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Métaux précieux : l’or, l’argent et le platine battent des records historiques

Les marchés des métaux précieux poursuivent leur envolée.

Ce mercredi 24 décembre 2025, l’or a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 4.500 dollars l’once, porté par des indicateurs économiques américains meilleurs qu’attendu et par un climat géopolitique toujours plus incertain.

Des chiffres de l’emploi qui soutiennent le mouvement

Selon le département américain du Travail, 214.000 nouvelles inscriptions au chômage ont été enregistrées la semaine dernière, soit 10.000 de moins que la semaine précédente et bien en dessous des 225.000 attendues par les économistes.

À la suite de cette publication, le contrat à terme sur l’or pour livraison en février a progressé jusqu’à 4.514 dollars l’once, après avoir touché un nouveau record intraday à 4.555,10 dollars.

Ce paradoxe apparent un marché de l’emploi solide soutenant l’or s’explique par les anticipations de politique monétaire et par le rôle refuge du métal jaune.

Une hausse structurelle, au-delà de la spéculation

Les tensions persistantes notamment entre les États-Unis et le Venezuela, mais aussi en Ukraine et au Moyen-Orient renforcent l’attrait pour les actifs considérés comme sans risque souverain.

L’argent, le platine et le palladium suivent le mouvement

L’or n’est pas le seul métal à battre des records :

  • L’argent a atteint un sommet à 72,75 dollars l’once, avant de se stabiliser autour de 71,94 dollars, affichant une progression de plus de 150 % depuis le début de l’année.
  • Le platine évolue autour de 2.270 dollars l’once, après avoir inscrit un record historique.
  • Le palladium, plus volatil, s’échange au-delà de 1.840 dollars, à son plus haut niveau depuis plusieurs années.

Cette envolée est soutenue par la demande industrielle (automobile, transition énergétique, solaire, intelligence artificielle) mais aussi par des contraintes d’offre minière et des anticipations de politiques monétaires plus accommodantes en 2026.

Dollar affaibli, valeur refuge renforcée

Autre facteur clé : la faiblesse du dollar américain, en baisse d’environ 10 % sur l’année 2025, sa pire performance depuis huit ans.
Un billet vert plus faible rend mécaniquement les métaux libellés en dollars plus attractifs pour les investisseurs internationaux.

Dans ce contexte, certaines grandes institutions anticipent une poursuite de la hausse. Goldman Sachs estime par exemple que l’or pourrait approcher les 4.900 dollars d’ici fin 2026, tandis que plusieurs analystes évoquent un scénario à 5.000 dollars à horizon 6 à 12 mois.

Une tendance appelée à durer ?

Entre :

  • la dédollarisation progressive,
  • les achats massifs des banques centrales,
  • les inquiétudes sur la dette mondiale,
  • et la recherche d’actifs refuges dans un monde fragmenté,

les métaux précieux s’imposent comme un baromètre des tensions économiques et géopolitiques actuelles.

Si la faible liquidité de fin d’année accentue la volatilité, la dynamique observée en 2025 semble avant tout structurelle, confirmant le retour en force de l’or et de l’ensemble des métaux précieux au cœur des stratégies d’investissement mondiales.

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Banque & Finance En vedette Interviews experts Nos analyses

« Notre épargne s’empile mais nous nous appauvrissons », Aymeric Lang (Erasmus AM)

Dans cet article, avec Erasmus AM, nous allons faire un état des lieux de l’épargne des Français et montrer le coût d’opportunité gigantesque qui découle de sa sous-optimisation.

La bonne nouvelle ? Nous avons une belle marge de progression.

D’excellents épargnants, mais de piètres investisseurs

S’il y a bien un domaine dans lequel nous restons parmi les meilleurs mondiaux, c’est sur notre capacité à mettre de l’argent de côté. 18,7% de taux d’épargne, soit le deuxième meilleur niveau en Europe derrière l’Allemagne (19,2%).

Là où le bât blesse, c’est dans notre utilisation de la partie financière de cette épargne (hors immobilier).

Quelques chiffres et mise en perspective :

  • Les placements financiers au total s’élèvent à environ 6 500 milliards d’euros
  • Placements prudents : 3 710 milliards d’euros (57 % du total) dont :
    • Dépôts et placement monétaire : 2 150 milliards d’euros (33% du total)
    • Assurance-vie en euros : 1 560 milliards d’euros (24% du total)
  • Placements en actions (cotées et non cotées) : 2 500 milliards d’euros (38% du total)
  • Autres (titres de créances, fonds immobiliers) : 290 milliards (5% du total)

Le constat est sans appel : plus de la moitié de notre épargne est positionnée sur des placements à rendement visés en moyenne à peine supérieurs à l’inflation.

Nécessaire pour faire face aux éventuels coups durs ? Pas vraiment. Les conseillers financiers s’accordent à dire qu’il faut garder à disposition 3 à 6 mois de dépense en épargne sécurisée. Un ménage français dépense en moyenne autour de 33 000 euros (chiffres INSEE corrigés de l’inflation). En prenant 6 mois de dépense et 30 millions de ménage, nous obtenons environ 500 milliards d’euros à garder en épargne de précaution.  Pas 3 710 milliards.

Mais allons plus loin et comparons-nous à notre voisin Américain. En se basant sur les données de marché, nous obtenons la répartition suivante pour l’épargne aux Etats-Unis :

  • Placements prudents : 28%
  • Placements en actions (cotées et non cotées) : 65%
  • Autres : 7%

Quasiment du simple au double.

Maintenant, ajoutons un élément supplémentaire : le rendement espéré par classe d’actifs.

En se basant sur les données des 20 dernières années :

  • Placements prudents : environ 2% en moyenne
    • Livret A : 1,5% par an
    • Fonds euros : 3% par an
  • Placements en actions : 8% par an (CAC 40 dividendes réinvestis)

Soit un écart de près de 6% par an.

Pas étonnant que dans son rapport Mario Draghi constate que, depuis 2009, le patrimoine net des ménages européens n’a progressé “que” de 55 %, contre 151 % pour les ménages américains.

“Finance fiction”

Faisons l’hypothèse que nous devenions un pays d’investisseurs. Sans aller jusqu’à l’extrême américain, imaginons que la part de notre épargne investie en actions arrivait au niveau de nos voisins Suédois, Italiens ou Belges, soit 55%.

Le montant placé en actions passerait de 2 500 milliards d’euros à 3 600 milliards d’euros, avec un gain estimé de près de 70 milliards d’euros par an grâce aux 6% de performance supplémentaire.

Pour mettre ces 70 milliards en perspective, le Think Tank Terra Nova estime qu’il faudrait environ 100 milliards d’euros (le fameux « effort de 3 à 4.000 euros par ménage et par an ») pour stabiliser la dette française.

Autre effet bénéfique d’une épargne plus optimisée, le fameux effet richesse, particulièrement moteur aux Etats-Unis : lorsque la richesse des ménages s’accroît, la consommation augmente encore plus rapidement.

Les outils pour y parvenir

Bien que simplifiée à l’extrême, cette analyse n’est pas dénuée de sens : elle nous montre la marge de progression qui existe.

D’autant que nous disposons d’excellents outils d’investissements en France, à travers l’assurance vie, le PEA, le PEA-PME ou encore le PER, qui présentent des avantages fiscaux (après plusieurs années) qui permettent de correctement faire travailler son épargne dans le temps.

Mais est-ce que nous les utilisons correctement ?

Le constat est implacable : nous n’utilisons pas les bonnes enveloppes. Sur les 3 300 milliards d’euros placés par les Français, plus de 90 % dorment sur de l’épargne réglementée ou de l’assurance-vie, majoritairement en fonds euros.

L’anomalie est frappante : le PEA, pourtant le meilleur allié de l’investisseur long terme, ne représente qu’une miette du gâteau (3,6 %) et encore pire pour le PEA-PME qui représente seulement (0,1%).

Finalement, l’épargne réellement productive dépasse à peine le quart des encours. Ce déséquilibre est le fruit d’un manque d’éducation financière et d’une peur irrationnelle des marchés qu’il faut absolument déconstruire aujourd’hui.

Le PEA – PME : Oui avec de bons moteurs de performance

Nous venons de le voir, le PEA-PME est un échec total depuis son lancement, avec à peine 3 milliards d’euros de collecte. Pourtant, il ne manque pas d’intérêt et il a récemment été assoupli.

Ce petit frère du PEA a été lancé pour pouvoir investir dans les petites entreprises européennes, les poumons de l’activité économique. Il est plafonné à 225 000 euros depuis la loi Pacte et, comme son grand frère, après 5 ans de détention, l’imposition sur la plus-value se limite aux prélèvements sociaux.

