquiert pas la bombe, lui reconnaissant le droit à un certain niveau d’enrichissement d’uranium pour des activités nucléaires civiles.

Selon le site d’informations Amwaj, Abbas Araghchi a transmis à Steve Witkoff « les lignes rouges » de Téhéran, en soulignant que « la dénucléarisation n’était pas sur la table ».

Il faut rappeler qu’il y a les sanctions américaines mais également que les puissances européennes parties à l’accord de 2015, à savoir la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, avaient également imposé des sanctions à l’Iran, à la fois en raison de ses avancées nucléaires après le retrait de Trump et en raison des tensions liées à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Or, la clause de retour aux sanctions de l’accord de 2015 expire en octobre 2025. Si les négociations échouent, la France, l’Allemagne et le l’Angleterre pourraient l’invoquer en juillet, acculant l’Iran. La Chine et la Russie pourraient vouloir bloquer son entrée en vigueur, mais leur droit de veto habituel au Conseil de sécurité de l’ONU ne s’appliquerait pas dans ce cas (grâce à une disposition explicite de l’accord nucléaire).  La mise en œuvre du « snapback » est un processus qui prend 90 jours, ce qui signifie qu’il devrait être lancé en juin ou juillet s’il est retenu.

Dans ce contexte, l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devraient intensifier leur collaboration dans les semaines à venir, d’autant plus que l’agence de l’ONU pour l’énergie nucléaire est sous pression de l’Europe pour produire un « rapport complet » sur le programme nucléaire iranien, une étape largement considérée comme un signe avant-coureur du « snapback ».

Ainsi, la visite prévue en Iran du directeur général de l’AIEA plus tard ce mois-ci pourrait marquer un nouveau tournant dans la saga nucléaire iranienne.

L’Iran, pour sa part, a menacé de se retirer du Traité de non-prolifération si les sanctions étaient rétablies, ce qui ouvrirait la voie à Téhéran pour réduire la quasi-totalité de la surveillance officielle de son programme. Trump, de son côté, subirait une pression encore plus forte de la part des dirigeants israéliens et des faucons de Washington pour qu’il frappe. Israël pourrait même envisager d’attaquer seul, ce qui entraînerait presque certainement l’intervention des États-Unis.

Pourtant, comme nous l’avions expliqué dans un précédent article, même une attaque américaine et israélienne massive ne suffirait probablement pas à mettre un terme au programme nucléaire iranien. La République islamique possède tout simplement trop de matières enrichies et stocke trop de centrifugeuses sophistiquées dans trop d’endroits pour que les armées américaine et israélienne puissent les détruire avec une certitude absolue.

Elle dispose également de nombreux experts nucléaires qui pourraient être chargés de relancer un programme nucléaire. Les propres estimations des services de renseignement américains prévoient que le recul du programme nucléaire à la suite d’une attaque militaire serait de courte durée, peut-être de quelques mois seulement.

Pour stopper véritablement un programme nucléaire par la force, les États-Unis devraient soit répéter des frappes militaires fréquentes, soit tenter de mener une campagne de changement de régime pour briser ce cycle, avec des résultats dévastateurs et très incertains.

Frapper l’Iran pourrait également provoquer une escalade régionale majeure. Le réseau d’alliés de l’Iran est peut-être affaibli, mais le pays dispose encore d’options, notamment par l’intermédiaire des Houthis ou des groupes soutenus par l’Iran en Irak, ainsi que de ses propres stocks de missiles balistiques.

Il pourrait riposter contre Israël et contre les actifs, les troupes et les intérêts américains. Comme l’a souligné une récente évaluation des services de renseignement américains, malgré les blessures et les blessures infligées par l’année écoulée, l’Iran conserve la capacité d’« infliger des dommages importants à un attaquant, de mener des frappes régionales et de perturber le transport maritime ». L’Iran pourrait même s’en prendre aux infrastructures pétrolières du Golfe, faisant grimper les prix du pétrole.

