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Le D2C en Inde : une opportunité de marché de plus de 100 milliards de dollars d’ici 2025 !


Qu’est-ce que c’est le D2C ? Le D2C, ou Direct-to-Consumer en anglais, est un modèle commercial où les entreprises vendent leurs produits directement aux consommateurs finaux, sans passer par des intermédiaires comme les distributeurs ou les détaillants.

Ces dernières années, le modèle de vente directe au consommateur (D2C) a émergé comme une force perturbatrice dans le secteur du commerce électronique. De plus en plus d’entreprises prennent en charge toutes les étapes de la chaîne de valeur, de la conception à la livraison, en contournant les intermédiaires traditionnels.

Que ce soit des startups nativement numériques ou des entreprises établies, le D2C permet à ces entreprises de commercialiser et de vendre leurs produits directement aux clients. Cela par l’intermédiaire de leurs propres plateformes en ligne, sans passer par des détaillants traditionnels.

En Amérique du Nord, la plus grande proportion de marques D2C exclusivement numériques est observée. Aux États-Unis, on estime que les marques établies ont généré environ 135 milliards de dollars américains de ventes en ligne en 2023, tandis que les marques natives du numérique ont réalisé environ 35 milliards de dollars de ventes. On prévoit que d’ici 2025, ces chiffres augmenteront respectivement à 187 milliards et 40 milliards de dollars.

Qui de l’Inde ?

En Inde, le marché D2C a connu une croissance exceptionnelle et compte atteindre 100 milliards de dollars d’ici 2025. Les startups fashion dominent le segment D2C, avec un potentiel de marché estimé à 43,2 milliards de dollars d’ici 2025.

Plusieurs facteurs, comme la pandémie Covid, la haute pénétration d’internet, la croissance d’infrastructure digitale, l’augmentation des millennials, et autres, sont la cause de la croissance des marques D2C.

L’Inde compte plus de 190 millions d’adeptes du shopping en ligne, ce qui représente un tiers de la base mondiale d’acheteurs en ligne. Les marques D2C visent à capitaliser sur l’appétit croissant des consommateurs indiens pour l’innovation et la perte de fidélité envers les acteurs traditionnels.

Le D2C peut être un modèle commercial très efficace, mais il nécessite une planification et une exécution minutieuses.

Et vous, seriez-vous intéressé à lancer votre marque D2C en Inde ?

Rédigé par: Haroon Shabir

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Découvrez 5 actions intéressantes à ajouter à votre portefeuille dès maintenant !

Investir en bourse peut être une aventure tumultueuse, mais il existe des entreprises qui se distinguent par leur capacité à générer des résultats solides à long terme. Si vous cherchez des actions sur lesquelles vous pouvez compter, ne cherchez pas plus loin !

Voici cinq entreprises dans lesquelles investir quelques euros peut vous offrir des opportunités de croissance, des revenus de dividendes fiables et une stabilité rassurante.

1. Microsoft (NASDAQ: MSFT)

Dans le monde de la technologie, Microsoft est une force incontestable. Microsoft se démarque parmi les entreprises technologiques en raison de l’ampleur de ses produits et services, formant un écosystème diversifié sans équivalent parmi les géants de la tech.

Contrairement à de nombreuses entreprises qui dépendent fortement d’un produit phare ou d’un service spécifique, tels que l’iPhone d’Apple ou la publicité de recherche de Google chez Alphabet, Microsoft a créé une gamme diversifiée.

Cette diversification, combinée au nombre élevé de clients corporatifs qu’elle dessert, confère à Microsoft une couche supplémentaire de protection pendant les périodes économiques difficiles et les baisses du marché. Renoncer aux derniers produits électroniques ou réduire les dépenses publicitaires peut être plus réalisable que de se priver des services cloud, de se passer de Microsoft Office ou de négliger LinkedIn pour le recrutement.

De nombreuses entreprises du monde entier dépendent de Microsoft pour leurs opérations, ce qui offre à l’entreprise des perspectives à long terme prometteuses.

2. Apple (NASDAQ: AAPL)

Apple a fait la une ces dernières semaines en dépassant une capitalisation boursière de 3.000 milliards de dollars, un niveau qu’elle n’avait pas atteint depuis août. Les actions de l’entreprise ont augmenté de 48% depuis le début de l’année, malgré des baisses répétées dans ses segments de produits qui ont entraîné une baisse de 3% du chiffre d’affaires d’une année sur l’autre lors de son exercice 2023.

Apple a construit une fidélité à la marque presque inégalée dans le domaine technologique. Son écosystème interconnecté de produits dissuade simultanément les gens d’utiliser des appareils concurrents et encourage les utilisateurs à explorer progressivement les autres offres d’Apple.

La popularité des produits d’Apple lui a permis d’obtenir des parts de marché leaders dans plusieurs industries, détenant une part de marché de 55% sur le marché américain des smartphones. Cependant, il s’agit d’Apple, la société la plus précieuse au monde qui a enregistré une croissance boursière de 345% au cours des cinq dernières années.

3. Procter & Gamble (NYSE: PG)

Basée à Cincinnati, Ohio, P&G, géant des produits de consommation, brille sur la scène mondiale. Avec des opérations dans 70 pays et cinq segments commerciaux, l’entreprise a vu ses actions augmenter de 42,04% depuis son ajout à la liste Zacks en mars 2020, atteignant 145,49 $. Avec des marques bien connues telles que Tide et Pampers, Procter & Gamble offre une stabilité inégalée.