Dans notre gamme de fonds, le fonds EDL 2030 s’intègre parfaitement sur cette enveloppe :

  • Il est composé d’actifs éligibles ELTIF* (Micro & Small caps Européennes cotées)
  • Il va exploiter à 100% le potentiel de croissance de la classe d’actif dans les 5 années à venir
  • Il est actuellement ouvert à la souscription, et fermera cet été. La date de fin de vie du fonds est fixée au 31/12/2030 soit 5 ans de détention.

À bientôt,

Aymeric LANG CFA – Directeur de la gestion Erasmus AM

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Banque & Finance En vedette Entreprises Nos analyses

L’avenir des juniors en banque d’affaires face à l’IA

OpenAI a lancé le projet Mercury, qui mobilise plus d’une centaine de banquiers d’affaires de JP Morgan, Morgan Stanley et Goldman Sachs pour entraîner un modèle capable de réaliser des tâches complexes : modèles financiers, restructurations, IPO, LBO, etc. 

Dans le même temps, les grandes banques développent leurs propres solutions d’IA en interne (77 % d’entre elles selon EY).

Le secteur de la banque d’affaires, marqué par des horaires lourds, des tâches répétitives et une forte part de travail à faible valeur ajoutée, voit dans cette avancée technologique une opportunité pour transformer son organisation. Aucun acteur ne veut manquer ce virage, au risque de perdre en compétitivité et de devenir obsolète.

Cette révolution technologique pourrait modifier en profondeur les structures internes et le modèle économique des banques. Dans cet article, nous nous concentrons sur l’avenir des juniors, aujourd’hui responsables d’une grande partie des tâches susceptibles d’être automatisées par l’IA.

Un marché du M&A sous pression : plus de candidats, moins d’offres

Le secteur du M&A est devenu l’un des plus compétitifs pour les étudiants et jeunes diplômés. Attirés par le prestige, les rémunérations élevées et la forte visibilité du métier, ils sont de plus en plus nombreux à viser les mêmes postes. Résultat : la concurrence s’intensifie fortement. Sur JobTeaser, les candidatures en M&A ont augmenté de 41 %, alors que le nombre d’offres a reculé de 7 %.

Selon Pierre-Henri Havrin, Directeur du recrutement chez BNP Paribas en France, « nous recevons généralement plus de 1 000 CV en une semaine pour une seule offre en M&A ». Le M&A reste une voie d’excellence, mais l’accès devient de plus en plus sélectif. Si les postes juniors et stagiaires venaient à diminuer avec la venue de l’IA, le marché serait encore plus saturé, rendant l’accès à une première expérience de plus en plus difficile.

Le M&A à un poste senior

Avant d’aborder la situation des juniors, il est essentiel de rappeler la réalité du métier lorsqu’on progresse dans la hiérarchie. Comme l’a bien rappelé Stéphane Courbon (Chairman of Corporate & Investment Banking France – Bank of America) lors d’une conférence à l’ESCP, au fil des années, les missions évoluent et deviennent moins techniques. La dimension commerciale et relationnelle prend progressivement le dessus.


Les talents qui accèdent à ces postes de direction ne se distinguent pas uniquement par leur maîtrise technique. Ce sont avant tout de bons commerciaux, capables de saisir les enjeux d’un deal et de gérer les relations humaines.

En d’autres termes, plus on avance, plus le métier repose sur la dimension humaine, commerciale et la capacité à générer du business. Or ces responsabilités ne pourront jamais être remplacées par une intelligence artificielle. Cela soulève donc une question centrale : comment assurer la transmission des postes de direction si les juniors, qui constituent traditionnellement la relève, sont remplacés par l’IA ?

Le junior M&A face à l’IA : la fin d’un modèle, pas d’un métier

Le métier de junior en banque d’investissement, longtemps considéré comme la porte d’entrée incontournable pour une carrière prestigieuse, est en pleine mutation. L’arrivée de l’intelligence artificielle bouleverse à grande vitesse les tâches qui constituaient traditionnellement le cœur du travail des juniors. Selon Les Échos, les offres d’emploi destinées aux jeunes talents (de 0 à 2 ans d’expérience) ont chuté de 24 % entre janvier 2024 et juillet 2025, un signal fort que le marché évolue.

Les tâches historiques du junior sont aussi les plus vulnérables face à l’IA. Celles qui constituaient la base de la formation des analystes  (vérification de conformité, saisie de données, modélisation Excel, préparation de pitchs) pourront bientôt être exécutées plus vite et plus efficacement par des systèmes automatisés. Toute la phase d’apprentissage des premières années pourrait se retrouver bouleversée. Nous verrons comment réagir face à cette transformation à la fin de cet article.

De fait, des grandes banques comme Morgan Stanley et Goldman Sachs développent elles aussi des outils internes, notamment des assistants IA capables de résumer, d’analyser des données et de rédiger du contenu. Ces outils accélèrent le travail à faible valeur ajoutée, qui constituait traditionnellement la base de la montée en compétences des juniors.

Quel avenir pour les juniors ? Entretien avec Adrien Foucault

Adrien Foucault (professeur à HEC et Sciences Po Paris spécialisé en IA et Finance) nous a partagé sa vision lors d’un échange enrichissant.

Selon lui, le rôle du junior ne va pas disparaître : il va être redéfini. Moins d’Excel, moins de slides, et plus d’analyse. En clair, les juniors vont être “seniorisés” plus tôt en développant leur esprit critique, et devront apprendre à manager des collègues digitaux.

Dans ce nouveau modèle, les seniors devront transmettre plus tôt leurs compétences clés : la relation client, la lecture fine des enjeux d’un deal, la culture du métier. Les juniors auront besoin de cette exposition rapide aux clients pour comprendre comment évoluer dans leur environnement, au-delà des fichiers Excel et des PowerPoints.

Pour les banques, cette évolution change la donne. Traditionnellement, les juniors n’ont pas vocation à intervenir dans les processus ni à formuler des recommandations. Selon Adrien Foucault, cette révolution technologique devrait pousser les banques d’investissement à davantage encourager les initiatives des juniors sur les sujets IA et de les impliquer dans cette transformation technologique. Leur regard neuf  et leur familiarité avec l’usage de l’intelligence artificielle représentent en effet une source de valeur ajoutée pour les équipes seniors. Cela peut même devenir une vraie source d’innovation, notamment grâce à une culture de l’expérimentation : une approche qui consiste à tester de nouvelles idées, apprendre de ce qui fonctionne (ou non) et ajuster en continu pour améliorer les processus.

Comment la préparation à ce métier va être transformée ?

Le métier de Junior n’étant pas réellement menacé de disparaître, sa transformation va pousser la préparation à ce métier à évoluer. En effet, il va falloir repenser la formation et les compétences à acquérir pour adapter correctement les profils. Les analystes juniors ne seront plus que très peu assignés à des tâches répétitives, mais seront amenés à être plus rapidement au contact des clients. Ainsi, il est nécessaire que dès la formation en école, les étudiants apprennent à développer leur esprit critique et à comprendre les attendus d’un client. Nous pouvons imaginer un nombre plus important de cas pratiques au sein de la formation, pour plonger les étudiants plus tôt dans la culture du deal.

Une compétence va devenir centrale pour les futurs juniors : la maîtrise des outils d’IA et des environnements informatiques. L’IA ne fera rien seule. Il faudra savoir la guider, poser les bonnes questions, comprendre comment elle raisonne et où elle peut se tromper. On ne parle donc pas d’un remplacement, mais d’un travail avec l’IA. Ceux qui sauront l’utiliser intelligemment prendront clairement l’avantage.

Une part non négligeable de cette préparation doit être faite en autonomie : les étudiants doivent rester curieux, en constante veille sectorielle (lecture d’articles, écoute de podcasts, suivi des deals) afin de comprendre les enjeux du secteur.

Quelles évolutions pour l’enseignement supérieur ?

Selon une étude d’Alumneye, 47 % des étudiants en école de commerce se disent attirés par une carrière en finance, et notamment par le M&A. À l’inverse, seuls 26 % des étudiants en école d’ingénieur envisagent cette voie. A l’avenir, les banques seront plus à même de recruter des profils qui maîtrisent l’intelligence artificielle. Pour rester compétitif, un candidat se doit de rester à la pointe de la technologie en s’intéressant et en testant les nouveaux modèles. L’aspect technique, qui va devenir moins central, sera dépassé par la compréhension fine du deal et la culture métier. D’où l’importance de développer son esprit d’analyse : les tâches techniques ne suffiront plus pour se démarquer.