Ces faits sont tous clairement sombres. Mais personne ne tirerait profit d’une guerre entre les États-Unis et l’Iran, et chacun a donc intérêt à l’éviter. Cela donne une chance à la diplomatie.

Selon Nicole Grajewski, « tout nouvel accord devra aborder les questions délicates des inspections intrusives pour restaurer la surveillance par l’Agence internationale à l’énergie atomique, des limitations strictes des niveaux d’enrichissement d’uranium, la réduction des stocks d’uranium enrichi à des niveaux élevés et avoir une vue générale sur la production et le déploiement des centrifugeuses avancées ».

Alors que Trump navigue entre ouvertures diplomatiques et postures stratégiques, le scepticisme d’Israël à l’égard des négociations pourrait engendrer des frictions, notamment si l’administration parvient à un accord qui ne répond pas aux exigences sécuritaires israéliennes. La fenêtre de deux mois pour les négociations diplomatiques se refermant, la capacité des alliés à concilier leurs divergences sera déterminante pour déterminer si l’approche américaine penche finalement vers l’engagement ou l’escalade.

En tout cas le temps presse. Interrogées sur la durée des négociations envisagées par Trump, plusieurs sources américaines, israéliennes et arabes ont donné la même réponse : quelques mois. Le JCPOA a duré deux ans. Lorsque John Kerry s’est rendu à Vienne pour négocier l’accord, il était souvent accompagné d’Ernest Moniz, le secrétaire à l’Énergie. Physicien nucléaire de formation, M. Moniz a contribué à en peaufiner les détails techniques. L’administration Trump manque encore d’une telle expertise.

De fait, Witkoff a admis qu’il ne disposait pas d’une expertise technique en matière de programmes de désarmement nucléaire civil, mais Trump fait implicitement confiance à son jugement.

Ryan Costello, directeur des politiques du Conseil national irano-américain, a déclaré : « Il est désormais important pour les États-Unis et l’Iran de protéger l’environnement apparemment positif des négociations de ceux qui veulent saboter une avancée vers un accord. »

Chaque partie doit faire preuve de retenue. Pour les États-Unis, cela pourrait signifier réduire leurs menaces militaires. Le président Trump devra également veiller à ce qu’Israël n’agisse pas dans le dos de l’administration et ne prenne pas de mesures provocatrices susceptibles de faire dérailler les négociations, y compris des actes de sabotage, comme nous l’avons vu en 2021.

« Pour l’Iran, signaler une plus grande ouverture aux négociations directes et cesser de mettre en garde contre les options d’armement peut contribuer à créer une dynamique et à mettre une percée à portée de main. » a déclaré Ryan Costello. 

Alors que l’économie iranienne est en chute libre et que les Iraniens subissent des coupures d’électricité, le président du pays, Massoud Pezeshkian, a toujours privilégié les négociations avec les États-Unis comme moyen d’échapper à la « cage des sanctions », mais il s’est heurté à la résistance des parlementaires conservateurs et d’une partie du groupe autour du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Mais le ministère iranien des Affaires étrangères, favorable aux négociations, a persuadé Khamenei que son régime, déjà affaibli par les revers en Syrie, au Liban et à Gaza, pourrait s’effondrer s’il ne négociait pas. Trump a également menacé d’autoriser Israël à bombarder les sites nucléaires iraniens.

Afin de préserver la dignité de l’Iran, Khamenei a insisté pour que les discussions initiales soient au moins indirectes, mais les États-Unis exerceront des pressions pour autoriser des discussions directes.