Les prévisions sont également prometteuses, avec une révision à la hausse des bénéfices pour 2024, portant l’estimation à 6,38 $. P&G maintient une moyenne de surprise de bénéfices de 2,4%. Avec une croissance projetée de 8,1% pour cette année fiscale, P&G offre aux investisseurs une opportunité unique. Restez informés sur notre blog, car P&G continue de tracer son chemin vers le succès financier.

Cette entreprise est considérée comme résistante aux récessions et elle maintient une croissance constante depuis des décennies.

4. Berkshire Hathaway (NYSE: BRK.B, BRK.A)

Berkshire Hathaway (BRK.B, BRK.A) est un conglomérat parmi les entreprises les plus précieuses au monde, avec une capitalisation boursière de plus de 750 milliards de dollars. Dirigée par Warren Buffett et son équipe exceptionnelle, la société a construit des participations importantes dans des géants tels qu’Apple, Bank of America, Coca-Cola et American Express.

La performance de Berkshire Hathaway est remarquable, surpassant régulièrement le S&P 500, un objectif courant pour les investisseurs individuels. Sur les dix dernières années, elle a dépassé le S&P 500 pendant sept années, affichant un taux de croissance annuel composé de 19,8% de 1965 à 2022, comparé à 9,9% pour le S&P 500.

Avec un secteur d’assurance prospère, des activités logistiques florissantes, et des milliards de dollars de revenus passifs provenant des dividendes de ses participations, Berkshire Hathaway promet de rester une puissance financière incontournable pour l’avenir prévisible.

5. Visa (NYSE: V)

Visa (V) se positionne en tant que leader mondial du traitement des paiements, offrant un exemple concret de l’efficacité d’un avantage concurrentiel pour une entreprise. Dans le cas de Visa, cet avantage se manifeste à travers sa portée mondiale, avec plus de 4,3 milliards de cartes en circulation et une acceptation par plus de 130 millions de commerçants à l’échelle mondiale.

La majeure partie des investissements nécessaires pour étendre la portée de Visa ont déjà été réalisés, permettant à l’entreprise de récolter les bénéfices aujourd’hui. Visa génère des revenus en prenant un pourcentage sur les transactions effectuées sur son réseau ou avec ses cartes, éliminant ainsi les coûts supplémentaires associés à la vente de produits physiques. Cela se traduit par des marges bénéficiaires impressionnantes, avec un taux de marge brute de 80%, une performance que peu d’entreprises peuvent égaler.

À mesure que le monde évolue progressivement vers des transactions numériques et sans numéraire, l’importance de Visa ne fera que se renforcer. C’est une action dans laquelle je me sens à l’aise d’investir et d’ajouter régulièrement à long terme.

Quelles actions avez-vous dans votre radar en ce moment ? Partagez vos réflexions dans les commentaires et n’oubliez pas de consulter nos autres articles pour rester informé sur les dernières tendances du marché !

Disclaimer

Bien que ces actions offrent des perspectives attrayantes, nous vous rappelons qu’il ne s’agit pas d’un conseil en investissement, il est essentiel de faire vos propres recherches avant d’investir. N’oubliez pas que les marchés sont dynamiques, et la diversification reste la clé du succès financier à long terme !

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Qui est Catherine Wood, la nouvelle coqueluche de Wall Street ?

Prenez quelques minutes pour connaître l’une des femmes les plus influentes de Wall Street, la spécialiste des ETF, Catherine Wood !

Catherine « Cathie » Wood est une femme d’affaires américaine née en 1955 à Los Angeles. Elle se distingue de ses pairs dès ses études d’Économie et de Finance à l’université de Californie du Sud, où elle fut diplômée en 1981 avec la plus grande mention, Summa Cum Laude (5 % des élèves atteignent ce grade). 

Cathie Wood intègre rapidement le milieu de la Finance. Dès 1980, elle entre chez le gestionnaire d’actifs Capital Group en tant qu’assistant-économiste. 3 années plus tard, c’est Jennison Associates qui l’embauche pour devenir gestionnaire de portefeuille, puis analyste financier et enfin Chef économiste. Riche de ces expériences, Wood endossa d’autres responsabilités, comme Associé chez Tupelo et Directrice des investissements pour Alliance Bernstein

En 2014, se sentant quelque peu « enfermée » dans un style de gestion qui ne lui convient pas, elle décide d’ouvrir son propre fonds nommé ARK Investment Management qui se focalisera en grande partie sur la gestion et l’acquisition d’ETF.

Pour rappel, les ETF, ou Exchange traded funds, sont des fonds cotés en Bourse dont leur objectif est de répliquer les performances du sous-jacent, qui peut être un indice boursier (Nasdaq, CAC 40, etc.), sectoriel (énergies renouvelables, secteur automobile, etc.) ou de matières premières (or, pétrole, etc.) Plus d’infos.

ARK Investment Management LLC

Ark se démarque de ses concurrents sur plusieurs points. 

Tout d’abord, la société adopte une gestion active des ETF, alors que ces derniers sont appréciés pour leur côté « passif et peu coûteux ». Elle n’hésite pas à modifier les entreprises qui composent son portefeuille et exposer presque 10% dans certains titres comme Tesla . 

Ensuite, ARK opte pour une très grande transparence sur sa stratégie et sa méthode de sélection d’actions (stock picking). De nombreux rapports et articles sont rédigés pour expliquer aux intéressés les raisons d’achat ou de vente de certaines actions. 

Enfin, Catherine Wood se montre très réactive sur les réseaux sociaux à tel point qu’elle est devenue la coqueluche d’un petit groupe d’investisseurs qui voient en elle un guide des marchés (un peu comme l’est Elon Musk pour sa communauté). 