Ainsi, les formations supérieures  (et en particulier les écoles de commerce) doivent pousser les étudiants à développer leurs compétences numériques, mais aussi à renforcer leur esprit critique notamment à travers des cas pratiques.

Que faut-il retenir ?

L’IA ne met pas fin au rôle de junior en banque d’investissement, mais elle le transforme. Les tâches répétitives disparaissent au profit d’un travail plus analytique et plus exposé. Banques comme étudiants doivent s’adapter : renforcer les compétences numériques, l’esprit critique et la culture du deal.

Ceux qui sauront combiner maîtrise des outils technologiques et compréhension des enjeux humains du M&A resteront les mieux armés pour réussir.

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Bourse Entreprises Nos analyses Pédagogie & concepts clés

Comment lire un bilan en 5 minutes

Dans cet article, nous revenons sur une compétence très essentielle pour tout investisseur ou même entrepreneur qui se respecte: comment lire un bilan comptable !

Voici un guide simple pour comprendre l’actif, le passif, les capitaux propres, les dettes, le goodwill et les ratios clés

Lire un bilan comptable n’est pas réservé aux spécialistes. Avec une méthode structurée, il est possible en quelques minutes de comprendre la situation financière réelle d’une entreprise, d’identifier ses forces et ses faiblesses, et d’éviter certaines erreurs d’analyse.

Ce guide propose une lecture simple et efficace du bilan, sans jargon excessif, afin d’en tirer rapidement les informations essentielles.

1. Le bilan : une photographie financière

Le bilan représente la situation financière d’une entreprise à une date précise, généralement à la fin d’un exercice comptable.

Il répond à une question centrale : comment l’entreprise est-elle financée et à quoi servent ces financements.

Structure fondamentale du bilan :

  • Actif : ce que l’entreprise possède
  • Passif : la manière dont ces éléments ont été financés

Principe clé à retenir :

  • Actif = Passif
    Toute ressource utilisée par l’entreprise provient soit de ses fonds propres, soit de dettes.

2. L’actif : ce que possède l’entreprise

L’actif regroupe l’ensemble des ressources nécessaires à l’activité.

Actifs immobilisés (long terme)

Éléments destinés à rester durablement dans l’entreprise :

  • Immobilisations corporelles : bâtiments, machines, équipements
  • Immobilisations incorporelles : logiciels, brevets, marques
  • Immobilisations financières : participations dans d’autres sociétés

Ces actifs traduisent la stratégie industrielle et la vision de long terme.

Actifs circulants (court terme)

Éléments à rotation rapide :

  • Stocks
  • Créances clients
  • Trésorerie et équivalents de trésorerie

Ils permettent d’évaluer la liquidité et la gestion du besoin en fonds de roulement.

3. Le passif : d’où vient l’argent

Le passif explique l’origine des ressources financières.

Capitaux propres

Ils représentent la part appartenant aux actionnaires :

  • Capital social
  • Réserves
  • Résultats accumulés

Des capitaux propres solides constituent un véritable matelas de sécurité et renforcent la crédibilité financière.

Dettes

Financements obtenus auprès de tiers :

  • Dettes financières (emprunts bancaires, obligations)
  • Dettes fournisseurs
  • Dettes fiscales et sociales

Un certain niveau d’endettement est normal, à condition qu’il reste compatible avec la capacité de l’entreprise à générer du cash.

Zonebourse, l’outil à utiliser pour analyser

ZoneBourse est l’un des rares outils qui combine analyse fondamentale + analyse technique au même endroit.

Indispensable pour analyser une entreprise de A à Z. Et par ailleurs, nous avons négocié pour vous un prix attractif valable QUE si vous passez par ce lien:

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4. Le goodwill : un actif à analyser avec prudence

Le goodwill apparaît lors d’une acquisition, lorsque le prix payé dépasse la valeur comptable des actifs nets.

Il reflète notamment :

  • La valeur de la marque
  • La clientèle
  • Les synergies attendues

Points de vigilance :

  • Un goodwill élevé n’est pas négatif en soi
  • Il repose sur des hypothèses de croissance
  • En cas de contre-performance, il peut être déprécié et peser sur les capitaux propres

5. Les ratios clés pour une analyse rapide

Quelques ratios suffisent pour obtenir une première lecture pertinente.

Ratio de solvabilité :

  • Capitaux propres / Total du bilan
  • Permet d’évaluer la solidité financière

Endettement net :

  • Dettes financières – Trésorerie
  • Mesure le poids réel de la dette

Ratio de liquidité générale :

  • Actif circulant / Dettes à court terme
  • Évalue la capacité à faire face aux échéances immédiates

Fonds de roulement :

  • Capitaux permanents – Actifs immobilisés
  • Indique si les ressources stables financent correctement le long terme

Poids du goodwill :

  • Goodwill / Capitaux propres
  • Permet d’identifier une dépendance excessive aux actifs immatériels
6. Une méthode simple pour lire un bilan en 10 minutes

Lecture rapide en plusieurs étapes :

  • Observer la taille du bilan et son évolution dans le temps
  • Comparer capitaux propres et dettes
  • Analyser la trésorerie disponible
  • Examiner le niveau de goodwill et d’actifs incorporels
  • Calculer quelques ratios clés

Cette méthode permet d’identifier rapidement si l’entreprise est solide, équilibrée ou fragile.

7. Les limites du bilan

Le bilan ne doit jamais être analysé seul. Il doit être complété par :

  • Le compte de résultat, pour mesurer la rentabilité
  • Le tableau des flux de trésorerie, pour analyser la génération de cash
  • Le contexte sectoriel et macroéconomique
Conclusion

Lire un bilan, c’est comprendre l’architecture financière d’une entreprise. En maîtrisant quelques notions clés et une méthode simple, le bilan devient un outil accessible et indispensable pour toute analyse financière sérieuse, que ce soit pour investir, comparer des entreprises ou mieux comprendre leur stratégie.

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Cryptomonnaies Nos analyses

ONG et crypto-actifs : innovation incontournable ou illusion technologique ?

Tandis que les actifs numériques gagnent du terrain dans le monde de la finance digitale, un secteur inattendu se montre prudent et intéressé : celui des organisations non gouvernementales (ONG). Promesses d’agilité, nouvelles possibilités de financement, transparence accrue… tout en faisant face à des risques liés à la conformité, aux erreurs stratégiques et aux dérives éthiques. L’emploi des actifs numériques dans le domaine humanitaire suscite une discussion qui va au-delà d’un simple engouement technologique.

Un outil qui séduit par sa rapidité et son accessibilité

Dans les zones affectées par des conflits ou des catastrophes naturelles, le système bancaire traditionnel peut parfois être inopérant : infrastructures détruites, sanctions, limitations sur le transfert de fonds, hyperinflation. Les actifs numériques apparaissent donc comme une addition intéressante :

  • des transferts quasi immédiats,
  • Réception depuis tout pays.
  • Autonomie partielle des systèmes bancaires locaux.

L’événement ukrainien de 2022 a démontré la force de cet outil : des dizaines de millions de dollars ont été collectés en quelques semaines par le biais des crypto-monnaies. Un phénomène inédit par son ampleur et sa vitesse.

Transparence financière… mais pas sans nuance

La blockchain permet une traçabilité totale des transactions. Pour les ONG, cette transparence représente un potentiel important :

  • rassurer les donateurs,
  • limiter certains risques de détournement,
  • faciliter les audits.

Cependant, cette transparence théorique cache des limites souvent absentes du discours dominant :
les adresses blockchain ne révèlent pas automatiquement l’identité réelle des donateurs. Les ONG doivent donc investir dans des outils d’analyse spécialisés (Chainalysis, TRM Labs) et dans des processus complets afin de respecter les normes AML/KYC, sous peine d’enfreindre la législation contre le financement du terrorisme.

Une solution utile dans les zones sans infrastructures bancaires… mais pas universelle

Certaines ONG ont distribué de l’aide via des stablecoins dans des pays en crise bancaire (Venezuela, Liban).
Pour les bénéficiaires, cela permet parfois de contourner l’hyperinflation et de recevoir de l’aide rapidement.

Mais cette approche reste limitée par plusieurs contraintes concrètes:

  • accès irrégulier à internet ou à l’électricité,
  • besoin d’appareils compatibles,
  • nécessité de former les équipes et les bénéficiaires,
  • difficulté à convertir les crypto-actifs en monnaie locale.

Ces obstacles montrent que les crypto-solutions ne sont pas toujours adaptées au terrain, malgré leur potentiel.