Pezeshkian, cherchant à reprendre le langage transactionnel de Trump, a déclaré la semaine dernière : « Son Excellence [Khamenei] n’a aucune objection à ce que des investisseurs américains investissent en Iran. Investisseurs américains : venez investir. »

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des Affaires politiques, Majid Takht-Ravanchi, qui participe à des discussions parallèles avec les dirigeants européens, a déclaré : « Si la partie américaine ne soulève pas de questions et d’exigences superflues et renonce aux menaces et à l’intimidation, il y a de fortes chances de parvenir à un accord. La République islamique d’Iran croit au dialogue et à l’interaction fondés sur le respect mutuel, et toute intimidation ou coercition est inacceptable à nos yeux. »

Trump a lui aussi assoupli sa rhétorique et peut-être ses exigences. Vendredi 12 avril, il a déclaré : « Je ne demande pas grand-chose ; ils ne peuvent pas avoir l’arme nucléaire », ajoutant : « Je veux qu’ils prospèrent. Je veux que l’Iran soit un pays grand, merveilleux et heureux. » Trump et Witkoff ont également cruellement besoin d’une percée diplomatique, leurs efforts de paix à Gaza et en Ukraine ayant jusqu’à présent été des échecs cuisants. Les États du Golfe, dont l’Arabie saoudite, s’opposent farouchement à une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Personne ne devrait souhaiter une guerre entre l’Iran et les États-Unis. Si Washington frappe les installations nucléaires de Téhéran, cela pourrait retarder temporairement le programme. Mais l’Iran pourrait alors redoubler d’efforts pour se doter de l’arme nucléaire. L’Iran riposterait également immédiatement par des attaques régionales, ce qui aggraverait encore davantage le Moyen-Orient. Ce n’est pas pour rien que Trump a déclaré que « tout le monde s’accorde à dire qu’un accord serait préférable à l’évidence ».

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L’histoire du CAC 40 : l’indice phare de la Bourse de Paris

Le CAC 40 est aujourd’hui l’un des indices boursiers les plus suivis en Europe. Représentatif de la performance des 40 plus grandes entreprises cotées sur le marché réglementé d’Euronext Paris, il est devenu un baromètre de l’économie française et un référent pour les investisseurs. Mais d’où vient-il ? Comment a-t-il évolué au fil du temps ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous remercions notre sponsor de nous accompagner dans la rédaction d’article d’éducation financière. Tout comme nous, inscrivez-vous sur Trade Republic dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous.

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Les origines du CAC 40

Le CAC 40 occupe une place centrale dans l’univers boursier français. Suivi de près par les investisseurs et les analystes, cet indice regroupe quarante des entreprises les plus influentes cotées sur Euronext Paris. Véritable thermomètre de l’économie tricolore, il reflète aussi les dynamiques de l’économie mondiale. Retour sur l’histoire et le fonctionnement de cet indice emblématique.

Une naissance au tournant des années 80

Lancé officiellement en 1987, le CAC 40 a commencé à être calculé à partir du 31 décembre de cette même année, avec une valeur de base fixée à 1 000 points. Il est entré en application le 15 juin 1988, marquant une nouvelle ère pour la cotation électronique des valeurs françaises.

L’acronyme « CAC » fait référence à la Cotation Assistée en Continu, un système innovant à l’époque permettant une mise à jour permanente des cours. Le chiffre 40 renvoie, lui, au nombre d’entreprises incluses dans l’indice.

Un miroir de la santé économique

L’évolution du CAC 40 est généralement perçue comme un baromètre de l’économie française. Une hausse de l’indice traduit l’optimisme des marchés quant aux perspectives des grandes entreprises, tandis qu’une baisse peut refléter des inquiétudes économiques ou géopolitiques.

Mais il faut garder à l’esprit que nombre des entreprises du CAC 40 réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires à l’international. Ainsi, ses fluctuations reflètent autant l’état de l’économie française que celui de l’économie mondiale.

Un indice rigoureusement structuré

Le CAC 40 est un indice pondéré, ce qui signifie que les sociétés les plus valorisées en Bourse influencent davantage sa performance. Il est constitué d’un panier de quarante valeurs, sélectionnées parmi les entreprises françaises les plus liquides et capitalisées.

