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Energie

L’industrie pétrolière américaine en deuil !

Alors que nous savions déjà en début de pandémie que des dizaines d’exploitants risquaient la faillite suite à une demande mondiale historiquement basse, nous apprenons qu’une 2ème grosse entreprise du secteur est en faillite !

Avec un baril qui ne se vend pas plus cher que 50 dollars, la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis n’est pas rentable et cela peut causer des dommages considérables. 

En effet, la guerre des prix sur le marché du pétrole entre la Russie et l’Arabie Saoudite a impacté les prix qui se sont vu fondre rapidement et qui a fini par causer la faillite d’une société américaine de forage, le groupe texan Diamond Offshore, spécialisé dans les forages en eaux profondes.

Progression du prix du pétrole WTI. Source: Agence internationale de l’énergie

Ce qui illustre bien les difficultés de l’industrie de l’énergie puisque le groupe a déposé le bilan sous la pression de la « guerre des prix » du pétrole et de la pandémie de coronavirus.

Le groupe, qui revendique 5,8 milliards de dollars d’actifs et 2,6 milliards de dettes, s’est placé sous la protection de la loi des faillites, qui aux Etats-Unis permet de se protéger de ses créditeurs en attendant une éventuelle restructuration.

Les principaux pays producteurs de pétrole ont finalement convenus début avril de réduire leurs extractions de près de 10 millions de barils par jour en mai et en juin. Mais, coronavirus et récession à l’horizon obligent, les prix ne sont pas remontés.
Whiting Petroleum Corporation, spécialisée dans les gisements de schiste dans le Dakota du Nord et dans le Colorado (ouest), avait déjà déposé le bilan fin mars. Et plusieurs grandes majors pétrolières ont drastiquement révisé à la baisse leurs dépenses.

Le président américain, Donald Trump, a demandé à son administration de mettre sur pied un plan d’aide d’urgence à l’industrie du gaz et du pétrole.

Son objectif: sauver les centaines de producteurs américains de pétrole de schiste, pour la plupart basés au Texas, et qui soutiennent le Parti républicain.

D’ailleurs, l’Agence internationale de l’énergie précise que 2020 sera la pire année de l’histoire du secteur…

Par Hamza NAQI

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Banque & Finance Bourse Nos analyses

Que représentent les « Penny stocks », les actions à toute petite valeur ?

Si vous êtes un lecteur assidu de Parlons Finance, ou tout simplement un intéressé par la Finance, vous savez ce que sont les actions mais ici, nous allons nous concentrer davantage sur ce que représentent les Penny Stocks, soit des actions à très faible valeur.

En effet, lorsqu’une entreprise souhaite se développer, elle peut rechercher de nouveaux capitaux en s’adressant aux investisseurs. Après avoir découpé symboliquement la valeur de l’entreprise en parts égales, soit les actions, elle les met en vente aux futurs copropriétaires, les actionnaires.

👉 Comment déterminer le prix d’une action ?

Bien qu’il soit possible, à la suite d’un audit externe, d’évaluer ce que vaut réellement le prix d’une action, ce dernier reflète avant tout les croyances et l’intérêt des investisseurs sur la valeur de l’entreprise.
A-t-elle un bon management ? Est-elle leader dans son secteur ? La croissance sera-t-elle au rendez-vous ? Les bénéfices répondent-ils aux attentes ? Ce sont ce genre de questions que se posent les acheteurs potentiels d’une action.

Dans notre monde très compétitif, les entreprises ne se ressemblent pas. Ainsi, des sociétés faisant partie d’un même secteur peuvent être valorisées très différemment par les courtiers, à l’image de Tesla (726 $ au 23/04/20), Volkswagen (120 $ au 23/04/20) ou Ford (4,96 $ au 23/04/20). Et pour les boursicoteurs, le prix d’une action peut être un critère de choix important, puisque certains se disent : « si le prix est aussi élevé, c’est que c’est une bonne entreprise, non ? »

👉 Mais alors, que sont les penny stocks, Tim ?