À ses débuts, l’entreprise peine à attirer des capitaux frais et doit même solliciter l’épargne personnelle de ses fondateurs. Les frais de gestion de 0,75 % ne permettent pas à la société d’être rentable sur ses placements. L’année 2020 fut un tournant majeur pour ARK. Ses fonds, fortement orientés vers la technologie, ont pris part à l’euphorie boursière cette année, affichant pour certains une hausse de 152 % ! 

Les différents fonds gérés par ARK. (Source : ARK Invest)

À ce jour, ARK Invest propose à ses clients plusieurs fonds d’ETF, actifs ou passifs. Parmi ceux-ci, nous retrouvons l’innovation technologique, les technologies autonomes, l’internet de demain, la recherche scientifique, les Fintechs, l’impression 3D ou l’innovation technologique israélienne. Vous pouvez trouverez d’amples informations sur leur site internet.

Conclusion

Il n’est pas facile de se faire un nom dans l’élite très fermée de Wall Street, encore plus quand on est une femme. Cependant, Cathie Wood a su prouver à tout le monde qu’il est possible de surpasser les marchés financiers en ayant une vision moderne et en prenant des sentiers peu fréquentés.

Grâce à sa persévérance, elle a transformé ARK d’une entreprise à peine rentable en un gestionnaire de plus 200 milliards de dollars, amassant au passage une fortune personnelle de 250 M$ (Forbes). 

Par KAZKONDU Tim

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Invest #6 : La différence entre une IPO et une OPA

L’actualité économique regorge d’annonces plus ou moins importantes sur les entreprises. Certaines nous indiquent que la nouvelle coqueluche technologique cherche à franchir un cap grâce à une IPO, tandis que d’autres nous avertissent d’une bataille financière épique entre deux multinationales à coups d’OPA !

Découvrons ensemble ce qui se cache derrière ces termes.   

1) Initial Public Offering (IPO) 

Une entreprise qui souhaite se financer peut opter pour l’émission d’actions. Dans ce cas, elle proposera de vendre une partie du capital de son capital à des investisseurs (des particuliers, entreprises privées ou organismes publics), qui deviendront alors actionnaires. L’intérêt de ces derniers dépend de la taille et du potentiel de la start-up. 

Dans un premier temps, ce sont les fondateurs de la société qui mobiliseront des capitaux à partir de leurs fonds propres. Lorsque ceux-ci ne sont plus suffisants, de premiers investisseurs externes manifestent leur intérêt, comme les Venture Capitalists. Enfin, une activité florissante et un besoin de croissance mèneront l’entreprise à franchir une nouvelle étape, celle de l’introduction en bourse. 

L’introduction en bourse, ou Initial Public Offering en anglais, consiste donc à chercher de nouveaux fonds en faisant appel au public. On retrouve trois acteurs majeurs d’une IPO : l’entreprise qui fait appel, l’organisme financier qui s’occupe de la procédure, et les investisseurs. Chacun y trouve un intérêt.

La société acquiert du cash qu’elle pourra utiliser pour se développer, l’organisme financier démontre son talent et les investisseurs deviennent copropriétaires d’une entreprise en pleine croissance. 

Une introduction en bourse est préparée avec beaucoup d’attention. De son annonce à son prix de départ, en passant par le respect d’une bonne répartition des titres, tout doit être réalisé correctement. Une mauvaise IPO est un signal très négatif envoyé au marché. 

En 2020, la bourse américaine (NYSE – Nasdaq) a enregistré un nombre record d’IPOs avec 480 sociétés, ce qui est une augmentation de 106 % par rapport à 2019 (source : Stock Analysis). Le record d’introduction revient à la société pétrolière Saudi Aramco, qui a levé 29,5 milliards de dollars en décembre 2019. 

2) Offre Publique d’Achat (OPA) 

Pour devenir un géant dans son secteur d’activité, une entreprise devra faire face à une concurrence féroce, notamment sur les marchés financiers. À ce titre, une expression convient très bien à l’OPA : « manger ou être mangé ». 

Une offre publique d’achat, ou Tender offer en anglais, est une technique de prise de contrôle d’une entreprise cotée en bourse. L’idée est d’acquérir les titres d’une entreprise en les rachetant à ses actionnaires, et ce, dans le but d’obtenir une position dominante. 

Une OPA peut être amicale (la société visée accepte d’être rachetée) ou agressive (la société met alors en place des méthodes de contre-attaque). Dans les deux cas, l’élément qui fera céder les détenteurs est le rachat des actions à un prix plus élevé que sa valeur du marché. 

Certaines OPA hostiles n’ont pour objectif que de changer le management en place ou absorber un rival gênant. C’est pour cela qu’une telle opération ne peut se faire sans l’aval des autorités des marchés financiers qui souhaitent éviter une perturbation du paysage économique. Par exemple, toute entreprise qui détient un certain pourcentage d’actions (30 % ou 50 % selon les places financières) doit dévoiler ses intentions concernant une potentielle prise de pouvoir.

Cette manière d’opérer est assez récente dans l’Histoire de la bourse. La première OPA a eu lieu en 1959 lorsque le banquier d’affaire Sigmund Warburg décida de s’adresser directement aux actionnaires de la société British Aluminium pour leur proposer de refuser la décision de fusion avec Alcoa – Reynolds et favoriser ainsi l’offre de Tube – Reynolds à un prix plus élevé. 

Récemment en France, le groupe Vivendi a augmenté sa participation dans le groupe Lagardère, passant à 27%. Pour ce dernier, cette décision n’a rien d’anodin et laisserait entrevoir une future OPA qui, connaissant le caractère de son commanditaire Vincent Bolloré, sera loin d’être amicale. 

Par KAZKONDU Timur

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Investir #2: comment déterminer votre profil et votre stratégie ?