Sa composition est revue tous les trimestres par un comité scientifique indépendant. Ce comité prend en compte deux critères principaux :

  • Le volume des échanges sur la société concernée,
  • La représentation sectorielle, pour maintenir un certain équilibre entre les secteurs économiques.

Une composition évolutive

Parmi les sociétés présentes, on retrouve des noms bien connus : LVMH, TotalEnergies, Sanofi, Airbus, BNP Paribas, etc. Ces entreprises couvrent une variété de secteurs : industrie, luxe, finance, énergie, technologie…

Le poids de chaque entreprise dans l’indice dépend de sa capitalisation flottante, c’est-à-dire des actions réellement disponibles à l’achat sur le marché.

Quelques repères historiques marquants

  • 2000 : record pré-bulle internet, le CAC 40 flirte avec les 6 944 points.
  • 2008 : effondrement lié à la crise des subprimes.
  • 2020 : chute brutale avec la crise sanitaire mondiale.
  • 2023-2024 : série de nouveaux sommets, l’indice dépasse les 8 100 points.

Chaque étape traduit des phases clés de l’économie mondiale, que ce soit des périodes d’euphorie ou de panique.

Un outil pour les investisseurs et les pédagogues

Aujourd’hui, de nombreux instruments permettent d’investir dans le CAC 40 : ETF, contrats à terme, produits dérivés. Il sert également de référence pour comparer la performance d’un portefeuille ou comme outil d’apprentissage des mécanismes boursiers.

Le CAC 40 est plus qu’un simple indicateur. Il incarne la vitalité des grandes entreprises françaises, tout en étant sensible aux vents globaux de l’économie mondiale. Comprendre son fonctionnement, c’est saisir une part essentielle des rouages des marchés financiers modernes.

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Bourse Cryptomonnaies En vedette Nos analyses

Bitcoin plus résilient que la Bourse américaine : comment s’adapter ? 

Les « tariffs » répétés et contradictoires des dernières semaines n’ont épargné aucun marché et n’ont laissé aucun investisseur indifférent. La politique commerciale des États-Unis a entraîné un pic d’incertitudes provoquant une correction marquée des actions. Et contre toute attente, bien que les cryptomonnaies aient aussi accusé une baisse, Bitcoin en particulier a su démontrer une certaine résilience. Quels enseignements devons-nous en tirer en tant qu’investisseur ? 

  1. Le marché des cryptomonnaies est sensible aux facteurs macroéconomiques  

Rappelons que depuis l’institutionnalisation du bitcoin, le BTC est corrélé aux événements macroéconomiques. Les décisions des États et des institutions financières ont désormais des répercussions directes sur le marché des cryptomonnaies.  

De même, les événements géopolitiques récents ont eu un impact sur les marchés, suivis par la politique tarifaire de Donald Trump d’abord offensive, puis subitement plus conciliante.  

En effet, il aura suffi que les droits de douane – censés être appliqués à plus de 180 pays – soient mis en pause pour 90 jours par Donald Trump lui-même (excepté pour la Chine), pour que bitcoin rebondisse au-delà des 82 000 dollars et se stabilise, après avoir brièvement baissé en dessous de 75 000 dollars deux jours auparavant.  

  1. Bitcoin plus résilient que la Bourse américaine 

Bien qu’il s’agisse d’actifs risqués, naturellement volatils en période d’incertitude, les cryptomonnaies, et en premier lieu Bitcoin, ont été plus résilientes que les actions américaines.  

Dès la première semaine d’avril, les indices boursiers ont enregistré des pertes significatives : 
•  Plus de 6 00 milliards évaporés en 48 heures 
• – 11 % sur le NASDAQ 
• – 17 % pour le S&P500 depuis son sommet de février 
•  Et enfin, le VIX « l’indice de la peur » a atteint 52 points, un niveau inédit depuis 2020 

Notons que pour la première fois, la volatilité du S&P500 a égalé la volatilité du bitcoin :  

En outre, les obligations américaines également, pourtant considérées comme l’un des actifs les plus sûrs du monde, ont fluctué. Les obligations à 10 ans sont passées de 4 % à 4,5 % en 7 jours, une première depuis les années 2000.  