J’y arrive cher lecteur… Son nom fait référence aux pennies anglais, l’équivalent de nos centimes d’euro au fond de notre poche. Ainsi, il s’agit d’actions d’entreprises dont la valorisation est tellement faible (généralement sous la barre symbolique du dollar) qu’elles appartiennent à une catégorie spécifique. On en retrouve même à 0,01 $ !

Ces sociétés à faible capitalisation (« small cap » en anglais) ont elles aussi des profils différents :

  • Les anciennes gloires : elles faisaient partie de l’élite avant de tomber dans l’oubli. Ex. : Alcatel-Lucent.
  • Les volontaires : Certaines entreprises veulent réduire au maximum la valeur de leurs actions pour permettre au plus grand nombre d’en acheter.
  • Les bonnes opportunités : Celles dont le potentiel est important, mais encore caché des investisseurs.

En Belgique, nous avons quelques exemples comme Dexia ou Nyrstar.

👉 Cependant, ces actions demandent une attention particulière.

Leur faible valorisation les pousse un peu à l’écart des journaux d’information financière, ce qui crée une opacité sur le secteur. Considérées comme spéculatives, du fait d’une réglementation moins stricte et d’une faible liquidité, elles sont souvent l’objet de malversations (ex. : manipulation de cours).

De plus, la volatilité est très élevée (on peut passer de 5 centimes à 25 centimes en une journée, soit une performance de 400 %), ce qui peut amener à de gros gains ou grosses pertes en très peu de temps.

Le marché des actions permet à de nombreuses entreprises de trouver de nouveaux capitaux. En sollicitant les investisseurs, ces mêmes entreprises se soumettent au jugement, parfois illogique, des marchés financiers. Néanmoins, pour l’initié en bourse, il existe toujours des opportunités à saisir, même si celles-ci se trouvent dans les méandres de la bourse.

Pour conclure, aux États-Unis, le marché des penny stocks est différent de marchés classiques tels que le NYSE et le NASDAQ. Ces titres sont négociés « de gré à gré » (signifiant Over the counter, c’est-à-dire directement entre opérateurs) grâce aux « Pink Sheets » et à l’OTC Bulletin Board.

Par Tim Kazkondu

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Bourse Nos analyses

Tout savoir sur l’envolée de l’action Netflix en pleine période de crise !

Netflix a connu une hausse spectaculaire dans un contexte de ralentissement économique lié au coronavirus. Les investisseurs espèrent, cherchent et désirent cibler de nouvelles actions épargnées par la pandémie, c’est certainement le cas de l’action Netflix !

En effet, Netflix devra bientôt publier ses résultats financiers du premier trimestre de l’exercice 2020 à la fin de la séance boursière du mardi 21 avril et nous aurons sûrement une ruée vers l’action.

Faisons le point de la situation :

Netflix est actuellement la plus grande firme de streaming TV au monde avec plus de 165 millions d’utilisateurs de par le monde. L’action a également pu bénéficier de la pandémie du Coronavirus, au côté de l’action Amazon qui a également connu un plus haut mais également Zoom Video et pleins d’autres actions typiquement axées sur une économie « casanière ».

Mais il faut bien sûr noter que Netflix doit également faire face à une concurrence accrue de nouveaux entrants tel que Apple TV ou encore Disney+, qui a déjà dépassé la barre de 50 millions d’abonnés payants alors qu’il n’est encore disponible que dans 14 pays.

Au dernier trimestre, Netflix avait annoncé attendre plus de 7 millions de nouveaux utilisateurs payant au premier trimestre 2020.

Actuellement, la capitalisation boursière a touché des plafonds records atteignant 190 milliards de dollars. En effet, depuis le 16 mars, l’action Netflix a bondi de plus de 40% et n’a pas senti une once de dégât depuis les mesures de confinement imposées à des milliards de personnes dans le monde.

Cours de l’action Netflix

« Les gens sont en train de regarder beaucoup plus Netflix », selon Ted Sarandos, responsable mondial des contenus chez Netflix, sur CNN.