Si vous lisez cet article, c’est que le monde de l’investissement vous intéresse, ou du moins, attire votre curiosité. Peut-être avez-vous déjà tenu une discussion avec un(e) ami(e) sur les performances récentes de la bourse ou avez été contacté par un conseiller financier.

Si ces personnes vous invitent à entrer dans un domaine que vous ne maîtrisez pas, c’est qu’il y a une ou plusieurs raisons. Mais celles-ci sont-elles pour autant valables pour vous ?

Pour savoir si vous êtes fait(e) pour l’investissement, il est important de passer par quelques étapes au préalable.  

Déterminer votre bilan financier

Avant toute chose, il est nécessaire de réaliser votre bilan financier. Les investisseurs du monde entier possèdent une situation financière, familiale, sociale unique et c’est une erreur de croire qu’un produit pourrait convenir à deux personnes en apparence très proches (même au sein d’un ménage). 

Voici quelques questions que vous devez vous poser afin de réaliser votre bilan financier :

–       « Quelles sont mes sources de revenus ? »

C’est une bonne chose de vouloir préparer son avenir, mais cela ne doit pas vous empêcher de vivre sereinement au quotidien. Être salarié, étudiant ou sans-emploi influencera les liquidités que vous pourrez consacrer à investir. Cet argent viendra-t-il à manquer par la suite ? 

–       « Ai-je des dettes en cours ? » 

Nous avons tous des obligations financières vis-à-vis d’un tiers. Que ce soit le remboursement d’un emprunt hypothécaire ou à tempérament auprès d’un organisme financier, le paiement de factures ou des impôts annuels. Pourrez-vous toujours honorer vos dettes après avoir investi votre argent ? 

–       « À combien s’élève mon patrimoine ? » 

Investir 1000 € ne représente pas le même effort pour celui qui en possède un million et celui qui en possède 10 000 €. Assurez-vous de ne pas devoir vendre un bien pour éponger les pertes de vos investissements. 

–       « Un achat important est-il prévu prochainement ? » 

Certains placements, comme les obligations, vous demanderont de bloquer votre argent jusqu’à l’échéance. Si vous avez un achat prévu qui nécessite de mobiliser toutes vos ressources, assurez-vous d’avoir toutes les liquidités disponibles.  

Ces quelques questions vous permettront de vous donner un premier aperçu sur votre possibilité d’investir ou non. Si le nombre de contraintes est supérieur au nombre d’avantages, reconsidérez votre approche.  

2. Trouvez votre source de motivation

Après avoir fait le point sur votre situation financière, il vous sera nécessaire de trouver une réelle raison de commencer à investir vos économies. Si votre démarche est uniquement motivée par l’envie de « gagner beaucoup d’argent », vous risquerez de vous retrouver très rapidement face à de mauvaises surprises.

Nous pouvons catégoriser les différentes raisons qui poussent une personne à sortir ses liquidités d’un compte d’épargne. 

La première, mais aussi la plus risquée, vous entraîne à entrer dans un domaine que vous ne maîtrisez peu ou pas du tout. Parmi les exemples, nous retrouvons le conseil donné par un proche ou les informations entendues à la télévision. Dans ces cas, vous serez tenté(e) de suivre les actions des autres (si ce n’est pas carrément recopier). Ce comportement dit « moutonnier » vous mènera, tôt ou tard, vers une perte que vous ne comprendrez même pas. 

S’il vous arrive d’effectuer des recherches sur internet, vous êtes sur la bonne voie. S’informer constitue une première étape vers une meilleure compréhension des marchés financiers. Après tout, en naviguant sur les différents sites spécialisés, vous trierez les produits financiers qui vous plaisent ou non. 

Gagner de l’argent est un métier. Que ce soit le conseiller financier ou le boursicoteur aguerri, la gestion des risques et des gains doit se faire avec certain professionnalisme qui s’acquiert avec la lecture ou l’étude. Vous pouvez aussi décider de gérer seul(e) vos investissements. Pour cela, nous vous recommandons de lire quelques ouvrages d’experts en la matière, comme Warren Buffet ou Peter Lynch. 

Enfin, la meilleure raison de passer à l’action est celle qui suit un apprentissage approfondi au travers de formations. Puisque les marchés sont soumis à nombreuses règles, mieux vaut les connaître et les maîtriser. Les fluctuations et l’incertitude mettront également vos nerfs sous pression. Soyez prêt(e) et ne laissez que très peu de choses au hasard. 

3. Ayez une bonne stratégie

L’ultime étape consiste à définir une stratégie. Après tout, vous savez ce qui vous a donné envie d’investir, mais quel est le véritable but ? 

Si l’augmentation de ses finances personnelles semble être un objectif commun, il en existe également beaucoup d’autres. Ainsi, une personne peut attendre de ses investissements qu’ils lui génèrent un revenu complémentaire ou un capital à constituer pour la pension. De même que les sommes placées peuvent servir à une dépense future.  

En fonction du but que vous vous serez fixé, l’horizon pour l’atteindre sera différent. Quels produits financiers vous permettront d’y arriver ? Si votre retraite est dans 20 ans, souhaiterez-vous investir dans des actifs volatils ou sûrs ? À l’inverse, si votre horizon n’est que d’un an, allez-vous choisir du capital garanti ? Nous aborderons un peu plus la stratégie dans un prochain article. 

Pourquoi investir ? Si la façon de faire se modernise au fur et à mesure des années, les raisons, elles, ne changent pas à travers le temps. L’année 2020 a vu de nombreuses personnes s’intéresser aux investissements, avec plus ou moins de connaissance dans ce domaine. Pour certains, il s’agit tout simplement de suivre le même mouvement que les autres. Pour d’autres, ce fut l’occasion d’en apprendre davantage sur un secteur où se disent beaucoup de choses.