Bitcoin, lui, est resté au-dessus du seuil des 75 000 dollars et a regagné 6,2 % suite au revirement de situation du 9 avril. Nous avions d’ores et déjà observé une réaction similaire lors de la pandémie de Covid : une correction vive, avant de rebondir presque immédiatement.  

  1. La demande pour Bitcoin reste soutenue, portée par les institutionnels 

Ajoutons que malgré les turbulences de ce début d’année, la demande pour Bitcoin reste stable du côté des investisseurs traditionnels qui poursuivent leur stratégie d’accumulation, preuve d’une confiance sur le long terme : 

  • Startegy₿ (anciennement MicroStrategy) a acquis 911 bitcoins, portant son total à plus de 506 000 BTC, soit un demi-million.  Et l’entreprise prévoit un nouvel achat de 1 milliard de dollars.  
  • Metaplaneta renforcé ses positions avec 150 BTC, atteignant désormais 3 350.   
  • Le Salvador, premier pays à s’être constitué une réserve nationale de bitcoin, a poursuivi sa stratégie d’accumulation et atteint un total de 6 127 BTC.    
  • Tether, la société émettrice de l’USDT a acheté 8 888 BTC, devenant le sixième plus gros détenteur.  

Retenons donc que le silence des médias lorsque Bitcoin baisse – ou au contraire la surmédiatisation marquée par des titres alarmistes – peut à tort nous faire oublier la tendance globale favorable à l’adoption du bitcoin et des cryptomonnaies. Un phénomène symptomatique qui permet systématiquement aux investisseurs réguliers de renforcer leur position, profitant de points d’entrée intéressants.    

Une croissance soutenue du côté des stablecoins 

Parallèlement, la capitalisation des stablecoins continue de progresser, atteignant un record à 233,58 milliards de dollars. Un autre témoin de l’institutionnalisation, de plus en plus d’acteurs institutionnels faisant leur entrée sur les marchés via ces cryptomonnaies stables.  

  1. Bitcoin, potentiel rempart contre l’inflation ? 

Alors que les droits de douane et la guerre commerciale alimentent des pressions inflationnistes potentiellement plus importantes que prévu, le bitcoin qui est par nature un actif rare (limité à 21 millions d’unité, d’où son surnom d’ « or numérique ») pourrait légitimement être perçu comme une réserve de valeur.  

  1. Quels indicateurs surveiller et quelle vision adopter sur le long-terme ?  

Au sein du marché des cryptomonnaies, bitcoin demeure incontestablement le crypto actif le plus largement adopté par les acteurs de la finance traditionnelle, ce qui renforce sa légitimité et souligne son potentiel à long terme.  

Ainsi, bien que la volatilité à court terme nourrisse la peur, cela ne doit pas occulter une tendance de fond qui, nous l’avons vu, est haussière et favorable à une adoption grandissante sur le long terme.  

Ces prochaines semaines, il sera intéressant d’observer les prises de position des acteurs majeurs. En particulier, la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (la FED), et sa décision concernant une éventuelle baisse des taux qui inciterait les investisseurs à privilégier les actifs plus risqués.  

Dans tous les cas, ces dernières semaines tumultueuses ont souligné l’importance de diversifier ses positions et d’accorder une place à de nouveaux actifs résilients afin de sécuriser son patrimoine.  

En rédaction avec Meria 

Meria est une plateforme d’investissement en cryptomonnaies française leader depuis sa création en 2017 par Owen Simonin. Meria vous permet d’acheter, échanger et d’investir vos cryptomonnaies afin de générer des rendements passifs et réguliers. Meria est une société française, enregistrée PSAN auprès de l’AMF (E2021-016).