Plusieurs éléments expliquent cela. Tout d’abord, le fait qu’il n’y ait plus d’événement sportif permet Netflix de prendre le relais mais également le fait que les salles de cinéma soient fermées jouent aussi en faveur de Netflix.

L’action Netflix fait ainsi partie de la catégorie « Stay at home » et profite pleinement du confinement pour continuer d’apporter des jours heureux aux investisseurs.

Par exemple, Bank of America vient ainsi de réhausser son objectif de cours pour l’action de Netflix, passant ainsi de 426 à 460 dollars. Un niveau qui porterait la capitalisation boursière du groupe à plus de 200 milliards.

Le comble est d’apprendre que le géant du streaming TV vient tout juste de dépasser la valorisation du géant américain du pétrole, ExxonMobil, évalué à 166 milliards de dollars ayant connu une baisse liée à la crise du coronavirus impactant la demande (consommation) de pétrole.

Rappelons qu’en 2013, ExxonMobil était la première entreprise en termes de capitalisation …

Par Hamza NAQI

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Economie Monde

État d’urgence au Japon et plan de soutien immense pour l’économie face au Covid-19 !

Le gouvernement japonais va déclarer dès aujourd’hui l’état d’urgence pendant un mois dans plusieurs régions du pays où les cas de COVID-19 sont en forte hausse, dont Tokyo et Osaka.

Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a annoncé ce lundi 6 avril un package d’aide d’un montant gigantesque équivalent à 108 trillions de Yen, soit environ 917 milliards d’Euros.

En effet, ce montant colossal correspond à près de 20% du PIB du Pays du soleil levant.

À l’heure actuelle, le pays semble bien gérer la pandémie, avec « seulement » 3654 cas confirmés, dont 73 morts, dans un pays avec une population atteignant près de de 130 millions d’habitants.

Ceci est d’autant plus admirable lorsqu’on sait que le Japon à la population la plus vieille du monde, avec 32% de la population ayant plus de 60 ans, soit presque une personne sur trois.

Comme nous le savons, le COVID-19 touche davantage les plus vieux et on peut donc conclure que les mesures japonaises semblent porter leurs fruits.

Le Japon a, dès le début de la pandémie, instauré un confinement strict, avec la fermeture de la majorité des ports et aéroports. Nous rappelons que la discipline légendaire du peuple japonais est en partie responsable pour le succès de cette gestion, le peuple japonais obéis notamment à la lettre aux mesures de distanciations sociales et de confinement.  

Cependant ces mesures ont un impact économique considérable sachant que beaucoup d’entreprises ont cessé leurs activités et que beaucoup d’industries, comme notamment celle de l’aviation, sont à l’arrêt.

C’est pourquoi le gouvernement a décidé de dédier 917 milliards d’euros en guise de mesures de soutien à la population en vue de limiter au maximum les dégâts économiques.

Ce package inclut plusieurs dizaines de milliards d’euros en aides liquides aux familles et aux petites entreprises très fortement touchées par le chômage et la fermeture de leurs enseignes respectivement.

Le reste de l’aide se traduira par des prêts sans intérêts et des allègements fiscaux aux entreprises. Ces aides peuvent à long-terme même être bénéfiques au Japon qui souffre de déflation ou de taux d’inflation trop bas pour assurer une croissance économique saine.

L’espoir est de pouvoir stimuler une reprise rapide » au second semestre…

PHOTO: AFP par Getty Image

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Nos analyses

Qu’est-ce que la « Pyramide de Ponzi » ?

En Bourse, tout le monde est à la recherche de la poule aux œufs d’or, ce placement qui rapportera énormément d’intérêts tout en prenant un minimum de risque.

C’est cet appât du gain facile qui a poussé certaines personnes à élaborer un système frauduleux, promettant des retours sur investissement disproportionnés par rapport à ce qu’offre le marché.

Parmi ces arnaqueurs, on y retrouve Charles Ponzi, qui donnera son nom au système, et Bernard Madoff, qui créera la pyramide la plus grande et la plus complexe connue à ce jour.