Oui, il est possible de réaliser de belles opérations sur les marchés boursiers, à condition de les comprendre et de se préparer. Ayez assez de ressources financières pour vous permettre de le faire, et surtout, de vraies raisons de vous lancer. Sans cela, vous risquerez de vous retrouver dans un océan trop vaste pour vous, prêt(e) à vous faire manger très prochainement. 

Par KAZKONDU Timur

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Investir #1: Comprendre toutes les bases de l’investissement

La saison 2021 de Parlons Finance commence et sera sous le thème de l’investissement !

La décennie que nous laissons dernière nous fut une décennie majoritairement haussière. La crise financière de 2008 ainsi que la crise de la dette souveraine de 2011 ont été suivies d’une période de reprise et d’expansion très marquée, entrecoupées par quelques passages baissiers.

Durant les douze derniers mois, les marchés financiers ont montré leur extrême volatilité causant à la fois des pertes massives de capitaux et offrant de nouvelles opportunités.

Si vous ne souhaitez plus être perdu(e) face au monde financier qui vous entoure, vous êtes au bon endroit. Tous les dimanches, nous vous proposerons d’apprendre, en 60 secondes, un concept sur l’investissement en général.

Cette semaine, faisons un récapitulatif des éléments-clés qui vous seront utiles pour mieux comprendre les sujets à venir.

Les actions

Une action est un titre de propriété qui représente une partie du capital d’une entreprise. Cette dernière, pour se financer (et donc croître), vend un bout d’entreprise à des investisseurs à un prix fixé par le marché (le cours).

L’acquéreur d’une action devient dans ce cas « actionnaire » et a droit à certains avantages comme une partie des bénéfices de l’entreprise (le dividende) ou participer aux assemblées générales et voter.

Une action n’a pas d’échéance (sauf si l’entreprise fait faillite) et son détenteur réalisera une plus-value si le cours a augmenté. A contrario, il peut réaliser une mauvaise opération si l’entreprise enchaîne les mauvais résultats, ne dégage pas de bénéfices et/ou dépose le bilan.

Ce type d’investissement s’adresse aux personnes prêtes à prendre plus de risque pour obtenir plus de rendement.

Les obligations

Une obligation est un produit financier dans lequel l’émetteur (l’entreprise) emprunte de l’argent à des investisseurs à qui il promet de rembourser le capital à l’échéance. Entre temps, l’émetteur peut verser des intérêts réguliers, appelés coupons. L’obligation est donc l’achat d’un titre de créance auprès d’une entreprise, d’une institution ou d’un pays. 

Les obligations se distinguent les un des autres sur plusieurs éléments comme leur nature (d’État, bon de caisse, structurée, d’entreprise), leur durée, leur devise, le marché sur lequel elles sont vendues (primaire ou secondaire), le taux du coupon, le taux d’intérêt et leur prix

Ce type d’investissement est idéal pour les personnes qui souhaitent récupérer leur capital à l’échéance, avoir un taux garanti et donc prendre un risque plus faible. Notez toutefois que le risque zéro n’existe pas et que l’émetteur peut faire faillite (prêter à la Grèce et à l’Allemagne n’est pas la même chose). Des agences de notation déterminent le niveau de solvabilité de chaque émetteur.

Les produits dérivés

Les produits dérivés voient leur valeur dépendre (dériver) d’un autre actif financier, que l’on appelle le sous-jacent. Les produits dérivés les plus connus sont les options, les futures/Forwards et les CFD.

Trois éléments expliquent l’intérêt porté envers les produits dérivés. Le premier est que l’investisseur n’est pas obligé de détenir un actif financier pour en récolter le fruit de sa performance. Le second est qu’il est possible d’ajouter des conditions pour activer le produit (ex. : l’option). Enfin, last but not least, il est possible de produire un effet de levier sur les gains en jeu.

Les produits dérivés étant avant tout des contrats établis entre deux parties, celles-ci peuvent se mettre d’accord sur de nombreux critères comme le type de produit (ex. : une option d’achat ou de vente), le prix d’exercice qui activera le produit, la durée et le coût d’acquisition du contrat.

À noter que les produits dérivés sont souvent utilisés par les gestionnaires de fonds d’investissement et les Hedge Funds (Fonds de couverture). La notion de stratégie est importante, car il s’agit de « parier » ou de se couvrir sur une évolution future du sous-jacent.

Ce type de placement est conseillé à des investisseurs avertis, car le niveau de risque pris est considérable et peut vous faire gagner beaucoup d’argent.

Les ETFS

Les Exchange-traded Funds, ou Fonds Négociés en Bourse ou « fonds indiciels » en français, sont des fonds cotés en Bourse dont leur objectif est de répliquer les performances du sous-jacent, qui peut être un indice boursier (Nasdaq, CAC 40, etc.), sectoriel (énergies renouvelables, automobile, etc.) ou de matières premières (or, pétrole, etc.).

Leur intérêt réside dans une gestion passive du portefeuille et la limitation des frais (d’entrée de gestion), souvent moins chers que pour les fonds actifs).

Ce type de placement est conseillé aux investisseurs qui veulent diversifier leurs placements et consacrer peu de temps à la gestion de leur portefeuille.

L’analyse technique et analyse fondamentale

Pour investir, il est nécessaire de recueillir des informations. Chez les investisseurs, il existe deux méthodes d’analyse. Celles-ci sont souvent confrontées par leurs adeptes, mais la complémentarité des deux est tout aussi efficace.