Les risques souvent sous-estimés : conformité, réputation, cybersécurité

Conformité réglementaire (AML/CFT)

Les ONG sont déjà surveillées pour éviter les détournements de fonds en zones sensibles.
L’arrivée des crypto-actifs complique leur position :
elles doivent désormais vérifier l’origine des fonds, analyser les flux et documenter leurs choix technologiques.

Risque réputationnel

Pour le grand public, les cryptomonnaies sont encore associées à la fraude, au blanchiment ou à la spéculation.
Une ONG mal préparée pourrait créer de la méfiance parmi ses donateurs, même si ses intentions sont bonnes.

Cybersécurité

Les ONG disposent rarement des mêmes moyens que les entreprises privées.
Or, la sécurité des portefeuilles crypto exige un niveau élevé :
clé privée compromise, phishing, erreurs de manipulation… un incident peut faire perdre 100 % des fonds, sans recours possible.

Pour finir les ONG peuvent bénéficier des actifs cryptographiques pour leur rapidité, leur résistance en situation de crise bancaire, leur transparence améliorée et l’élaboration de nouveaux systèmes d’aide planifiée. Néanmoins, les risques sont tout autant réels : complexité liée à la conformité, infrastructures techniques fragiles, enjeux de confidentialité pour les bénéficiaires, perception publique incertaine.

Les ONG ne visent pas à adopter ces outils de manière inconsidérée, mais plutôt à réaliser des investissements judicieux : former leurs collaborateurs, renforcer leur cybersécurité, instaurer des processus de conformité solides et établir des partenariats technologiques de confiance.

Les entités qui parviendront à intégrer ces technologies de façon judicieuse, plutôt qu’en succombant à une mode éphémère, disposeront d’un avantage stratégique majeur pour répondre aux défis humanitaires à venir, dans un univers où la finance numérique est en train de se révéler essentielle.

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Banque & Finance Bourse Investissement & Stratégies Nos analyses Pédagogie & concepts clés

Les 10 indicateurs essentiels avant d’investir et comment les lire sur Zonebourse

Avant d’acheter une action, il est crucial de comprendre ce que dit réellement l’entreprise derrière le prix.

Grâce aux outils de Zonebourse, il est possible d’analyser rapidement les fondamentaux clés et de comparer une société à ses concurrents.

Voici les 10 indicateurs indispensables, simples, concrets, et utiles pour les investisseurs débutants comme avancés.


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PER – Price/Earnings Ratio

Ce que cela signifie : combien vous payez pour 1 € de bénéfice.

  • Un PER élevé = croissance anticipée
  • Un PER faible = valeur potentiellement sous-estimée

Sur ZoneBourse :
▶️ Onglet “Ratios” → colonne PER (exercice en cours et suivant).
Comparer avec : secteur, concurrents, historique.

ROE – Return on Equity

Ce que cela mesure : la rentabilité des fonds propres.
ROE = efficacité du management à créer de la valeur.

  • 15 % = excellent
  • 10–15 % = solide
  • < 10 % = souvent faible

Sur ZoneBourse :
▶️ “Fondamentaux” → Ratios de rentabilité.

Dette nette

Pourquoi c’est clé : une entreprise trop endettée devient vulnérable en période de hausse des taux.

À analyser avec :

  • capacité à rembourser (EBITDA)
  • ratio dette nette / EBITDA
  • évolution sur plusieurs années

Sur ZoneBourse :
▶️ “Bilan” → dette brute, trésorerie, dette nette.

Marges (opérationnelle & nette)

Ce qu’elles racontent : la capacité d’une entreprise à générer du profit.

  • Marge opérationnelle = efficacité opérationnelle
  • Marge nette = profit final

Sur ZoneBourse :
▶️ “Compte de résultats” → marges et évolutions.

FCF – Free Cash Flow (Flux de trésorerie disponible)

Indique : la capacité d’une entreprise à générer du cash réel.
Très utile pour : dividendes, rachats d’actions, réduction de dette.

Sur ZoneBourse :
▶️ “Flux de trésorerie” → Free Cash Flow + historique 10 ans.

Bêta (volatilité)

À quoi ça sert : mesurer la volatilité par rapport au marché.

  • Bêta > 1 = plus volatil que le marché
  • Bêta < 1 = plus stable
  • Bêta < 0 = valeur défensive (rare)

Sur ZoneBourse :
▶️ “Cours” → Indicateurs de volatilité.

Croissance du chiffre d’affaires

Une entreprise sans croissance à long terme perd en attractivité.

Regarder :

  • croissance passée
  • prévisions des analystes
  • comparaison avec le secteur

Sur Zonebourse :
▶️ “Prévisions des analystes” → consensus revenus.

Résultats par action (EPS)

Indicateur crucial : il montre la rentabilité par action.

  • EPS en hausse = bonne dynamique
  • EPS en chute = avertissement

Sur ZoneBourse :
▶️ “Consensus” → EPS historiques et prévisions.

Dividende & payout ratio

Pour les investisseurs “revenus”.

  • taux de rendement
  • historique des dividendes
  • payout ratio = part du bénéfice distribuée

Un payout trop élevé = risque de coupe.

Sur ZoneBourse :
▶️ “Dividendes” → historique + ratios.

Capitalisation & liquidité

Deux facteurs souvent négligés :

  • capitalisation = taille de l’entreprise
  • liquidité = facilité d’achat/vente

Indispensable pour éviter les “pièges à faible volume”.

Sur ZoneBourse :
▶️ “Cours” → volume moyen + market cap.

Zonebourse, l’outil à utiliser pour analyser

ZoneBourse est l’un des rares outils qui combine analyse fondamentale + analyse technique au même endroit.

Indispensable pour analyser une action de A à Z. Et par ailleurs, nous avons négocié pour vous un prix attractif valable QUE si vous passez par ce lien:

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Conclusion : 10 indicateurs, une seule logique

Analyser une action ne doit pas être compliqué. Avec ZoneBourse, il suffit de suivre une grille de lecture simple :

  • Rentabilité (ROE, marges)
  • Valorisation (PER)
  • Solidité financière (dette, FCF)
  • Perspectives (croissance, EPS)
  • Stabilité (bêta, liquidité)

En quelques minutes, on obtient une vision claire et objective.

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Banque & Finance Bourse En vedette Nos analyses

Comment l’IA redéfinit l’analyse financière

En vingt ans, l’analyse financière a basculé dans une nouvelle ère.
Ce qui reposait autrefois sur l’intuition, la lecture manuelle des bilans et l’expérience terrain s’appuie désormais sur des infrastructures capables d’ingérer des milliards de données en temps réel. L’IA n’est plus un simple outil : elle devient un acteur qui façonne la compréhension même des marchés.

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L’IA : la nouvelle colonne vertébrale de la finance

L’intelligence artificielle ne cherche plus à prédire le futur comme pouvaient le faire les modèles anciens.
Elle bâtit une représentation extrêmement fine du présent, en analysant simultanément des centaines de sources : cours de marché, volatilité, tendances sectorielles, rapports financiers, géopolitique, sentiment des investisseurs, réactions des réseaux sociaux, etc.

Cette vision panoramique permet aux analystes et aux gérants de prendre des décisions plus rapides, plus circonstanciées et moins biaisées.
Là où un humain peut interpréter 5 ou 6 indicateurs, l’IA en traite des milliers sans perdre le fil.
La performance vient donc moins de la prédiction que de la compréhension ultra-rapide de ce qui est en train de se jouer.

Les données alternatives : le nouvel or de l’analyse

L’un des plus grands changements provient de l’arrivée des données alternatives : grâce au machine learning, les investisseurs intègrent désormais des signaux qui étaient impossibles à exploiter il y a encore quelques années.

Qu’il s’agisse d’images satellites permettant de suivre l’activité économique, de transactions bancaires anonymisées, d’avis clients analysés automatiquement via le NLP, de données de mobilité, d’indicateurs liés à la météo, à la pollution ou à l’activité logistique, ou encore de mesures de sentiment social en temps réel, ces nouvelles sources offrent une vision beaucoup plus fine et dynamique des marchés.

Ces informations ne remplacent pas les données financières classiques, mais elles les enrichissent.
Elles offrent un avantage très concret : détecter des tendances avant les analystes traditionnels, parfois des semaines plus tôt.
L’intuition n’a pas disparu, mais elle s’aligne désormais sur des preuves mathématiques que seule l’IA peut extraire.

La discipline algorithmique : une nouvelle école de rigueur

L’IA introduit une discipline radicale dans la finance : elle ne ressent rien, ne surestime rien, ne s’emballe jamais.
Elle teste des scénarios par milliers, simule la sensibilité du portefeuille à différents chocs et réévalue les risques en continu, 24/7.