Mais comment ce système fonctionne-t-il ?

👉 Le système de Ponzi est plus simple à comprendre lorsque nous le comparons à une pyramide.

Le fraudeur, au sommet de la pyramide, sollicite un premier investisseur pour une affaire. Pour éveiller sa curiosité, il lui promet un rendement important en peu de temps (ex. doubler la mise). L’investisseur décide alors de verser 1000 $, en espérant recevoir 2000 $ dans un an. Le fraudeur, s’il veut respecter son engagement, doit trouver 1000 $ d’ici un an. Puisqu’il ne les investit pas (ou très peu) en bourse, il incite d’autres personnes à rejoindre sa pyramide.

L’argent récolté par les derniers sert à rembourser les intérêts des premiers. Et ainsi de suite. Dès lors, on se retrouve dans un système où la croissance est exponentielle, ce qui sera l’une des causes de son effondrement.

Ce système ne s’arrête que lorsqu’un grand nombre de personnes souhaite, en même temps, sortir du fonds. Les premiers chanceux seront remboursés et les derniers constateront qu’il ne leur reste plus rien. Un autre motif peut être le manque de personnes à recruter. Puisque de nouvelles arrivées sont nécessaires pour maintenir la pyramide en place, il arrive un moment où le nombre requis dépasse la totalité des habitants sur notre planète.

  • Charles Ponzi commença son arnaque à Boston, dans les années 1920. Sa proposition était simple : profiter des différences de taux de change entre pays pour acheter des timbres internationaux en Italie (sa terre natale) et les revendre quatre fois plus cher aux États-Unis.

Pourquoi cette idée s’est-elle démarquée des autres ? Ponzi promettait à ses investisseurs un intérêt de 50% en l’espace de trois mois seulement. Verser 1000 $ chez Ponzi devait vous rapporter 5000 $ en un an.

Son arnaque n’a duré que 6 mois, car il y avait plusieurs incohérences. Tout d’abord, la Poste italienne affirma qu’elle n’avait jamais reçu une forte demande de timbres. Ensuite, le rendement de 50% 90 jours proposé par Ponzi était gigantesque par rapport à tout autre type de placement. Enfin, le passé criminel de Ponzi le rattrapa et mit fin à l’aventure d’un homme qui devint millionnaire en l’espace de quelques mois.

👉 L’autre nom associé à la pyramide de Ponzi est Bernard Madoff. Considéré comme un génie de la Finance, pour son apport dans l’informatisation des échanges en Bourse, cet ancien maître nageur devint même président du Nasdaq en 1990.

Son fonds récolta près 50 milliards de dollars (avec un ticket d’entrée de minimum 1 million $) et ne visait que les personnes très fortunées. La promesse de rendement plus modeste, 10% fixe par an, et la falsification des documents envoyés aux clients permirent à la pyramide de tenir quatre décennies.

Ni ses détracteurs ni les enquêtes menées par le gendarme de la Bourse n’ont réussi à démasquer l’immense arnaque d’un homme qui devenait de plus en plus intouchable. C’est la crise de 2008 qui permit cela, quand de plus en plus d’investisseurs réclamèrent leur argent. Madoff purge actuellement une peine de 150 ans de prison et endosse, seul, la responsabilité de cette affaire.

👉 Comment peut-on repérer une telle pyramide ? Plusieurs indices peuvent vous mettre la puce à l’oreille tel que:

  • Une promesse de rendement en décalage avec ce qui est proposé sur les marchés.
  • L’initiateur du projet n’investit pas son propre argent dans l’affaire
  • Il est nécessaire de recruter d’autres personnes pour atteindre l’objectif
  • Vous ne trouvez aucune documentation ou preuve de l’investissement
  • Vous avez du mal à récupérer votre argent en temps voulus.

Avec du recul, cela peut vous paraître évident que ces investissements étaient mensongers, tant les signes étaient nombreux. Cependant, c’est l’art de convaincre (ou de tromper ?) son prochain qui permet à de telles fraudes d’exister.