L’analyse technique repose en grande partie sur l’étude empirique de graphiques et de statistiques. L’objectif est de pouvoir comprendre les tendances futures sur base des informations récoltées lors des années précédentes. Le volume de transaction est également scruté, car il peut envoyer un signal significatif sur les années à venir. Le cours des actions est disséqué et l’écran du trader est souvent rempli de données graphiques qui lui donnent des indices quant à la position à prendre (achat ou vente). On dit dans le jargon « que le cours casse à la hausse ou à la baisse ».

L’analyse technique convient aux personnes qui font du trading « intraday », c’est-à-dire qu’elles réalisent leurs gains sur un court laps de temps (une journée, une heure, une minute) 

De l’autre côté, l’analyse fondamentale a pour objectif d’estimer la valeur intrinsèque d’une action, en se basant sur une multitude d’indicateurs qui peuvent avoir un impact sur le prix d’une action, comme des indicateurs liés à la macroéconomie, au secteur d’activité et également à l’entreprise en elle-même.

L’analyse cherche avant tout à trouver une entreprise avec un potentiel de croissance intéressant, mais également à éviter les surprises quant à l’évolution future du cours. Une société florissante doit pouvoir le justifier à travers ses résultats et son bilan.

Puisque l’on peut faire des chiffres ce que l’on veut, il est difficile de dire si une méthode est meilleure que l’autre. Dans certains cas, l’analyse fondamentale pourrait ne pas motiver un achat frénétique alors que l’analyse technique l’encouragerait (ex. : Tesla ?). À vous de trouver la méthode qui vous convient le mieux.

Les cycles économiques

L’Économie tourne sur un même schéma que les saisons, avec des patterns qui se répètent. À la différence de l’été et de l’hiver qui arrive, on ne sait pas combien de temps dure un cycle économique complet, les périodes de forte croissance et de faible croissance évoluent à des rythmes différents.

On peut néanmoins distinguer trois types de cycles : les longs (on parle dans ce cas de tendance économique), de courts (conjonctures) et des très courts (évolution saisonnière).

L’investisseur doit reconnaître les différentes étapes du cycle économique, notamment les conjonctures, car elles déterminent les actifs financiers à acheter et vendre.

La basse conjoncture implique que l’économie se porte mal et attend qu’une petite impulsion de la demande s’amorce pour espérer une relance des exportations et de la production des entreprises.

La reprise entraîne une augmentation de l’activité économique dans laquelle les ménages, les entreprises et l’État renouent avec une activité croissante. Cette période est suivie d’une étape d’expansion jusqu’à atteindre une limite haussière, la haute conjoncture, où l’économie commencera à être en surchauffe et qu’un élément viendra mettre fin à la musique.

Ce renversement de la conjoncture entraînera une récession, qui correspond à un hiver long et froid.  

Sur base de ces informations, vous comprendrez un peu mieux les articles qui suivront. Bien entendu, investir n’est pas une chose à prendre à la légère, les crises financières de 1929 et 2008 sont en partie causées par l’arrivée massive des citoyens novices qui achetèrent de produits qu’ils ne maîtrisaient pas. Le meilleur conseil que nous puissions vous donner est de vous inviter à vous former si vous voulez construire un patrimoine solide à l’avenir.

Mais si vous êtes juste curieux d’en savoir plus sur les investissements, le rendez-vous est fixé tous les dimanches !

Par KAZKONDU Timur

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Fiscalité Immobilier

Le taux de TVA passe de 21% à 6 % pour la démolition et reconstruction en Belgique !

Le cabinet du ministre des Finance Vincent Van Peteghem a approuvé le taux de TVA à 6% pour la démolition et la reconstruction. La mesure entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2021 pour une durée de 2 ans.

Aujourd’hui, le taux de 6% est seulement appliqué dans 32 villes et communes en Belgique. Tandis que partout ailleurs, c’est la TVA à 21% qui est d’application.

Mais bonne nouvelle pour les concernés … A partir de 2021, ce taux de 6% sera étendu sur tout le territoire mais pour une durée limitée et sera d’application pendant 2ans, du 01/01/2021 au 31/12/2022.

Toutefois, pour bénéficier de ce taux réduit, il y aura plusieurs conditions à respecter :

  • Habitation unique occupée par le propriétaire : Ce dernier ne devra posséder aucune autre habitation en pleine propriété par contre il ne sera pas pris en considération le fait de posséder un autre logement dont on aurait hérité, dont on aurait copropriétaire, nu copropriétaire ou usufruitier.
  • La surface autorisée de l’habitation à reconstruire ne pourra jamais dépasser 200m².
  • Le constructeur ou l’acheteur devra être domicilié pendant une période de 5ans

Si ces critères ne sont pas respectés, l’avantage fiscal devra être remboursé.

Aussi, la nouvelle réglementation s’appliquera aussi sur la vente sur plan par les promoteurs immobilier. Dans ce cas, le promoteur devra faire contresigner la déclaration par l’acquéreur et la soumettre à l’administration compétente dés qu’elle devient imposable à savoir à la remise des clés et après que les travaux soient achevés.

« Cette baisse de la TVA pourrait ainsi également compenser partiellement le surcoût lié à la lenteur actuelle des procédures d’octroi de permis de bâtir« , selon Olivier Carrette, administrateur délégué de l’Union professionnelle du Secteur de l’Immobilier (UPSI).

Par NAQI Adil

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Economie Nos analyses

Qu’est-ce que représente l’Union des Marchés de Capitaux (UMC) ?

L’UCM est un projet européen dont l’objectif est de mettre en place des prêts non bancaires (hors institutionnels, hedge funds, fonds de pension …) et d’apporter d’autres moyens de financement au travers des marchés de capitaux, en particulier pour l’infrastructure et les PME.