Cette rigueur crée une différence fondamentale avec l’analyse humaine :
pas de biais émotionnels, pas d’impulsivité, pas de sélection subjective des données.
La stratégie devient méthodique, standardisée et immunisée contre les erreurs de jugement auxquelles les investisseurs sont habituellement soumis.

Cette approche n’élimine pas la décision humaine, mais elle crée un cadre beaucoup plus solide pour la guider.

Les nouveaux cerveaux de Wall Street

L’IA ne se résume pas à des modèles : ce sont surtout des plateformes complètes qui gèrent et analysent les données :

  • Aladdin (BlackRock) : analyse des risques, construction de portefeuilles, scénarios macro.
  • BloombergGPT : compréhension de textes, synthèse de news, extraction de signaux.
  • Snowflake et Databricks : infrastructures qui centralisent toutes les données internes et externes d’une institution.
  • Modèles quantitatifs nouvelle génération intégrant l’IA générative.

Ces outils ne servent pas qu’aux grandes institutions : ils influencent désormais la manière dont le monde entier construit ses investissements.
La technologie devient la véritable interface entre les marchés et la décision financière.

Les risques d’une finance trop automatisée

Cette transformation s’accompagne également de risques nouveaux : l’effet de meute, d’abord, puisque si les modèles réagissent de manière similaire, les mouvements de marché peuvent devenir plus brusques et amplifiés. S’ajoute le problème de la « boîte noire », certains modèles étant trop complexes pour être expliqués de façon transparente.

La surconfiance constitue un autre danger : croire que l’IA “voit tout” peut pousser les investisseurs à négliger des signaux humains pourtant essentiels. Enfin, une dépendance structurelle se crée, car le moindre dysfonctionnement d’un système peut désormais avoir un impact mondial quasi instantané.

La vitesse offerte par l’IA est un atout… mais aussi un amplificateur potentiel des erreurs.

Vers une nouvelle génération d’analystes

L’avenir de l’analyse financière n’est pas robotisé.
Il est hybride.

Les meilleurs analystes ne seront pas ceux qui connaissent le plus d’indicateurs, mais ceux qui sauront :

  • interpréter les signaux générés par les modèles,
  • poser les bonnes questions,
  • comprendre les limites des algorithmes,
  • réunir vision stratégique et puissance computationnelle.

L’IA ne fait pas disparaître l’analyse financière elle la réinvente.
Et elle ouvre la voie à une génération d’investisseurs plus informés, plus rigoureux et mieux outillés que jamais.

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L’Europe n’est pas la France, et heureusement.

Qu’il est difficile, pour nous Français, d’imaginer que les choses sont nettement en train de s’améliorer en Europe. Alors que nous sommes englués dans nos querelles politiques, la croissance du Vieux continent s’accélère et les perspectives s’éclaircissent. Sur le plan boursier, cette amélioration devrait tirer dans son sillage le segment des petites et moyennes entreprises. 

La France a un incroyable talent

Si nos politiques ont un talent, c’est bien celui de rendre le futur complètement illisible. Bien malin qui peut savoir où toutes ces manœuvres, ces tentatives de tirer la couverture à soi, ces propositions de mesures aussi « inventives » que farfelues vont nous mener.

La seule certitude c’est que ce manque de visibilité impacte l’économie dès aujourd’hui. Les décisions d’investissement sont, très logiquement, repoussées dans l’attente d’y voir plus clair. Cela se traduit dans les chiffres : l’activité manufacturière française reste en contraction au mois d’octobre, les commandes et la production reculent de nouveau. Les indicateurs PMI de la semaine dernière en font la démonstration.

Le PMI est un excellent indicateur de la santé économique : au-dessus de 50 il indique une expansion de l’activité dans les six prochains mois, en-dessous, une contraction.

Le PMI composite français est passé de 48,1 en septembre à 46,8 en octobre, bien en-dessous des attentes.

La croissance reflète logiquement ce marasme. Si le troisième trimestre a agréablement surpris (+0,5 %), elle s’explique principalement par un effet d’aubaine sur les exportations (aéronautique et défense). La consommation des ménages est en berne et l’épargne est au plus haut. Les économistes les plus optimistes attendent désormais une croissance de 0,7 % en France en 2025, soit un net ralentissement par rapport à 2024 (+1,2 %). Le tout avec une Banque Centrale accommodante et un déficit toujours largement supérieur à 5 %.

La locomotive allemande redémarre

Heureusement l’herbe est plus verte de l’autre côté du Rhin. C’est l’excellente nouvelle de ces derniers trimestres : l’Allemagne a décidé d’activer l’arme budgétaire et a annoncé un ambitieux plan de relance de plus de 1 000 milliards d’euros, destiné à renforcer ses infrastructures et ses capacités de défense.

Si les impacts principaux devraient se faire ressentir en Allemagne (et pour le reste de l’Europe) à partir de 2026, la croissance repart, notamment grâce aux prises de nouvelles commandes qui accélèrent.

L’indice PMI composite est de 53,8 et retrouve ses niveaux de mai 2023. Surtout, les données indiquent une accélération de la croissance du PIB : passant d’une décroissance au deuxième trimestre de 0,2 %, à une croissance de 0,5 % au troisième trimestre et l’anticipation d’une croissance de 1,2 % au quatrième trimestre.

Ce rebond de la première puissance économique de l’Europe devrait entraîner tout le continent.

Les Cochons contre-attaquent

Souvenez-vous de l’acronyme PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), volontairement méprisant, qui avait été utilisé pour regrouper les mauvaises élèves de la fin des années 2000.

Ces pays étaient enfoncés dans une crise profonde, avec des déficits records et une croissance en berne. Ils étaient regardés de haut par les locomotives françaises et allemandes de l’époque, leurs travailleurs étaient jugés « paresseux et corruptibles ».

Quinze ans plus tard, la situation est tout autre. Leur revanche est éclatante. La croissance annualisée entre 2018 et 2024 des PIGS a été en moyenne de 1,7 %, contre 1,1 % pour la France et 0,3 % pour l’Allemagne. Ce sont ces pays qui ont tiré la croissance de la zone euro ces dernières années et cela devrait de nouveau être le cas en 2025 et 2026.

Comment jouer le redémarrage de l’Europe en Bourse ?

Le redressement attendu de l’Allemagne, combiné au dynamisme des pays d’Europe du Sud, met fin à la plus longue phase de contraction du PMI manufacturier depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’indicateur a passé plus de 3 ans (depuis juillet 2022) en-dessous de 50, donc en phase de contraction. Du jamais vu. Il est revenu à 50 au mois de septembre dernier.

Mais pourquoi est-ce important ?

Le PMI manufacturier européen est un excellent prédicteur de la performance relative des Small Caps par rapport aux Large Caps en Europe. Ces petites valeurs sont à la fois plus industrielles et davantage exposées à leur économie régionale que leurs grandes sœurs, beaucoup plus internationales.

La contre-performance des Small Caps ces dernières années s’explique donc très bien grâce à cet indicateur.

Investir dans les Small Caps européennes aujourd’hui, c’est donc investir dans une classe d’actifs qui :

  • A connu une surperformance historique par rapport aux autres classes d’actifs
  • A sous-performé ces trois dernières années en raison du ralentissement économique européen
  • Est pleinement exposée au rebond d’activité à venir
  • Offre une valorisation nettement inférieure à sa moyenne historique

Dans ce contexte, Erasmus AM, spécialiste des Small & Mid Caps européennes, lance Erasmus Dynamic Leaders 2030, un fonds fermé sur 5 ans, agréé ELTIF par l’AMF qui a pour vocation d’investir et d’accompagner les Small & Micro caps les plus prometteuses en Europe afin de permettre à ses clients de s’exposer, dès 20 000 euros, à la fois au rebond de la croissance européenne et à la revalorisation de cette classe d’actifs.

Un Webinaire de présentation destiné à tous sera animé par l’équipe de gestion le 17 Novembre prochain à midi : inscription sur ce lien.

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L’impact des fintechs sur les banques traditionnelles

Inventée par Schumpeter, revisitée par Aghion et Howitt (Prix Nobel 2025), la destruction créatrice, c’est l’innovation qui remplace l’ancien monde.

Dans ce modèle, seules les entreprises capables de s’adapter et d’innover survivent. Les autres disparaissent, remplacées par de nouveaux acteurs plus dynamiques.

L’exemple de Nokia : quand l’innovation renverse un géant

L’exemple de Nokia illustre bien ce phénomène. Dans les années 2000, l’entreprise dominait le marché du téléphone mobile et incarnait la réussite industrielle européenne.