De nos jours, ces arnaques sévissent toujours, mais les avancées technologiques réduisent considérablement leur durée de vie et leur champ d’application. Ces exemples nous montrent qu’en Finance, il faut parfois revenir à un des fondamentaux des sceptiques qui dit « c’est bien trop beau pour être vrai ».

Par Timur Kazkondu

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Banque & Finance Nos analyses

Que représentent les agences de notation ? Que font-elles et quel est leur objectif ?

Pour comprendre ce que sont les agences de notations ainsi que leur rôle dans les marchés financiers, faisons un petit rappel de ce que sont les obligations. Une obligation (ou « bond » en anglais) est un titre de créance.

C’est lorsqu’un investisseur prête de l’argent à une entreprise (ou un État, une banque), qui promet de rembourser le capital, majoré d’intérêts.

Cependant, tous ces émetteurs d’obligations (emprunteurs) ne se valent pas, et ne représentent pas le même risque pour les futurs détenteurs (prêteurs). Ce risque, c’est principalement le « risque de défaut », autrement dit la probabilité que l’emprunteur ne puisse pas honorer ses engagements à l’échéance.

C’est là qu’interviennent les agences de notation. Les plus connues sont Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, qui se partagent près de 95 % du marché. Leur objectif est de donner une indication aux investisseurs sur la santé financière de l’émetteur de l’obligation.

  •  L’intérêt ? La prime de risque exigée par les « bondholders » en dépendra.

Prêter de l’argent à l’Allemagne, l’Italie ou l’Argentine n’est pas la même chose aux yeux du marché, et il est nécessaire d’avoir une base sur laquelle les comparer.

Pour classifier les différents émetteurs entre eux, les agences utilisent un classement (Rating) composé de lettres. Pour celles ayant une santé financière « irréprochable », elles obtiendront un triple A (AAA ou Aaa), viendront ensuite celles qualifiées d’excellente qualité (AA), bonne qualité (A), de moyenne qualité (BBB jusque B), celles en risque de défaut (C) et en faillite (D). En deçà d’un certain seuil (souvent BB), les investissements sont jugés « spéculatifs » et les attentes des prêteurs seront plus élevées.

Bien que les agences de notations soient une référence, ils ne sont pas non plus sans défauts. La situation financière d’une entreprise peut changer d’années en années, et les agences de notations peuvent modifier leur note avec un certain décalage dans le temps.

De plus, quelques conflits d’intérêts ont été constatés dans le passé, comme l’attribution automatique d’un triple AAA pour certains produits financiers douteux en contrepartie d’une rémunération plus élevée.

Les indications apportées par les agences de notation sont indispensables, car elles sont adoptées par l’ensemble du marché et leur interprétation est simple à comprendre.

Cependant, l’oligopole (c’est-à-dire la domination qu’ont quelques acteurs sur un marché) que représente le « Big Three » et leur méthode de rémunération posent parfois la question de leur neutralité. Néanmoins, il est préférable pour certains de naviguer avec un compas parfois approximatif plutôt que naviguer à vue.

Par Timur Kazkondu

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Banque & Finance Economie

Que représentent la Banque Centrale Européenne, la Federal Reserve (FED) et le FMI ?

C’est un fait : chaque pays dépend d’un autre. Mises à part quelques îles qui vivent encore en autarcie, rompant consciemment le contact avec l’extérieur, ce sont les échanges commerciaux qui ont poussé les pays à se côtoyer, le besoin d’échanger étant plus fort que n’importe quel autre.

De nos jours, ces échanges commerciaux sont tellement importants que chaque pays est devenu dépendant d’un autre, même si ce dernier se trouve à l’autre bout du monde. Pour coordonner le tout, il a fallu des règles communes, surtout celles qui définissent les modalités de paiement. Ainsi, des institutions ont vu le jour pour mener une politique monétaire au sein des États, des continents et du monde.

De plus, une économie mondialisée implique qu’une décision prise par un des leaders aura des répercussions sur le reste du globe, surtout si ces leaders sont les États-Unis ou la Chine.