La crise de 2008 avaient déjà démontré que les banques étrangères réduisaient le plus vite possible leur présence en dehors de leurs frontières nationales en période de crise, ce qui complexifie le renouvellement des prêts des entreprises et des ménages qui les avaient contractés auprès de ces banques…

L’objectif de l’UCM est d’impliquer aussi bien les investisseurs institutionnels tels que les fonds de pension et les assurances mais aussi les ménages dans le financement de l’économie réelle, et de réduire le rôle des banques classiques en vue de stimuler la croissance en Europe.

C’est aussi un moyen de poursuivre le processus d’intégration européenne en harmonisant le cadre règlementaire des marchés financiers au niveau européen.

Pour ce faire, la Commission européenne a créé un Forum de haut niveau de l’UCM dont le but est de proposer des recommandations politiques pour les futures actions de l’UMC afin de garantir que les citoyens et les entreprises puissent accéder aux marchés des capitaux dans toute l’UE dans des conditions égales et indépendamment de leur position géographique

En mai 2019, les ministres des finances français, allemand et néerlandais avaient signé un projet commun, préconisant une plus grande intégration des marchés des capitaux en Europe. Ils ont mis l’accent sur le changement climatique et technologique, ainsi que sur le Brexit, en faisant de la nécessité d’un marché des capitaux bien conçu pour l’UE un enjeu stratégique urgent. 

« À l’heure actuelle, nous avons 27 marchés nationaux des capitaux qui ne sont ni pleinement développés ni pleinement intégrés. C’est particulièrement important dans la perspective du Brexit, étant donné que le centre financier de l’Europe va quitter le marché unique », selon Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne chargé des questions économiques, jeudi 23 septembre.

En effet, Bruxelles veut promouvoir le financement par fonds propres comme alternative au financement bancaire, en particulier pour les PME. À cet égard, elle envisagera de demander aux banques d’orienter les PME vers d’autres sources de financement lorsqu’elles refusent un prêt.

Par Hamza NAQI

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Qui est Jérôme Kerviel, le Trader connu pour avoir fait trembler la Société Générale ?

Dans notre série sur les personnes ayant fait l’actualité financière, nous revenons aujourd’hui sur l’un des traders les plus connus en France et qui a failli entraîner la chute d’un monument français, la Société Générale.

Cet homme n’est autre que Jérôme Kerviel …

👉 Qui est-il ?

Jérôme Kerviel est né le 11 janvier 1977 à Pont-l’Abbé (en Bretagne). Passionné par les chiffres, il entame des études d’économie et termine par un Master en management des opérations de marchés à l’Université Lyon II.

En 2000, il rejoint la division « Banque d’investissement » de la Société Générale, en tant que chargé de Middle Office. Son rôle est simple, il s’agit de vérifier que les transactions encodées par le Front Office (les traders) sont valides et les informations cohérentes. Une tâche répétitive que Kerviel cherchera à automatiser en créant des logiciels sur Excel.

Sa volonté d’exceller et d’agir rapidement permet à Jérôme de se différencier de ses pairs et d’être nommé assistant-trader en 2002. Bien que la nature de ses activités ne change pas (il continue à « matcher » les informations pour le compte des traders). Kerviel a désormais accès aux salles de marché.

👉 Apprenti trader

Début 2005, Jerôme Kerviel devient à son tour trader. Il négocie des produits dérivés, plus précisément des Turbo Warrant.

Rappel : Un warrant est un produit dérivé qui donne à son détenteur le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre une quantité définie d’un actif financier à un prix et une période déterminés dans le contrat. (voir article sur les produits dérivés pour plus de détails).

Le courtier français doit cependant tenir compte d’une potentielle perte sur chaque pari. Pour cela, il souscrit une assurance qui couvrira les moins-values. On dit dans ce cas qu’il se « hedge ». Ainsi, toute prévision de hausse est couverte par un contrat d’assurance à la baisse, et vice-versa.

Cette activité pouvant rapidement dégénérer, la Société Générale fixe des règles pour chaque desk, voire pour chaque trader. Parmi celles-ci, on y retrouve la limite maximale à investir ainsi qu’une obligation de déboucler ses positions en fin de la journée.

👉 Un trader hors pair…

Un principe-clé du hedging est que chaque contrat d’assurance doit être associé à un produit dérivé. Or, il se peut que le produit dérivé soit clôturé (par l’activation du droit d’achat/vente), mais que le contrat d’assurance existe toujours. L’intérêt dans ce cas est de profiter de la compensation offerte par l’assurance sur un sous-jacent que nous ne détenons pas. C’est une forme de spéculation que l’on appelle « une prise de position ».

Jerôme Kerviel va très rapidement maîtriser les techniques associées à la spéculation et va prendre de plus en plus de risque, tant sur le montant mis en jeu que sur sa période de débouclage.

Ainsi, à l’été 2005, il pariera à la baisse sur les actions d’Allianz, ce qui portera ses fruits lors des attentats de Londres. En 2006, il empoche 28 millions d’euros de gains suite à une prise de position de 1 500 millions. En 2007, il récidive en réalisant un bénéfice exceptionnel de 1,5 milliard d’euros après avoir misé 30 milliards d’euros !

👉 … mais aussi hors-la-loi

Comment Kerviel a-t-il pu gagner autant d’argent sur ses positions ? Mais surtout, comment a-t-il pu miser autant sans être surveillé ? Avant de porter l’homme en gourou des marchés financiers, il a lieu de rappeler que la banque avait fixé des limites pour éviter les dérives de ses employés.

Pour ne pas attirer l’attention, le futur ex-trader, encodait de fausses transactions dans le système informatique, prenant le soin également de rédiger de faux mails. Les informations devant être vérifiées par le Middle Office, cela lui laissait le temps de déboucler ses positions.