Mais en 2007, Apple bouleverse le secteur avec le premier iPhone, un téléphone tactile, connecté à Internet, doté d’un écosystème d’applications et d’une interface inédite.

En quelques années, cette innovation rend le modèle de Nokia obsolète, faute d’adaptation à cette révolution technologique.

De la téléphonie à la finance : la révolution des fintechs

Ce concept permet d’établir un parallèle clair entre les services bancaires traditionnels et l’essor des fintechs, qui bouleversent aujourd’hui un secteur longtemps resté figé.

Pendant des décennies, le modèle bancaire s’est imposé comme une référence de stabilité et de confiance, fondé sur la présence d’agences physiques et une relation client essentiellement humaine.

Mais, à l’image des révolutions industrielles évoquées par Schumpeter, l’arrivée des fintechs marque une rupture profonde.

Les limites du modèle bancaire traditionnel

Les banques traditionnelles reposent sur leur solidité, le contact humain des agences et une offre complète (comptes, épargne, crédits, assurances).

Ce modèle a longtemps inspiré la confiance, mais il montre ses limites : lenteur, horaires restreints, frais élevés et manque de flexibilité.

L’essor des fintechs : rapidité, accessibilité et innovation

Face à un monde de plus en plus digitalisé, les banques ont vu apparaître de nouveaux concurrents : les fintechs.

Issues de la rencontre entre finance et technologie, ces entreprises ont transformé le secteur en proposant des services plus rapides, accessibles et peu coûteux.

Des acteurs comme Revolut, N26 ou Lydia ont, en une quinzaine d’années, révolutionné la banque avec une expérience simple, rapide et 100 % digitale.

Leur succès repose sur la praticité, l’innovation et l’adaptation aux nouveaux usages, des qualités qui séduisent particulièrement les jeunes générations.

Comment réagissent les banques traditionnelles ?

Reste une question : comment les banques traditionnelles peuvent-elles réagir face à cette nouvelle vague technologique ?

Certaines banques, comme BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole, ont compris qu’il fallait évoluer pour rester compétitives.

Certaines ont créé leurs propres offres digitales, comme Hello Bank! ou Eko, tandis que d’autres ont racheté des fintechs comme Shine afin d’accélérer leur modernisation.

Ces initiatives traduisent une volonté de concilier la stabilité du modèle bancaire classique avec l’agilité technologique des nouveaux acteurs.

Un retard numérique pour certains acteurs

Mais d’autres ont tardé à réagir.

Selon une étude de Sia Partners menée sur 17 banques françaises, plusieurs établissements sont jugés “en retard numérique”, dont La Banque Postale, LCL et le Crédit Mutuel.

Ces banques souffrent d’un retard technologique : applications peu ergonomiques, mises à jour rares et absence de services modernes comme les virements instantanés ou la gestion personnalisée des comptes.

Ce manque d’adaptation a entraîné une perte d’attractivité, surtout auprès des jeunes, qui se tournent vers des acteurs 100 % digitaux comme Revolut ou N26.

L’Europe face à la dynamique schumpétérienne

En Europe, le secteur des fintechs illustre parfaitement cette dynamique schumpétérienne.

Ces entreprises incarnent une nouvelle phase de croissance, portée par l’innovation numérique et la concurrence.

Elles créent de la valeur, stimulent la productivité du secteur financier et favorisent l’inclusion économique en rendant les services bancaires plus accessibles.

Vers une croissance durable et collaborative

Pour que cette croissance par l’innovation se maintienne, il est essentiel que les politiques publiques européennes soutiennent davantage la recherche, la formation numérique et l’investissement dans les technologies financières.

Encourager les collaborations entre banques, fintechs et régulateurs permettrait aussi de combiner la fiabilité du modèle bancaire traditionnel avec la souplesse technologique des nouveaux acteurs.

Ainsi, dans l’esprit de Schumpeter et d’Aghion, la destruction créatrice ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une opportunité de transformation vers une économie plus innovante, compétitive et durable.

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Le réveil du Japon : le retour d’une puissance mondiale

Le Japon vient de franchir un Rubicon symbolique : les 50 000 points. Ce cap consacre des années de réinvention politique et économique. Entre réformes pro-investisseurs, yen faible et essor technologique, Tokyo s’impose comme un pilier du capital mondial.

La relance du secteur de la défense

Avec la Première ministre Sanae Takaichi qui laisse entrevoir une version 2.0 des Abenomics, soutien budgétaire, politique industrielle pro-croissance, et pression sur la Banque du Japon pour rester accommodante, l’environnement politique apparaît lisible et favorable. 

Dès ses premiers jours, elle prépare un plan de relance supérieur à 13,9 trillions de yens pour soutenir les ménages face à l’inflation et investir dans les industries de croissance et la sécurité nationale. Cette impulsion budgétaire donne le ton : la croissance doit redevenir un choix politique, après trois décennies marquées par la retenue et la mémoire de la bulle éclatée. 

Par exemple, le Parti libéral-démocrate de Takaichi et le Parti de l’innovation japonaise prévoient d’assouplir les restrictions sur les exportations de matériel de défense, de construire des usines d’armement et d’accélérer les investissements dans l’armée japonaise.  

Le tabou d’après-guerre autour de la défense a été discrètement démantelé, remplacé par une nouvelle vision musclée qui considère la dissuasion à la fois comme une nécessité et une opportunité. La nouvelle coalition de Tokyo, associant les Libéraux-démocrates de Takaichi au parti réformiste Ishin, est déterminée à faire de la petite industrie de défense japonaise un acteur mondial.  

Le moment est opportun : alors que les budgets mondiaux de la défense explosent dans l’ombre de l’Ukraine et de Taïwan, les conglomérats japonais, Mitsubishi Electric, NEC, Mitsubishi Heavy, sont requalifiés en titans discrets d’une nouvelle chaîne d’approvisionnement géopolitique. 

Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a convoqué vendredi 24 octobre une réunion de hauts responsables ministériels afin de discuter du successeur du plan quinquennal de dépenses de défense jusqu’en 2027, ainsi que de l’actualisation des stratégies de sécurité et de défense nationales. 

Ce nouvel enthousiasme marque un changement radical par rapport à il y a quelques années seulement, lorsqu’il y avait peu d’efforts coordonnés pour développer la petite industrie de défense du Japon, en raison des tabous persistants dans le pays sur « l’industrie de la mort » et des barrières élevées aux exportations de défense imposées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. 

Pour élaborer un plan de progrès durable en matière d’exportations, le Japon s’est comparé à d’autres pays, notamment la Corée du Sud, qui dispose d’un secteur de la défense plus développé et a signé des accords de plusieurs milliards de dollars pour fournir des équipements tels que des obusiers, des systèmes de roquettes et des munitions à des pays comme la Pologne. 

Le Japon peut imiter ce succès plus haut dans la chaîne technologique dans des domaines tels que les systèmes de missiles et la technologie spatiale, a déclaré Hirohito Ogi, un ancien responsable du ministère japonais de la Défense.  

En outre, le Japon envisage également d’accroître ses capacités de fabrication de missiles et d’autres armes, ce qui contribuerait à accroître ses stocks et pourrait aider les États-Unis, qui ont eux-mêmes mis en garde contre leurs propres pénuries de munitions. La coalition indique qu’elle envisagerait de recourir à des arsenaux publics exploités par des entreprises privées. 

D’ailleurs, le changement de cap dans la stratégie japonaise en matière de défense est intervenu en 2022, après que la guerre en Ukraine ai suscité des inquiétudes quant à un conflit similaire en Asie, possiblement autour de Taïwan.  

Tokyo s’est engagé à investir 43 000 milliards de yens sur cinq ans dans des équipements militaires tels que des missiles de croisière à longue portée et des satellites militaires, et à porter le budget global de défense à 2 % du produit intérieur brut d’ici 2027, contre un plafond informel de 1 %.  

Les missiles et les satellites font désormais partie d’une nouvelle stratégie visant à dissuader des rivaux comme la Chine et la Corée du Nord en étant en mesure de frapper des sites militaires dans ces pays depuis la terre, la mer et les airs. 

Les géants japonais de la défense voient déjà leurs commandes gonfler. Mitsubishi Heavy se rééquipe pour la production de missiles longue portée et construit des frégates pour l’Australie, un succès à l’exportation sans précédent.  

La division défense de NEC augmente ses effectifs à la vitesse de la guerre, et même Mitsubishi Electric, autrefois prudent, parle ouvertement de doubler ses revenus de défense d’ici la fin de la décennie.  