  • Voyons ensemble les principales institutions intéressantes pour l’économie belge:

👉 La Banque Centrale européenne (BCE) est comme son nom l’indique, la principale institution monétaire de l’Union européenne.

Créé le 1er juin 1998, son siège se trouve à Francfort, en Allemagne. Elle travaille en collaboration avec les banques centrales des pays membres de l’UE. Elle fixe la ligne directrice à adopter et laisse les pays définir les modalités d’application sur le territoire. Ses principales missions :

  1. Mener la politique économique et monétaire des pays de la zone euro
  2. Maintenir le pouvoir d’achat de l’euro et la stabilité des prix
  3. Gérer la monnaie unique au sein de l’Union
  4. Fixer des taux d’intérêt, comme celui des prêts aux banques et des dépôts de ces derniers. Nous avons beaucoup entendu parler de la BCE récemment, tant elle a eu à faire pour soutenir l’activité économique. Depuis le fameux « Whatever it takes » de Mario Draghi, jusqu’aux dernières mesures prises par Christine Lagarde (actuelle présidente) pour soutenir l’économie européenne face au Covid-19.

Force est de constater que la BCE sera encore sous les projecteurs pour la reprise après la pandémie.

👉 La FED, ou Federal Reserve, est l’équivalent américain de la BCE. Elle fut créée en 1913 et son président est Jérôme Powell.

Au sein des marchés financiers, les annonces faites par la FED donnent la tendance, et les décisions prises ont un impact direct et significatif sur les salles de marché. Cela se comprend, la vision de l’institution qui contrôle la première économie mondiale ne peut laisser insensible le reste du monde.

👉 Le Fonds Monétaire international (FMI) est une institution à échelle internationale.

Créée en 1944, lors d’une conférence des Nations Unies, elle regroupe aujourd’hui 189 pays. Son champ de vision très large permet de comprendre les conséquences, sur l’économie mondiale, des décisions prises par les banques centrales.

Cette institution est dirigée par la Bulgare Kristalina Gueorguieva, qui succède à la Française Christine Lagarde. Ses objectifs principaux sont :

  1. Veiller à la stabilité du système monétaire international.
  2. Promouvoir la coopération monétaire entre les pays du monde entier
  3. Aider à la croissance économique mondiale
  4. Prêter main-forte aux pays confrontés à des difficultés financières

Par Timur Kazkondu

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Economie Nos analyses

Qu’est-ce que le cycle économique/conjoncturel ?

Certaines personnes de votre entourage vous diront qu’elles ont vécu plusieurs crises économiques (ou financière) dans leur vie, mais aussi de très belles années.

Elles vous diront également qu’une prochaine crise est imminente similaire à celle de 1929 où l’économie mondiale s’effondra en quelques années. Enfin, elles pourraient également vous dire que le système financier semble ne pas avoir retenu les leçons du passé, car les choses se répètent sans cesse.

Cependant, la répétition de ces « bonnes » et « mauvaises » périodes est loin d’être anormale, bien au contraire, elle fait partie intégrante du cycle d’une économie. C’est ce que l’on appelle le « cycle conjoncturel ».

Le cycle conjoncturel part du principe qu’il existe des périodes de forte croissance et des périodes de faible croissance, évoluant à des rythmes différents. On peut néanmoins distinguer trois types de cycles : les longs (on parle dans ce cas de tendance économique), de courts (conjonctures) et des très courts (évolution saisonnière).

Mesurer la situation économique d’un pays se fait en analysant le produit intérieur brut (PIB), qui indique l’ensemble des produits et services finaux produit par un pays en un an. Cet indicateur permet de nous situer sur l’une des phases du cycle conjoncturel.