👉 La Chute

En 2008, l’étau se resserre autour du courtier. Une enquête interne est menée suite à de nombreuses anomalies et la crise des subprimes pousse à la prudence sur le marché. Jérôme fut pris alors dans ce qu’il appelle lui-même « un engrenage » qui l’entraîna à miser plus pour gagner plus.

Sa dernière vision : parier sur une hausse du Dax en janvier 2008 pour un montant titanesque de 50 milliards d’euros (ce qui représente plus que la valeur des fonds propres de la banque !). Malheureusement pour lui, les marchés iront dans le sens contraire de ses prévisions et les 1,5 milliard d’euros gagnés l’année précédente seront rapidement perdus.

Kerviel sera au pied du mur et devra annoncer les sommes engagées à sa hiérarchie, qui pensait alors jusque-là le réprimander pour la dissimulation des 1,5 milliard gagnés…

Face à un tel danger, la Société Générale décide de déboucler en urgence les positions de son trader, et ce, au risque de mettre les marchés en alertes. Après des jours, la banque accuse une perte sèche de 5 milliards (6,5 milliards issus de la vente – 1,5 milliards de gains).

👉 La suite

Très vite, le coupable est désigné, c’est Jérôme Kerviel qui aurait agi seul et dans son propre intérêt. De son côté, le trader licencié reconnaît ses actes, mais refuse d’assumer seul. Selon lui, sa hiérarchie était au courant des pratiques et l’encourageait (il apporte des preuves de ses dires dans son livre l’engrenage [éditions Flammarion, 2010]).

L’affaire va très vite en justice et celle-ci condamne dans un premier temps Kerviel à rembourser 4,9 milliards d’euros ainsi qu’à une peine d’emprisonnement de 5 ans, dont 2 avec sursis. Au fil des procès, l’accusation change de visage et la Société Générale se voit supporter la majeure partie des pertes. Finalement, le natif de Bretagne devra à son ancien employeur la somme d’un million d’euros.

Aujourd’hui, Jérôme Kerviel s’est retiré des marchés financiers. Après avoir retrouvé un travail en tant que contrôleur de gestion, il s’est tourné vers l’écriture et les conférences. De son côté, la Société Générale a perdu de sa superbe. Avec un contexte économique défavorable au secteur, celle dont l’action valait encore 155 € en avril 2007 ne vaut plus aujourd’hui que 12 €… Une contre-performance que Jérôme aime rappeler sur Twitter.

Par Tim KAZKONDU

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« Un euro aujourd’hui n’est pas un euro demain… » Alors qu’est-ce que la Valeur Actuelle Nette (VAN) d’un investissement ?

Nous le savons, la valeur de l’argent change au fil du temps. Que la raison soit l’inflation ou le taux d’intérêt, cette réalité pousse les agents économiques à anticiper et prendre des décisions pour l’avenir.

De ce fait, l’évaluation d’un projet doit tenir compte de l’évolution de notre argent. Si la question « est-ce que cet investissement va me rapporter plus tard ? » est très souvent posée avant un achat, la question « est-ce que le bénéfice effectué plus tard vaut la peine d’investir aujourd’hui ? » devrait l’être tout autant.

Ces comparaisons « futur vs présent » font intervenir plusieurs notions comme la valeur de l’argent, la valeur actuelle, la valeur future et la valeur actuelle nette.

👉 La valeur future permet de répondre à la question « combien vaudra 100 € dans 1 an ? » Pour que ce calcul soit possible, il est nécessaire d’avoir un taux de référence (le taux d’intérêt) qui déterminera l’appréciation du capital en un an.

De ce fait, pour un taux d’intérêt de 2 %, la valeur de 100 € dans un an sera de 102 €.
Formule : 100x (1 +2 %) = 102 €

👉 La valeur actuelle permet, cette fois, de répondre à la question suivante : « quelle est la valeur équivalente aujourd’hui de 100 € perçus dans un an ? » Cette formule est intéressante lorsque vous voulez savoir si le prix d’un projet est élevé ou non.

Dans ce cas, pour un taux d’intérêt de 2 %, 100 € dans un an équivaut à 98,039 € aujourd’hui.
Formule : 100/(1 +2 %) = 98,039 €

👉 La valeur actuelle nette tient compte de la valeur actualisée des coûts et des bénéfices.
Elle permet à l’acheteur de se poser cette question « quelle est aujourd’hui la valeur de la richesse créée par ce projet, compte tenu de mes dépenses et des bénéfices futurs ? ».
Formule : Valeur Actuelle des bénéfices – Valeur Actuelle des coûts.

Les dépenses étant réalisées immédiatement, on peut résumer l’opération comme : dépense immédiate + VA des bénéfices.

👉 En pratique, les investisseurs peuvent emprunter pour effectuer un achat. Les projets ont également une échéance plus longue qu’un an, les bénéfices pouvant se réaliser que des années plus tard. Dans ce cas, les formules de valeur actuelle ou future doivent être adaptées.

VF = C/(1+r)^n.
VA = C x (1+r)^n.
(C = Capital ; r = le taux d’intérêt ; n = le nombre d’années).

Dans ce monde, rien n’est figé, tout est en mouvement. Ce phénomène, nous le devons au temps qui s’écoule et qui altère notre environnement. Et même si l’argent peut parfois n’être qu’une vérité comptable, elle est tout de même soumise à la réalité du temps.

Rappelez-vous : « un euro aujourd’hui n’est pas égal à un euro demain ». Mais si la richesse promise à la fin du projet n’est pas plus élevée que celle que je possède aujourd’hui, alors à quoi bon se lancer ?

Par Tim KAZKONDU