Ces projets ne sont plus des projets secondaires ; ils sont au cœur de la nouvelle stratégie de croissance de Tokyo. Sur le plan culturel, la transformation pourrait être encore plus remarquable que sur le plan économique. La génération qui autrefois s’inquiétait de l’expression « exportation d’armes » s’éteint, remplacée par une génération qui considère les technologies de défense comme un simple domaine à forte marge, comparable aux semi-conducteurs ou à la robotique.  

Le calcul moral du Japon évolue : la dissuasion n’est plus un héritage inconfortable, mais une assurance dans un monde incertain. 

Ainsi, Takaichi a su allier pragmatisme industriel et ambition nationale, et les traders sentent le carburant politique suffisamment puissant pour alimenter à la fois la croissance et la fierté. Son positionnement favorable aux mesures de relance a donné aux actions japonaises le genre de dynamisme que l’on ne trouve que lorsque les moteurs budgétaires et la volonté politique fonctionnent de concert. 

Un yen qui reste structurellement faible… pour l’instant

La faiblesse du yen face au dollar a apporté le vent arrière tant apprécié des exportateurs. Un yen affaibli gonfle les revenus domestiques issus des ventes mondiales. L’indice japonais est rempli d’exportateurs et de fournisseurs technologiques globaux (automatisation industrielle, équipements semi-conducteurs, matériaux, composants électriques).  

Lorsque l’USD/JPY reste élevé, le levier opérationnel fait le reste. Résultat : des publications supérieures aux attentes et des marges résilientes, que les investisseurs prolongent déjà dans les cycles de capex 2026 liés à l’IA, à l’automobile et à la digitalisation.  

Toutefois, l’alpha facile de la faiblesse monétaire a déjà été exploité. Les marchés tentent encore de décrypter la signification de la « Takaichinomics », mais nous ne sommes pas en 2012. Lorsque Shinzo Abe est revenu au pouvoir, la dévaluation délibérée du yen était son levier de croissance, un canon monétaire pointé contre le bunker de la déflation.  

Cette fois, la situation est inversée. Le yen est déjà usé jusqu’à la corde, son taux de change réel frôlant des plus bas depuis plusieurs décennies. Il n’y a tout simplement pas de place pour un nouvel effondrement majeur sans risquer un contrecoup géopolitique.  

Des taux réels encore négatifs

De plus, la Banque du Japon reste la banque centrale majeure la plus dovish du monde ; même après les premiers pas de normalisation, les taux réels demeurent nettement inférieurs à ceux des pairs. Cela comprime les taux d’actualisation et maintient un coût du capital faible pour les entreprises : un cocktail apprécié des marchés actions. 

Toutefois, l’argument selon lequel l’ascension de Takaichi enferme automatiquement le Japon dans un nouvel assouplissement monétaire est trop lent pour le moment. Elle a beau être politiquement agressive et rhétoriquement conservatrice, le rythme institutionnel appartient toujours à Ueda et à une Banque du Japon de plus en plus soucieuse de sa crédibilité. 

En outre, l’inflation, plutôt que la déflation, fléau de longue date du Japon, est désormais le plus gros problème économique, ce qui a coûté au PLD d’Ishiba une énorme défaite électorale en juillet. 

Ce point est crucial : le rally japonais n’est plus un simple trade “yen faible”, mais un mouvement structurel porté par la politique budgétaire et la transformation interne des entreprises. Toutefois, le risque de revirement du yen n’est pas écarté : une communication plus ferme de la BoJ suffirait à faire pivoter les flux sectoriels et à tester la solidité de la hausse. 

Entre 2022 et 2024, la baisse du yen a surtout reflété la divergence de politique monétaire entre la BoJ et la Fed : la BoJ a poursuivi une politique monétaire nettement plus accommodante que celle des autres pays développés.  

Depuis 2024, la BoJ a amorcé un resserrement monétaire (+50 pb) contrairement aux autres banques centrales. Même très graduel, ce resserrement de la BoJ a contribué à la stabilisation du yen. L’écart de taux entre le Japon et le RdM devrait continuer à se réduire au cours des prochains mois (baisse de la Fed puis de la BCE, biais légèrement haussier de la BoJ dans un contexte de pressions salariales toujours assez fortes et d’inflation durablement au-dessus de la cible de 2%).  

Ainsi, il est possible de voir 2 hausses de taux de la BoJ d’ici la fin du S1 2026. Le yen est en effet très sensible à l’écart de taux longs réels entre les Treasuries et les JGBs 

C’est pourquoi la prochaine réunion s’annonce comme un piège pour le consensus. Après avoir brièvement anticipé une hausse des taux, les marchés ont reculé lorsque Takaichi a pris les rênes. Pourtant, les courbes OIS révèlent une autre histoire : c’est le timing, et non la trajectoire, qui est en jeu.  

Si la BoJ s’affirme, même avec un ton légèrement agressif, comme elle l’a fait en juillet dernier, la réaction des JGB et du yen pourrait être violente. Les traders qui parient sur une baisse unidirectionnelle de la monnaie pourraient se rendre compte que le sol sur lequel ils se trouvent est argileux, et non granitique. 

La réforme de la gouvernance des entreprises

C’est la gouvernance, pourtant, qui forme le véritable socle du re-rating japonais. Depuis 2023, la Tokyo Stock Exchange impose aux sociétés à PBR < 1 de publier des plans d’amélioration explicites, fondés sur le coût du capital et la création de valeur actionnariale. Ainsi, on obtient des raisons structurelles d’une hausse des multiples, des rachats d’actions et des dividendes.  

En effet, depuis mars 2023, les sociétés cotées doivent démontrer une gestion « consciente du coût du capital et du prix de l’action », c’est-à-dire justifier l’utilisation de leurs liquidités et publier des mesures ciblées pour améliorer leur ROE/ROIC et réduire le cash dormant

Une liste publique recense les entreprises qui ont divulgué ces informations, et son format a été renforcé en janvier 2025, mettant en évidence celles qui progressent et celles qui tardent à se mettre en conformité. L’effet recherché est clair : rendre visible la discipline, ou l’absence de discipline. 

La publication systématique de rapports de gouvernance constitue un deuxième levier clé. Les sociétés doivent décrire précisément la composition et les responsabilités de leur conseil, les politiques de rémunération, ainsi que la présence d’administrateurs indépendants, avec une attente renforcée pour les entreprises cotées sur le marché Prime. L’objectif est de faciliter l’évaluation externe et l’engagement actionnarial, en particulier par les investisseurs étrangers, grâce à une meilleure disponibilité d’informations en anglais. 

La TSE n’hésite plus non plus à utiliser une approche de transparence punitive : elle met en avant les entreprises alignées avec les attentes des investisseurs, tout en signalant celles « non alignées », ce qui crée une forme de pression sociale et boursière. La réputation devient une variable financière

Par ailleurs, la TSE a profondément restructuré ses segments de marché en Prime, Standard et Growth. Le marché Prime impose davantage de critères en matière d’indépendance des administrateurs et de comités spécialisés, afin d’attirer et de rassurer les grands investisseurs internationaux. Cette segmentation accentue l’écart entre sociétés pleinement engagées dans la création de valeur et entreprises plus conservatrices. 

Enfin, la réforme cible explicitement la réduction des participations croisées, historiquement utilisées pour cimenter des alliances industrielles internes au détriment de l’efficacité économique.  

La TSE et la FSA exigent des sociétés qu’elles justifient ce type de détention ou qu’elles y mettent fin lorsque la contribution à la stratégie est faible. Cela accélère la libération de flottants et l’ouverture à une pression actionnariale plus directe, incluant activisme, rachats d’actions et M&A. 

Même si les progrès diffèrent selon les secteurs, plusieurs effets observables confirment la dynamique : la majorité des entreprises Prime disposent maintenant d’au moins un tiers d’administrateurs indépendants, les programmes de rachat d’actions ont atteint des niveaux record, et les investisseurs internationaux perçoivent une réduction progressive du « Japan governance discount » qui pesait historiquement sur les valorisations. 

Les réformes ne sont cependant pas achevées. Certaines sociétés publient encore des engagements peu chiffrés, l’activisme reste culturellement moins ancré qu’en Occident, et les participations croisées demeurent importantes dans plusieurs conglomérats. La TSE veille donc à limiter le risque que le débat se réduise à un simple objectif de PBR > 1, alors que la vraie transformation porte sur la capacité à générer durablement un rendement supérieur au coût du capital. 

Cette pression réglementaire se combine à une mutation culturelle : les participations croisées reculent à un plus bas historique, libérant le flottant et laissant plus d’espace à l’activisme et aux OPA. De plus, les rachats d’actions atteignent des records, tandis que les take-privates et les opérations de M&A se multiplient, parfois pour forcer les directions trop “endormies” à revoir leur allocation du capital. 