Voici les principales :

  • La basse conjoncture : L’économie se porte mal, la consommation des ménages, le taux d’emploi ainsi que les investissements des entreprises sont au plus bas. L’inflation, qui est la hausse généralisée des prix des biens à la consommation, est très faible. Il faudra attendre une petite impulsion de la demande (provenant généralement des États-Unis) pour amorcer une reprise des exportations et de la production des entreprises.
  • La reprise : La demande des ménages, belges ou étrangers, entraîne une augmentation de la production des entreprises. L’État peut également y contribuer en facilitant l’emprunt pour les investissements. L’inflation repart à la hausse.
  • L’expansion : La croissance est en hausse, tout comme la consommation des ménages. L’épargne diminue due aux achats multiples. Les entreprises engagent du personnel pour pouvoir répondre à la demande, ce qui fait augmenter les salaires et l’inflation. L’État profite de cette dynamique pour récolter des recettes.
  • La haute conjoncture : La demande croissante des ménages met sous pression les entreprises qui ont de plus en plus de mal à suivre la cadence. Le pays est en plein emploi et la croissance commence à atteindre son maximum. L’économie commence à être en surchauffe. L’inflation est forte, tout comme les salaires, ce qui pèsera sur les marges des entreprises. La banque centrale européenne augmentera ses taux pour éviter l’hyperinflation, ce qui donnera un coup de frein à une économie à bout de souffle. La musique s’arrête.
  • Le renversement : Cette fois-ci, l’offre ne peut clairement plus répondre à la demande. Les perspectives de bénéfices diminuent, ce qui engendre des pertes d’emploi, une augmentation du chômage et une baisse des salaires. Les ménages, dans un souci de protection de leur argent, reportent leurs dépenses à plus tard, ce qui accélérera la chute de l’économie. Les États appliquent des mesures d’austérité en diminuant les dépenses publiques.
  • La récession : Lorsque la croissance économique baisse au-delà de deux trimestres consécutifs, on parle alors de récession. La demande des ménages est au plus faible, tout comme la production des entreprises, chacun garde son argent dans ses caisses. Les seules dépenses prévues répondent aux besoins quotidiens. Le chômage augmente et l’économie tourne au ralenti. L’inflation baisse tout comme les taux d’intérêt.

Nous n’avons pas volontairement parlé en détail du taux d’intérêt qui constitue une composante importante dans les cycles économiques, car il fera l’objet d’un autre article. Sachez toutefois que le taux d’intérêt augmente lorsque l’économie est à la hausse et diminue lorsqu’un renversement s’annonce, jusqu’à la basse conjoncture.

Ces phases du cycle conjoncturel composent la vie économique et les comprendre permet d’anticiper les prochaines années. Tout comme le soleil arrive après la tempête, les lendemains d’une crise économique amorcent une reprise encore plus forte. Si vous en doutez, regardez l’évolution de l’économie mondiale depuis la crise de 2008. Tout est dit.

Selon vous, à quelle étape du cycle conjoncturel sommes-nous ?

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Quelles sont les principales réglementations européennes qui auront un impact sur le secteur financier ?

Une chose est sûre, le secteur financier est en pleine transformation : fermetures d’agences, suppressions d’emplois, déplacement des services vers les canaux digitaux, fusions et acquisitions entre banques, implémentation des technologies (internet des objets, Big data, intelligence artificielle) dans leurs propositions de valeur, etc.

Ce ne sont que quelques exemples qui démontrent le changement que vit ce milieu, qui s’était peu développé dans sa forme durant le XXe siècle.

Beaucoup de ces changements trouvent une explication dans notre mode de consommation actuelle (hausse de la fréquentation des applications bancaires, taux d’intérêt très bas), tandis que d’autres préparent le monde financier de demain.

Ainsi, de nos jours, les données générées sur internet (data) sont vues comme « le nouvel or noir ». Celles-ci sont omniprésentes, lorsque vous surfez sur Facebook ou Google, lorsque vous répondez à une enquête en ligne, et même parfois, lorsque vous discutez entre amis. Elles constituent une source d’information de grande valeur pour les entreprises, dont certaines les monnaient en les vendant à autrui.

C’est la raison pour laquelle l’Union européenne a décidé d’instaurer une série de mesures pour protéger les données personnelles des citoyens européens.

En voici les principales:

  • GDPR, ou General Data Protection Régulation, est sûrement la réglementation qui a le plus fait parler d’elle ces derniers temps. Depuis le 25 mai 2018, les entreprises qui ont accès aux informations personnelles des citoyens européens doivent suivre une série de mesures strictes de conservation et traitement des données, sous peine d’amendes.

Les entreprises doivent pouvoir traiter les données avec précaution, ne garder que le minimum nécessaire et fournir un accès aux citoyens désireux de les modifier, consulter et/ou supprimer.

  • MIFID II, ou Market in Financial Instrument Directive II, est la suite du MIFID I créé en 2007. Son objectif est d’apporter une plus grande rigueur et transparence dans la vente de produits financiers tels que des actions, obligations, SICAVs, produits dérivés et toutes assurances placement.

L’autre aspect de cette réglementation est la protection de l’investisseur. Avant de pouvoir lui donner un conseil, les banques doivent établir le profil d’investisseur, qui reprend la situation financière de l’intéressé, sa stratégie d’investissement et sa connaissance/expérience dans ce domaine. Le conseiller doit être également transparent vis-à-vis des coûts, comme les frais d’entrée et de gestion.

  • PSD 2, ou Payment Services Directive 2, crée une structure pour les entreprises qui souhaitent entrer dans le secteur des paiements en ligne. Face à l’intention des GAFA de proposer des solutions de paiement, l’UE a décidé de réglementer la gestion des données bancaires et la manière dont les paiements en ligne doivent être exécutés. L’objectif est encore une fois la protection des citoyens européens.

Les organismes financiers et bancaires dépensent des millions d’euros pour mettre en place des structures qui respectent ces directives européennes, car les amendes peuvent être lourdes (% du CA).

D’autres parts, les instances de régulation intègrent elles aussi de nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, pour contrôler les banques en devenant ainsi des RegTech, ou Régulation Technologies.

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Qu’entendent les financiers et investisseurs par « Market Timing » ?

Beaucoup d’investisseurs vous le diront : « investir en bourse est simple, il suffit d’acheter l’action quand son prix est au plus bas et la revendre quand il est au plus haut ».

Cependant, cette stratégie, aussi basique qu’elle puisse paraître, est très difficile à mettre en œuvre. Chercher le moment opportun pour acheter ou vendre s’appelle « le Market timing ».

Le market timing consiste à analyser plusieurs indicateurs liés à l’instrument financier que l’on veut acheter ou vendre. Parmi les éléments étudiés, on y retrouve par exemple le prix, les volumes d’échange ou encore les bénéfices futurs. Cela implique l’utilisation de l’analyse technique et fondamentale (voir article « analyse technique vs analyse fondamentale »).

Concrètement, l’objectif est de répondre à la question suivante « est-ce le bon moment ? ».

Les conclusions tirées du Market Timing n’étant valables qu’à un instant précis, il est difficile d’être performant sur une longue durée. Pourtant, entrer dans un marché à certains moments de l’année peut s’avérer très significatif sur la rentabilité d’un investissement pour celui qui sait profiter des fortes variations du marché.

Quelques belles opportunités ont vu le jour ces derniers temps : le cours de change de la devise anglaise suite à l’annonce des résultats de vote dans le pays ou la reprise des marchés dès le début de l’année 2019.

Enfin, d’autres stratégies viennent s’opposer au market timing, dont une en particulier appelée « buy and hold ». Celle-ci consiste en l’achat d’une action, peu importe le moment choisi, et de la garder assez longtemps (quelques années) pour obtenir une performance supérieure au market timing. Cette technique demande patience et sang-froid et un peu de flair. 🙂

Le market timing est une méthode qui requiert de la précision et de la rapidité, ce qui est possible de nos jours grâce au trading à haute fréquence. Cependant, l’investissement à long terme reste une valeur sûre pour celui qui veut profiter de belles performances.

Comme Warren Buffet l’a dit un jour, “If you aren’t thinking about owning a stock for 10 years, don’t even think about owning it for 10 minutes.”

Warren Buffet – Investisseur boursier américain