D’ailleurs, le Japon est le moteur du rebond des fusions et acquisitions en Asie en 2025 avec un montant record de 232 milliards de dollars d’opérations au premier semestre, et les banquiers s’attendent à ce que la tendance se maintienne, alimentée par des accords de privatisation de plusieurs milliards de dollars, des investissements à l’étranger et des activités de capital-investissement. 

Les réformes de gestion visant à remédier aux faibles valorisations chroniques des entreprises japonaises suscitent un regain d’intérêt de la part des investisseurs étrangers et activistes, tandis que les faibles taux d’intérêt au Japon – qui soutiennent les transactions, signifient que l’appétit pour davantage de transactions reste fort.  

En outre, selon le journal The Japan Times : les rachats d’actions annoncés par les sociétés cotées au Japon ont atteint ≈ ¥18,04 trillions en 2024, contre ≈ ¥9,57 trillions l’année précédente. Un rachat réduit le nombre d’actions en circulation, ce qui peut conduire à des améliorations du ratio cours/valeur comptable et d’autres indicateurs de valorisation et de distribution des bénéfices par action. 

En conséquence, le marché japonais se dépouille peu à peu de l’image d’un univers de “value trap”. La gouvernance cesse d’être un thème cosmétique pour devenir un moteur de performance, soutenu, pour la première fois, par une base domestique d’acheteurs robuste grâce au nouveau NISA, qui oriente une part croissante de l’épargne vers les actions. Autrement dit, la demande privée remplace une partie de la dépendance historique au stimulus monétaire

Par ailleurs, les actifs des fonds communs de placement japonais ont bondi de 30 % pour atteindre 34 000 milliards de yens (218,1 milliards de dollars) en glissement annuel en 2024, les investisseurs particuliers ayant transféré leur épargne des dépôts bancaires à faible taux d’intérêt vers le compte d’épargne individuel japonais (NISA). 

Lancé en janvier 2024, le nouveau NISA offre des allégements fiscaux pour les investissements en actions, y compris les fonds indiciels à large base. Ceci, combiné à une hausse du marché boursier qui a fait grimper l’indice boursier de référence Nikkei de 19 %, a attiré 15 000 milliards de yens d’entrées nettes dans les fonds communs de placement l’année dernière, soit plus du double des 7 000 milliards de yens de 2023.  

Le comportement des investisseurs a sensiblement changé l’année dernière, passant de l’épargne aux investissements, notamment dans les fonds indiciels à faible coût qui ont bénéficié des déductions fiscales du NISA.  

Et c’est là que réside la véritable opportunité. Le Japon compte plus de sociétés cotées que n’importe quel autre grand marché, dont beaucoup sont pléthoriques, sous-performantes et improductives. Le potentiel de consolidation est énorme, si les régulateurs et les conseils d’administration parviennent enfin à se défaire de leur aversion culturelle pour les fusions, les ventes et les partenariats de capital-investissement.  

Takaichi a déjà dénoncé les surcapacités qui encombrent les entreprises japonaises. Si elle et la FSA parviennent à débloquer la prochaine phase de la réforme de la gouvernance, cela pourrait déclencher une réévaluation de l’univers du « piège de la valeur » japonais. Les multiples de valeur du MSCI étant toujours deux fois moins élevés que ceux des États-Unis, l’asymétrie est flagrante. 

La mise en avant des secteurs stratégiques pour l’avenir

En même temps, la politique industrielle se repense autour d’une idée simple : sécurité nationale = croissance stratégique. Les dépenses militaires doivent atteindre 2 % du PIB plus tôt que prévu, tandis que les restrictions d’exportation d’armes sont destinées à être considérablement assouplies.  

Le Japon cherche à monter dans la chaîne technologique de la défense, missiles longue portée, systèmes ISR, spatial, et à calquer certains succès de partenaires comme la Corée du Sud. Mitsubishi Heavy, IHI, NEC, Kawasaki ou encore Fujitsu deviennent ainsi des vecteurs de souveraineté, où la part “défense” n’est plus un segment marginal mais un pilier stratégique

Au-delà de la défense, cette logique d’indépendance technologique s’étend aux semi-conducteurs, à l’automatisation industrielle et à l’énergie nucléaire, trois domaines où le Japon reste un chaînon critique des chaînes d’approvisionnement occidentales. Le thème porte une promesse claire : des marges plus élevées et des flux de commandes moins cycliques que dans l’industrie traditionnelle. 

Dès lors, le potentiel sectoriel s’organise autour de trois axes complémentaires : 

  • Défense et technologies dual-use, gagnants naturels du réarmement industriel ; 
  • Semi-conducteurs et équipements, soutenus par la sécurisation techno US–Japon ; 
  • Valeurs PBR < 1 en transformation, bénéficiant d’une discipline capitalistique nouvelle (buybacks, cessions, M&A). 

D’ailleurs, le président Trump et la Première ministre japonaise Sanae Takaichi ont signé un ensemble d’accords économiques et de défense d’ampleur le lundi 27 octobre, marquant un tournant dans les relations entre les États-Unis et le Japon. Ce nouveau cadre fusionne coopération industrielle, intégration militaire et sécurisation des ressources en un système stratégique unique, conçu pour contrebalancer l’influence croissante de la Chine dans l’Indo-Pacifique. 

La pièce maîtresse est un partenariat sur les minerais critiques : les deux nations chercheront à sécuriser et à raffiner les terres rares, le lithium et d’autres matériaux essentiels aux semi-conducteurs, aux véhicules électriques et aux armements avancés.  

L’objectif est de rompre la dépendance aux chaînes d’approvisionnement contrôlées par la Chine, en développant des opérations conjointes d’extraction, de raffinage et de stockage dans des territoires alliés, de l’Australie à l’Asie du Sud-Est. 

Le Japon a également réaffirmé son engagement d’investissement de 550 milliards de dollars aux États-Unis, finançant les infrastructures navales, la fabrication industrielle et les énergies propres. Il s’agit d’un pipeline pluriannuel de capital destiné à renforcer les capacités de production des industries soutenant à la fois les économies nationales et les réseaux de défense. 

Un troisième volet porte sur l’intégration navale et industrielle. Le Japon contribuera à moderniser les chantiers navals américains, en apportant son expertise en ingénierie et en efficacité manufacturière afin d’augmenter les capacités de construction et de réparation.  

Ce partenariat répond à des goulets d’étranglement bien réels dans la logistique maritime américaine, cruciale pour soutenir toute opération dans un scénario de conflit dans le Pacifique. 

De surcroît, face à leurs équivalents américains, beaucoup de valeurs japonaises se paient encore avec une décote, tout en affichant des bilans plus propres. Cet écart, combiné à la progression des buybacks et à une gouvernance plus crédible, attire les capitaux étrangers en quête de diversification hors mégacaps US. Cela crée une demande persistante, qui absorbe les replis et alimente les cassures de résistance. 

Qui plus est, deux vents porteurs ont réduit la prime de risque : un cadre commercial États-Unis–Japon qui apaise les tensions tarifaires (notamment sur l’automobile) et une forme de trêve tarifaire États-Unis–Chine qui limite les chocs sur les chaînes de valeur asiatiques.  

Le Japon bénéficie du « de-risking » plutôt que d’une véritable rupture : nouvelles usines, packaging, demande en équipements dans des juridictions alliées, et ses firmes sont placées là où la valeur se crée, en haut de la chaîne. 

Des risques non négligeables

La mécanique peut cependant se gripper. D’abord, un retournement brutal du yen, à la suite d’une surprise de politique monétaire ou une action coordonnée sur le FX, rognerait les marges des exportateurs et casserait l’élan. Ensuite, une inflation domestique plus collante avec une boucle salaires-prix plus marquée pourrait forcer la BoJ à durcir plus vite, augmentant les taux réels et la prime de risque actions.  

Un ralentissement de l’ouverture export défense créerait un écart entre la narration politique et la réalité des carnets. Et un essoufflement budgétaire empêcherait la politique industrielle de s’ancrer durablement. 

Enfin, tout ralentissement de la croissance mondiale, en particulier du capex technologique américain ou de la demande importée chinoise, toucherait directement les secteurs qui tirent l’indice. 

Pour l’heure, le scénario central reste celui d’un basculement de régime. L’État fournit la puissance de feu budgétaire, les entreprises adoptent une gestion du capital plus exigeante, et l’épargne nationale offre une demande domestique insonorisante face aux chocs externes. Le Japon n’est plus le suiveur fatigué de l’économie mondiale : il recadre sa puissance, assume ses intérêts stratégiques et redécouvre le goût du risque calculé